Brèves de stage et d'apprentissage

AZAY-LE-RIDEAU : ENCHANTEMENTS ET RENAISSANCE

Originaire de la région Centre-Val de Loire, inutile de préciser que je demeure une aficionada des châteaux de la Loire depuis ma plus tendre enfance. Je me souviendrai toujours de ses visites qui ont marqué mon imaginaire d’exploratrice, et qui ont été la porte d’entrée vers cette passion pour le patrimoine culturel. Comment ne pas oublier ce majestueux édifice qu’est le Château de Chambord ? Les somptueux jardins de Villandry qui forment des tableaux colorés de verdure ? Ou encore le Château des Dames,plus connu sous le nom de Chenonceau, qui m’a impressionnée par la richesse de ses collections ?

Mais il en est un plus discret face aux bâtisses les plus renommées dela région, et qui pourtant, demeure de loin mon favori :Azay-le-Rideau. Je ne saurais me rappeler l’âge exact auquel je l’ai découvert pour la première fois, mais je me souviens de la somptueuse vue depuis la façade Sud magnifiée par son miroir d’eau. Une véritable révélation, semblable à la description qu’en a fait Honoré de Balzac dans son roman Le Lys dans la vallée, où il le compare à « un diamant taillé à facettes sertis par l’Indre ».

La façade Sud du château d’Azay-le-Rideau © Joanna Labussière

Il est fort probable qu’une majeure partie d’entre vous ne le connaisse pas, mais si vous suivez l’actualité de près, il se peut que vous en ayez entendu parler récemment. En effet, le Châteaud’Azay-le-Rideau était sous les feux de la rampe, puisqu’il a bénéficié d’un important programme de restauration entrepris parle Centre des Monuments Nationaux durant presque trois ans. Au total : huit millions d’euros ont été investis dans ce chantier de mise en valeur et de restauration.

Autant vous dire que lorsque j’ai appris le jour de mes vingt-six printemps que j’allais prendre mes fonctions au sein de ce monument, je n’en revenais pas. Je crois même qu’à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai encore du mal à m’en rendre compte.Mais passons ! Le jour de ma prise de poste, quelle ne fut pas ma surprise de revoir ce château qui m’était si cher restauré àla perfection ; le soleil de ce début d’automne se reflétant dans la blancheur de la pierre de Tuffeau si caractéristique de l’architecture régionale.

C’est un château comme neuf que je (re)découvre : rénovation du parc romantique du milieu du XIXème siècle, façade extérieure entièrement restaurée, intérieur remeublé en son état historique. En tant qu’apprentie chargée de médiation culturelle,j’étais d’autant plus intéressée par la refonte du parcours de visite, et plus particulièrement par ce qui se tramait au premier étage. Je remarque alors avec étonnement que plusieurs pièces sont parsemées d’œuvres contemporaines, faisant du château un palais enchanté où se mêlent mythologie, magie et théâtre. Mais avant de vous en dire davantage, une petite explication s’impose !

Tout est parti du Centre des Monuments Nationaux qui a fait appel aux artistes plasticiens Piet.sO et Peter Keene pour concevoir un parcours d’installations oniriques destinées à être exposées au sein du monument. Le duo collabore ensemble depuis seize ans déjà,et parmi les six créations, cinq ont été spécifiquement conçues pour Azay-le-Rideau. Un an aura été nécessaire à la réalisation des esquisses de chaque installation, puis sept mois de conception.

Intitulé« Les enchantements d’Azay », ce projet a pris place parmi les collections le 6 juillet 2017, date de réouverture du château suite aux trois années de travaux. Influencés par l’imaginaire de la Renaissance, les artistes se sont notamment inspirés des personnages d’Armide et de Psyché, toutes deux représentées dans les tapisseries des chambres situées au premier étage : La Jérusalem Délivrée et l’Histoire de Psyché. Tel un hommage aux artifices des arts du spectacle de l’époque où se côtoient installations féeriques et objets fantastiques, ces enchantements envoûtent à différents niveaux antichambres, chambres et salle de bal du premier étage. La magie opère dès lors que les visiteurs passent à proximité, puisque les installations se déclenchent à leur passage. Certaines œuvres sont accompagnées de fonds sonores. Si vous-même, chers lecteurs et chères lectrices, êtes tentés par cette expérience surprenante,suivez le guide !

Si l’on suit le parcours de visite classique, notre déambulation nous mènera en premier lieu dans la grande salle. Lieu de réception par excellence, c’est dans cette partie publique que le maître de maison recevait pour ses affaires ainsi que pour son plaisir en organisant bals et festins. A notre arrivée, trois installations monumentales font face à la cheminée. Au centre trône un imposant banquet, entouré de part et d’autre par un automate (un officie rsur la gauche et une magicienne sur la droite). Ces installations s’animent au fur et à mesure : la magicienne et l’officier tournent sur eux-mêmes, tels les annonciateurs d’un banquet fantastique qui s’ouvre avec des panneaux se levant sur la table.Inspirés par les festins sorciers, Piet.sO et Peter Keene puisent également leurs influences dans l’art cinématographique.Références entre autres au grand banquet dans La belle et la bête de Jean Cocteau (1946), ou encore aux fêtes données dans les jardins dans Vatel de Roland Joffé (2000). Le festin fait aussi écho au palais d’Eros dans lequel Psyché est servie par des esprits bienveillants. Enfin, la mise en scène volontaire des animaux renvoie à la cuisine de la Renaissance, époque où l’on présentait autant la tête que le corps de l’animal.

Le banquet © Léonard De Serres

La visite se poursuit en pénétrant dans la Chambre de Psyché.Autrefois chambre du maître de maison, elle était sûrement destinée à Gilles Berthelot, commanditaire du château d’Azay-le-Rideau. Cette pièce s’apparentait à un espace multifonctionnel où l’on se reposait autant que l’on travaillait et recevait. Face aux trois tapisseries qui habillent les murs, se dresse un automate tournant sur lui-même, portant une lanterne et vêtu d’une robe décorée de miroirs. Il s’agit d’une mise en scène de Psyché, symbolisée par la robe aux miroirs, référence au miroir du personnage, tel un écho au labyrinthe proposant plusieurs destinations. Elle semble observer les tapisseries murales qui relatent son histoire. Sorte de quête initiatique, les miroirs servent à éclairer une partie de son vécu, tout en lui indiquant le chemin à suivre. La lanterne éclairée lui sert également de guide afin de l’aider à retrouver son chemin.

 La robe aux miroirs © Léonard De Serres

Jouxtant la Chambre de Psyché, la garde-robe est métamorphosée en « Cabinet des petits prodiges » au sein duquel automates, miroir et mondes miniatures se transforment grâce à des effets d’illusion.Trois mécanismes y sont disposés et se mettent en mouvement les uns à la suite des autres : tout d’abord, deux mécanismes en horlogerie fine, puis un miroir représentant des papillons. Bien que celui-ci ne soit pas éclairé, il est tout de même possible d’observer les papillons flotter au travers. Ici, Piet.sO et PeterKeene ont choisi Armide comme source d’inspiration, personnage capable de changer les petits projets en palais.

Cabinet des petits prodiges © Léonard De Serres

La déambulation se poursuit dans la chambre Renaissance, qui était probablement la chambre de Philippe Lesbahy, l’épouse de Gilles Berthelot. C’est dans le secrétaire, cabinet de retrait de la chambre qu’est exposé un « Livre aux grotesques »,conférant une apparence féerique à la pièce. Réalisé en papier de jonc, il laisse apparaître des ombres de créatures chimériques de par sa forme et les jeux de lumière. Le jonc fait écho aux murs de la chambre de Philippe Lesbahy restaurée en 2013, qui sont recouverts de nattes de jonc. Cette technique de tressage manuel était d’usage au XVIème siècle, car elle permettait d’isoler la pièce par temps froid, et de conserver la fraîcheur en cas de températures élevées.

 Livre aux grotesques © Léonard De Serres

Passons à présent à l’antichambre précédant les appartements du roi,où patientaient les visiteurs avant d’être reçus. Ici, le baroque prend tout son sens, avec un théâtre animé faisant apparaître et disparaître plusieurs animations et décors à l’aide de jeux de ficelles, ou encore de poulies. L’aspect brut véhiculé par la boîte réalisée en bois de frêne renvoie à la Renaissance,où le rideau n’existait pas pour la représentation du petit théâtre. Celui-ci fera son apparition au XVIIème siècle avec des rideaux bleus pour symboliser la couleur royale, puis les rideaux rouges sous Napoléon. L’emploi de la ficelle dans les décors était courant à la Renaissance ainsi qu’au XVIIème siècle, avec une scénographie conçue à partir de décors suspendus. Encore une fois, le duo d’artistes a choisi Armide comme référence principale, à travers ce théâtre animé, où trois à quatre décors suspendus apparaissent au fur et à mesure pour raconter une histoire.

 Le petit palais d’Armide © Léonard De Serres

Détail du petit palais d’Armide © Léonard De Serres

Pour conclure, direction la chambre du roi, baptisée ainsi en souvenir des quelques jours passés par le roi Louis XIII à Azay-le-Rideau en juin 1619. On y découvre un cabinet « automate », seule installation qui n’a pas été créée spécifiquement pour Azay-le-Rideau. Intitulée « L’entrée ouverte au palais fermé du roi », ce palais-théâtre motorisé a été conçu dans le cadre de l’exposition « Les Chambres des Merveilles »qui s’est tenu au Château-Maisons de Maisons-Laffitte d’octobre2015 à juin 2016. Dans l’esprit des meubles à secrets, le visiteur s’approche et découvre un théâtre qui s’ouvre où apparaît la reine d’un côté et le roi de l’autre. Surgit ensuite une forêt envahissant un palais qui prend forme petit à petit, avant de conclure par l’ouverture d’un grand tiroir symbolisant un vide poche qui contient des objets d’époque, voire plus contemporains. L’utilisation de l’ébène pour la réalisation du meuble fait référence à l’impact crée par l’arrivée du mobilier au XVIIème siècle.

 L’entrée ouverte au palais fermé du roi © Léonard De Serres

C’est quasiment envoûtée que je ressors de cette déambulation originale qui m’a permis de poser un tout autre regard sur les collections du château. J’ai été littéralement charmée par cette œuvre à quatre mains, qui réunit l’impact de la mémoire et la place du corps chez Piet.sO, ainsi que l’exploration de l’utopie et les installations mécaniques et sonores chères à Peter Keene.Redevenue exploratrice dans l’âme, j’ai retrouvé le temps de quelques heures cette curiosité enfantine qui rythmait mes toutes premières visites.

Offrir une nouvelle vision de la Renaissance à travers l’installation d’œuvres contemporaines qui s’intègrent dans les salles du château : tel est l’objectif de ces enchantements. Mission réussie pour les deux artistes qui donnent à voir un aspect décalé des collections, tout en restant cohérent avec les œuvres originales. Banquet animé, meubles à secrets, mondes miniatures et robes immenses : en misant sur l’imaginaire à travers l’automate, cette expérience de visite inédite invite le visiteur dans un parcours féerique où la magie produit son effet.

Joanna Labussière

#azaylerideau

#pietsOetpeterkeene

#installationsoniriques

#renaissance

Pour en savoir plus :

-Sur le château d’Azay-le-Rideau :http://www.azay-le-rideau.fr/

-Sur l’exposition « Les enchantements d’Azay » :http://www.azay-le-rideau.fr/Actualites/Les-enchantements-d-Azay

-Sur le travail des plasticiens Piet.sO et Peter Keene :http://www.pietso.fr/,http://www.peter-keene.com/home.html

-Petit tour d’horizon des « Enchantements d’Azay »guidé par l’artiste Piet.sO :https://www.youtube.com/watch?v=tILcUSMAg_Y

Brève de stage : Dans la ville. Architecture et "cartels ambulants"

En première année du Master Expo-Muséographie j’ai effectué mon stage à la Maison de l’Architecture Rhône-Alpes à Lyon.


Crédits : Archipel CDCU

En première année du Master Expo-Muséographie j’ai effectué mon stage à la Maison de l’Architecture Rhône-Alpes à Lyon. J’y occupais le postede chargée d’exposition mais participais également aux autres projets de lastructure. Par exemple, j’ai eu en charge de rédiger quelques notices pourl’application Smartphone Archiguide Lyon Métropole, version2014. Avant de détailler plus en avant cette mission, voici quelques élémentsde contexte…

En perpétuelle transformation, les villes se sontconstruites au fil des siècles et recèlent de vrais trésors d’architecture. Lesédifices composent notre cadre de vie et définissent nos modes d’habiter, de sedéplacer, voire nos rapports sociaux. Chaque ville possède son caractère ettire une partie de son identité dans son architecture. Ou plutôt sesarchitectures, puisque de la période antique à nos jours en passant par laRenaissance, des milliers d’édifices se juxtaposent et interagissent entre eux.Ils forment une collection impressionnante racontant l’histoire des villescomme celle des hommes. De véritables musées à ciel ouvert… Si les muséespossèdent leurs propres outils de médiation, qu’en est-il pour lesvilles ?

