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"Le travail en corps encore" - Les étudiantes du master s'emparent du Théâtre d'Arras

Tout commence en octobre 2013, lorsque cinq étudiantes de master 1 s’approprient le projet Le travail en corps encore, qui n’avait pas encore de nom avant de les rencontrer.

 
"Le travail en corps encore"
 : une immersion dans le Théâtre d’Arras  © Sabrina Verove

Tout commence en octobre 2013, lorsque cinq étudiantes de master 1 s’approprient le projet Le travail en corps encore, qui n’avait pas encore de nom avant de les rencontrer. Elles l’ont dorloté jusqu’à lui faire voir le jour. L'éclosion de ce projet est le fruit d’une collaboration entre les étudiantes, l’Art de Muser et le Tandem (le Théâtre d’Arras et l’Hippodrome de Douai) pour une exposition en deux lieux.Nous vous présentons ici l'Acte qui prend place à Arras.

Aux quatre coins des rues d’Arras des affiches vous invitent à venir au théâtre. Vous êtes-vous demandés pourquoi des affiches sont présentes chez le coiffeur, chez le boucher ou encore à la pharmacie ? Et bien, cette exposition touche chaque travailleur et chaque futur travailleur, peu importe leur domaine d’activité.

Six artistes ont répondu à l’appel à projet et se sont questionnés sur le rapport entre le travail et le corps, les séquelles morales et physiques que le travail peut engendrer, le lien entre le travail et le domicile, la vision que chacun a sur certaines activités.

En franchissant les portes du théâtre, le public a pour surprise de découvrir une exposition.

Le parcours est agréable, l’exposition débute dans le hall puis se prolonge dans l’espace bar-détente. Ce partage des espaces la rend attractive.

Effectivement, le parcours est libre et fluide,les œuvres peuvent être associées comme dissociées et ceci dans un sens de visite aléatoire.

Les œuvres trouvent parfaitement leur place dans ce lieu. Les murs blancs et le sol pourpre soulignent les œuvres,leur plasticité et l’esthétisme des gestes, ainsi que le message qu’elles portent.

Cette exposition amène à se questionner,partager des avis, découvrir des artistes. Elle permet aux visiteurs de vivre un moment chaleureux autour d’un thème quotidien.

Le visiteur conclut l’exposition en exprimant les conditions de son corps au travail grâce à trois tampons (une personne heureuse, une personne satisfaite et une personne en colère).

Afin de permettre la découverte des œuvres, les étudiantes, chargées du projet, proposent des visites durant toute la durée de l’exposition : pour le public scolaire ou le public individuel, le public de l’hôpital de jour ainsi que tous les curieux. Chaque personne peut partager ses expériences professionnelles, son ressenti face à ce thème et échanger autour des œuvres. Prêts à en savoir plus sur ces photographies, ces dessins ou ces chaises ?

Commençons par la première œuvre rencontrée : Corps de ballet (2014) de Marion Poussier.

Elle se compose de trois photographies représentant trois femmes, située dans des espaces différents, prenant des postures gracieuses. Leurs corps prennent part à une danse, sont révélés àtravers des gestes qu’elles pratiquent au quotidien. Ces femmes sont agents d’entretien.

Un groupe face aux Corps de Ballet

© Sabrina Verove

L’artiste lutte contre les stéréotypes et préjugés envers des métiers bien trop souvent dévalorisés. Ici elle met en lumière ces femmes avec poésie.

Les visiteurs échangent sur le corps et son aspect artistique, sur ce métier indispensable. Ils ont l’occasion de participer à cette recherche gestuelle en prenant un balai et un chiffon et en effectuant des mouvements. Ils répètent ces mouvements sans ces objets. Le corps devient autre, la fonction sensorielle prend le pas sur la fonction utile.


Le travail à l'heure de la technologie
© Sabrina Verove

A cette œuvre font écho deux photographies de la série Technomades(2008) de Christophe Beauregard, ou deux personnes sont représentées également sans leur outil de travail. Leurs costumes de bureau et leurs postures amènent immédiatement à deviner que les outils qu’ils ont en mains sont technologiques : un téléphone et peut-être une tablette numérique.

Après avoir quitté le travail, celui-ci peut nous suivre jusqu’à notre domicile par divers moyens. L’artiste questionne ici le pouvoir de la technologie aujourd’hui dans notre vie personnelle.Lisez-vous vos emails une fois les chaussures ôtées à la maison ? Votre téléphone et votre ordinateur professionnels sont-ils toujours à vo scôtés ? Le surplus de technologie isole, enferme dans une bulle.

Comme ce thème actuel touche chacun, le public s’exprime facilement sur le sujet, prend conscience de certains actes.Les langues se délient.


La nature au centre de la pensée 
© Sabrina Verove

Estelle Lebrun apporte sa réflexion sur les pensées qui nous traversent sur le chemin entre notre domicile et notre travail. Sur la trajectoire de paysages, à l’épreuve du dessin (2013/2014) se compose de sept dessins sur papier,en noir et blanc, doux et mystérieux. Ils permettent l’évasion et la libre imagination.

L’artiste observe les paysages qu’elle voit dans le train sur son trajet maison-travail, travail-maison. Elle prend des photographies de bosquets, d’éléments floraux qui bordent la voie de chemin de fer et les adapte en dessin. Ces œuvres sont en mouvements, s’adaptent à la vitesse du train. Ce travail questionne aussi le métier d’artiste et les gestes qu’ils peuvent répéter au quotidien.

À quoi pensez-vous sur le chemin entre votre domicile et votre travail ? Au dossier que vous n’avez pas terminé,à la dernière réunion avec votre patron ou bien détendez-vous en pensant à votre dernier week-end ?

Les visiteurs de l’hôpital de jour ont participé à un atelier en écrivant sur une feuille un mot ou un dessinant ce à quoi ils ont pensé sur la route les menant à l’exposition. Les réponses sont variées,poétiques, humoristiques.

Jean-Louis Accettone intrigue les visiteurs à travers Une expérience éternelle de plus(2007). Ses deux chaises placées contre un mur invitent le public à s’y asseoir.

À première vue à quoi vous fait penser une chaise ? Au repos ? Au travail ? À l’attente ? L’artiste prend en compte ces trois avis. Une chaise permet de flâner, d’attendre confortablement et entraîne des douleurs au travail.

Dès lors qu’une personne s’assoit sur une chaise, une bande sonore démarre. Étrange et envoûtante elle nous parle d’attente, cette attente que nous avons tous vécue, dans un parc, une gare, un restaurant.

L’artiste a choisi la chaise comme un objet quotidien de certains métiers. Le saviez-vous ? En moyenne une personne passe cinq heures assise sur une chaise au cours d’une journée et certaines reproduisent constamment le même geste. De nos jours dans les métiers à la chaîne les postes tournent afin qu’une personne ne répète pas un seul et même geste tout au long de la journée.

Lorsque l'outil de travail devient une oeuvre d'art

© Sabrina Verove

Puis le public fait face à deux photographies. Par leur apparence nous pouvons percevoir que les espaces présentés sont des chambres d’aspect accueillant : colorées, décorées et vives.

Que fait-on dans une chambre ? Le public intervient : « On y travaille, on lit des romans, on regarde des films, on se repose, on écoute de la musique etc. » Quel métier ces chambres peuvent représenter ? « Un peintre, un maçon, un agent d’entretien etc. » Une seule image amène plusieurs histoires.

Le doute plane, les personnes qui travaillent dans ces chambres sont absentes. Qui sont-elles et pourquoi ne se dévoilent-elles pas ?

Dans Der Mannergarten (une crèche pour les hommes) (2010-2011) Fabien Marques évoque un métier légal ou illégal selon les pays. C’est le métier de prostituée, où le corps est marchandé, où il est outil de travail.


Dans l'antre d'un métier controversé
© Sabrina Verove

Cette exposition, dans un lieu original, est une belle réussite. Les œuvres se répondent et se saisissent du travail sous ses aspects les plus pénibles comme les plus harmonieux. Le public en ressort ravi et voit sous un nouvel angle ce que nous faisons endurer à notre corps au travail.

Curieux d’en savoir plus ? Les étudiantes vous attendent également à l’Hippodrome de Douai !

Lilia Khadri

A découvrir jusqu'au 21 février 2015 au théâtre d'Arras

En savoir plus :- Agenda de l'exposition

# Théâtre

# Travail et corps

# Muséographie

« Vivre en Camus » gravé dans les mémoires


Crédits : K.F

L’exposition « Vivre en Camus » à Annay-sous-Lens donne aux anciens camusards l’occasion de retrouver le voisinage qu’ils ont longtemps aimé côtoyer. Ils s’exclament à la vue d’un ancien ami. Ils rient en regardant les photographies qui leur rappellent assurément des souvenirs chaleureux .


La révolution des Camus a marqué la population Annay-sous-Lensoise. Une douce euphorie plane dans cet espace d’exposition où le public touche du bout des doigts le bonheur d’un passé retrouvé par le biais de témoignages illustrés, racontés, mis en scène et en musique.



Les Mines sont un univers à part entière, reconnues depuis 2012 patrimoine mondial de l’Unesco, et source d’inspiration pour nos conceptrices d’exposition du Master Expo-Muséographie à l’Université d’Artois. « Vivre en Camus » impulsé par nos professeurs Isabelle Roussel-Gillet et Serge Chaumier, a été mis en œuvre par nos collègues, Mathilde, Lucie, Isabelle et Mylène qui ont fait de ce projet d’exposition un lieu extraordinaire de prise de conscience d’un patrimoine en voie de disparition (avec le soutien de la mairie d’Annay-sous-Lens et le Pays d’Art et d’Histoire de Lens-Liévin).




Les cités Camus s’écroulent alors que dans le cœur des camusards, elles sont toujours présentes et significatives.


Crédits : K.F

Le visiteur peut fouler le plan d’un camus reproduit sur un tapis dont le moelleux laisse entrevoir la chaleur humaine de ces préfabriqués typiques et inondés de souvenirs. Souvenirs que l’on peut lire sur la table où la cafetière attend de servir l’indémodable café, ou sur la lunette des toilettes, révolution qu’on ne pourrait véritablement appréciée sans la voix de nos aïeuls pour nous la dire. Puis en passant par l’incontournable jardin où les fleurs et les légumes inspirent la maîtresse de maison, on rejoint les voisins pour faire la fête sous la guirlande fanions sur un air de bal musette.



Et au cœur de l’exposition, une salle de projection improvisée offre aux visiteurs l’opportunité de passer la porte de l’un de ces Camus. Accueillis chaleureusement par M. et Mme Monchaux, les visiteurs suivent la visite guidée de la maison où la simplicité de nos hôtes donne à voir le grand cœur des gens du Nord, inimitable, sincère, unique !



