Ou un groupe se prenant pour Ali Baba devant la porte des réserves du MuCEM

Bon, il ne fautpas rêver, dans la réalité, tout le monde n’a pas la même chance qu’Ali Baba.Vous avez beau essayer de prononcer la formule magique devant les portes d’unmusée, il est peu probable qu’elles s’ouvrent. Et pourtant ce sont bien destrésors qu’il renferme. Alors, changement de méthode, prenez votre téléphone etinscrivez-vous à une visite des réserves. C’est moins exotique, mais au moins,ça marche.

Le Centre de Conservation et de Ressources du MuCEM

© www.mucem.org

Se promener dansle quartier de la Belle de Mai à Marseille, ce n’est pas comme se promener enPerse. Quoique. Même si le Centre de Conservation et de Ressources du MuCEM estimposant il reste néanmoins bien camouflé. Je n’ai pas compté le nombre depersonnes qui passent à côté sans le voir. Et oui, un trésor ça se cache, ilfaut se donner du mal pour le trouver. J’exagère puisque le nom« MuCEM » est tout de même inscrit sur la façade, mais bon, comme aucuneindication n’invite à franchir la grille ça fait un peu coffre-fort. Heureusement,vous qui êtes téméraire, vous allez franchir le pas. Devant la porte, c’estsimple : sonnez et il y a des chances pour que la porte s’ouvre. Cen’est pas pour autant que vous aurez accès aux réserves. Il faut réserver saplace (une action qui semble en fait évidente pour accéder aux réserves…), et,en plus, la visite a lieu le premier lundi de chaque mois. Ou alors il faut fairedes études et avoir un enseignant super qui vous emmène dans la semaine. Ce n’estpas gagné. Mais bon, si vous avez vraiment beaucoup de chance, le fameux lundiarrive dans trois jours et, ça tombe bien, vous serez encore à Marseille. Etoui, je vous l’ai dit, entrer dans les réserves, ça se mérite.

Le jour J enfinarrivé, un petit groupe se rassemble devant une porte qui semble assez banale(soyez patients la prochaine porte est plus impressionnante). Mais avant d’entrer,il faut déposer ses affaires, y compris et surtout sa bouteille d’eau. Certainscraignent la déshydratation et sont réticents à laisser leur précieusebouteille. Est-ce qu’ils n’en font pas un peu trop ? Je vous le répète, cequi se cache derrière cette porte, ce n’est pas une grotte perdue en pleindésert, tout le monde en ressortira. En attendant que chacun retrouve laraison, les plus impatients commencent à toucher à ce qu’ils peuvent. Remarquezmieux vaut se défouler dans le hall qu’une fois dans les réserves, sauf qu’àforce de vouloir faire les malins, de vouloir ouvrir des portes, c’est l’alarmequi se déclenche. Au moins, ça calme. C’est vraiment dur d’entrer dans lesréserves, pourvu que ça vaille le coup.

Les réserves du MuCEM

© www.mucem.org

Pas de grandesformules, juste un badge, un bip, et c’est bon nous voilà entrés. Enfin, pasencore, il y a une autre porte à franchir, pour le coup une grande porte dutype porte blindée. Un autre bip et c’est parti pour la visite ! Leplafond est immense, l’horizon paraît lointain et le groupe reste sagement dansl’entrée, émerveillé. Je vous le dis tout de suite, ne vous attendez pas à untas de pièces d’or et de bijoux, mais plutôt à des instruments de musique, dela vaisselle, des meubles, des skates et autres objets de toute sorte rangéssur 800 m2. Au fond, ça change des trésors habituels et c’estpeut-être pour cela que c’est si impressionnant. La visite commence alors etplus le groupe avance entre les étagères, les armoires, les racks et lescompactus (oui tout ce vocabulaire s’apprend pendant la visite), plus il semblefasciné. Bien sûr interdiction de toucher les objets, mais si vous êtes sagesvous pourrez manœuvrer les compactus et, croyez-moi, ça donne un sentiment dedécouverte plus important encore. Mais je n’en dis pas plus, si vous voulezsatisfaire votre curiosité vous savez ce qu’il vous reste à faire (regarder lesinformations pratiques à la fin de l’article par exemple ?). 

Alorsverdict ? Si Ali Baba nous avait vus, il serait certainement vert dejalousie. Les réactions sont unanimes : « Je m’attendais pas du toutà ça ! », « C’est incroyable ! » et même « MonDieu que c’est beau ! ». Conclusion, ça valait le coup de se donnerdu mal car c’est une expérience et quelque chose me dit que les membres dugroupe ne verront plus les musées de la même façon. Franchir la porte (un peumagique quand même) des réserves, c’est découvrir un autre visage du muséed’autant que la médiatrice alimente la visite d’informations sur laconstitution de la collection, les métiers du musée et bien d’autres sujetsencore. Imaginez en plus que la visite ne montre qu’une partie des réserves duMuCEM qui sont réparties sur une surface totale de près de 8000 m2 !D’autres portes renferment d’autres trésors, mais pour voir le reste, il fauttravailler dans le monde des musées. Comme quoi ça a des avantages, comment nepas se sentir privilégier après ça ? Rassurez-vous tout de même, de plusen plus de musées souhaitent ouvrir leurs réserves au public. Inutile doncd’essayer d’entrer en contact avec Ali Baba, il n’est plus le seul à détenir lesecret pour voir un trésor.

C.D.

Pour aller plus loin :

Visite gratuite de « L’appartementtémoin » (les réserves) tous les premiers lundi du mois, de 14h à 17h, surréservation. (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Si vous avez aimé votre visite, sachez que tout lemonde peut consulter les archives, les ouvrages, les documents et même lesobjets des réserves sur demande ! (http://www.mucem.org/fr/node/2823)

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