Il existe des lieux comme les Maisons del’Architecture qui ont pour vocation de sensibiliser les publics à la culturearchitecturale. Chaque région à sa Maison de l’Architecture, chacune organisedes expositions, des conférences, des ateliers afin de diffuser le pluslargement possible et sous différents modes, les savoirs et les enjeux actuelsde l’architecture.

La Maison de l’Architecture Rhône-Alpes, aussi appeléeArchipel Centre de Culture Urbaine,offre aux publics plusieurs formes de médiation, susceptibles de parler au plusgrand nombre. Elle est située place des Terreaux, en plein centre de Lyon, onpeut notamment y admirer la maquette au 1/1000° de la ville de Lyon.Actuellement, Archipel met àl’honneur les meilleurs Projets de Fin d'Etudes 2013 de l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Lyon à travers l'exposition Futur Architecte. Si maquette et photographie sont des outils  demédiation incontournables lorsqu’on parle d’architecture, il en existe un autre: le texte. 

Logements,quartier Confluence E. Colboc, architecte.   ©www.emanuelle-colboc.com

Lors de mon stage, j’ai donc eu en charge la rédactionde quelques notices pour l’application Smartphone Archiguide Lyon Métropole. Cette application, présente lesconstructions du XXèmeet XXIème siècle du Grand Lyon.Véritables « cartels ambulants » les notices jouent donc le même rôleque les cartels de musée : donner des informations sur« l’objet » que l’on a en face de soi. Ainsi le promeneur-visiteurpeut déambuler au gré de ses envies à travers la ville contemporaine et seconstituer un parcours inédit dans cette riche collection. La plupart desédifices dont j’ai rédigé les notices se situent dans le nouveau quartier Confluence, comme le groupe scolaire Germaine Tillion.

Voici un exemple de notice :

Groupe Scolaire Germaine Tillion

Rue Casimir Périer, rue Denuzière 69002 Lyon

Livraison : 2013

Architectes : Bernard Garbit & Jean-Pierre Blondeau

Maître d’ouvrage : Ville de Lyon

Groupescolaire Germaine Tillion

Garbit etBlondeau architectes

©www.pss-archi.eu

Le groupe scolaire Germaine Tillion se situe aucœur du nouveau quartier Confluence traversé par la voie de chemin de ferreliant la gare de Perrache à Oullins. Il réunit une école primaire etmaternelle, un relais d’assistantes maternelles, une crèche, une Maison desJeunes et de la Culture et une salle de sport. Lʼœil est attiré par cet orangevif présent dans le creux du bloc supérieur soulignant l’entrée de l’écoleélémentaire. La juste composition de pleins et de vides forme un ensemble trèséquilibré et à l’échelle des petits usagers. L’enveloppe en zinc de couleurkaki parfait l’édifice en affirmant la simplicité et la sobriété de laconstruction. Une attention particulière a été donnée à l’apport de végétation,la présence d’un imposant mur végétalisé de 312m2 situé au niveau dela cour en atteste.

L’écriture de ces cartels n’est pas chose aisée…Délivrer un message clair avec un maximum d’informations et ce, avec peu demots (600 signes), relève du défi ! Mais tout l’intérêt est bien là. Il s’agit de transmettre un messagecourt comportant les informations essentielles concernant l’édifice.  La consigne est d’être le plus neutrepossible, le lecteur n’a que faire de mon propre ressenti… Attirer sonattention sur un détail d’architecture, sur la position urbaine du bâtiment,sur les matériaux de construction sont autant de manières de parler del’édifice, et par là même, d’architecture au sens large. C’est donc importantde bien choisir ses mots, et de bien construire son discours.

Ainsi, cette première expérience d’écriture est-elletrès formatrice et également très agréable. En effet, se promener dans les ruesde Lyon, à la découverte de ces nouvelles présences architecturales dans lacollection architecturale de la ville Rhodanienne, est unréel délice.

                                                                       C.IPour en savoir plus :- Lien vers le site d'Archipel CDCUL'application Archiguide-Lyon

#archipelcdcu

#architecturecontemporaine

#cartel

Chargé de communication : un aperçu du métier

En première année de Master Expo-Muséographie, j'ai eu le chance de réaliser mon stage au sein du Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, en Suisse.


Crédits : A.G.

En première année de Master Expo-Muséographie, j'ai eu le chance de réaliser mon stage au sein du Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, en Suisse. Ma première mission était de mettre en place l'exposition du travail pratique d'ethnomuséographie avec les étudiants de l'institut d'ethnologie. Ce TP propose tous les deux ans la possibilité de monter une exposition temporaire dans une partie du MEN : « la fosse ». Cette année, les stagiaires du musée ont étés invités à concrétiser ce projet. Je fus donc amenée à intégrer l'équipe, qui était constituée de 7 stagiaires -étudiants et d'un conservateur, Bernard Knodel. Durant plusieurs mois, nous avons donc établi le discours muséographique, la scénographie, le graphisme, etc. Cet exercice nous a ainsi permis d'avoir des missions plurielles. Pour ma part je me suis également chargé de l'aspect communication de l’exposition. Du graphisme, de l’affiche au dossier de presse, des réseaux sociaux aux articles de presse, j'ai ainsi découvert le métier de chargée de communication. 

L'exposition :Home sweet home

Le Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN) et l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel se sont associés pour présenter, dans le cadre des manifestations de Neuchàtoi 2013,une exposition conçue par les étudiants du travail pratique d’ethnomuséographie et les stagiaires du MEN.

Inaugurée le 13 juin 2013, l’exposition a été présentée au musée jusqu'au 1er décembre 2013.

Home sweet home propose une réflexion basée sur le travail de la journaliste Valérie Kernen Vivre ici en venant d’ailleurs.L’exposition s’appuie sur plus de 120 témoignages récoltés auprès de migrants – de plus de 100 nationalités différentes –illustrant la diversité de la communauté étrangère neuchâteloise.


Crédits : A.G.

Dans un espace d’un blanc aseptisé et neutre - deux clichés communément attribués au home sweet  homesuisse - le visiteur est invité à explorer des thématiques universelles récurrentes dans ces récits de vie. En résonance avec les citations apposées sur les murs, six installations mettent en perspective ces thématiques autour d’éléments mobiliers, réduits au rang de signes par leur blancheur, et servant de supports ou de vitrines aux artefacts des collections muséales. Un chariot à bagages matérialise ainsi l’idée de déplacement ; un lit conjugal évoque la famille et le couple ; un bureau symbolise le travail ; une cabine téléphonique fait allusion à la communication ; un lave-linge renvoie à l’apparence vestimentaire et physique ; et enfin un autel fait référence aux croyances.

Confrontant la « suissitude » à l’altérité extrême et le local au global, les tensions nées de la mise en relation des objets exposés amènent à renverser les perspectives spatiales et temporelles liées à la perception de l’autre. Loin des récupérations politiques, des réponses partisanes et des jugements à l’emporte-pièce trop souvent générés par ce sujet de société qu’est la migration, il s’agit plutôt de révéler la complexité de ces problématiques en suscitant une réflexion sur les rapports entre les cultures à l’ère de la globalisation.

 

Ma mission de chargée de communication

 
Vernissage de Home sweet home,

Crédits : A.G.

           Au vu de l'inauguration, ma fonction de chargée de communication fût de prendre en office différents aspects : d'une part le suivi de la communication visuel (affiches, invitations, etc.) et dans un deuxième temps les relations presse ainsi que l'organisation de l'inauguration.

Pour reprendre l'ordre chronologique des tâches, et d'après mes compétences, je me suis proposée de réaliser le graphisme de l'exposition et par extension de me charger de l'aspect diffusion.Que communiquer? A qui ? Combien d'invitations ? Combien d'affiches ? En s'appuyant sur les anciennes expositions de petite envergure, j'ai établi un planning allant de l'impression des supports visuels à l'organisation de l'inauguration.

 Une fois les affiches, flyers et invitations finalisés, imprimés et diffusés aux différents contacts, donnés par le musée et la journaliste Valérie Kernen, j'ai pu me concentrer sur les relations presse : rédaction du dossier de presse et articles, ainsi que des rendez-vous avec les journalistes pour des visites guidées près exposition.

Pour la dernière partie des tâches, en collaboration avec Valérie Kernen et l'équipe de conception, nous avons mis en place une fête multiculturelle, célébrant les dix ans du projet Vivre ici en venant d’ailleurs,pour prolonger l’inauguration de l’exposition. À cette occasion, ont été présents divers groupes de musiques du monde ainsi que des danseuses mauriciennes et africaines.

La réussite d'une exposition, notamment pour une retombée auprès du public, dépend d'une bonne diffusion. Certains grands musées ont la possibilité d'avoir un service communication riche et performant,mais une simple connaissance du territoire et des médias permet d'obtenir une communication efficace. Cette expérience riche en rencontres, m'a permise de découvrir brièvement, le métier de chargé de communication, une activité essentielle dans l’organigramme d'un musée.

Agathe Gadenne

MEN - Musée d'Ethnographie de Neuchâtel

Entretien avec Natacha Guenther par Valérie Kernen

La ville de Neuchâtel

Chaumont Design Graphique : deux étudiantes, un lieu de stage

Nous sommes deux étudiantes de master1  en stage au Festival Chaumont Design Graphique qui aura lieu du 17 maiau 9 juin 2014 à Chaumont. Cela fait plus d’un mois que notre stage a commencéet à travers ces quelques lignes, nous voulons vous faire partager nos missionsdéjà effectuées ainsi que les joies et tracas liés à ce type d’évènement !

Un festival international d’art graphique

Chaumont Design Graphique est un évènementmajeur dans le domaine de la culture graphique internationale. Depuis 25 ans,le festival s’empare de la ville de Chaumont en investissant divers lieux surtoute la ville. Cet évènement propose chaque année des expositions pharesautour desquelles s’articulent de nombreux temps forts proposant des cycles deconférences, tables rondes, workshops, ateliers participatifs pour le jeunepublic, salon des éditeurs, soirées afin de privilégier des moments derencontre entre professionnels et festivaliers.

Des missions très diverses

Nos missions au sein du festivals’orientent autour de la conservation, la production d’expositions et lamédiation.

·     Lecentenaire bien sûr !

Cette année, une exposition est consacréeau 100ème anniversaire de la guerre 1914-1918. Elle présente différents visuelset textes de propagande (affiches, réclames) mais aussi cartes postales,lettres de poilus ou tickets de rationnement.


© Thi-My Truong

Les œuvres ont été pour la plupartempruntées à la Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine deNanterre et aux Archives Départementales. Un constat d’état lors de l’arrivéedes œuvres en réserves était donc nécessaire et fut effectué par nos soins.Chaque pièce a été minutieusement observée et analysée afin de rendre compted’éventuelles altérations dues au transport ou des traces d’usures quin’auraient pas été remarquées par les institutions prêteuses. C’est seulementaprès ce constat que les œuvres ont pu rejoindre leur lieu d’exposition entoute sécurité ! Avec l’équipe conservation, nous étions 5 personnesmobilisées pendant cinq jours entiers pour quelques 300 documents.

Une fois les constats effectués, notremission s’est poursuivie avec le travail d'encadrement de tous les documentsiconographiques empruntés. Ce travail de minutie et de patience extrême  est une des plus intéressantesétapes en amont de l'accrochage. Nous nous y sentons au plus proches del'œuvre.

Le concours international autour del’affiche

Le concours international est un lieuincontournable du festival. Il est ouvert à tous les graphistes professionnelsproposant une commande graphique réalisée au cours de sa carrière. Exposées,elles nous offrent un panorama des tendances actuelles du design graphiqueautour de l'affiche. 


© Helmo

Une fois la sélection du jury effectuée,nous avons procédé au référencement de chaque affiche car toutes cellessélectionnées vont rejoindre les collections de Chaumont. Durant la période depréparation, une étape indispensable fût de réaliser le pland'accrochage : comment penser un plan qui ne se contenterait pas de misersur une contemplation simplement esthétique car les composantes de l'affichesont un parti pris à part entière ? L'affiche est aussi sujette à débat,et son contexte comme son histoire peuvent être des arguments à prendre encompte. Si le concours international n'a pas pour but de penser à un discours,une cohérence d'accroche ne peut être négligé, la composition, la technique, lacolorimétrie, l’année, l’auteur, le contexte, etc.