Mathilde, Lucie, Isabelle, Mylène, vous avez fait des heureux, je l’ai vu, je l’ai entendu ce public enthousiaste ! C’était magnifique !



Katia Fournier










Appel à candidatures

Ce master fourmille de projets et vous pouvez prendre part à l'un d'eux ! Vous avez jusqu'au 20 mai pour proposer une création personnelle sur le thème du corps au travail et peut-être avoir la chance de prendre part à l'exposition. Pour plus d'informations, vous trouverez l'appel à projet ci-dessous. N'hésitez pas à diffuser autour de vous !

C'est bouleversant.

C’est bientôt l’imminence, c’est bientôt le début, mais aussi la fin. Je viens de sortir de ma salle de classe, j’y ai passé du temps dans un brouhaha productif et joyeux, plongée dans mes pensées, et j’ai de l’acrylique sur mes doigts. J’ai un peu mal aux pieds d’avoir tant marché. Jeudi c’est le lancement, le lancement d’Appel d’Air, la troisième édition de la biennale d’art contemporain d’Arras qui est organisée par les étudiants de mon master. Son thème cette année est le bouleversement. Sens-dessus-dessous, c’est marqué.

C en’est même pas le projet auquel je suis rattachée, mais l’ensemble de ma promotion est mandée pour en organiser la médiation. Avec ma classe donc, nous sommes tous chamboulés : ça fait depuis début février que l’on a des réunions pour l’organiser, depuis une semaine que l’on a réalisé les prototypes en commençant à rigoler, depuis ce matin que nous nous sentons concernés. Bien entendu, trois d’entre nous se sont déjà bien penchées sur le sujet afin de préparer ces réunions en amont devenant médiatrices entre nous et Annaëlle, Joanna, Margot, Julie & Alice, les chargées de production du projet.

Maisd’abord, qu’est ce que la médiation ? La médiationculturelle, on peut la comprendre depuis celle issue du social :on crée un dialogue. Entre l’œuvre et le visiteur si on veut,entre les visiteurs si on sait. J’ai beau en avoir déjà fait, jen’ai pas la prétention de savoir la faire bien, parce que la médiation, elle l’est toujours elle, en débats, en discussions,il n’y a qu’à voir le cours d’hier, ou bien les anecdotes passionnées de Mathilde. La médiation culturelle n’est pas qu’unentre-deux qui lancerait une discussion, elle est aussi porteuse de relation, porteuse de sens. De sens dessus dessous, s’entend. Elle s’élabore et s’adapte, elle essaye d’anticiper les publics quivont être faces à nous dans un premier temps.

Phase de réflexion sur la signalétique des parcours. © M.C

En somme, nous ne savons pas précisément qui sera là. On ne peut pas cibler le public passant. Alors on invente : et si on pensait àquelque chose qui interpelle sur le sol ? Et si on partait surle bleu dénominateur commun des trois éditions ? Et si on cherchait un jeu que tout le monde connaisse ? Julie prend desnotes sur le tableau.

 

Doncil y a cette interrogation, et puis l’émulation. Chaque groupe seforme assez spontanément, on sort du brouillon et des idées, on metcartes sur tables, on construit son idée et on la propose aux autresà la fin. Bethsabée présente le rythme du parcours qui lie lesœuvres entre elles. En autonomie, nous sommes nous, avec nos moues réflexives, nos idées auto-stoppées, et ce projet qui finit parprendre forme. Nos tables sont regroupées en espaces distincts de travail. Amaury a un tablier et joue du cutter sur le cartonplastifié, Clotilde annote dans du papier, Berivan prépare un pochoir. Chacun se prête au jeu : nos moues de ceux quivoulaient rentrer parce que bon, faim, dissert et compagnie sontquand même les dernières à êtres sorties de la salle parce que attends Maëlle, a t on pensé à ça ?

Élaboration de prototypes. © J.F.

Réalisation des cocottes interpellatrices. © C.D.

Entremêlée à ça, il y a la rencontre avec les œuvres que l’on va devoir présenter. Et derrière ces œuvres, les artistes. En début d’année lors des résidences, certaines d’entre nous ont accepté d’enloger alors que nous découvrions nous-mêmes Arras. Eloïse a dormi sur son matelas gonflable, il y avait quatre artistes qui dormaient chez Justine. Ces personnes, qui viennent des écoles d’art de Cambrai, de Bruxelles ou même du Mans, sont donc venues en octobredécouvrir la ville, le postulat de l’édition d’Appel d’Air,pour ensuite construire leurs pièces. Et puis ce matin, certains étaient là pour nous présenter leur travail, en lien avec ceparti-pris : bouleverser Arras et recréer un lien social entretrois quartiers d’une ville fragmentée par une grande ligne ferroviaire, étalée dans la longueur. Cette longueur que nous vivons nous mêmes au quotidien: Julia vit trop loin, et je croise souvent Coralie qui attend son bus.

Je ne vous dirai rien ce soir sur les artistes et sur les œuvres contemporaines qui seront exposées. Bah non, ça serait trop facile. À vous aussi de venir un peu : c’est à Arras du 16 au 18 c’est bleu, c’est entre 11 et 18 heures, c’est dans les rues. Allez un indice : mon premier est sphérique, mon second se tortille, mon troisième se déverse un peu partout dans le monde. Et puis dedans, on y trouve des ponts entre les lieux importants de laville, la participation des habitants et l’invitation à broder.C’est trouble ? C’est tentant ? C’est vendredi !

La médiation, on l’élabore en fonction du lieu où l’on sera.C’est pourquoi aujourd’hui nous avons marché, beaucoup, pouraller d’un point à l’autre et imaginer ce que seront lesvisites. Charlène a vérifié, ce matin on avait fait un peu plus de six kilomètres à travers toute la ville sans avoir fini. C’est uncorps à corps avec la ville à ce stade, on imagine comment lesœuvres se présenteront, une fois leur montage terminé demain soir.On se rend compte des éventuelles questions qui pourront être posées, alors on cherche un peu, on retourne la future visite dans tous les sens. Louison porte les plans que l’on fournira aux visiteurs, parce que oui, penser la médiation, c’est aussi penser l’organisation.

Réalisation des pochoirs de signalétique © C.D.

Ponctuation du parcours. © A.L.

Là je suis fatiguée, je suis un peu inquiète. Qu’aurons-nous à direaux visiteurs ? Ah bah non, attends, me souffle Charlotte, tu sauras quoi dire, il s’agit de créer le dialogue. Alors bien sûr tu n’auras pas rien à dire à tes interlocuteurs, mais le but n’est pas de leur faire un cours magistral, le but reste de les titiller. Et si le débat doit durer trois jours, de vendredi à dimanche, tu sauras le tenir, car on a pensé, ensemble, à tout cequi était en notre pouvoir.

Resteles impondérables sur lesquels on n’a pas de prise, comme lamétéo. Le temps qui a l’air de tourner au froid, juste quand onfera de la médiation en extérieur, cool. Emeline sera identifiableà coup sûr avec son écharpe bleue qui recouvre son manteau enhiver. Ce qui est rassurant c’est qu’on ne le fera pas pour rien,car dans la médiation, réside de l’engagement. Bon d’accordrester dans le froid pour créer un dialogue ça n’est pas non plusêtre un militant, mais c’est quand même le signe d’une volontéde questionner la ville, son sens, sa création, les personnes qui yvivent. Redonner la parole, le geste aux habitants, qu’ilss’approprient, qu’ils prennent conscience que leur ville, cen’est pas que de de la brique et des voies de circulation, mais que leur ville, ça commence par leur environnement du quotidien, àl’espace dans lequel ils évoluent.

Je conclus, parce qu’il faut que je travaille sur autre chose : nous sommes encore étudiants, ne l’oublions pas, nous avonsd’autres travaux à réaliser. Donc face à nous, qui aurons-nous ?Il y aura l’étudiant en musicologie de la fac de l’universitéd’Artois qui aura vu l’affiche d’Appel d’Air sur l’amphi K,et qui se sera dit ah bah ouais grave, il y aura la grand-mère quirentre chez elle et qui tombe sur de la broderie sur les murs et quisera intriguée, il y aura le maçon qui pensait faire son marché tranquille, et qui verra de loin des hurluberlus se balader avec desbulles de bande dessinée et qui voudrait savoir ce qu’elles auront à dire. Et vous, qu’aurez-vous à nous révéler ?

Coline Cabouret. 

#Appeld’Air

#Médiation

#Sens-dessus-dessous

Pour en savoir plus: http://www.biennale-appeldair.fr/

 

Cléo 3000, le futur d'une muse

Cette année, notre équipe a eu la chance de participer à Museomix au Musée gallo romain de Lyon-Fourvière. A cette occasion votre reporter a pu interviewer un de leurs outils de médiation, venu du futur : Cléo 3000 !

E.B : Bonjour Cléo, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs en quoi consiste Museomix?


Crédits :  Quentin Chevrier

Cléo 3000 : Bonjour reporter et lecteurs, Museomix est un collectif de créateurs fous, d'innovateurs lancé en 2011. Réunissant la communauté des professionnels des musées, des acteurs de l'innovation et du numérique, ainsi que des amateurs et passionnés de culture. Museomix propose de créer une nouvelle manière de vivre le musée, en développant, sur trois jours des idées et des prototypes, présentés au public le dernier jour. C'est merveilleux que tout cela se déroule sous nos yeux en ce moment. (ndlr : l'interview a eu lieu durant le Museomix 2012 en octobre 2012)

E.B : C'est vrai que c'est impressionnant de voir tant d'idées et de projets fuser ensemble ! Votre arrivée en découle d'ailleurs ..?

Cléo 3000 : C'est exact, l'équipe de médiation en charge de créer des liens entre les prototypes et avec les visiteurs, a décidé de me faire venir du futur, de 3012. Ainsi je peux dévoiler aux générations qui m'ont précédé l'importance de l'innovation qu'ils vivent aujourd'hui à Lyon et ce que cela créera plus tard, moi par exemple ! Le tout premier robot interactif, intelligent, avec des oreilles !

E.B : Alors, merci à tous les participants, qui vous ont permis d'exister dans un lointain futur. Pouvez-vous nous présenter maintenant votre rôle auprès des visiteurs ?

Cléo 3000 : Je suis leur lien avec les médiateurs, les prototypes et les collections du musée. Il suffit d'appuyer sur un petit bouton pour que je me réveille et que je réponde à vos questions. Je fais en sorte de guider le public, comme Mercure Psychopompe, dieu des romains le faisait avec les âmes et les voyageurs. D'ailleurs toute l'équipe des médiateurs porte une couronne ornée d'ailes dorées, remémorant les attributs de ce dieu, capable de voler. Répartis aux points névralgiques du musée gallo romain de Lyon-Fourvière, les médiateurs accompagnent les visiteurs dans leur démarche d'innovation et les guident à travers les installations. Quelle belle mission !

