Comment arrive-t-on en cours de projet d’exposition ? Qu’est-ce qui fait un montage réussi ? Dans le cadre de mon stage au service Muséologie du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Bruxelles, j’ai eu l’opportunité de monter Where we are at ! Other voices ofgender, une exposition de Christine Eyene, commissaire indépendante franco-camerounaise invitée par les deux institutions culturelles belges organisatrices : le Musée Royal de l’Afrique Centrale (MRAC) et Bozar.

  
  ZANELE MUHOLI, Miss Lesbian I, 2009 C-type print Photograph: Sean Fitzpatrick© Zanele Muholi

Comment arrive-t-on en cours de projet d’exposition ? Qu’est-ce qui fait un montage réussi ? Dans le cadre de mon stage au service Muséologie du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Bruxelles, j’ai eu l’opportunité de monter Where we are at ! Other voices ofgender, une exposition de Christine Eyene, commissaire indépendante franco-camerounaise invitée par les deux institutions culturelles belges organisatrices : le Musée Royal de l’Afrique Centrale (MRAC) et Bozar. Cette exposition a été présentée du 18 juin au 31 août 2014 à Bozar. Programméedans le cadre de Summer of Photography,l’exposition répondait au thème de cette année : la question du genre.Tout en faisant la part belle aux seize artistes photographes et/ou vidéastesde l’exposition, Christine Eyene proposait de développer sa pensée et deretracer l’histoire du mouvement féministe noir.

Arrivée depuis peu en stage, j’ai été directement mise au courant de l’avancée duprojet et présentée aux personnes parties prenantes, c’est-à-dire mes collèguesdu MRAC, les personnes en charge à Bozar et la commissaire d’exposition. J’aidonc effectué des recherches sur les artistes invitées, l’évaluation desbesoins en tirages et encadrements des photographies, ainsi qu’un inventairedes cadres du service Muséologie.

                

Installation du matériel vidéo, Crédits:O.L

 Vue du même endroit à la fin du montage, Crédits : O.L

Quand un projet d’exposition est programmé dans une institution aussi importante queBozar, des aléas inévitables surviennent : la commissaire a eu, un mois avant levernissage, la validation définitive des salles dévolues à l’exposition. Celafait parti du jeu.Régler l’épineuse question du parcours de l’exposition futdonc un des objectifs principaux. Etant donné la configuration des salles(étroites et en enfilade), la nature des œuvres (photographies, projectionsvidéos et vidéos sur moniteurs) il nous a fallu trouver les solutions optimalesafin de satisfaire le propos de la commissaire et la cohérence de celui-ci touten sélectionnant le meilleur emplacement possible pour les projections. Eneffet, projeter une vidéo dans une salle étroite pose de nombreux problèmestechniques et sans les compétences de Ludo Engels, en charge de l’audiovisuel auMRAC, nous aurions été démunis. De plus, exposer alternativement des vidéos etdes photographies demande une grande vigilance quant à la question del’éclairage.

Documents indispensables : plan et liste d’œuvres, 

Crédits : O.L

C’est en nous réunissant régulièrement, en communicant les propositions de chacun quenous avons pu trouver le parcours optimal. Toute la complexité d’un montage résideen la prise en compte de multiples paramètres comme ne pas dénaturer les œuvresdes artistes mais aussi l’espace d’exposition, la nature des œuvres, lepropos du commissaire, le confort du public, les difficultés techniques, lerespect des budgets. Il faut donc trouver le bon dosage. C’est sur le chantierqu’opère ou non l’alchimie subtile. Allons donc voir de plus près cette étapesingulière.

Initialement, Ludo Engels et moi-même devions être les petites mains du MRAC à Bozar. Par unconcours de circonstances nous nous sommes retrouvés co-responsables dumontage. Nous voici donc en train de mettre en espace un des événementsculturels majeurs de l’été. Quelle chance et quelle confiance on nousfaisait ! La première semaine j’ai beaucoup attendu  car l’équipe technique montait les cimaises etla black box, peignait les murs. LudoEngels se battait avec ses fils, connections, fixations, moniteurs,vidéo-projecteurs. Et il pratiquait la méthode Coué quand les fichiers vidéosarrivaient au dernier moment. Pour ma part, après avoir eu la chanced’accompagner Christine Bluard chez l’encadreur pour choisir les cadres et lesmarie-louise et par la même occasion voir les tirages de près, j’ai gardé àl’esprit les souhaits de Christine Eyene en indiquant aux techniciensfree-lance parfaitement professionnels où et à quelle hauteur accrocher lesphotographies. Bon, tout de même quant arrivait un imprévu, comme un changementd’œuvres de dernière minute, il fallait bien que j’improvise, et quand l’accrochagene mettait pas en valeur les photographies, je réfléchissais (et oui) à lameilleure disposition des photos, me mettant tour à tour dans la peau duvisiteur lambda, de la commissaire et de la responsable technique de Bozar.

Installation des œuvres de Lisa Hilli et Hélène Jayet,Crédits : Danae Tezapsidou

Les art Handlers installant une série de Zanele Muholi,

 Crédits : O.L

Etpuis, il fallait surtout penser au public et aux œuvres. Oui il faut desassises dans un parcours d’exposition, oui, même devant une vidéo de 3 minutes ! Et aux œuvres, oui telle œuvre doit se découvrir au dernier moment, « parfaitles rideaux », « ah, quelle vitrine pour les documents d’archives ? ",  "Quelle position sur le mur pour un poème ?"... Heureusement mes expériences demédiatrice culturelle et d’artiste plasticienne m’ont aidée. Et, quand lacommissaire arrive, le grand stress, ai-je fait ce qu’il fallait ?Heureusement l’ensemble du personnel du MRAC, de Bozar et les free-lance, parleur professionnalisme et leur expérience, m’ont énormément appris.

Et ce moment si particulier, quand nous enlevons les derniers outils, les derniersemballages oubliés un peu partout et qu’enfin, le parcours et les œuvresdeviennent une exposition prête à être visitée, qu’arrivent les artistes, quela commissaire sourit, soulagée, et qu’on a enfin le temps de penser à prendreun peu l’air avant les discours et le verre tant attendu, quel plaisir etquelle chance ! Je n’ai qu’une hâte, le prochain montage !

Entrée de l'exposition, vidéo de présentation, Christine Eyene,

Crédits : Danae Tezapsidou

Jeremercie chaleureusement Christine Bluard, Ludo Engels, Christine Eyene,Kathleen Louw, Isabelle Speybrouck ainsi que les techniciens free-lance et leséquipes de Bozar.

Ophélie Laloy

Pour aller plus loin :

Le blog de Christine Eyene

La page de l'exposition sur le site de BozarLe blog du MRAC

#art contemporain

#montage d’exposition

#brève de stage