·     FelixPfäffli, le graphiste aux 1001 affiches

Une autre mission fut de monter l’exposition dugraphiste suisse Felix Pfäffli. Celle-ci est très singulière car les

esquissesen noir et blanc seront exposées aux Subsistances, un ancien entrepôt militairede 2000m2 dont les coursives sont ainsi investies. Lesproductions finies, en technicolor, seront présentées au Havre, dans le cadredu festival Une saison graphique


© Thi-My Truong

Comment accrocher plus de 500 affichesefficacement avec des contraintes qui sont l’humidité, un sol courbe, descimaises pas tout à fait régulières ? Pendant trois jours, en présence del’artiste, nous avons décidé d’un plan d’accrochage des affiches et fait ensorte de toutes les agencer parfaitement !

Ce n’est pas fini …

Ce premier mois et demi de stage nous arapidement immergées dans l'organisation et le rythme du festival. La dated'ouverture approchant, nos missions sont loin d’être terminées. Du 17 mai au 9juin, nos missions vont se poursuivre avec la médiation de certainesexpositions, médiations dont le contenu est en voie d’achèvement. Cette périodede festival est pour nous le moment de nous consacrer aux médiations mais aussià la mise en place d'ateliers auprès du jeune public : réalisation detampon, foulard, sérigraphie, etc. Des modules qui permettent aux plus jeunesde s’initier aux pratiques du graphisme.

Cette expérience s'avère très intense ettrès passionnante. Le poste de chargée d'expositions n'est pas toujours de toutrepos : d’une part, savoir anticiper les demandes des graphistes, lesaccompagner et les conseiller dans leur projet et, d’autre part, pendant lespériodes de montage, rattraper les manques de dernières minutes, gérer sesbudgets ! Un vrai marathon que ces expositions évènementielles !

Marie Despres, Thi-My Truong

# Festival

# Graphisme

# Centenaire

Pour aller plus loin :http://www.cig-chaumont.com/

http://www.unesaisongraphique.fr/

Et toi, il est comment ton OpenSpace ?

J’aimerais raconter une découverte de mon apprentissage : le travail en Openspace.

Openspace© Méline Sannicolo

Dans mes expériences précédentes, j’ai eu un bureau solo ou un bureaupartagé à deux, mais jamais d’Openspace. Selon sa définitionpremière, un Openspace est un espace ouvert où les bureaux ne sontpas séparés par des cloisons. Pour cet article nous considèreronsque l’on parle d’Openspace à partir de trois personnes dans unmême bureau.

L’Openspace est apparu en France dans les années 80. Son but est de faire gagnerde la place et du temps. Ainsi, alors que les cadres avaient souventleur bureau individuel, bien à part du reste du service, lesOpenspace avec leur moquette et leur éclairage néon un peu blafard,voient le jour et offrent des espaces totalement modulables en casd’évolution de l’entreprise.

Cette organisation peut avoir des avantages : le gain de temps estimportant car en posant une question à un collègue du même bureau,la réponse est immédiate, la communication est instantanée et plusfluide. Le travail en équipe est aussi facilité par cetteproximité. Mais cette organisation présente également de nombreuxinconvénients et le premier d’entre tous est paradoxalement laperte de temps. En moyenne, un salarié serait dérangé toute les11min (David Rock, « Votre cerveau au bureau »). Entreles questions des collègues, les coups de téléphone, lesdiscussions des autres collègues entre eux, etc. Le fait d’êtreautant dérangé augmenterait d’ailleurs le stress des salariés cequi accentuerait l’inefficacité.

Retrouve-tonles mêmes avantages et inconvénients dans une institutionculturelle ?

Ce qui suit est une brève analyse non exhaustive faite à partir desexpériences de huit de mes camarades, qui ont bien voulu répondre àmes questions. La moyenne est d’environ cinq personnes par bureau,allant de 3 à 14 pour le plus grand Openspace. Les personnesinterrogées travaillent dans des services d’expositions ou bureauxde médiation, dans des institutions muséales ou des centres d’artcontemporain.

L’idée de convivialité est souvent revenue dans les réponses : partage, bonne humeur, ce qui suppose néanmoins une bonne ententeavec les personnes du bureau car dans le sens inverse, le fait departager un espace exacerbe les tensions. L’autre avantage quiressort est le partage de l’espace comme vecteur de rencontre despersonnes de l’institution, de discussions avec les autres serviceset d’être plus au courant de ce qui se passe dans le musée. Celapermet des échanges sur les différents projets, qui n’auraientpeut-être pas lieu autrement, et qui peuvent amener à de nouvellesréflexions, un partage d’expérience ou de références etc. Pourcelles qui travaillent en équipe, le gain de temps est flagrantquand il ne faut pas passer par le téléphone ou le mail.

Mais de nombreux problèmes liés à l’Openspace ont aussi étésoulevés, comme le bruit et la déconcentration (entre le téléphone,les discussions entre des personnes qui parlent fort, ceux quirigolent, ceux qui font la discussion sur la météo etc.). Le reversde la médaille est que nous aussi, pour nos échanges, il faut faireattention à notre propre bruit ! Si le chef du service est dugenre à surveiller ou si les collègues ne sont pas toujoursbienveillants ou aiment comparer et commenter, tout cela peutconduire à une impression de contrôle très désagréable :tout le monde sait ce que tu fais, combien de temps tu vas à unrendez-vous, ce que tu dis à un prestataire par téléphone, combiende temps tu mets pour manger, à quelle heure tu pars le soir etc. Etdans les cas où ton bureau sert parfois à d’autres personnes,l’ordinateur peut être fouillé : l’historique internet oudans les documents ou notes qui se trouvent sur le bureau… rien detrès agréable et peu de confiance.

D’autre inconvénients comme des besoins différents entre collègues(lumière, musiques etc.) ou les différents savoirs vivres (pour lapropreté, le rangement, etc.) peuvent également donner lieu à destensions et même dans les mauvais jours, il est quand mêmenécessaire de parler, de faire la discussion avec les collèguesetc. Les fournitures sont parfois à l’origine de certainsproblèmes. Dans certains cas, les fournitures sont à partager :quand il s’agit des stocks de papiers ça va, mais lorsqu’il fautpartager un téléphone, un ordinateur c’est plus compliqué !Parfois, les fournitures sont individuelles, il n’est pasimpossible de voir disparaitre ciseaux, stylos etc. parfois même dupapier toilette. Le dernier cas de figure rencontré est de devoiramener son propre matériel, son ordinateur, ses stylos, car lastructure ne fournit rien, souvent pour une question de coût.

Les espaces d’Openspace, bien que modulables sont souvent trop petitspour accueillir plus de salariés, si bien que plusieurs d’entrenous ont du mal à accéder à leur bureau sans embuche. Des bureauxprévus pour trois accueillent finalement plus de personnes : espaces trop fournis en meubles, en décorations et donc visuellementtrès chargé, créant du stress supplémentaire.

Depuisles années 80, les pratiques et les idées ont changé et denombreuses études ont été menées pour savoir comment rendre letravail le plus efficace possible. L’idée de « bien-être »au travail est un concept qui est de plus en plus présent, surtoutpour les Start-Up ou pour les grandes multinationales « cools ».L’idée est de se sentir bien au travail, mais ce n’est pas debonté d’âme : les personnes travaillent de plus en plus, les casde burnouts se multiplient. Les entreprises cherchent à augmenterl’efficacité des salariés pour pouvoir en réduire le nombre.Ceci explique cela. Ces entreprises présentent de nouvellestendances. Le bureau partagé est toujours là, mais une multituded’autres pièces sont ajoutées, permettant de nouvelles pratiques: salle ou box pour des réunions, salles pour téléphoner sansdéranger les autres ou être dérangé ; salle de repas, sallede repos, salle de jeux... Ces espaces rythment le travail en offrantun lieu pour chaque type d’action. Les lieux comme la salle derepos permettent de s’isoler. Les lieux communs, comme la salle derepas, ou l’espace café, sont des espaces associés à un tempsprécis hors du travail. Cela favorise la cohésion de groupe etcréer un sentiment d’appartenance. Il s’agit de rites d’entreprises importants pour maintenir leur bon fonctionnement,comme le souligne l’anthropologue Jean-Pierre Jardel. La présencede plantes, de matériaux naturels (meubles en bois etc.), est aussiencouragé afin d’améliorer la qualité de l’air et donner unair plus « naturel et sain ». L’entreprise Nestlé a mêmerajouté un espace avec des animaux, car la présence de ces derniersréduirait le stress et renforcerait la cohésion d’équipe.

Retrouve-t-once genre de pratiques et pensées dans les institutions culturelles ? 

Une seule de mes camarades, dans un centre d’art contemporain,travaille dans un espace multiusage avec des bureaux, unecuisine, un espace de repos. De plus, les tables sont amovibles etdonc peuvent être déplacées et utilisées selon les besoins(grandes réunion, entretiens d’embauche etc.) Souvent tout demême, un espace pour manger ou boire un café, existe mais parfoisle repas se prend dans son bureau, par manque d’espace dédié.Dans une autre institution, des canapés sont mis à disposition,dans un coin de l’Openspace. Donc nous ne sommes pas tout à faitdans des dispositions énoncées auparavant, d’un espace dédiépour chaque activité mais des aires de repos ou de repas existentmalgré tout.

L’enquête a révélé la récurrence d’un environnement agréable. Seulement,le côté « sain » n’a pas été soulevé,contrairement à la notion d’espace « personnalisé ».Pour commencer, les institutions culturelles se trouvent souvent uncadre particulier, avec de beaux paysages, de beaux bâtiments. Ainsiles beaux paysages à travers la fenêtre, une grande luminositéetc. ont toujours été mentionnés avec beaucoup d’entrain. C’estvrai qu’il y a pire que de voir le château d’Azay-le-Rideau oule Jardin des Plantes de Paris, à travers sa fenêtre. Il s’agitde lieux privilégiés. A l’inverse, les environnements froids, malisolés, sans lumière directe ou sortie directement versl’extérieur, sont aussi ressorti de l’enquête, comme étant deslieux moins sympathiques, mais rendu agréables par la décoration.Car oui, la décoration est un autre grand enjeu pour se sentirbien : certaines ont créé des décorations personnalisées parexemple avec des affiches, des photographies ou des élémentsramenés de chez soi ou de son travail précédant. Parfois lesbureaux sont déjà décorés ou aménagés, parfois avec desmatériaux pour isoler du bruit, avec des images du bâtiment ou deséléments d’anciennes expositions. C’est la vraie particularitédes espaces de travail de lieux d’exposition : une multitudede choses sont gardées des expositions qui ont déjà eu lieu etainsi cartels, affiches, éléments de scéno, des panneaux ouphotographies faites en interne, font offices de décoration etdonnent un cachet particulier. Le fait que la décoration se rapportetrès souvent au monde des expositions ou plus largement au monde« culturel », montre une identification au groupe précisdes « personnes qui travaillent dans la culture » etpourrait être qualifié de rite de marquage ou de reconnaissance,par Jean-Pierre Jardel.

Voilà, ce petit plongeon dans nos quotidiens d’apprentissage est terminé. Loin d’être exhaustif, cet article a voulu mettre en avant nos ressentis sur ces lieux où l’on passe, tout de même, une grande partie de notre temps !

MélineSannicolo

#Openspace

#apprentissage

#bureau

#institutionsculturelles

George Clooney is not inside ! - Mes aventures de stage - Episode 1

Sous ce titre bien tapageur se cache une chronique de ces petits moments bien agréables qui font que le statut de stagiaire peut vous faire vivre des moments qui sortent de l'ordinaire...

Par exemple quand le samedi 12 avril, j'ai eu la chance d'assister à la cérémonie officielle de remise d'un tableau tout droit sorti de « Monuments Men » si ce n'est que non l'action ne se passe pas pendant la seconde guerre mondiale et que re-non, George Clooney n'était pas assis à mes côtés ce jour-là. Hélas !


Après la lecture
, 1865Alix Marie de La Pérelle-PoissonCrédits : S.V

Qu'importe, car c'est dans la chapelle du musée de la Chartreuse, à l'initiative de Madame Labourdette, conservatrice du lieu, entourée de sommités culturelles (parmi lesquelles Mesdames Christina Kott, commissaire scientifique et Gaëlle Pichon-Meunier commissaire associée), et devant un auditoire de professionnels de l'univers muséal et culturel, de photographes, de journalistes et d'élus locaux parmi lesquels j'évoluais/je déambulais (merci au master expo-muséographie encadré par Serge Chaumier de me permettre de mettre facilement un nom sur un visage et d'avoir la chance/la possibilité de saluer et d'échanger avec ces personnes), que je fis partie des privilégiées qui eurent la chance d'assister à ce moment assurément unique : la restitution de « Après la lecture » dérobé par l'armée allemande en septembre 1918 d'Alix de Lapérelle-Poisson dont le destin rocambolesque ne peut nous laisser de marbre tant il questionne les problématiques hélas encore actuelles autour de la propriété, de la sauvegarde et de la préservation du patrimoine archéologique et artistique en tant de guerre notamment.

De quoi, en tout cas, avoir envie de se précipiter à l'exposition « Sauve qui veut » pensée conjointement et présentée simultanément à Douai et à Bavay.