E.B : Vous êtes imprégnée du musée gallo romain de Lyon-Fourvière, semble-t-il ?Cléo 3000 : En effet, c'est un lieu magnifique et vivant. Il se trouve au pied du théâtre antique de Lugdunum, au sein d'une colline de verdure. Cela en fait un lieu agréable et qui encourage l'imaginaire. C'est très exitant de prendre part à l'innovation dans les musées, voir les nouvelles technologies y entrer et le partager avec les visiteurs. A mon époque c'est reconnu Service International d'Utilité Public.

E.B : Votre époque paraît spectaculaire ! Nos lecteurs et moi-même souhaiterions savoir ce que vous pensez de la notre. Ne sommes-nous pas trop archaïque ?


Cléo 3000 répondant aux questions des visiteurs
Crédits :  Quentin Chevrier

Cléo 3000 : Je conviens que votre look vestimentaire me déconcerte au plus haut point. Je ne comprends pas comment, cela fonctionne, ni la forme, ni le sens. C'est peut-être moi qui suis archaïque ! A mon époque c'est plus simple, nos tuniques ont l'air conditionné intégré, nous n'avons jamais ni trop chaud ni trop froid et nous portons de la couleur. Pour nous, le gris n'en n'est pas une. Mais ce n'est pas ce qui m'a le plus marqué lors de ce week-end en 2012.

E.B : Peut-on savoir alors ce qui vous a le plus marqué ?

Cléo 3000 : Ce sont les personnes que j'ai rencontré, plus créatives les unes que les autres. Avec une volonté ferme de faire vivre le musée. C'est grâce à des événements comme Museomix, que ces lieux de culture évoluent. Le travail des museomixeurs de cette année est un exemple, parmi tant d'autres, qui nous permet de comprendre que "nouvelle technologie" n'est pas antinomique de "culture" et "mémoire".

E.B : C'est absolument exaltant en effet, merci beaucoup Cléo d'avoir répondu à nos questions.

Cléo 3000 : Ce fut un réel plaisir de satisfaire vos demandes, je suis à votre service. Merci à vous. Et vivement l'édition 3013, la 1003ème !!

Elisa Bellancourt

Informations :Museomix Museomix en Nord

Inscriptions :INSCRIPTION EN LIGNE

Deux expositions à voir dans le Pas-de-Calais

C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que l’AssociationL’Art de Muser et les étudiants de la promotion 2013 Marie-Geneviève Bouliarddu Master Expo-Muséographie vous annoncent l’ouverture des deux premièresexpositions menées à bien par deux groupes de la formation. 


Vernissage exposition L'Objectif en coulisses
Crédits : Mtdf 

L’Objectif encoulisses - Robert Baronet porte un intérêt pour la représentationphotographique des réserves muséales et l’ambiance qui en ressort. Ces lieuxsouvent confondus avec des « cavernes d’Ali Baba » restent empreintsde mystères et de nombreuses histoires… Après avoir parcouru les muséesquébécois équipé de son appareil photo, il décide de venir en France afin d’effectuerle même travail. Cinq étudiantes de la formation ont alors organisé la venue etle parcours du photographe à travers une dizaine de musées du Nord-Pas de Calais.Après la prise de contact avec les institutions, la gestion des droits dephotographies, elles se sont attelées à la tâche pour trouver un lieud’exposition ainsi qu’un mode scénographique qui saura mettre en valeur lesœuvres créées par Robert Baronet. Puis, Cécile, Rachel, Aelis, Camille etAurélie ont su sélectionner parmi l’ensemble des clichés effectués les « portraitsphotographiques » des réserves de la région susceptibles d’attirer le plusl’attention des visiteurs. Inaugurée le 7 février 2013 à l’Office Cultureld’Arras, l’exposition sera ensuite présentée à l’Université d’Artois à Lens àpartir du 7 mars 2013. Les deux expositions présenteront deux scénographiesdifférentes mettant en valeur les photographies pour notre plus grand plaisir.Mais, nous gardons le secret, il vous faudra les découvrir sur place …


Le groupe de M2 à l'origine de l'exposition accompagné de Serge Chaumier et d'Isabelle Roussel-Gillet
Crédits : Mtdf 

A partir du 7 mars 2013 à l'Université de Lens


Exposition Épilepsies : Mythes et préjugés
Crédits : Mtdf 

Épilepsies :mythes et préjugés – A la base du projet, juste un mot« épilepsies », proposé par Isabelle Roussel-Gillet en charge d’aideret d’orienter les étudiants de la formation dans leurs projets de groupe, aattisé la curiosité de Zoé, Jody, Camille et Julie. Pendant 18 mois, elles ontrencontré des personnes ayant une épilepsie, des professionnels de la santé(neurologues entre autres), l’Association EpilepsieFrance à travers l’antenne Nord-Pas de Calais dirigée par Simone Fortier.Puis, toujours avec une énergie débordante, elles sont allées à la rencontre destructures culturelles de la région pouvant être intéressées pour accueillirleur exposition. C’est finalement le Musée d’Ethnologie Régional de Béthune quia choisi d’accueillir l’exposition dans la Chapelle Saint-Pry du 16 février2013 au 9 juin 2013. Après plusieurs mois de recherches intensives sur lesujet, le groupe de projet met en avant leur préprogramme comme uneévidence : il faut croiser les regards (scientifiques, historiques,patients et artistiques) pour combattre les préjugés autour de la maladie. Lestémoignages artistiques sont au cœur de l’exposition allant des représentationspicturales de la maladie, assimilée à de la folie, à des plages debandes-dessinés personnelles des auteurs David B. et Elodie Durand. En plus, troisartistes ont ajouté leurs touches personnelles au projet à travers desinstallations contemporaines. 


Le groupe d'étudiantes à l'origine de l'exposition Epilepsies
Crédits : Mtdf 

Du 16 Février au 9 Juin Chapelle St Pry de Béthune

Entrée libre

Ouvert tous les jours de 14h à 18h, sauf mardi et jours fériés.

L'Art de Muser

Développer un outil en 3 jours...

La médiation muséale est un travail de longuehaleine : établir un axe, le développer, le défendre, le tester, l’intégrer au musée etc. Comment s'imaginer la créationd'une dizaine de prototypes d'outils de médiation, en moins de 36 heures ?Le concept Museomix est tout simplement une machine !

En un peu moins de trois jours, environ 150participants et coachs, (créatifs, développeurs, médiateurs, communitymanager..) développent un peu plus d'une dizaine de projets de médiation. Chaqueéquipe s'approprie un musée, des collections, mais surtout avec les nouvellestechnologies (mises à leur disposition). Le dernier Museomix s’est déroulé au musée gallo-romains de Lyon Fourvière, les19, 20 et 21 octobre 2012.

De nombreux espaces furent proposés auxparticipants, les incitant alors à s'en approprier et à imaginer une idéeporteuse et novatrice.


Crédits : Quentin Chevrier

L'année 2013 va être une année novatrice pourMuseomix qui se déroulera dans pas un musée mais six ! Dont quatre en France,un au Canada et un en Angleterre. Notre master aide à l'organisation decelui qui se déroulera au Louvre-Lens. C'est pourquoi notre petite équipe de M1a participé activement à l'édition 2012, qui fut pleine de découvertes etde  rencontres. J'ai eu la chance d'intégrer l’unedes équipes de participants; se fut une course marathonienne afin de mettre enplace notre prototype.

Avec mon équipe, nous nous sommes penchés sur lapartie du musée qui retranscrit l'importance de Lyon, comme lieu incontournabledu commerce méditerranéen (France/ Espagne/ Italie). On y trouve des amphores,des stèles, et mosaïques témoignant de l'activité marchande. Nous avons alorsimaginé un voyage interactif et participatif. Ce parcours permettait auxvisiteurs de toute âge de découvrir, le commerce du vin à travers sesdifférentes étapes : de sa production en Espagne à sa consommation à Lyon. Quelquescontraintes temporelles et spatiale nous ont été imposés, en effet la médiationne devait pas dépasser une durée de 7 à 8 minutes et nous devions nous adapterà la scénographie de l'exposition temporaire, mise en place au préalable dansle musée.

Le parcours commençait avec l'entrée dans l’espace du commerce enMéditerranée, au milieu des amphores et des inscriptions. Sur une borne reposeun petit bateau. Un texte d’accueil invite le visiteur à le saisir et le fairecheminer le long d’un parcours au sol, au milieu des collections, simulant lamer Méditerranée et le Rhône. Arrivé à la première borne, il fallait déposer lebateau sur le dessus et une bande son débutait alors. La voix du Dieu antiqueBacchus retentissait et plongeait le visiteur au cœur du quotidien, des enjeuxet des aléas du transport maritime. Il le guidait vers les prochaines étapes duvoyage : passer d’une borne à l’autre et avancer dans sa découverte.

Pour pouvoir avancer, le voyageur devait réaliserune épreuve, sous forme de manipulation intégrée à la borne. Chaquemanipulation le mettait dans la situation d’unmarin au cours d’une navigation et l’amenait, par le fait, à s’immergerdans les pratiques de l’époque (Exemple :souffler pour symboliser la navigation à la voile, tirer sur une corde pourcomprendre le halage sur le Rhône, verser le contenu des amphores dans unréservoir de stockage, etc.).


Crédits :  Quentin Chevrier

A chaque étape les événements étaient inspirésdes objets de la collection qui l’entourait (mosaïques,amphores, sarcophage de charpentier, stèles, dolium…). Le bateau lui servait de fil conducteur, tout au longdu parcours entre les bornes et donc retraçait le voyage de Tarragone à Lyon. Ilservait également de déclencheur pour la bande son (avec un capteur RFID etArduimo). Cet outil de médiation a été imaginé pour évoluer avec la mise enplace d'un dispositif lumineux. Les objets exposés pourraient s'éclairer aumoment où l'histoire les citerait. L'espace serait ainsi moins éclairé et doncplus immersif et le visiteur pourrait plus facilement relier les objets àl'histoire.

Cette approche ludique du commerce enméditerranée, a beaucoup plu au jeune public, car le fait d'intégrer unemanipulation physique dans ce dispositif, les questionne et incite leurcuriosité.

La création et surtout la mise en place de cetoutil ne fût pas facile, en effet à la fin des trois jours il n'était pastotalement opérationnel : quelques petits problèmes techniques, comme la miseen place du dispositif électronique sur les bornes, mais cela reste unprototype.

Néanmoins, cet outil de médiation est en cours de développement au musée,afin de devenir un réel outil de médiation à temps plein.