Les discours et échanges se firent en français et en allemand... traduit, heureusement pour moi d'ailleurs, car après « Guten Tag », j'eus comme une perte d'audition... et de compréhension subite, mais comme un sens (ou plusieurs dans mon cas !) compense toujours la défaillance d'un autre, c'est à l'issue des discours que la vue, puis l'odorat et enfin le goût me permirent de profiter d'un très savoureux buffet. De quoi dépasser l'adage « après l'effort, le réconfort » car ce moment exceptionnel de ma vie de stagiaire à la photothèque Augustin Boutique-Grard fut pour moi source de découvertes, de rencontres et d'échanges.

What else ?


Vue
de l'exposition - Crédits : S.V

D'autres moments de rencontres conviviales et riches aussi bien professionnellement qu'humainement m'attendent encore car le vendredi 16 mai aura lieu le vernissage de l'exposition « deux regards sur la grande Guerre : Charles Goujaud et Edouard Baron » présentée en deux actes par la photothèque et, dès le lendemain, la Nuit des musées permettra au plus grand nombre des publics de découvrir gratuitement  ce lieu (accueillant en outre l'aquarium et le musée des Sciences Naturelles) et l'exposition. A cette occasion, je verrai bien si l'atelier pour enfants que je compte mener et le livret de médiation à destination des familles que j'ai conçu durant le stage plaisent. Certainement pour moi l'occasion d'écrire la suite de ces aventures d'une accro du...master MEM !

Sabrina

#vernissage

#stage

#restitution

Pour en savoir plus sur l'exposition « Sauve qui veut » présentée en deux lieux : A Bavay, « Sauve qui veut ! Des archéologies mobilisés : 1914-1918 »

A Douai, « Sauve qui veut ! Des musées mobilisés : 1914-1918 »

Musenor - Guerres et Paix -

Il faut sauver le soldat Goujaud ! - Mes aventures de stage - Episode 2

Pour de multiples raisons, c'est une exposition qu'il me tient à cœur de vous présenter dans cette seconde chronique des « Aventures de Sabrina en stage » (de master 1 expo-muséographie).

Mes respects mon maréchal !C'est tout d'abord pour moi l'occasion de communiquer sur la photothèque Augustin Boutique-Grard du musée de la Chartreuse de Douai qui, à travers l'exposition « Deux regards sur la Grande Guerre : Charles Goujaud et Edouard Baron », met en avant le courage de ces hommes qui, de par leur travail photographique mené il y a un siècle, devinrent les témoins de l'Histoire.


Vue de l'exposition  
- Crédits : S.V

Plus concrètement, c'est le premier regard proposé actuellement aux visiteurs, celui de Charles Goujaud (1880-1956), maréchal des logis du 25ème régiment d'artillerie qu'il faut sauver de l'ignorance et de l'oubli. Parce que finalement rien ne prédestinait ce représentant de commerce en vins et spiritueux il y a 100 ans à s'engager à l'arrière-front du conflit et à saisir sur plaques de verre les instants de la vie quotidienne des soldats de son régiment, tout comme les destructions massives des villages de la Meuse, la Marne, la Somme et l'Aisne... Rien si ce n'est la possession d'une malle et de matériel photographique (elle aussi exposée!...et inventoriée et dépoussiérée par votre serviteur herself ! L'occasion de retrouver des instruments protégés dans du papier journal daté de 1914, « emballage » d'époque qui prend une toute autre valeur historique et patrimoniale un siècle plus tard... Un bon sujet de mémoire, non ?) et la volonté consciente ou non d'être le témoin direct de ce conflit pour les générations futures...

Plus prosaïquement, c'est aussi le moyen de remercier du fond du cœur l'équipe de la photothèque qui m'a accueillie chaleureusement, m'a aidée et m'a fait confiance  notamment lors du montage de l'exposition.

De l'action !Ce sont en effet des responsabilités et des fiertés de future professionnelle, comme la réalisation d'une vitrine (après constitution du discours et sélection des expôts), l'élaboration du livret-jeu familial, mais aussi des rencontres avec des collectionneurs et prêteurs qui m'enthousiasmèrent.

Ce sont aussi de réelles réjouissances que furent pour moi le vernissage du vendredi 16 mai et l'animation d'un atelier à destination des enfants dès le lendemain lors de la Nuit des musées où l'accueil et le contact avec le public adulte et enfant de ce samedi nocturne sont pour moi essentiels.

Séquence émotion !


Atelier à destination des enfants
- Crédits : S.V

Et telle l'heureuse lauréate de la palme d'or de l'expo-muséographie, saisie par l'émotion qui m'envahit fréquemment, je remercie pour leur présence et leur soutien ce soir-là mes enfants, mon mari, ma maman, mes collègues et surtout mes élèves et leurs parents qui me firent la surprise de leur visite... ainsi que tous les visiteurs « anonymes » qui partagèrent leurs découvertes et leurs connaissances... comme ce gentil monsieur (il avait 15 ans en 1914, faites le calcul) qui revint spontanément ce vendredi nous présenter les documents officiels ayant appartenus à son père et son grand-père... L'émotion était à fleur de son regard... et du mien. La preuve supplémentaire, s'il en fallait, de la richesse et des apports en terme de professionnalisation, de culture personnelle et de relations humaines des stages dans lesquels le master nous plonge pour mon plus grand plaisir !

Sabrina

#guerre

#exposition

#stage

Pour en savoir plus sur l'exposition :

« Deux regards sur la GrandeGuerre : Charles Goujaud et Edouard Baron »

Immersion au Musée Léon Dierx à la Réunion.

Bienvenue à tous sur l’île de la Réunion. Je vous invite à découvrir le musée des beaux-arts de ce département : le Musée Léon Dierx, du nom d’un peintre et poète réunionnais, qui a ouvert ses portes en 1912. Cette institution culturelle prend place dans l’ancien évêché de Saint-Denis, chef-lieu de la Réunion, au sein de l’emblématique rue de Paris.

L’entrée du Musée Léon Dierx, © LK

Bienvenue à tous sur l’île de la Réunion. Je vous invite à découvrir le musée des beaux-arts de ce département : le Musée Léon Dierx, du nom d’un peintre et poète réunionnais, qui a ouvert ses portes en 1912. Cette institution culturelle prend place dans l’ancien évêché de Saint-Denis, chef-lieu de la Réunion, au sein de l’emblématique rue de Paris.

Sa collection permanente abordeles courants propres au 19ème siècle. Le parcours y estchronologique (le romantisme, l’école de Barbizon, l’impressionnisme etc) etthématique (le nu, les marines, le paysage urbain etc). Ces peintures relèventde  deux genres principaux, les portraitset les paysages. Les collections du musée, hors réserves, sont actuellementdotées également de sculptures et d’estampes. Les collectionneurs et marchandsd’arts, pour la majorité réunionnais, qui ont enrichi le musée, ayant beaucoupvoyagé, les paysages et les portraits proviennent de divers pays. Vous pouvezdécouvrir des œuvres de Cézanne, Chagall, Picasso, Gauguin, Valtat, Redon…

 

Une salle de la collection permanente du Musée Léon Dierx, © LK

L’espace du musée mesure environ700 m2. Ce musée de petite taille entraîne un confort de visite et l’intimitéd’une maison. Il est appréciable de s’y promener. Le musée est entouréd’un jardin très agréable, foisonnant de plantes locales. Le Musée Léon Dierxpropose chaque année environ trois grandes expositions temporaires et deuxpetites. Les expositions ont toujours un lien avec l’art d’aujourd’hui. Ledirecteur et conservateur du musée souhaite, en effet, mettre en avant lacréation artistique réunionnaise et au-delà de l’Océan indien. Le musée appuiele propos d’une création actuelle en lien avec la société.

Le jeudi 2 juillet,nous avons accueilli plus de 500 visiteurs à l’occasion du vernissage de lanouvelle exposition : L'Envers de l'île. Cette exposition tissedes liens entre l’art contemporain réunionnais et les archives anciennes, entrecollections publiques et privées, entre artistes formés aux beaux-arts etautodidactes. Elle présente des œuvres qui ont été réalisées sur l’île de laRéunion, à des périodes très différentes. L’exposition est dédiée à tous, aux personnes qui connaissent l’île enprofondeur, aux personnes qui rêvent de la découvrir. Elle se prête à provoquerun dialogue entre les visiteurs sur leur perception de l’île. La pluralité desœuvres est vouée à intéresser chacun, entre photographies, peintures, dessins,sculptures, installations…

 

L’entrée de l’exposition, avant l’arrivée de visiteurs © LK  

    

Durant le vernissage, © LK 

  

   

La scénographie del’exposition nous emmène à la découverte et à l’ouverture dans cette île auxmultiples facettes. L’exposition se compose de différentes salles, toutesouvertes. La visite peut s’effectuer avec calme et légèreté. Nous pouvonsressentir une grande liberté en arpentant les espaces.

Des salles ouvertes, unsens de visite libre ©LK

Au fur et à mesure nousen découvrons davantage sur l’île depuis l’extérieur jusqu’à l’intérieur, pourarriver en son cœur. L’exposition nous dévoile d’abord le territoire et lareprésentation que nous pouvons nous faire de la Réunion : photographies duPiton de la fournaise et côtes terrestres, installation entre nuages etmontagnes, cartes et dessins représentant le territoire de l’île de la Réunionetc.

 La Réunion, entre ciel et terre : unterritoire aux représentations communes©LK

Notre cheminement nousentraîne plus près, à proximité de l’homme réunionnais, entre identités etpratiques culturelles plurielles. La population réunionnaise étantcomposée de personnes provenant de Madagascar, d’Inde, de Mayotte, des Comores,de France, d’Afrique et de nombreux lieux du globe. Cette richesse entraîne despratiques culinaires, religieuses, culturelles d’une grande ouverture. Cetteexposition, forte de sens, rassemble le public local autour d’un territoire.Elle reflète des fondements de cette société. Elle réunit chaque individuautour d’un patrimoine commun.

Une terre aux multiples pratiques©LK

Une terre aux multiples pratiques©LK

 Une population diversifiée et tolérante©LK

Le travail de l’artisteStéphanie Hoareau m’a particulièrement marquée. Première œuvre : une femmeâgée en résine. Certains la frôlent, d’autres l’observent. Cette femme nommée Jacqueline est une sans domicile fixe dela Réunion. Elle est assise sur un banc, dans l’attente de quelque chose quenous ignorons. Puis dans une autre salle nous découvrons Jack le fou. « Qui est-il ?» demandais-je ? On meraconte alors des légendes sur cet homme nomade qui se déplace de villes envilles, cette figure emblématique que tous les Réunionnais connaissent.L’artiste souhaite honorer ces personnes considérées comme hors normes. Leurprésence dans un espace muséal leur redonne une identité, une place dans lasociété. A travers plusieurs techniques, elle dresse les portraits desmarginalisés.

Jacqueline,Sculptureen résine et bois,2014

      

Je laisse les derniers mots à Stéphanie Hoareau :

« Chacun a croisé au détour d’une rue, d’uneplace, ou d’un bâtiment, un personnage énigmatique, toujours présent, qui sefond dans le décor.

Chacuna entendu des histoires extraordinaires sur ces personnes qui font partie desrécits folkloriques et de l’imaginaire commun des villes et des quartiers.Chacun les ignore, les observe, les craint, ou leur apporte soutien etbienveillance par compassion ou encore par empathie.

Maispersonne ne peut les sortir de leur torpeur car personne ne peut les priver dece qu’ils ont de plus cher : leur liberté». 

                

                                                                                                                                         Lilia Khadri

En savoir plus :

http://www.cg974.fr/culture/index.php/L%C3%A9on-Dierx/pr%C3%A9sentation-dierx/musee-leon-dierx.html

                                                                           # Beaux-arts

# Identité

# La Réunion

La Maison-Musée Hector-Berlioz : à voir et à entendre !

« Jesuis né le 11 décembre 1803 à la Côte Saint-André »


(c) Musée Hector-Berlioz

Cette simple phrase amorce les mémoires rédigés par Hector Berlioz publiés en 1865. C’est naturellement que l’on trouve dans cette commune iséroise le musée qui lui est dédié, au sein même de sa maison natale. Elle a été acquise en 1932 par l’association « les Amis de Berlioz » dans le but d’en faire un musée dédié à la mémoire de celui-ci, puis inauguré en juillet de la même année après réhabilitation. Le musée devient un établissement départemental à partir de 1968 mais sera géré par l’association jusqu’à la fin du XXème siècle. Par la suite, trois phases de réhabilitation seront initiées (1969-1975, 1989-1990 et 2002-2003). Ces différentes étapes de travaux ont pour objet la reconstitution du cadre de vie de la maison au moment où le jeune Hector y habitait. L’avant-dernière phase a aussi permis d’ajouter une boutique et une salle d’exposition temporaire qui confère alors une meilleure envergure au musée.