Agathe Gadenne 

Museomix

Musée gallo-romain

Etudes des publics et recherche : Au service du Louvre

Au cours du mois d’octobre, les Master 2 sont partis en visite au Louvre Paris afin de rencontrer l’équipe d’Anne Krebs. Celle-ci dirige le service d’études et de recherche de la Direction de la politique des publics et de l’éducation artistique du musée,le premier dans son genre. Depuis 2002, cette équipe mène des analyses pour approfondir les connaissances sur les publics dans le but de développer une offre culturelle et éducative toujours mieux adaptée aux nouvelles tendances muséales. Au-delà de ce travail principal, nous avons pu découvrir qu’elle mène aussi des études externes en partenariat avec d’autres musées franciliens.

            

Les différentes méthodes d’approches - quantitative, qualitative et observation - enmatière d’étude des publics sontutilisées au sein du service en fonction des objectifs à atteindre et de laproblématique de l’étude. Concernant la typologiedes études fournies, nous distinguons l’étudebarométrique, ad hoc stratégique, évaluative et sociologique. Au mêmetitre, différentes méthodologies sont utilisées par le service afin de menerles études, dont le questionnaire libre, l’enquêteen face à face et la représentativité. Ce panel très varié de propositionspermet au service d’avoir les capacités derépondre à tous types d’études. Entre 2002 et2011, on compte environs 90 études réalisées.[1]

Crédits : Marie Tresvaux du Fraval

Lors de notre rencontre avecune partie de l’équipe, nous avons parlé plus particulièrement de l’organisationdes études sur les expositions temporaires en amont de la présentation aupublic, afin de définir le visuel le plus adapté pour l'affiche. L’objectif decette action est de rendre la communication de l’évènement la plus efficacepossible. Des sessions de groupe avec différents panels de publics sontorganisées dans ce cadre. Elles sont animées par un enquêteur dont le rôle estde donner les thèmes de discussion, de stimuler, recadrer, synthétiser et enfincontrôler le temps. Le Louvre part du postulat que le visuel d’une expositiondoit savoir parler de la thématique abordée tout en la rendant attractive pourles visiteurs. Ce sont donc les réactions du groupe face aux couleurs, auformat et à la typographie qui sont analysées par le service.

Puis nous sommes allées tester le nouveau dispositif de médiation embarquée misen place dans le Louvre depuis le premier semestre 2012 : la Nintendo DS3D ©. Celui-ci comprend deux écrans qui permettent au visiteur de se situer dansle vaste espace du musée grâce à un système de géolocalisation ainsi queplusieurs parcours en fonction de ses attentes de visite, le tout en proposantle discours d’un audioguide de base. Après avoir passé environs trois heures àtester l’audioguide par nous-même ainsi que d’interroger et d’observer l’utilisationde ce système par les visiteurs, une session de débriefing a été organisée parAnne Krebs et son équipe. Ils ont la mission d’évaluer l’impact de ce nouveausystème sur les parcours de visite mais aussi plus généralement sa réceptionpar le public. La session s’est déroulée sous forme de brainstorming mettant enavant nos principales impressions quant à l’utilisation de la Nintendo.

Crédits : MTDF

Les avis au sein de lapromotion ont été très mitigés quant à déterminer l’utilité d’un dispositifaussi perfectionné. Certaines ont pu lui reprocher son manque de facilité deprise en main. Tandis que d’autres ont apprécié le contenu interactif avec lapossibilité de visualiser certaines œuvres ou objets d’arts en détail. Nousavons pu remarquer pendant notre temps d’observation que la plupart desutilisateurs de la Nintendo DS s’en servait comme d’un simple audioguide sansutiliser les écrans de l’appareil. 

A partir de toutes lesinformations et impressions que nous avons données, les membres du serviceprésents nous ont montré quels étaient les faits importants à mettre en avantdans une évaluation d’un dispositif interactif, comme les aspects techniquespar exemple.

Cette journée a permis à l’ensemblede la promotion de découvrir concrètement les missions d’un service d’étude despublics ainsi que d’appréhender leurs méthodes de travail. Nous remercions AnneKrebs et son équipe de nous avoir accueilli dans leur locaux et fait partagercette expérience.

Laura Clerc


[1] Voirla liste des études réalisées par le service études et recherche du Louvre

File ta bobine à La Manuf'

Le récitd’une aventure humaine et technologique, à renfort d’énergie et de fils

C’est avec un très grand plaisirque j’ai participé à l’édition Museomix Nord 2015. Pour ceux qui ne seraientpas au courant, Museomix est un rassemblement de 3 jours, pendant lesquels despersonnes d’horizons divers et variés revisitent un musée en proposant desidées neuves, parfois un peu loufoques, souvent futuristes et généralementparticipatives et interactives. Le but ? Repenser le musée, le recentrersur l’expérience du visiteur, en repoussant les barrières technologiques, pourinnover et le rendre toujours plus attractif.


@Ndgh59

Du 6 au 8 novembre, La Manufacturede Roubaix (alias La Manuf’) a accueilli une cinquantaine de museomixeurs dansses locaux. Ce musée, qui prend place dans une ancienne usine de textile,présente une très belle salle des machines, allant du métier à tisser médiéval (reproduction du XIe siècle) à unemachine de la fin des années 1990. Chaque machine est sublimée par un jeu delumières sur les multiples fils qui se déploient tels des rideaux autour d’unescène. Et les couleurs des bobines donnent parfois à l’ensemble un aspectd’arc-en-ciel.


@Ndgh59

Maisrevenons à nos moutons… ou plutôt à nos bobines. Laissez-moi vous présenternotre équipe des Embobineurs et notre prototype File ta bobine !

Pendant ces trois jours, j’ai faitpartie de l’équipe des Embobineurs en tant que communicante, au côté de Céline(coach bien-être et santé), Manon (archiviste méticuleuse), Gautier (graphistede la mort), Charlotte (médiatrice bricoleuse), Pierre (fabricant menuisier) etAlex (DJ codeur de l’extrême).


@FileTaBobine

Nous avons eu la volonté de tisserdu lien entre le passé et le présent, entre le visiteur actuel du musée etl’ouvrier de l’usine, entre l’Homme et la machine. Pour cela, nous avons choiside nous installer en début de parcours afin d’emmener le visiteur dès le débutde son expérience muséale.


@FileTaBobine

A travers une installation faite defils et de tissus, notre prototype propose au visiteur de devenir Suzannel’ouvrière, la petite Philomène, Yahya l’ouvrier immigré, Israël le patron oule jeune Alfred. Grâce à un écran tactile, chaque visiteur choisit le profild’un de ces anciens acteurs de l’usine. Il accède ensuite à une photo d’époque.Grâce à une webcam, son visage vient s’incruster dans celle-ci. Une carted’ouvrier s’imprime, et donne des informations complémentaires au visiteur :caractéristiques physiques, origine, adresse, année d’embauche, profession,observations du chef du personnel, machine attribuée dans le parcoursd’exposition.


@FileTaBobine

Par la suite, le visiteur effectuesa visite avec sa carte d’ouvrier. Il peut alors se confronter à la machine surlaquelle il aurait travaillé s’il avait été ouvrier à l’époque. A la fin de sonparcours, s’il le souhaite, le visiteur vient accrocher sa carte d’ouvrier surl’installation. Il s’insère ainsi dans un tissu de visiteurs actuels du muséeet d’anciens acteurs de l’usine.


@FileTaBobine

Etsinon, concrètement, les trois de jours de Museomix, comment ça se passe ?

J1

Après un accueil sympathique, unedistribution de tote bag et de badges (dont un magnifiquement tricoté), nousavons eu le droit à une visite guidée de La Manuf’, suivie de la présentationdes partenaires : La Piscine de Roubaix, l’Ecomusée de Fourmies, lesArchives du Monde du travail de Roubaix,  Holusion, Tri-D, et TXRobotic.

Ensuite, sur des thématiquesprédéfinies, les museomixeurs inscrivent des mots, des idées grâce à despost-it. Une fois ce grand brainstorming effectué, chacun pose son badge devantla thématique qu’il préfère, et un bingo géant permet de constituer les équipes,qui se compose de 7 personnes : un coach, un expert en contenus, ungraphiste, un médiateur, un communiquant, un codeur, et un fabricant.

Le reste de la journée permet deréfléchir et d’échanger en équipe autour de ce sujet. Le temps passe alors trèsvite. Beaucoup d’idées se succèdent, s’entremêlent. L’équipe s’approprie lesujet, une trame commence à prendre forme, un scénario utilisateur apparait et,ensemble, nous validons notre idée de prototype pour la présenter plus tard enplénière.


@Ndgh59

J2

Le deuxième jour, une fois lesrôles précisés, la phase de réalisation commence. Une liste de course estétablie pour réaliser notre prototype. Un compte Twitter spécifique devientnotre relais de communication, à grand renfort de photos. Une partie del’équipe se lance dans la fabrication d’une maquette afin de se confronter auxcontraintes techniques de la future réalisation. L’un code, un autre définit l’identitévisuelle… pendant qu’un dernier part récolter des informations dans lesarchives. La rédaction s’initie. Nous discutons, rigolons… La fatigue commenceaussi à se faire sentir. Vient ensuite le moment de créer une vidéo pourprésenter notre idée le soir en plénière. Après le dîner, certains membres de l’équipecommence à scier, viser et peindre, pendant que les autres continuent à coder,rédiger, photoshopper…

J3

Après quelques heures de sommeil vientle troisième et dernier jour. Un seul mot d’ordre : foncer ! A peinearrivé, chacun saute sur les pinceaux, les ciseaux, l’agrafeuse, la sciesauteuse, la perceuse et plusieurs d’entre nous attaquent le montage et la miseen place de la structure. Pendant ce temps, le codeur et le graphistecontinuent leurs travaux respectifs. La pression monte, l’équipe ne s’arrêtepas. En début d’après-midi, nous réalisons un crash test avec les organisateurset l’équipe du musée. Cela permet de faire le point sur l’accompagnement et lamédiation des futurs visiteurs. Le codeur se confronte aux bugs et problèmestechniques de dernières minutes. Et tout d’un coup, il est déjà 16H et lespremiers visiteurs arrivent. Commencent alors les explications, la médiation,les échanges, les derniers réglages… Tout se passe dans la bonne humeur. Noussommes très contents d’avoir réalisé tout cela en 3 jours, malgré la fatigue ;et les sourires des visiteurs nous le rendent bien.


@MuseomixNord

Commenten savoir plus ?

Je vous invite vivement à consulterles comptes Twitter de chacune des équipes de Museomix Nord pour découvrirtous les prototypes, et je remercie toute l’équipe de @MuseomixNord et de@LaManufRBX pour cette aventure intense, pleine d’énergie, d’idées, de bonbonset d’innovation !

@FileTaBobine @rrroubaix @TextileFutur @MiniJacquard @EnTrame @Industructibles 

Nadège Herreman

Vous pourrez aussi par la suiteretrouver les fiches de tous les prototypes sur le site de Museomix : http://www.museomix.org/les-prototypes/

#Museomix #Innovation #Prototype

L'audit de montée en qualité

Étudiantes en première année du Master Expo-Muséographie, nous avons eul'opportunité de mener des « audits de montée en qualité » pour 5 structures duréseau Proscitec.

Le réseau Proscitecréunit, accompagne et assure la promotion d'unecinquantaine d'acteurs régionaux en patrimoine industriel et mémoire desmétiers sur le territoire Nord-Pas de Calais. Parmi eux, on compte par exemplele Musée de Plein Airde Villeneuve d'Ascq, le Centre HistoriqueMinier de Lewarde, ou encore la Cité Internationale de la Dentelle et dela Mode à Calais.

Dans un soucis d'accueillir au mieux les visiteurs des sites adhérents auréseau, l'association Proscitec a fait appel au master Expo-Muséographiede l'Université d'Artois pour se prêter au jeu de l'audit dans 5 structuresvolontaires : Le Musée portuairede la ville de Dunkerque, l'Ecomuséede l'Avesnois, le Musée de la radiode Boeschepe, le Centre demémoire de la verrerie d'en haut à Aniche et le Musée de la faïence etde la poterie à Ferrière-la-Petite.

Qu'est-ce qu'un « audit de montée en qualité » ?

Précisons d'abord que nous écartons l'acception négative du terme «audit»parfois associée à une restructuration ou au licenciement; nous privilégions lesens d'un accompagnement des structures. La démarche de l'audit consiste àapporter un regard extérieur sur chacune des structures afin de conforter despistes déjà abordées ou de relever des points à améliorer. Ce regard extérieurpermet de pointer des éléments, voire des détails que les membres desstructures ne voient plus au quotidien. L'enjeu de l'audit de montée en qualitéest de proposer des pistes d'amélioration qui puissent correspondre au maximumaux envies et aux possibilités de chacune de ces structures. Il existe millefaçons de raconter une histoire à partir d'une même collection ; ainsi, chaquemusée se verra proposer des pistes de réflexions et des propositions qu'il seralibre de suivre ou non.

Comment réaliser un audit de montée en qualité ?


Une signalétique parfois bancaleCrédits : P.W.

D'un pointde vue purement méthodologique, voici la manière dont nous avons procédé : toutd'abord, chaque musée audité a été diagnostiqué avec attention. Il estimportant de connaître le contexte (territorial, historique) et le contenud'une structure avant de pouvoir mener une analyse. Pour cela, nous avonsvisité une première fois la structure auditée, nous avons suivi une visite –guidée dans la mesure du possible –, nous avons visité les environs et noussommes parties à la recherche d'informations pratiques (site internet, panneauxdans l'agglomération, offices de tourisme,...). Après avoir pris connaissancede l'objet de notre étude, nous nous sommes lancées dans la phase de l'auditqui consiste à répondre à une grille de 335 questions.

Une seconde visite a alors été programméeet nous sommes parties à la rencontre des acteurs de ces musées (responsablesdes structures, bénévoles, agents d'accueil, médiateurs,...). Les questions decette grille sont regroupées en 11 parties : « avant la visite » ,« outils decommunication », « extérieur » ,« entrée dans le musée », « le personnel »,« lescollections et leur valorisation », « les visiteurs », « l'offre », « lesservices »,« la sortie », et enfin « le réseau PROSCITEC ». La précision decertaines questions peut aller jusqu'à nécessiter la prise de mesures d'uneporte afin de vérifier l'accessibilité des espaces par exemple. La prise dephotographies sur place est très importante car souvent, une photographie vautmieux qu'un long discours pour évoquer des aspects relatifs à la muséographieou à la signalétique. 

A quoi cela peut-ilservir ?

A partirdes réponses fournies par la grille, nous établissons des constats qui nouspermettent ensuite de proposer des « préconisations ». L'audit permet de mettreen avant certains détails qui, mis bout à bout, constituent un ensemble ayantbeaucoup d'influence sur le confort de visite. Comme un cartel mal placé, peulisible, des collections peu valorisées lorsque certains objets sont cachés pard'autres, une signalétique incohérente,... Tant d'éléments qui nécessitentparfois un regard extérieur pour en prendre conscience.


Des expôts en cachent d'autresCrédits : A.H.

Cesconstats donnent lieu à des préconisations proposant par exemple de réaliser unguide de visite, de revoir la muséographie d'une pièce, de reformuler desinformations sur des outils de communication, de traduire la signalétique enlangue étrangère ou de développer une médiation existante.

A partir de certaines préconisations comme« déplacer un cartel », les structures peuvent agir rapidement tandis qued'autres nécessitent plus de temps pour pouvoir être mises en œuvre. A cesujet, certaines des structures auditées sont actuellement en pleine refonte deleur muséographie : une bonne occasion de mettre en application lesrecommandations soulevées par l'audit qui est un moyen efficace d'apporter unregard neuf ou de conforter des intuitions.

L'intérêt du réseau?


Intervention des MEM au colloque
Crédits : B. P.

L'utilisation de ce même outil qu'estl'audit dans 5 structures différentes a été possible grâce à la mise en réseau.Un des nombreux avantages qu'ont ces structures à s'inscrire dans un réseau estl'utilisation d'outils communs tels que l'audit et l'apport de savoir-faire desdifférents membres qui sont accompagnés par Proscitec. Cet intérêt, nousavons eu la chance de pouvoir en témoigner lors du colloque « Une muséologie alternative? Nouveaux réseaux pour undéveloppement durable des musées de territoire » tenu au HopMuseumdePoperinge les 21 et 22 mars dernier.

A cette occasion, nous tenons à remercier chaleureusement Monsieur Michel Taeckens du réseau Proscitec pour nous avoir fait confiance et nous avoir permis de réaliser cette expérience professionnalisante, le personnel composant les cinq structures auditées, le Musée du Houblon-HopMuseum pour la qualité de son accueil durant cette rencontre, Célia Fleury qui a contribué à mettre en place cette journée et nous a accompagnées dans la phase de diagnostic, et Serge Chaumier, notre responsable de formation grâce à qui nous avons pu saisir cette opportunité.

Anne Hauguel

#AUDIT

#PROSCITEC

#MUSEES

#RESEAUX

L'EAU TEXTILE : une scénographie à plusieurs mains

Dans le cadre du projet tuteuréArtextiles qui nous permet d'élaborer une exposition à la Manufacture, musée dela mémoire et de la création textile à Roubaix en 2017, mes collègues et moi, nousavons la chance de collaborer avec des étudiants en design d'espace de l'ESAAT.Il s'agit de l'Ecole Supérieure des Arts Appliqués et du Textile, située àRoubaix. C'est une école de création artistique publique qui fait partie dessept grandes écoles d'arts appliquées de France appartenant à l'EducationNationale. Cette école a pour vocation de former à la création et àl'innovation dans de multiples milieux professionnels (design, decommunication, mode, environnement, espace, produits). Un des objectifs de cetteécole est notamment de participer à des projets divers qui permettent de mettreen application le savoir-faire des étudiants. L'exposition que nous concevonssur la thématique "Eau et textile" fait partie de ces projets. Surune idée du master, nous avons pu travailler avec des étudiants en premièreannée de BTS en Design d'Espace sur les concepts  scénographiques. 

Ce partenariat a débuté dès fin2015 par la rencontre de deux enseignants, François Decottignies et JulieDaugenet, qui nous ont permis de créer un véritable lien entre le projet etleur formation en organisant des rencontres régulières. Les premières uniquementavec les enseignants ont permis d’exposer le choix de la thématique "Eauet textile", la présentation des premières inspirations artistiques, l'explicationdes séquences et de l'atmosphère voulue dans chacune d'elle. Par la suite, les enseignantsont rédigé un sujet  pour leursétudiants, ou, disons, traduit notre scénario en un cahier des charges. 

En second lieu, après le travaildes étudiants en ateliers de 3, nous avons participé  aux temps fortsde ce partenariat à savoir les oraux de présentation des esquisses puis desprojets développés pour chaque séquence. Au final, huit propositions descénographie aussi différentes qu'audacieuses nous ont été proposées : desstructures en bois qui animent la salle des machines de la Manufacture, desvagues de textiles qui envahissent les espaces d'exposition, des parcoursimmersifs et oppressants ou offrant des respirations.... Nous découvrons, enmême temps que les projets, de nouvelles façons de considérer l'espace de laManufacture, musée à l'identité pourtant si présente. Des questions techniquesde matière, de lumière sont abordées et la prise en compte des personnes àmobilité réduite, des unités de passage ou des précautions de sécurité pourchaque projet nous étonne. Lors des présentations finales cette fois le développement de leur idée, nous avonssaisi autant les changements dans leurs esquisses et un approfondissement ducontenu ou de la technique pour proposer des solutions réalisables etpertinentes par rapport au projet.

Vous pouvez découvrir à traversces photographies, quelques aperçus des projets: 

Exposer notre projet, en discuteret voir les étudiants se l'approprier nous a permis d'avoir un regard critique.Cela concrétise la mise en espace de notre propos tout en mettant en exergue quelquesincohérences dans certaines séquences. Notre discours a eu un impact fort dansles réalisations étudiantes mais il en ressort une grande créativité. Cela nenous donne que davantage envie de concevoir une scénographie à l'image despropositions des étudiants et de poursuivre le partenariat jusqu'à saréalisation physique ! Nous espérons ainsi que certains des étudiants pourrontnous accompagner pendant le montage pour mettre en application leur travail.

Les enjeux de cette collaborationsont donc multiples. Notre exposition propose un discours spécifique, divisé enplusieurs séquences tout en formant un parcours clair et fluide. Afin de mettreen valeur ces aspects, une mise en espace s'impose. Et, pour approcher l'espacedans ses dimensions techniques et esthétiques, s'associer avec l'ESAAT nous apermis de concrétiser notre envie d'avoir des projets de scénographie et depermettre à des étudiants une application concrète de leurs travaux.

Le fait de travailler ensemblepermet d'enrichir la réflexion des étudiants et leurs réalisations et nouspermettent d'affiner notre parcours et le contenu de nos séquences. Pour notreexposition "Eau et Textile", nous travaillons à la manière demuséographes faisant appel à des scénographes. C'est aussi, à l'échelleétudiante, se confronter aux partenariats et apprendre à le confier à d'autrescorps de métiers.

Cela souligne enfin l'idée qu'unmaster ne doit pas être fermé sur lui-même. Il doit permettre les échanges avecd'autres étudiants, de filières différentes et aux considérations singulières. Travaillerdans un esprit collectif, croiser les regards à travers plusieurs disciplinesest cohérent avec notre démarche. Cela permet un dynamisme inter-formations, un souffle de modernité !  C'est pourquoi nous souhaitons gardercet esprit de partage tout au long du projet. Nous avons ainsi lancé notreappel à création récemment, n'hésitez pas à le diffuser auprès des artistes quevous connaissez ou toute personne intéressée par le projet ! 