La scénographie du lieu est composée en trois parties. Tout d’abord au rez-de-chaussée, une première salle présente Hector Berlioz en son temps avec différents repères chronologiques.  Le courant artistique et littéraire du romantisme est l’axe qui relie le compositeur avec d’autres personnalités majeures de cette philosophie (Hugo,Liszt, Byron, etc). Une introduction succincte sur la vie personnelle de Berlioz, ainsi que ses succès et ces déconvenues vient clore ce premier niveau.Etant le seul accessible aux personnes à mobilité réduite, il était nécessaire d’y faire une présentation générale de la vie et de l’œuvre du compositeur. Ensuite,les étages ont été reconstitués pour mettre en scène la vie de la maison lorsque Berlioz enfant y vivait. Lors de la dernière réhabilitation, des enduits et peintures murales du XIXème siècle ont été retrouvées sous des couches de décors précédents. Leurs restaurations permettent de mettre en scène au mieux le mobilier d’époque. Pour finir, un voyage musical est proposé dans l’auditorium du musée. Installez-vous confortablement et laissez la musique vous faire découvrir l’univers de Berlioz.    

Une majeure partie des collections du musée est composée de dons de la descendance d’Hector Berlioz. Ce sont surtout des ressources manuscrites, partitions, mémoires et carnets de voyage du compositeur. Mais une part importante de la correspondance de la famille Berlioz y est aussi conservée. Il y a deux espaces de conservation des collections dans le musée : la réserve pour les objets et le centre de documentation (créée en 1965) pour les collections papier.

Les missions

Mes missions au sein du musée Hector-Berlioz avaient pour fil conducteur de me faire découvrir le métier de régisseur des collections. Au cours de ces quatre mois, j’ai pu étudier toutes les étapes de l’œuvre dans les collections, de son arrivée dans le musée à sa mise en exposition.

A ce titre, je me suis occupée du classement de trois fonds. Le premier fonds concerne une cantatrice iséroise,Ninon Vallin. Il contient environs 400 photographies et 700 articles de presse.Le second a été donné par l’Orphéon Municipale de Grenoble, association musicale importante de l’Isère au XXème siècle. Il est composé des documents administratifs de l’association, des photographies de leurs représentations ainsi que de médailles. Ces deux fonds n’ont pas de lien direct avec Hector Berlioz mais ils permettent une veille patrimoniale de l’histoire musicale de l’Isère. Le troisième a été légué au musée par une descendante de la famille Berlioz, Catherine Reboul-Vercier, et contient près de 700 lettres et documents administratifs ayant appartenu au compositeur et à sa famille. Un point important est donné à la cohérence dans l’organisation de ces fonds. Du classement au rangement, cela doit être fait de la manière simple et juste afin que toutes personnes souhaitant l’étudier puissent le faire le plus facilement possible.

Par la suite, je me suis occupée de réorganiser la réserve du musée. Elle se compose d’un meuble à plan, de trois armoires et de rangement pour tableaux. Mon travail s’est surtout centré sur du dépoussiérage et conditionnements d’objets. Ce sont des étapes importantes permettant de mettre en œuvre les bonnes conditions de conservation préventives pour les collections. Selon les caractéristiques physiques des objets,différents conditionnements ont été choisis. Pour les objets sans trop de volume, comme les médailles et baguettes de chefs d’orchestres, le conditionnement choisi est de la mousse de polyéthylène dans laquelle sont formés les emplacements pour les objets pour ensuite être ranger dans des boites de conservation. Ce système permet de les ranger par type. Les objets plus lourds et volumineux, tel que la vaisselle, n’ont pas été conditionnés pour une meilleure observation. Les étagères où elle est rangée sont protégées par des films de polyéthylène afin d’éviter le contact de l’objet avec des surfaces non-neutres.

Enfin, j’ai participé au montage de l’exposition « Berlioz en Italie. Voyage Musical ». Je me suis intéressée aux parties administratives préalables à la venue et au convoiement des œuvres. Cette mission passe par la création des fiches de mouvement d’œuvres, la prise de contact avec des convoyeurs spécialisés et la création des fichiers d’assurances. J’ai accompagné mon tuteur à Marseille pour récupérer une dizaine d’instruments de musique méditerranéenne, prêtés par un musicologue. L’exposition était essentiellement composée de tableaux, gravures et de manuscrits de Berlioz. De mauvaises mesures des tableaux avaient été données ce qui a causé une remise en question de la scénographie une semaine avant l’inauguration. La place restreinte des salles et des contraintes de l’agencement (deux salles avec plafond voûté) ont été problématiques pour résoudre les problèmes. Finalement, nous avons dû supprimer des lithographies pour laisser plus de places aux tableaux et aux textes.


(c) Portrait d'Hector Berlioz, Émile Signol - Villa Médicis

L’exposition vise à faire connaître une étape importante dans la vie du compositeur français. Lorsqu’il gagne leprix de Rome en 1830, par deux tentatives infructueuses, Berlioz quitte à regret Paris pour devenir pensionnaire à la Villa Médicis durant un an. La cité romaine lui semble bien moins attractive que la capitale française et il méprise la musique italienne. Il va s’évader le plus souvent possible pour découvrir les provinces et paysages qui formeront trente ans plus tard l’Italie unifiée. Le musée a choisi de présenter des tableaux et lithographie de la première moitié du XIXème siècle représentant les régions telles que Berlioz les a visitées pendant son voyage. Des manuscrits sont présents afin de compléter ses œuvres montrant que le compositeur a gardé en lui les souvenirs passé en Italie. Il s’est inspiré de ces sonorités tout au long de sa carrière pour de nombreuses œuvres, de Benvenuto Cellini à Béatrice et Bénédict en passant par Les Troyens.  

Laura Clerc 

Musée Hector-Berlioz

Le MUba Eugène Leroy un musée en perpétuel questionnement et renouvellement

A l’occasion d’un stage au MUba EugèneLeroy de Tourcoing, j’ai eu la chance de participer au premierrenouvellement des collections pour l’année 2014. Créé en 1860, et anciennementdénommé Beaux-Arts de Tourcoing,  le MUba Eugène Leroy présente sescollections dans un dialogue permanent entre art classique, art moderne et artcontemporain. Peintures, dessins, estampes, sculptures se côtoient dans lesparcours où l’on croise par exemple Boilly ou Rembrandt en écho avec lescontemporains Antoine Petitprez, Philippe Cazal ou encore avec des figures du xxe sièclecomme Martin Barré ou bien sûr Eugène Leroy.

Les collections permanentes occupent lamoitié de la surface d'exposition. Leur accrochage est régulièrement renouvelépour faire écho aux grandes expositions temporaires programmées deux fois paran. L’exposition Permanente/Provisoire a été repensée à travers le thème de laforme et de la sculpture afin de faire écho aux deux expositions temporairesréalisées par le MUba. Le musée des Beaux-arts de la ville propose une granderétrospective de l’œuvre de l’artiste contemporain autrichien Elmar Trenkwalderet une exposition plus réduite sur la forme et le design pratiquée à la Manufacture de Sèvrespar le biais de vases. Ces expositions sont visitables depuis le 17 avril jusqu’au24 novembre 2014, alors n’hésitez pas à vous y rendre car lesexpositions mais aussi le lieu valent le détour!

Vue de la salle d'exposition temporaire (c) F.Kleinefenn

L’exposition phare du moment "Ornement et Obsession" est la première rétrospectiveorganisée autour de l’œuvre fantasmagorique d’Elmar Trenkwalder. L’amateurconfronté pour la première fois à l’art de cet artiste autrichien, qu’ils’agisse de ses dessins, de ses premières peintures ou des sculptures de terre cuitesdes dernières années, n’a pas fini de s’étonner. Installé à Cologne au milieudes années 1980, l’artiste né en 1959 et qui vit aujourd’hui à Innsbruck,connaît un succès rapide avec des dessins et des tableaux d’inspirationsymboliste dont les cadres, d’abord en moquette, puis en terre, font reculer lecontenu du tableau vers la périphérie et l’élargissent. Les premiers travaux enterre émaillée de couleur frappent par l’extraordinaire expression physique ducorps masculin dans la droite ligne d’une certainetradition autrichienne de transgression des limites sexuelles. Cette grandeexpositionprésente l’œuvremonumentale de l’artiste, des peintures et dessins, en incluant et mettant enperspective les œuvres acquises par le MUba. Elmar Trenkwalder crée des sculpturesmonumentales en céramique. Ses structures et ses architectures qui rappellentl’art flamboyant du gothique tardif, fusionnent des formes imaginairesbiomorphiques et végétales. La représentation figurative, quant à elle, estdéformée, elle joue de symboles féminins et masculins. L'artiste dresse un panorama complexe, fantastique et délirant empreint de formes del’histoire de l’art, des arts appliqués ou des arts populaires. La grandenef du MUba est emplie de ses œuvres créant une atmosphère particulière,quasi-magique. 

Vue de la salle d'exposition Permanente/Provisoire(c) D. Knoff

En liaison avec l’exposition "ElmarTrenkwalder - Ornement et obsession" , l’exposition Permanente/Provisoire intitulée enréponse à la formule de Baudelaire "Un objet pas si ennuyeux que ça, lasculpture?", s’est façonnée à partir de la collection de sculptures duMUba, qui sont ainsi interrogées dans un parcours dynamique sur toutes lescomposantes de la sculpture, sa matière du marbre à la simple planche decontreplaqué, du bronze à la céramique, en passant par le bois de récupération,de la fonte d’aluminium au plâtre en passant par la terre ; sonaccrochage, sur un socle, sur le mur, directement au sol, dans l’espace, ousimplement représentée ; ou encore son sujet figuré, réaliste, suggéré ouabstrait. L’exposition Permanente/Provisoire est repensée comme une expositiontemporaire, dont la présentation est renouvelée régulièrement. Le parcours del’exposition propose une déambulation au rythme des œuvres exposées autour dela question de la sculpture selon le concept de la relation de l’artcontemporain et l’art ancien. Ces nouvelles relations apportent un nouveauregard sur les œuvres en établissant entre elles des parallèles, multipliantainsi les lectures possibles de l’œuvre. L’exposition permet de mettre aucentre la question du rapport de l’œuvre au lieu et de son expérience.

Autour de ces expositions, le MUbaEugène Leroy, toujours dans un souci de faire dialoguer les arts et les formes,a pensé une exposition temporaire, "V de S", en étroit lien avec la Cité de laCéramique. Le parcours de l’exposition propose de circuler autour des vases etformes emblématiques de la Manufacture autour de la question du renouvellementdes formes des vases et de l’étroit lien entre l’art ancien et l’artcontemporain. Ces nouvelles relations, associant les plus grands créateursinternationaux aux collections du patrimoine national, apportent un nouveauregard sur les œuvres, multipliant ainsi les grilles de lectures possibles. LaCité de la Céramique représente l’excellence des métiers d’art et de lacréation en France. Les résidences exploratoires d’artistes et de designers quis’enchaînent depuis des décennies à la Cité de la Céramique, occupentquotidiennement plus d’une centaine de céramistes d’art, et ouvrent l’horizonsur de nouveaux territoires et de nouvelles potentialités artistiques encoreinédites. L’exposition propose un parcours au travers d’une double perspective: la continuité de la forme en blanc, que l’on retrouve chez Charpin, Arp ouencore Renonciat et les ruptures, qui ne sont qu’apparentes, proposées par denombreux artistes et designers tels que Sottsass ou Biecher.

Pour tout cela et bien plusencore, venez découvrir ces expositions particulières et différentes maistoujours en dialogue les unes avec les autres et participant à l’éternellequête de questionnement et de renouvellement que suit le MUba Eugène Leroy,exemple dont pourrait bien s’inspirer nombreuses autres structures.

Elisa Bellancourt

Les coulisses d'un montage

Comment arrive-t-on en cours de projet d’exposition ? Qu’est-ce qui fait un montage réussi ? Dans le cadre de mon stage au service Muséologie du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Bruxelles, j’ai eu l’opportunité de monter Where we are at ! Other voices ofgender, une exposition de Christine Eyene, commissaire indépendante franco-camerounaise invitée par les deux institutions culturelles belges organisatrices : le Musée Royal de l’Afrique Centrale (MRAC) et Bozar.

  
  ZANELE MUHOLI, Miss Lesbian I, 2009 C-type print Photograph: Sean Fitzpatrick© Zanele Muholi

Comment arrive-t-on en cours de projet d’exposition ? Qu’est-ce qui fait un montage réussi ? Dans le cadre de mon stage au service Muséologie du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Bruxelles, j’ai eu l’opportunité de monter Where we are at ! Other voices ofgender, une exposition de Christine Eyene, commissaire indépendante franco-camerounaise invitée par les deux institutions culturelles belges organisatrices : le Musée Royal de l’Afrique Centrale (MRAC) et Bozar. Cette exposition a été présentée du 18 juin au 31 août 2014 à Bozar. Programméedans le cadre de Summer of Photography,l’exposition répondait au thème de cette année : la question du genre.Tout en faisant la part belle aux seize artistes photographes et/ou vidéastesde l’exposition, Christine Eyene proposait de développer sa pensée et deretracer l’histoire du mouvement féministe noir.