Plus d'informations sur la pageFacebook de l'Art de Muser : https://www.facebook.com/Lart-de-muser-Association-du-Master-Expo-Mus%C3%A9ographie-325462064147699/?fref=ts

L'équipe Artextiles remerciechaleureusement Julie Daugenet et François Decottignies pour leur accueil etleur confiance ainsi que tous les étudiants ayant travaillé sur le projet. 

T. Rin

Pour aller plus loin : 

http://www.esaat-roubaix.com/

La présentation du projet Artextiles : http://formation-exposition-musee.fr/index.php?page=p&p=22

#projetexpo

#partenariats

#ESAAT

#Manufacture

L'odyssée Museomix : une quête vers l'innovation !

Le week-end du 19, 20, 21 octobre 2012 a eu lieu la seconde édition de Museomix, au musée Gallo-Romain de Lyon-Fourvière. Nous avons eu lachance, dans le cadre de notre projet de master, de participer à cetteexpérience innovante.


©Quentin Chevrier

Pendant trois jours Museomix a investi leslieux, sélectionnés par les organisateurs suite à sa candidature. Cet évènementinvite des professionnels et amateurs du monde culturel, artistique ettechnologique à repenser le musée et les méthodes de médiations par le biaisdes nouvelles technologies. A chaque équipe de projet de concevoir unprototype. Cette édition a été améliorée sur plusieurs points : une participationactive en ligne des internautes et une semaine de présentation des créations aupublic suivant le dimanche d’ouverture.

Dès leur arrivée,les museomixeurs ont suivi une visite guidée afin de découvrir les différentsespaces de remixage. Chacune des dix équipes s’est formée autour d’un thème,constituée au minimum: deux créatifs, un community manager, un développeur, unepersonne chargée du contenu et un médiateur.

Agathe Gadenne s’est impliquée dans l’équipe qui remixait l’espace du commerceméditerranéen. Après la définition du projet en groupe, la recherche du contenuet du discours, elle s’est appliquée à la conception de scénographie, dugraphisme et au suivi web (réalisation du site et participation en ligne).

« En intégrant une équipe, j’ai découvert intensément le conceptMuseomix. J’ai adoré rencontrer ettravailler avec des personnes de tous horizons. Ma seule déception est due auxproblèmes techniques qui ne nous ont pas permis de finaliser le prototype. »

Elisa Bellancourt a participé au développement de la médiation à travers laconception de la trame et du parcours des visites. Elle a collaboré àl’écriture de l’introduction de l’évènement et à la mise en place desinstallations de médiation. Elle a également créé un outil de médiation répondantau nom de Cléo 3000, un robot venu de 3012 expliquant la volonté de Museomix.

«J’ai eu la chance de travailler avec des professionnels créatifs et motivants.Ce qui m’a amusé c’est d’enregistrer l’introduction et le discours de Cléo, etde savoir que ma voix résonne encore dans les lieux. »


©Quentin Chevrier

Camille Françoise s’est associée au pôle médiation en réalisant des visites guidées etune partie de la signalétique du musée. Ses missions ont surtout été d’ordreorganisationnelle en participant à l’écriture de l’introduction de l’évènement,à l’installation des outils de médiation et à la diffusion de la communication (badges invités, invitations pour l’ouverture, dossiers de presse).

«C’était une superbe expérience ! Quoi de plus agréable que de voir le muséerevivre ? Je suis très heureuse d’avoir pu y participer et y être utile. J’airencontré des gens très imaginatifs et sympathiques. Malheureusement c’étaittrop court ! »

Margaux Geib a, quant à elle, travaillé dans les pôles Tech-shop et Fab-lab, dédiés auxprêts du matériel technologique et au graphisme. Elle a aidé à la conception duprogramme visiteur et du plan des installations dans le musée.

« Ca a été pour moi une expérience unique qui m’a permis de me réaliser et dem’inscrire au sein d’une équipe d’organisation. Je résumerai ces trois jours enquelques mots : partage, générosité, envie. »

Au terme decette aventure originale, nous nous sommes enrichies. Notre envie de créer unmusée vivant est encore plus forte, tout comme notre volonté de nous investirdans la réalisation de notre projet de master.

Agathe Gadenne, Camille Françoise, Elisa Bellancourt, Margaux Geib

Pour plus d’informations :Museomix - Site officiel

Photos de Museomix - Toutes les éditions

Vidéos des 3 jours :Jour 1Jour 2Jour 3

La bière exposée

La bière. Ce liquide aux teintes chaleureuses, au parfum enivrant, à la douce âpreté, aux reflets flous et aux calories infinies. A dire vrai, outre d’irréductibles frileux, elle semble mettre tout le monde d’accord.

© E. L.

« Il n’y a pas que la bière dans la vie, mais elle améliore tout le reste … »

Stephen Morris

La bière. Ce liquide aux teintes chaleureuses, au parfum enivrant, à la douce âpreté, aux reflets flous et aux calories infinies. A dire vrai, outre d’irréductibles frileux, elle semble mettre tout le monde d’accord. Cette boisson ancestrale qu’on dit créée par Dieu comme témoignage de son amour pour l’Homme a fait ses preuves depuis bien longtemps. Comment, à son évocation, ne pas se rappeler une soirée trop arrosée, une rencontre fortuite dans un bar, un artefact ponctuant les retrouvailles amicales voire, pour les plus chanceux, un rafraichissement apprécié à la cantine … ? Ne laissant personne indifférent, son omniprésence traduit son appréciation commune. Dès lors, comment pourrait-elle échapper aux musées ? Si certains l’exposent, l’exercice n’en est pas plus évident du simple fait qu’elle semble familière et proche. 

© E. L.

Des angles d’approches fréquents

« Les soûlards, au cabaret, ils causent, s'écoutent, 

décapsulent des bières et des pensées. »

Gaël Faye, dans Petit Pays

En effet, le thème même sollicite les souvenirs d’expériences propres, ramène à des moments inédits, partagés ou solitaires, rappelle des réflexions animées ou divagantes. Cela, notamment, en fait naturellement un support privilégié pour l’ethnographie, l’anthropologie ou le traitement du patrimoine immatériel à travers sa consommation. Si dans l’événementiel autour de la bière se succèdent, aussi banalement qu’efficacement, maintes brasseries et dégustations, le musée a lui aussi du mal à s’extirper d’angles d’approches déjà exploités. Mais la bière et son utilisation, englobant mille et une problématiques et autant de secteurs –ivresse, religion, genre, écologie, économie, cosmétique, …-, se voient généralement réduites au prisme de son histoire et fabrication. A travers lui, une distance s’installe entre le public et ce breuvage qui semble finalement plein de mystère. Ce n’est pas pour refroidir les amateurs qui se montrent alors avides de connaissances et souhaitent les compléter ou parfaire leurs expériences prochaines. Aussi, ce regard sur son évolution et sa mise en œuvre peut être adjoint de découvertes savoureuses en début ou fin de visite, le public étant amené à apprécier l’infime partie d’un panel de bières que l’on sait bien plus nombreuses.

Visitons donc trois musées de la bière.

© E. L.

Un musée européen de la Bière, le Musée de Stenay

« La plus grande invention de l'histoire de l'humanité est sans aucun doute la bière.

Oh, je vous accorde que la roue est elle aussi une belle invention,

mais elle n'accompagne pas aussi bien une pizza. »

Dave Barry

Il est intéressant de constater que le Musée européen de la Bière qu’est le musée de Stenay, créé en 1986, propose lui aussi une approche historique, qu’il s’agisse de présenter la fabrication de la bière ou sa communication publicitaire, permettant cependant d’aborder les thématiques de la convivialité, de la femme, des approches sociologiques …, et ce au prix de 5€ par personne. Si cet angle d’attaque est aujourd’hui très répandu, il s’agit peut-être du musée le plus légitime à l’aborder. Cela découle en partie du fait que l’initiative de sa création vient d’un regroupement d’archéologues stenaysien au nom explicite : le « Groupement Archéologique ». Sont alors présentés, au rez-de-chaussée, le bâtiment et son investigation en tant que musée de la bière. A l’étage, l’exposition débute par un rapide et sensoriel parcours sur ses ingrédients et leur place dans le processus de fabrication. Pour le reste sont présentés ses différentes techniques et matériaux ainsi que leur évolution au cours du temps. Le tout aboutit, en fin de visite, à une exposition temporaire voire une dégustation à la Taverne associée au musée. D’importants et pertinents dispositifs de médiation sont mis en place, témoignage d’une véritable démarche non-négligeable. Le musée s’adresse de manière privilégiée aux scolaires de tous âges en leur proposant des ateliers ludiques sur les constituants tels que les épices, ou encore des ateliers autour de la prévention. Il est à noter que la visite guidée, optionnelle, est un véritable avantage et permet de mieux appréhender les discours du circuit muséal tout en les agrémentant d’informations supplémentaires.

© E. L.

Bière qui mousse amasse foule

« La fermentation et la civilisation sont inséparables. »

John Ciardi

Evidemment, de son côté la Belgique peut se targuer d’avoir à son compte de multiples Biermuseums. Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion d’entendre un belge s’exclamer fièrement « Ah ça, en matière de bière et de chocolat, on a un bel assortiment ! ». Bière et chocolat, un duo à la mode dans les dégustations. Il devient nécessaire de mettre en exergue cette spécificité aux multiples expressions. Malgré tout, l’engouement naturel pour ce breuvage peut-il amener à survoler avec une certaine facilité ? Le Belgian Beer Musuem de Bruxelles peut laisser perplexe. Idéalement situé au bord de la Grande Place, dans un quartier éminemment touristique, il propose un espace très réduit au-delà d’une belle devanture. Celui-ci se divise principalement en deux parties. La première sert d’espace de dégustation dans lequel règne en maître l’association de brasseurs. La seconde est un espace d’exposition où sont succinctement abordées les questions de fabrication (par le biais de suspensions murales explicatives) et d’histoire et distinctions de bières (par le biais d’une projection filmographique au support écrit en trois langues, dans des tailles de caractère et couleurs différentes pour chaque mot, rendant la lecture périlleuse). L’entrée comprend la dégustation finale de la bière du musée à table, dont les propriétaires ont d’ailleurs du mal à parler, si ce n’est préciser qu’elle est blonde. L’exposition devient-elle prétexte, sachant que « bière qui mousse amasse foule » ? Qu’en est-il du but non-lucratif des musées ? Si certains se contentent de cette présentation au coût de 5€ (même prix d’entrée que celui du musée de la bière de Stenay …) en profitant pleinement de leur séjour bruxellois, la majorité du public se sent lésée et en garde un goût amer venant accentuer celui du rafraîchissement.

© E. L.

Une vision plus polymorphe

« La philosophie et la bière c'est la même chose. 

Consommées, elles modifient toutes les perceptions que nous avons du monde. »

Dominique-Joël Beaupré

Certains musées, comme le Biermuseum de Bruges, s’écartent cependant de ces chemins tous tracés. Profitant lui aussi d’une position géographique avantageuse en plus d’un thème évocateur, il ne néglige cependant pas son contenu. Il est tout-de-même à noter que le lieu, exploitant plusieurs étages, dispose également d’un bar au-dessous des étages d’exposition. Aussi, s’il est possible de visiter le musée avec (15€ l’entrée comprenant 3 « tastings » de 15cl) ou sans forfait dégustation (9€), il n’est cependant pas nécessaire de faire la visite pour accéder à l’espace comptoir. Toujours est-il qu’ici, les séquences de l’exposition permanente sont variées et permettent une vision plus riche. Evidemment, la fabrication et les matériaux sont abordés, mais également la place de la femme, le rapport à la nourriture, les distinctions de productions, ainsi que bien d’autres approches. Le parcours est moins limité au niveau des catégories (bien que l’exhaustivité soit inconcevable) en plus d’être particulièrement ludique. Une tablette à réalité augmentée et son casque sont mis à disposition du visiteur pour l’accompagner dans sa visite. Celui-ci doit fixer des expôts pour que des éléments explicatifs s’affichent sur son écran. Globalement, il peut choisir d’approcher un sujet par le biais de l’image, du son, ou du texte, pouvant même combiner ces trois médias. Vingt petits quizz sont également présents dans le parcours, parfois évidents, parfois plus dissimulés, invitant le public à un véritable jeu basé sur des questions de connaissances incongrues sur le thème de la bière. La densité d’informations, pour une exposition aux intentions d’envergure, a néanmoins tendance à épuiser le visiteur qui peut finir par délaisser son support multimédia et perdre le reste des contenus. 

© E. L.

« Il n'y a pas de mauvaise bière. Certaines ont simplement meilleur goût que d'autres. » Billy Carter

Les expositions permanentes ne sont pas les seules à s’attarder sur ce sujet. Si elles ont tendances à l’approcher bien souvent de la même manière, les expositions temporaires, elles, peuvent prendre de la distance vis-à-vis de ces carcans. Les lectures nouvelles et innovantes y trouvent peut-être plus facilement leurs places. L’exposition temporaire « Bistrot ! De Baudelaire à Picasso », de la Cité du Vin à Bordeaux, présente des œuvres artistiques plutôt que des expôts ethnographiques pour traiter les boissons à travers leurs dimensions sociales, sociétales, anthropologiques, … A quand une exposition sur la bière qui assume ces croisements ? Le renouvellement initié de regard n’en est encore qu’à ses débuts, et il est à espérer d’autres investigations à l’avenir. Comme celles que va proposer une programmation autour de de la bière réalisée en partenariat entre le Master MEM et le musée de la Chartreuse de Douai par exemple … 

Emeline Larroudé

#Bière

#Patrimoineimmatériel

#Belgique

#MuséedelaChartreuse

Les projets d'exposition 2013-2015

La science fuse !

« Nous sommes d’un temps où tout arrive, on a presque le droit de dire où tout estarrivé. Si notre récit n’est point vraisemblable aujourd’hui, il peut l’êtredemain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l’avenir, etpersonne ne s’aviserait de le mettre au rang des légendes. » 

Le Château des Carpathes, Jules Verne,1892

À l'occasion des 150 ans du roman de Jules Verne De la Terre à la Lune, le Palais de l'Univers et des Sciences deCappelle-la-Grande prépare une exposition temporaire pour septembre 2015.

Dans ce roman, Michel Ardan et ses compagnons décident de voyager dans un projectilegéant pour atteindre le sol lunaire. Ce projet fou répond au désir des hommesde s'aventurer sur des terres inconnues, un désir qui ne s'érode pas avec letemps puis-qu’aujourd’hui encore il nous anime. L’œuvre de Jules Verne faisaitrêver et fait toujours rêver parce qu'elle est toujours d'actualité. Au XIXesiècle, Jules Verne imagine l'Homme capable de poser le pied sur la Lune, uneutopie qui devient réalité le 21 juillet 1969.

À l'aube de ce troisième millénaire, on ne regarde plus tant vers la Lune etl'infinité de l'espace que vers de nouveaux territoires à explorer.L'infiniment petit des nanotechnologies ou la robotique s'attachent àrévolutionner notre quotidien et améliorer notre santé. De plus, les progrès dela médecine sont tels que d'ici 2025 des cellules artificielles pourraientrégénérer le corps humain et remplacer des tissus ou organes défaillants.

Les utopies scientifiques ont toujours nourri l'imaginaire des hommes quelles quesoient les époques. Les années passent, la science avance et les utopieschangent : certaines se transforment par les avancées scientifiques, d'autresapparaissent, d'autres disparaissent.

Bien que Jules Verne soit considéré comme un visionnaire, certaines utopiesactuelles ne pouvaient être imaginées à son époque. S’il vivait aujourd'hui,quelles inventions feraient partie de son œuvre ? Quelle serait sa vision surles nouvelles utopies?

Le but de cette exposition est deplonger le visiteur dans ce monde d'utopies et de le faire rêver en luidévoilant les projets fantastiques que la science permet d'imaginer pour lefutur. Le projet s’inscrit dans un environnement dynamique, riche eninstitutions culturelles et scientifiques soutenues et valorisées grâce aulabel de “capitale régionale de la culture 2013” de Dunkerque. À travers unparcours transdisciplinaire, interactif et riche en manipulations, ladécouverte des sciences se veut ludique. Il vise en particulier à sensibiliserun public adolescent, réceptif aux inventions et expériences nouvelles. Lesenseignants pourront aussi trouver dans les nombreux thèmes abordés l’occasiond’allier le programme scolaire aux expérimentations scientifiques.

Capucine Cardot, Cyrielle Danse, Beatrice Piazzi,Thi-My Truong, Pauline Wittmann

LE TRAVAIL EN CORPS, ENCORE...

"Le travail s’inscrit dans la chair même qu’il a modifiée, y laissant des stigmatesindélébiles."[1]

N. Thiéry

Fruit durapprochement amorcé dès 2012 entre l'Hippodrome de Douai et le Théâtred'Arras, le TANDEM scène nationale Arras-Douai, explore lacréation contemporaine, proposant spectacles théâtraux et chorégraphiques,formes pluridisciplinaires, arts du cirque, concerts et rencontres tout au longde cette nouvelle saison 2013-14, encore plus accessible grâce au siteinternet, à la plaquette de présentation et au journal bimestriel communs.

Lieu defabrique artistique, le TANDEM Arras-Douai soutient les projetsd'artistes, notamment ceux du Nord-Pas-de-Calais par des résidences, descoproductions en instaurant des rendez-vous « hors les murs » sur unterritoire élargi à une quinzaine de communes en partenariatavec des élus et des responsables associatifs et éducatifs.

Encommanditant une exposition sur le thème du travail, le TANDEM poursuitle questionnement déjà amorcé dans sa programmation actuelle sur la société, lepolitique, la liberté, l'amour et la mémoire, en particulier dans lesspectacles RequieMachine, Contractions et Love and Money proposés lors de la saison 2013-2014. Au cours dupremier trimestre de l’année 2015, les deux théâtres accueilleront l’exposition« Le travail en corps, encore… » présentée en deux actes consécutifs: l’acte I à Douai puis l’acte II à Arras. La programmation de la future saison2014-2015 entrera également en résonance avec cette exposition.

À travers les témoignages d'employés, d'ouvriers, decadres ou d'intermittents et à la croisée des regards d'experts, descientifiques, de chercheurs ou d'artistes, l'exposition questionne le rapportactuel du corps de l'individu au travail via les gestes, les postures etles attitudes. Par le biais de différentes formes allant de l'œuvre d'art autémoignage, elle met en lumière les effets du travail sur le corps en rappelantà quel point celui-ci est en permanence sollicité. En effet,  le travail s'incarne dans notre corps tantdans ses dimensions physiques que psychiques, révélant sa fonction identitaire.

L’exposition se découpe en quatre séquences,réparties équitablement dans les deux lieux. Chacune de ces séquences évoquedifférentes visions de l’incarnation du travail dans le corps. L’acte Irassemble le corps-outil et le corps intelligent, quant à l’acte II, ilréunit les deux autres parties, qui sont le corpséprouvé et le corps transposé. Cedécoupage permet d’avoir une vision transversale du travail dans des secteursdifférents et vu à travers divers regards, tout en étant assez précis pourfaire ressortir un argument particulier par rapport au corps.

Enfin, en vue de s'inscrire danscette dynamique de rapprochement des deux lieux, l'exposition s'adresse auxpublics fréquentant régulièrement les deux scènes, mais vise également unpublic étudiant afin de développer la connaissance et la fréquentation de cesdeux structures associées.

Sabrina,Marine, Anne, Marie et Cécile

[1] Natacha Thiéry, « Parler, filmer,travailler. La voix, le regard et la main dans les Portraits de Alain Cavalier», Dire le travail. Fiction ettémoignage depuis 1980, dir. Stéphane Bikialo et Jean-Paul Engelibert, LaLicorne, Presses Universitaires de Rennes, février 2013, pp. 115-129, p. 117. 

Dispositifs de médiation pour penser ladiversité 

Chaque individu est unique. Personne ne possède le même patrimoine génétique, la mêmevie ou le même environnement culturel. Nos différences peuvent entraînerl'incompréhension, la peur et le rejet de l'Autre. L'être humain a souventtendance à définir autrui sur la base d'un critère unique : la femme estfaible, l'arabe est voleur,  le blancsent le cadavre, le noir court vite....

Ces stéréotypes naissent au cœur denotre quotidien, d'un réseau d'habitudes, de pensées, de gestes qu'il estnécessaire d'interroger. Ne serait-ce pas ce quotidien et ces préjugés que nousdevrions regarder autrement, en faisant un pas de coté, pour mieux lesredécouvrir et renouveler notre regard ? Comment interroger les stéréotypes quisont ancrés dans nos sociétés ?

La Fondation Lilian Thuram – Éducationcontre le racisme, créée en 2008, a pour principal objectif de promouvoir la diversité etde lutter contre toute forme de discrimination. Pour cela, elle crée et soutient desprojets de sensibilisation notamment à destination du jeune public. Souhaitant pérenniser son action, laFondation s'allie pour dix années avec LesPetits Débrouillards. Cette association,née au Québec il y a vingt-cinq ans, vise à vulgariser les savoirsscientifiques auprès des publics. De ce partenariat naîtra une expositionitinérante qui circulera en France et en Suisse courant 2015. Cette expositionproposera des supports multiples de médiation en faveur de la diversité et del'éducation à l'altérité.