Arrivée depuis peu en stage, j’ai été directement mise au courant de l’avancée duprojet et présentée aux personnes parties prenantes, c’est-à-dire mes collèguesdu MRAC, les personnes en charge à Bozar et la commissaire d’exposition. J’aidonc effectué des recherches sur les artistes invitées, l’évaluation desbesoins en tirages et encadrements des photographies, ainsi qu’un inventairedes cadres du service Muséologie.

                

Installation du matériel vidéo, Crédits:O.L

 Vue du même endroit à la fin du montage, Crédits : O.L

Quand un projet d’exposition est programmé dans une institution aussi importante queBozar, des aléas inévitables surviennent : la commissaire a eu, un mois avant levernissage, la validation définitive des salles dévolues à l’exposition. Celafait parti du jeu.Régler l’épineuse question du parcours de l’exposition futdonc un des objectifs principaux. Etant donné la configuration des salles(étroites et en enfilade), la nature des œuvres (photographies, projectionsvidéos et vidéos sur moniteurs) il nous a fallu trouver les solutions optimalesafin de satisfaire le propos de la commissaire et la cohérence de celui-ci touten sélectionnant le meilleur emplacement possible pour les projections. Eneffet, projeter une vidéo dans une salle étroite pose de nombreux problèmestechniques et sans les compétences de Ludo Engels, en charge de l’audiovisuel auMRAC, nous aurions été démunis. De plus, exposer alternativement des vidéos etdes photographies demande une grande vigilance quant à la question del’éclairage.

Documents indispensables : plan et liste d’œuvres, 

Crédits : O.L

C’est en nous réunissant régulièrement, en communicant les propositions de chacun quenous avons pu trouver le parcours optimal. Toute la complexité d’un montage résideen la prise en compte de multiples paramètres comme ne pas dénaturer les œuvresdes artistes mais aussi l’espace d’exposition, la nature des œuvres, lepropos du commissaire, le confort du public, les difficultés techniques, lerespect des budgets. Il faut donc trouver le bon dosage. C’est sur le chantierqu’opère ou non l’alchimie subtile. Allons donc voir de plus près cette étapesingulière.

Initialement, Ludo Engels et moi-même devions être les petites mains du MRAC à Bozar. Par unconcours de circonstances nous nous sommes retrouvés co-responsables dumontage. Nous voici donc en train de mettre en espace un des événementsculturels majeurs de l’été. Quelle chance et quelle confiance on nousfaisait ! La première semaine j’ai beaucoup attendu  car l’équipe technique montait les cimaises etla black box, peignait les murs. LudoEngels se battait avec ses fils, connections, fixations, moniteurs,vidéo-projecteurs. Et il pratiquait la méthode Coué quand les fichiers vidéosarrivaient au dernier moment. Pour ma part, après avoir eu la chanced’accompagner Christine Bluard chez l’encadreur pour choisir les cadres et lesmarie-louise et par la même occasion voir les tirages de près, j’ai gardé àl’esprit les souhaits de Christine Eyene en indiquant aux techniciensfree-lance parfaitement professionnels où et à quelle hauteur accrocher lesphotographies. Bon, tout de même quant arrivait un imprévu, comme un changementd’œuvres de dernière minute, il fallait bien que j’improvise, et quand l’accrochagene mettait pas en valeur les photographies, je réfléchissais (et oui) à lameilleure disposition des photos, me mettant tour à tour dans la peau duvisiteur lambda, de la commissaire et de la responsable technique de Bozar.

Installation des œuvres de Lisa Hilli et Hélène Jayet,Crédits : Danae Tezapsidou

Les art Handlers installant une série de Zanele Muholi,

 Crédits : O.L

Etpuis, il fallait surtout penser au public et aux œuvres. Oui il faut desassises dans un parcours d’exposition, oui, même devant une vidéo de 3 minutes ! Et aux œuvres, oui telle œuvre doit se découvrir au dernier moment, « parfaitles rideaux », « ah, quelle vitrine pour les documents d’archives ? ",  "Quelle position sur le mur pour un poème ?"... Heureusement mes expériences demédiatrice culturelle et d’artiste plasticienne m’ont aidée. Et, quand lacommissaire arrive, le grand stress, ai-je fait ce qu’il fallait ?Heureusement l’ensemble du personnel du MRAC, de Bozar et les free-lance, parleur professionnalisme et leur expérience, m’ont énormément appris.

Et ce moment si particulier, quand nous enlevons les derniers outils, les derniersemballages oubliés un peu partout et qu’enfin, le parcours et les œuvresdeviennent une exposition prête à être visitée, qu’arrivent les artistes, quela commissaire sourit, soulagée, et qu’on a enfin le temps de penser à prendreun peu l’air avant les discours et le verre tant attendu, quel plaisir etquelle chance ! Je n’ai qu’une hâte, le prochain montage !

Entrée de l'exposition, vidéo de présentation, Christine Eyene,

Crédits : Danae Tezapsidou

Jeremercie chaleureusement Christine Bluard, Ludo Engels, Christine Eyene,Kathleen Louw, Isabelle Speybrouck ainsi que les techniciens free-lance et leséquipes de Bozar.

Ophélie Laloy

Pour aller plus loin :

Le blog de Christine Eyene

La page de l'exposition sur le site de BozarLe blog du MRAC

#art contemporain

#montage d’exposition

#brève de stage

Ma licorne a un zizi...

Ma licorne a un zizi. Pour être tout à fait exact, elle en a même plusieurs et n'a pas que cela.

Nota Bene : lorsqu'une personne part à la recherche d'un stage ou d'un emploi, entreprise digne de la quête du Graal, nous employons volontiers le terme licorne. Celui-ci a le mérite de planter le décor et fédère la grande communauté de « chercheurs » y compris les plus réticents à tout univers onirique et fantastique.

La Licorne de Stéphane Laurent © marin

J'ai eu la chance de trouver une licorne étonnante, effectivement pourvue de nombreux zizis.

Elle propose au public de découvrir le travail des artistes qu'elle soutient. Bertrand Mandico, Tom de Pékin, Eve Servent, Mavado Charon, Anne Van Der Linden, Jean-Louis Costes, Charles Pennequin, Honoré, Francis Deschodt, Gérard Duchêne, Marc Brunier Mestas, Emmanuelle Gailliez, Paul Armand Gette, Benjamin Monti, entre autres, composent la famille éclectique, riche et fantasque de ma licorne. Ils l'aiment, lui font confiance et vivent en parfaite symbiose.

Ma licorne est une galerie.

Née d'une envie forte de présenter des travaux différents, associée à une passion pour le papier, le dessin et l'estampe (gravure, sérigraphie) à une époque qui voyait à peine resurgir l'engouement pour ces médiums, ma licorne s'est rapidement étoffée autour de ce noyau fondamental et ouverte aux autres pratiques artistiques.

Ma licorne est experte et éclectique.

Parmi ses dernières créations, Bilan provisoire. 5 ans d'éditions à la Belle Époque  et Curiosa1  ont comblé le public, habitué comme novice. La première exposition proposait la découverte - ou la redécouverte - de cinq années d'éditions dans un espace qui échappait à l'effet de saturation grâce à une scénographie rythmée : les livres de la Collection Or voisinaient gaiement avec une centaine de cadres, écrins des sérigraphies, photographies et dessins « production maison », savamment présentés en série, nuage et autres formes de blocs organisées de façon à offrir de nécessaires espaces de respiration. La seconde introduisait le volume. Le travail de deux complices, Eve Servent et Stéphane Laurent, offrait une nouvelle dynamique et un dialogue savoureux avec les travaux des autres artistes tout aussi impertinents mais sur papier cette fois. Ces deux formes ont été visibles quelques semaines seulement.

Ma licorne est multiple et intense.

Elle célèbre le commencement et la fin de ces « objets éphémères ». Si vernissages et finissages représentent le contexte idéal pour un coup de foudre entre œuvres et particuliers, ils sont surtout l'occasion de rencontres ou de retrouvailles.

Ma licorne est un réseau.

Pour vivre, elle s'octroie un pourcentage sur les ventes d’œuvres qu'elle initie, emmène un joli nombre d'adhérents, concocte livres et sérigraphies - ma licorne est également maison d'édition2 - , réalise des ateliers autour de la pratique de la sérigraphie. Tout cela lui permet de mener une existence sereine, hors du circuit des subventions, libre de posséder tous les zizis qu'elle souhaite.

Ma licorne est autofinancée.

Parmi le petit groupe de personnes qui veille sur elle, une personne la bichonne tout particulièrement : son créateur. Puissant magicien, il a réalisé la métamorphose de cette très belle licorne et lui permet de s'épanouir. Il met un point d'honneur à ce qu'elle garde son indépendance.Ma licorne a un caractère bien trempé.

Empreinte d'une certaine irrévérence, elle convoque des sentiments entiers : elle séduit ou déplaît mais ne laisse personne indifférent. Je ne résiste pas à vous confier un petit florilège d'expressions, gênées mais amusées, recueilli à son sujet : « C'est malsain, mais c'est drôle, mais c'est malsain... Mais c'est drôle. » ; « C'est crapouillou. »  ; « C'est carrément énorme. » ; « C'est cru. » ; « Ah, non, moi je ne peux pas regarder sinon...3 ».

Ma licorne est impétueuse et pleine de poésie.

Elle vit au pied des immeubles d'une petite cité accrochée à un gigantesque centre commercial, non loin de Lille.

On la rencontre parfois hors de son antre, à l'occasion de diverses manifestations (salons, etc.) toujours choisies avec soin.

Ma licorne est à contre-courant et exigeante.

L'aventure à ses côtés fut belle et enrichissante. D'autres sont à venir, à vous de me rejoindre pour la suivre !

Devanture de la galerie © David Ritzinger

M.

1: « Objets littéraires illustrés à la facture soignée et à la typographie raffinée, les Curiosa, tour à tour cocasses et coquins, sont des livres apparus à la fin du 19ème siècle qui peuplaient « les Enfers » des bibliothèques avant que ceux-ci ne disparaissent des collections. » Définition composée par D. Ritzinger à partir, notamment, de celle trouvée sur le site : http://curiosaetc.wordpress.com/curiosa-caetera-une-collection-litteraire-au-castor-astral-editeur/

2:  Les éditions La Belle Époque sont également présentées à Paris, galerie Arts Factory ; à Saint-Ouen, galerie La Couleuvre ; à Marseille, librairie Le Lièvre de mars ; à Bécherel en Bretagne ; à Bruxelles, galerie E-Carré et à Liège, galerie/librairie Le Comptoir dulivre.   

3: Jeu : trouver la phrase prononcée par un certain S. C..

Pour en savoir plus sur la maison de la licorne :

- Exposition du moment : A fleur de peaux du 8 novembre au 19 décembre2014

Emmanuelle Gailliez (dessin / objet), Michel Gouéry(céramique), Cécile Jarsaillon (broderie)

 - Rendez-vous à :

Association Loi 1901, La Belle Époque [Arts Contemporains]

Galerie Une Poussière Dans L'Œil

17 bis Chemin des Vieux Arbres

59650 Villeneuve d'Ascq

Métro Hôtel de Ville – Parking Auchan V2

Ouverture de 15h à 18h30 le mercredi, vendredi et samedi durant les périodes d'exposition, ainsi que sur rendez vous au 06.09.96.71.47

Le site de la galerie

Consultez la page Facebook

#licorne

#La Belle Époque

#Une Poussière Dans L’Œil

Mallette pédagogique, brève de stage

En première année du Master Expographie Muséographie, j’ai effectué mon stage à Accustica à Reims en tant que chargée de mission pour la création d’une mallette pédagogique sur l’agriculture. Il a fallu concevoir le contenu, penser les objectifs des outils, prévoir leurs formes et leur faisabilité mais aussi acheter le matériel en lien avec la malle ainsi que des livres et des jeux pouvant l’accompagner. Il s’agit de donner les clés à l’emprunteur de la malle pour qu’il comprenne l’agriculture.

Accustica, un CCSTI, une association

Créée en2005, l'association Accustica est un Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI). Elle vise à promouvoir la culture scientifique en Champagne-Ardenne.Elle fut aussi nommée Pôle Territorial de Référence (PTR) en 2012 par le préfetde Région et le Président du Conseil régional. Par cette nomination, l'associationdoit animer le réseau régional des CSTI dans le respect de la diversité locale,proposer des formes de mutualisation et d’actions collectives et inscrire lapolitique d'action culturelle régionale dans un projet global national pilotépar Universcience.Les missions d'Accustica

- Rendre accessible au plus grand nombre les Sciences et les Techniques : enfants des écoles primaires, collégiens, lycéens, étudiants du supérieur et grand public.

- Favoriser la création et la diffusion d'outils de médiation et d'expositions itinérantes pour les professionnels et les amateurs de science.

- Mettre en place de nombreuses actions avec l'ensemble de ses partenaires, comme par exemple la Fête de la Science, organiser des conférences scientifiques et des visites d'industries ainsi qu'organiser des rencontres entre scientifiques et grand public (cafés des sciences, spectacles, portes ouvertes, Exposciences, Classes en Fac).

- Mettre en œuvre une politique globale de culture scientifique et technique en région Champagne-Ardenne en créant un réseau qui regroupe tous les acteurs locaux de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle (industriels, laboratoires de recherche publics et privés, collectivités territoriales, milieux éducatifs, monde culturel et associatif,...), pour permettre une meilleure diffusion de cette culture scientifique, technique et industrielle sur l'ensemble du territoire régional.Ma mission de chargée de médiation

J’avaispour mission de créer une Malle Doc sur le thème de l’agriculture, intitulée :« Agriculture, ne nous plantonspas ! ». Elle est composée de cinq outils pédagogiques. L’un desoutils représentatifs de cette mallette, le « Quisuis-je » est un jeu qui consiste à deviner le nom d'une plante par lebiais d'une courte biographie, d'une vingtaine de lignes, énoncée par l'animateur.Celle-ci commence toujours par des indices difficiles, puis de plus en plusfaciles, de telle sorte que s'il est en général difficile de donner la réponseau début, tout le monde est susceptible de trouver la réponse à la fin del'énoncé. Le candidat gagne de 4 points à 1 point selon la rapidité de saréponse. Les habitués de Question pour un champion connaissent le principe…

Je vouspropose de tester une énigme :

Qui suis-je ?

A. Originaire d’Amérique du Nord, jefais partie de la famille des astéracées. Je mesure en moyenne 1 à 2 mètres dehaut mais je peux atteindre jusqu’à 4 mètres de hauteur. Apparu il y a 8 000ans, les Amérindiens m’utilisaient pour se nourrir et se soigner. On m’appelaitsouvent hélianthe. Plante héliotrope et oléagineuse, mes lignées sont soitmâles, soit femelles.

B. Mon cycle végétatif dure entre 120et 160 jours. On me sème quand le sol atteint 8°C minimum. Durant magermination, les feuilles sont tournées vers le soleil pour permettre unecroissance rapide. Je suis composé d’un capitule formé de petites fleurs dontles pétales sont serrés les uns contre les autres. Ma pollinisation est faitepar zoogamie, essentiellement par les abeilles.

C. Je suis l’une des trois huilesalimentaires la plus consommée en Europe. En France, ma culture s’estdéveloppée à partir des années 1970. En Champagne Ardenne, je couvre environ 22000 hectares. Je peux être utilisée aussi comme agrocarburant dans les voituresdiesel. On m'utilise aussi en infusion pour calmer les troubles inflammatoires.

D. Mes graines sont utilisées pournourrir les oiseaux de volières, notamment les perroquets et les oiseaux dejardins ou encore les granivores tels que les mésanges. On me consomme en huileou en margarine pour faire cuire et assaisonner les aliments mais on peut aussime manger sous forme de pipes, qui est le nom donné à mes graines salées. Onm’appelle aussi grand-soleil, soleil des jardins ou encore graine à perroquetcar dès que je fleuris, ma fleur se tourne vers le soleil tout au long de lajournée.

La conception d’un outilpédagogique n’est pas facile : le contenant comme le contenu, à la foisludique et pédagogique, donneront-ils envie d'utiliser l'outil et de comprendrele message que fait passer cette activité ? Tel est le défi.

Avez-voustrouvé ?

Si non,j’espère que vous avez appris des informations sur cette plante.

Si oui,bravo vous devez être un as de l’agriculture, j’espère que vous avez appréciéles explications pour la conception d’outils pédagogiques simples.

Voici laréponse : 

L'une des fiches du jeu "Qui suis-je ?" - © Ludivine Perard

LudivinePerard

#science# brève de stage # mallette pédagogique

Pouraller plus loin : 

http://www.accustica.org/

Mon truc.

Vous allez découvrir « le truc » d’une apprentie en médiation et conception de médiation au Musée portuaire de Dunkerque.

Voilà mon truc. © L.T.

Pour devenir déléguée de classe, maire ou présidente de la République, parrain ou marraine dans certaines religions, il faut que chaque personne aille chercher au plus profond d’elle et couche sur papier sa profession de foi. Moi en tant qu’individu, d’après mon vécu et mes ambitions, quels projets et quelles propositions suis-je prête à mener ou faire pour servir et défendre La cause ? Quelles sont mes motivations et serai-je à la hauteur ? 

Lorsque vous décidez de vous lancer dans l’incroyable aventure de la Culture, vous n’avez pas assez de vos dix doigts pour compter le nombre de personnes qui vous disent : « mais c’est pas une voie bouchée ? », « tu sais, ce sont souvent des contrats précaires… », « 5 ans d’études pour gagner le SMIC, quand même ! », « mais d’où ça te vient cette idée ? »… Et pourtant, au bout de ces (minimum) cinq années d’études, peut-être ponctuées de crises existentielles, de remises en question pour savoir « mais oui, qu’est-ce que je fous-là ? », de moments de flottements et d’autres périodes dont je tairais le nom : vous êtes toujours là, toujours vivante, toujours debout. Bien que cela ne vous empêche pas de vous demander régulièrement pourquoi vous faites ça. Mais au fond vous savez…parce que, comme moi, vous avez trouvez votre truc, ce truc. 

Je ne peux écrire votre profession de foi à votre place mais peut-être vous retrouverez-vous dans la mienne. Cette profession de foi n’est une liste de mes résolutions professionnelles 2018 car comme beaucoup, je ne tiens pas mes résolutions. Non, cette profession de foi est plutôt une définition de ce qu’est mon truc, voire une déclaration d’amour (en tout bien, tout honneur). À regarder les modèles de profession de foi des candidats aux élections de délégué de classe : mes motivations, mes projets et propositions, ma présentation, j’ai trouvé l’inspiration pour en créer un nouveau genre. Voici donc ce qu’est mon truc. 

Ce truc, ce n’est pas ce qui me permet de me lever de bonne humeur tous les matins ou de m’empêcher de mettre six réveils... Ce truc, ce n’est pas ce qui va me rendre souriante et heureuse d’être collée à des inconnus dans le métro, de ne pas trouver de place libre dans le train ou d’être coincée comme chaque matin dans les bouchons… Ce truc, ce n’est pas ce qui va me permettre de ne pas finir mon mois le 15 ou de ne plus manger de pâtes à partir du 15… Non, définitivement, ce n’est pas ça mon truc. Bien sûr la liste de ce que n’est pas mon truc pourrait être plus longue mais je n’ai pas envie de me démotiver ou de laisser penser que finalement, ce n’est pas mon truc. Qu’est-ce donc alors ?

Mon truc, c’est de ne pas être découragée quand les gens me regardent avec de gros yeux parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’est la muséographie ou la médiation culturelle. C’est d’être à chaque fois, oui à chaque fois, contente d’expliquer ce que c’est mon métier, de pouvoir faire découvrir et transmettre pour mon truc parce qu’au final, c’est ça aussi la médiation. Mon truc, c’est de ne jamais me lasser de raconter toujours la même explication à des membres de ma famille, des professionnels, des visiteurs quand on me demande ce que je fais et surtout de terminer en disant « j’ai trouvé mon truc ». Mon truc, c’est de rencontrer des gens de tout âge, de tout horizon social et géographique pour leur raconter une histoire pendant qu’ils me racontent la leur. C’est se sentir utile, tenter de faire des blagues qui ne fonctionnent pas vraiment…et pourtant ne jamais désespérer et croire que cela marchera un jour avec un autre groupe de visiteur. Mon truc, c’est accueillir les gens en souriant même si je n’ai pas le moral, commencer et finir une visite trempée par la pluie et bousculée par le vent. C’est entendre les gens me remercier et me dire qu’ils « se coucheront moins bêtes ce soir ! », c’est rire avec les enfants qui s’exclament que le corsaire dunkerquois s’appelle Jean-Luc ou Jean-Marc. Mon truc, c’est d’être sûre d’avoir le sourire en arrivant au bureau et de partager des moments avec des collègues qui ont le même truc que moi. C’est aussi de rêver la nuit des événements que j’organise, souvent des rêves qui se transforment en cauchemar…et de me rendre compte que je ne suis justement pas la seule au musée à qui cela arrive, non, c’est normal : « le métier qui rentre ». Mon truc est composé de mille trucs… 

Alors, au terme de cette définition non exhaustive, je me rends compte que je ne suis finalement pas avancée et incapable de savoir ce que c’est ce truc. Or, le plus important à retenir est qu’il ne suffit pas de pouvoir mettre des mots mais d’en ressentir toutes les facettes car comme dans la vie, le bonheur est fait de petits trucs.

Lucie Taverne

#apprentissage#mediation#2018

Souvenir de stage : Une approche de la conservation préventive




C’était où ?






Mon stage de M1 s’est déroulé au sein des Musées
d’Art et d’Histoire de la Rochelle : un ensemble de trois musées
regroupant le musée des Beaux-arts, le Musée du Nouveau Monde, et la collection
du musée d’Orbigny-Bernon, actuellement fermé au public.


Grâce à mon poste polyvalent, ce stage m’a offert
une vision plurielle permettant de découvrir ou d’approfondir un grand nombre
de disciplines du musée, notamment en termes de muséographie, de scénographie,
d’animation, de public, d’organisation d’évènements, etc. J’aimerais
aujourd’hui partager mon incroyable expérience du monde étonnant et fascinant de
la conservation préventive, au sens professionnel du terme.


En effet, durant une semaine, une petite
vingtaine d’étudiants de l’Institut National du Patrimoine est venu réaliser un
chantier d’école dans les collections. Ils ont eu pour mission de mettre en
place une action de conservation préventive sur les collections du musée fermé
au public. Avec mes deux acolytes stagiaires, nous avons eu la chance de les
assister et de participer à leur projet en tournant au sein de leur équipe.




Organisation !





Nous avons été répartis en plusieurs ateliers,
qui ont fait l’objet de roulement suivant les journées, pour que tout le monde
puisse s’exercer dans les différentes spécialités. La collection Extrême-Orient
a été prise en charge par 2 équipes : les bouddhas et les laques (+
collection samouraï). Une grosse équipe s’est chargée des plâtres, une autre
des arts graphiques (peintures, posters, cartes, …) puis une équipe en textiles
et accessoires d’uniforme (casques, armures, épaulettes,…).


Ce
travail m’a fortement fait penser à un texte de Bruno Foucart dans lequel il
parle des moyens de conservation du patrimoine comme d’un service de santé[1].
En effet, pendant une semaine j’ai plutôt eu l’impression de travailler dans un
bloc opératoire que dans un musée.


D’abord, il faut toujours porter des gants, puisque
notre peau n’est pas neutre et que son acidité est une menace pour les objets.
Le port du masque est fortement conseillé, car même si l’on ne voit pas la
poussière, celle-ci est bien présente et elle provoque rapidement des quintes
de toux chez les personnes qui ne sont pas protégées. Enfin la blouse est
préconisée dans le traitement des gros objets et des objets infestés.








Qu’est-ce qu’on a fait ?





Ma première mission a été le dépoussiérage d’une
multitude de bouddhas. Pour cela, on utilise des brosses en poils de chèvre,
des microfibres avec des piques en bois pour aller dans les interstices, des
minis aspirateurs, et des brosse à poils plus durs pour les plâtres. Les gestes
de dépoussiérages doivent être précis et organisé. On ne le fait pas dans n’importe
quel sens, et on ne commence pas n’importe où. Avant de commencer, on doit
d’abord vérifier l’éventuelle fragilité de l’objet.


Après le dépoussiérage, chaque objet est ensuite
photographié et inventorié. Ainsi, une saisie numérique permet de rapporter un
certain nombre d’informations sur l’identité de l’objet et sa localisation
précise de l’objet dans les réserves, des informations descriptives sur les
matériaux, la taille, la technique…, un descriptif précis de l’état de l’objet
(diagnostic général, et précision sur les altérations, les marquages, …)


Puis les objets sont conditionnés. Le
conditionnement répond à une technique bien précise, et doit pouvoir s’adapter
aux différents objets. 









Le cas des bouddhas montre le professionnalisme
du conditionnement : les cartons acides ont été protégés par du papier
spécial qui est poli d’un côté pour empêcher la réaction électrostatique. Puis
les bouddhas sont placés dans des mousses où leur contre-forme est faite sur
mesure, puis protégés par du Tyvek©. Le tout est entreposé dans des étagères
qui sont venues remplir les anciennes salles d’exposition du musée. Les étages,
les salles, les étagères, les rayonnages et les cartons sont numérotés de façon
à pouvoir localiser exactement les objets.






En conclusion...





Le travail avec les étudiants était extrêmement
riche et important pour le musée. A 20, nous avons traité et conditionné450 objets en une semaine. Il permet de faire
une formation au personnel du musée sur les bonnes pratiques de conservation préventive.
Ensuite, il a permis un travail titanesque en un laps de temps très réduit.


Les objets ont été stockés dans des lieux plus
adaptés à leur conservation (température, hydrométrie) et une salle de
quarantaine a été aménagée pour les objets infestés. Cela permet à la fois de
ne pas infester les autres objets qui eux sont sains mais cela va aussi
permettre de contrôler les évolutions possibles des infestations ou des
moisissures. Cette salle va continuer d’être étudiée par les élèves et restera
à leur disposition pour leurs recherches, pour leurs cours, comme un cas
pratique. Travailler conjointement entre étudiants est extrêmement bénéfique,
tout le monde se retrouve gagnant. Le musée a sauvé une grande partie de sa
collection qui était extrêmement menacée, et il a appris des notions importantes
en termes de conservation préventive.





Mélanie TOURNAIRE












[1] « Les
architectes-chirurgiens chargés d’opérer sur le front des ruines sont assistés
d’un véritable service de santé monumentale. » Bruno Foucart, « A
l’aube du troisième millénaire », in Des Monuments historiques au
Patrimoine du XVIIIe siècle à nos jours, ou les égarements du cœur et de
l’esprit
, Françoise Bercé, éditions Flammarion, Série
Art-Histoire-Société, 2000.

Une oeuvre pour vous ! (avec l'Artothèque)

Le 13 mai, les Audomarois(es) avaient rendez-vous à l’ancien Hôtel de Ville de Saint-Omer pour découvrir la nouvelle exposition présentée par l’Espace 36, association d’art contemporain. « Une œuvre pour vous ! » est la quatrième édition de cette biennale organisée en partenariat avec l’Inventaire, Artothèque des Hauts-de-France. Le principe ? Les visiteurs ont la possibilité d’emprunter des œuvres d’art, puis de les exposer à leur domicile ou sur leur lieu de travail.

Affiche de l’exposition ©Nicolas Lavoye

Ce vernissage célébrait les trente ans d’existence del’Espace 36. Quatre adhérents de l’association ont ouvert leurs portes où étaientexposées des œuvres empruntées à l’Artothèque. Une balade dans la ville deSaint-Omer a conduit des visiteurs à découvrir les intérieurs de ces médiateursd’un jour qui ont présenté leurs coups de cœur. Mais avant de débuter la visite,une petite présentation de l’Espace 36 s’impose.

Depuis 2001, ce centre d’art associatif basé àSaint-Omer a mis en œuvre un projet de création unique dont la base est lesoutien envers la création et la sensibilisation à l’art contemporain. Lesactions majeures développées par l’association sont la conception d’expositionset le soutien à la diffusion de l’art contemporain, ainsi que l’élaborationd’outils de médiation et l’organisation de visites.

Espace36 – Exposition de Marie Hendricks © Benoît Warzée

L’association assume un rôle d’intermédiaire entre lesartistes et les publics grâce à une collaboration et une concertation auprès dedifférents acteurs territoriaux. L’Espace 36 met un point d’honneur àsensibiliser les publics qu’il reçoit dans le cadre de ces expositions. Le butétant de leur apporter des outils de compréhension pour les aider à développerleur réflexion personnelle. Une démarche axée sur la médiation participative,qui consiste à permettre à tout type de visiteur de s’ouvrir à ses propresressentis et sentiments.

A travers ces différents projets, l’association espèreque les participants s’ouvrent à la culture et soient en mesure d’élargir leurraisonnement. La base des relations entre les artistes plasticiens et lespublics repose essentiellement sur l’échange ainsi que l’écoute, et s’efforcede rendre les visiteurs acteurs de leur propre culture.

Atelier-Visite avec le Musée de l’HôtelSandelin © Benoît Warzée

Venons-en à l’Inventaire. Basée à Hellemmes dans lamétropole lilloise, L’Inventaire, Artothèque des Hauts-de-France a été fondéeen 2009. Cette association propose aux habitants de la région un serviceitinérant et solidaire de prêts d’œuvres d’art sur le même principe qu’unebibliothèque. Autrement dit : chacun peut emprunter une à plusieurs œuvresoriginales par mois, qu’il expose ensuite chez lui. Au-delà d’encourager laprésence de l’art au sein de lieux privés et professionnels, cette démarcheaide à favoriser l’appropriation de la création contemporaine auprès desadhérents.

L’InventaireArtothèque ©Clotilde Lacroix

Riche et diverse, la collection de l’Artothèque s’élèveà 1200 œuvres, regroupant estampes, peintures, photographies et sérigraphiesréalisées par de jeunes créateurs, ou des artistes reconnus sur la scènerégionale et nationale, voire internationale. Cette collection s’enrichit aufil des ans par de nouvelles acquisitions, dans le but de valoriser lamultiplicité des techniques artistiques actuelles.

Plus de 10 000 prêts ont été enregistrés depuissa fondation, avec des œuvres qui circulent dans le cadre de projets mis enœuvre avec différents acteurs socio-culturels. D’une part, des expositionsorganisées dans des galeries d’art, et d’autre part des interventionseffectuées au sein d’établissements scolaires. A travers ces actions, cesœuvres voyagent sur le territoire pour aller à la rencontre des publics lesplus larges, et souvent peu adeptes de l’art contemporain.

En complément des institutions muséales et autrescentres régionaux de diffusion, l’Inventaire soulève la question de la place del’œuvre d’art dans la sphère privée, au-delà de la simple notion d’acquisitionou de consommation. Ainsi, les publics touchés nouent une relation approfondieà l’œuvre et posent désormais un regard nouveau sur la création contemporaine. Ense basant sur des valeurs liées à l’économie sociale et solidaire, cettedémarche de transmission amène une réflexion sur la fonctionnalité, et sur lamanière de repenser l’économie dans un principe de développement durable. 

© Clotilde Lacroix

Retour sur cette balade-vernissage, vécue comme uneexpérience originale. Le contact privilégié avec des œuvres d’art figure parmiles objectifs de l’Inventaire, qu’il nomme joliment : « intrusions artistiques ». Aveccette volonté de raviver une mécanique du désir, d’amener des particuliers àentretenir une relation décomplexée avec l’art, et plus spécifiquement, de sefamiliariser à l’art contemporain. « Çapermet de vivre plusieurs semaines avec une œuvre, de la voir différemment,ailleurs que dans un lieu de passage. » indique Ségolène Gabriel,médiatrice culturelle de l’Espace 36¹. Donc,quoi de mieux que de donner l’occasion à des membres de l’association d’exposerdes œuvres à leur domicile et d’en ouvrir les portes à des visiteurs lambdas ?

Visiteurs du Vernissage-Balade ©Joanna Labussière

La force de cette opération participative réside dansle rôle joué par les adhérents qui se sont glissés dans la peau de médiateursle temps d’une après-midi. Un parcours informel en somme, dans une ambiancedétendue, et qui a permis à la plupart de découvrir le patrimoine architecturalaudomarois. Cette démarche rejoint les fondements de l’Espace 36 en termes demédiation, où l’accueil du public ne se résume pas à expliquer les œuvres auxvisiteurs, mais à apporter à ces derniers des clefs de réflexion propre à leursémotions.

C’est ainsi que Thérèse, sculptrice autodidacte, nousa reçu en premier. Son choix s’est porté sur deux sérigraphies réalisées en 1960par Salvador Dalí et inspirées du poème « La Divine Comédie » deDante. D’après elle, ces sérigraphies donnent à voir un autre aspect du travailde Dalí, à l’opposé de ses œuvres surréalistes qui ont fait sa renommée en tantque peintre parmi les plus influents de son siècle.

La Divine Comédie de Dante #1 et #2 ©Inventaire l’Artothèque

S’ensuivit la découverte d’un second appartement où nousont accueillis Virgile et Aurélien, membres du Conseil d’Administration desAmis des Musées de Saint-Omer. La visite débuta avec Virgile qui nous présentasa sélection : une héliogravure de René Magritte datant de 1973. Intitulée« La Folie d’Almayer »,cette œuvre s’inspire du premier roman du même nom de Joseph Conrad, dont lehéros, Almayer, un jeune hollandais au destin tragique qui rêvait de partir àla découverte d’un trésor caché par des pirates. Ancien étudiant en gestion etvalorisation du patrimoine, Virgile a choisi cette gravure qu’il considèrecomme étant la métaphore de notre héritage culturel qui constitue le fondementde nos racines.

« La FolieAlmayer » de René Magritte© Inventaire l’Artothèque

Aurélien lui, a sélectionné deux peintures del’artiste Sylvain Dubrunfaut issues de sa série « Ados 3 » exécutéeen 2012. La première représente un adolescent placé de profil, le visage encapuchonné,et aux traits graves. Aurélien a placé cette toile sur une étagère de sabibliothèque, près de ses romans de vampires qu’il affectionneparticulièrement. Selon lui, l’air assombri du jeune garçon s’accordait avec unsujet angoissant tel que celui des vampires. En parallèle, la seconde peinturea été installée à proximité de photos de familles. Notre hôte estimait quecette œuvre, aux couleurs chaudes et marquées par le sourire de l’adolescentavait davantage sa place auprès des photos de ses proches, synonymes deconvivialité.

Sanstitre, série Ados 3 de Sylvain Dubrunfaut © Inventaire l’Artothèque

Pour conclure, les visiteurs ont achevé leur balade ense rendant à la maison de Florence, écrivaine audomaroise. Au total, ce sontdeux sérigraphies œuvres qu’elle a empruntées auprès de l’Inventaire. L’uneréalisée par Honoré, porte le titre « H2O ». Si Florence a décidé de l’exposerà son domicile, c’est parce qu’elle traite d’une thématique, à savoir leréchauffement climatique, qui lui tient particulièrement à cœur. Un sujetd’actualité qui la concerne personnellement, en lien avec ses problèmes desanté.

CO2 de Honoré © Inventaire l’Artothèque

Dans un tout autre style, la seconde sérigraphiesélectionnée par Florence est signée Gérard Duchêne. Datée de 1990, elles’intitule : « Papier Peint ». Connu pour son emploi des médias imprimés,le style de Duchêne est particulièrement reconnaissable à son travail de lapeinture sur papier qui donne naissance à une écriture illisible, mettant ainsien exergue la matérialité de l’écrit. Accrochée aux murs de sa salle à manger,cette œuvre renvoie aux créations de Florence qu’elle réalise sur destapisseries.

Papier peintde Gérard Duchêne,© Inventaire l’Artothèque

Comme expliqué précédemment : quel est l’intérêtpour l’Espace 36 et l’Inventaire de permettre à leurs adhérents de participer àune opération telle que celle-ci ? La particularité de cette manifestationréside bien au-delà du projet d’exposition en lui-même, et du principe deposséder une œuvre originale pour un temps déterminé. Le but premier neconsistait pas à expliquer ces œuvres via le prisme de l’histoire de l’art, nià imposer un code de lecture définitif. 

Au contraire, l’ambition première deces deux associations est d’une part de faire découvrir des œuvres à travers leregard d’autrui, selon ses émotions, son ressenti et son propre vécu. D’autrepart, leur volonté consiste à permettre à ces emprunteurs d’expérimenter unerelation davantage intime avec l’art, qu’ils soient connaisseurs ou néophytes. Uneapproche totalement différente qui a également permis de connaître cespersonnes sous un angle différent, le tout dans un moment d’échange, d’écouteet de partage.

Vernissage-Balade©Clotilde Lacroix

L’exposition « Une œuvre pour vous ! »est visible jusqu’au 8 juillet 2017 à l’Espace 36, association d’artcontemporain de Saint-Omer. Les modalités d’emprunt sont lessuivantes : 5€d’adhésion à l’Inventaire | Petit format : 10€ par œuvre et par mois, et15€ les deux œuvres parmois | Grand format : 20€ par œuvre et par mois. Penser à se munir d’unepièce d’identité et d’une attestation d’assurance habitation.

Joanna Labussière

#Brèvedestage

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#Artcontemporain

 

Pouren savoir plus sur l’Espace 36 : http://espace36.free.fr/

Plusd’informations sur l’Inventaire, Artothèque des Hauts-de-France : http://linventaire-artotheque.fr/____________________________¹ La Voixdu Nord, A l’Espace 36, empruntez uneœuvre d’art pour chez vous, publié le 12 mai 2017, [en ligne] : http://www.lavoixdunord.fr/161574/article/2017-05-12/l-espace-36-empruntez-une-oeuvre-d-art-pour-chez-vous