A partir d'un état des lieux des connaissances scientifiques, il s'agit deconcevoir et de réaliser des dispositifs de médiation. Ces outils s'adresserontà tout type de public en quatre langues (italien, allemand, français etanglais) et devront rester pertinents pendant dix ans. Développer Le vivre ensemble est au cœur de ceprojet. Le but de ces dispositifs est de favoriser la connaissancescientifique, la rencontre et l'échange entre les visiteurs au sein d'uneambiance conviviale, ludique et décomplexée.

Nos dispositifs pédagogiques serontconçus en prenant appui sur les connaissances scientifiques actuelles. Le butde nos dispositifs sera de faire prendre conscience de l’impact des stéréotypessur notre rapport au monde. Nous privilégierions trois publics cibles : les8-10 ans, les 10-12 ans et les 12-14 ans. Ces âges correspondent à des étapescharnières dans la sociabilisation des individus. La perception de l’Autren’étant pas encore complètement figée, nos dispositifs auront un plus grandimpact sur ces publics cibles. L'expérience sensorielle sera activée par desoutils pédagogiques plaçant le corps au centre d'une redéfinition de lui-même :mon corps est mien peut devenir mon corps est autre. Parce que l'humain n'estpas un être figé, dans le temps, l'espace et la société, prendre conscience del'infinie plasticité des représentations semble un point d'entrée pertinent àl'émergence d'une conscience ouverte et bienveillante à la différence.

Projet vivresemble : Lilia, Ludivine,Ophélie, Astrid

Les projets de mise en exposition 2012-2014

Coordonner Museomixau Louvre-Lens, penser une exposition sur la grande guerre (1918 : Reconstruire !),expliquer l’éco-gestion des eaux à la Ferme des Aigrettes, ou encoreproposer un pré-programme pour un site virtuel autour des repas comme facteurde lien social au cours du vingtième siècle à Tourcoing...

Ces projets, en cours deréalisation, prendront enfin vie dans quelques mois mais avant cela ; voici unavant propos de deux d'entre eux.

1918 : Reconstruire!

« Et puis, honneur à nos grands morts, qui nous ontfait cette victoire. Par eux, nous pouvons dire qu'avant tout armistice, laFrance a été libérée par la puissance des armes. […] Quant aux vivants, versqui, dès ce jour, nous tendons la main et que nous accueillerons, quand ilspasseront sur nos boulevards, en route vers l'Arc de Triomphe, qu'ils soientsalués d'avance ! Nous les attendons pour la grande œuvre de reconstructionsociale. »

Georges Clemenceau, le 11 novembre 1918 à l’Assemblée Nationale

À l'approche duCentenaire de la Grande Guerre, la mairie de Harnes a commandité une expositionpour le musée d'Histoire et d'Archéologie. Afin de fédérer et de s'inscrire dansle réseau des événements, le thème de la reconstruction a été sélectionné parla mairie et l’association « Les Amis du Vieil Harnes ». Il s'agitd'explorer la Reconstruction qui s'étend de 1918 à 1928 plutôt qu'un aspect dela guerre, dans une visée plus positive sans pour autant occulter lesatrocités. À travers des documents, affiches, cartes postales ou encore desobjets de la vie courante, l'exposition dévoilera les moyens mis en œuvre parles citoyens pour reconstruire. On ne se rend pas toujours compte du rôle qu'apu avoir la Première Guerre Mondiale dans la construction de la vie moderne etles traces qu'elle a pu laisser dans notre quotidien. C'est le propos de cetteexposition.

Les particularités decette zone, si proche du conflit, sont à la fois exceptionnelles mais aussireprésentatives des étapes chronologiques nécessaires à toutes lesmunicipalités ayant subit des dommages dus à ce conflit. Dans un dernier volet,il nous paraît important de rappeler comment on a voulu, dès la fin de la guerre,incarner cette « Der des Ders » par les monuments et institutions misen place dans ce but. L'exposition s'achève sur les fêtes du succès de lareconstruction et les célébrations de la victoire.

Le Centenaire estl'occasion de célébrer la réouverture du musée de Harnes qui est lui aussi enreconstruction. Cette exposition sera à la fois un moyen pour le muséed'accueillir de nouveau le public scolaire mais aussi de s'ouvrir à uneaudience plus large sur la communauté d'agglomération Lens-Liévin.

Groupe Harnes : Daniel Bonifacio, Émilie Etienne, CoralieGalmiche

Àla découvertedes Wateringues !

La Ferme des Aigrettesest une ancienne ferme flamande rachetée par la mairie de Marck, pour latransformer en un lieu dynamique, pédagogique, de rencontres et d’échanges.Dans ce corps de bâtiment, la Maison de la Nature et de l'Environnement gèreplusieurs structures réunies autour d'une volonté commune : sensibiliser à lafragilité de l'environnement et participer à sa protection. Parmi ces différentesstructures, l’une d’entre elles sera dédiée aux expositions temporaires.L’exposition sur les Wateringues sera présentée au printemps 2014.

Les Wateringuesreprésentent un système particulier de gestion des eaux sur le polder de larégion du Nord-Pas-de-Calais. Celui-ci concerne un territoire compris entreCalais, Saint-Omer et Dunkerque, comprenant une partie du littoral de la Côted’Opale, et dont la majorité des terres se situent en dessous du niveau de lamer.

Cette expositionsensibilise les habitants à la nécessité d’entretenir ce système de gestion deseaux à différents points de vue. Il s’agit d’abord de favoriser l’appropriationet la transmission, car la plupart des habitants du territoire ne semblepas se rendre compte de l’importance d'un tel système. Il est donc nécessaireque la population prenne conscience des risques encourus en cas de destructionou d’abandon de la gestion des Wateringues. L'institut Interdépartemental desWateringues (IIW) ainsi que l'association Éco-Marck nous aident à comprendrerespectivement la gestion à l'échelle régionale et locale de ce système : lesouvrages hydrauliques,  les gestes effectués quotidiennement quiparticipent à son maintien, mais aussi la dépendance aux conditionsmétéorologiques, la gestion des terres et le rôle des agriculteurs.La deuxièmepartie de l'exposition porte sur un discours environnemental : nous pouvonsdécouvrir la faune et la flore qui vivent dans les Wateringues. Elle s’appuiesur les études que mène le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement(CPIE) de Flandre Maritime.

Un point préventif aborde plus spécifiquement les problèmes qui sont traitésdans le programme scolaire des enfants de cycle III (CE2, CM1, CM2, premier publicvisé) : écocitoyenneté, montée du niveau moyen de la mer, réchauffementclimatique et biodiversité. Cette exposition s'adresse également à un publicfamilial.

L'objectif  decette exposition est de faire comprendre aux  publics l'importance d'un changementde comportement face à ce système de gestion des eaux.

Groupe Marck-Nature : Thibault Léonardis, Mélanie Tournaire,Lucie Vallade, Andrea Vazquez

Les projets des MEM

Pendant deux ans, des groupes de 3 à 5 étudiants de master, travaillent à l’élaboration d’un projet d’exposition inédite, lié ou non à une commande. Les cours de méthodologie et de muséographie trouvent ici leur application concrète. Ces projets confrontent aux enjeux essentiels d’une mise en exposition : comment construire un discours et pour quel enjeu ? Comment s’adresser à quel public ? Comment construire un parcours ? Comment préparer un cahier des charges pour un scénographe ?

Le master 1 est dédié à la conception et le master 2 à la réalisation. En fin de cursus, les commanditaires ou partenaires participent au jury de soutenance des étudiants.

LObjectif en coulisses

Photographies de Robert Baronet

En 2011, après avoir photographié les coulisses muséales de son pays natal, l’artiste québécois Robert Baronet est venu capturer la richesse de nos réserves dans le Nord-Pas-de-Calais. Portées par l’enthousiasme participatif des institutions de la région, nous dévoilons aujourd’hui ces trésors cachés au travers d’une exposition riche d’images et de sens.

Le travail de l’artiste repose sur la création d’histoires imaginaires inspirées par les objets rencontrés dans les réserves et les dédales administratifs. Ce voyage au sein d’un univers fascinant révèle l’œuvre sous un autre jour, dès lors qu’elle est libérée de son statut d’expôt.

Le photographe saisit des instants en suspend où les objets prennent vie.Il définit ses clichés comme des « tableaux photographiques », compositions personnelles mettant en lumière les rencontres fortuites des œuvres avec leur environnement. Les lieux fonctionnels prennent dès lors un nouveau sens, une nouvelle réalité. LObjectif en coulissesentraîne le visiteur dans la poésie des photographies.

Cette exposition s’intègre dans un échange culturel franco-québécois de longue date. Elle propose un dialogue entre le Vieux Continent et la Belle Province et s’intéresse à leur patrimoine respectif et commun. LObjectif en coulissessera ensuite présenté au Québec à l’horizon 2013.

Crédit : Robert Baronet 

Une vie artistique insoupçonnée : les manuscrits médiévaux de l’abbaye Saint-Vaast enfin réunis à Arras.

La Bible de Saint-Vaast de la Médiathèque d'Arras est l'un des ouvrages les plus précieux qui aient subsisté des fonds de l’abbaye arrageoise. Écrite et décorée au sein du Scriptorium de Saint-Vaast, elle représente l'un des chefs-d’œuvre de l’art biblique : de l’enluminure à la calligraphie franco-saxonne du VIIIe au XIIe siècle. Dans le cadre de son millénaire, la ville d’Arras se doit de créer l’opportunité exceptionnelle de rassembler les manuscrits qui ont précédé et succédé la confection de cette Bible et dont l’influence a été déterminante à travers l’Europe.

L'exposition intitulée Le patrimoine de Saint-Vaast : d’Arras aux quatre coins du mondeest l'occasion de mettre l'accent sur la pérennité de l'œuvre et la richesse du patrimoine arrageois au-delà des frontières régionales. Les Arrageois découvriront leur patrimoine au sein de l’abbaye Saint-Vaast durant trois mois au cours de l’année 2015. Notre préoccupation étant de toucher un public de tout âge, une présentation ludique et des animations permettront d’aborder l’œuvre avec clarté, notamment avec le système de notation musicale (le neume) initié par Albertus, l’un des moines de l'abbaye de Saint-Vaast qui a également porté l’art de l’enluminure arrageoise à son apogée. D’autres thèmes structureront cette réunion extraordinaire de manuscrits : la vie des moines, les influences et les innovations, la dispersion des manuscrits, l’anonymat des scribes et enlumineurs, la représentation figurative, le symbolisme, la calligraphie et la fabrication du parchemin et des couleurs. 

Les vingt-sept manuscrits de l’abbaye se trouvent aujourd’hui disséminés dans onze institutions françaises et étrangères, de New-York à Prague. Cette exposition est donc un évènement de renommée internationale.

La collaboration avec Denis Escudier, chartiste et chercheur au CNRS en musicologie ou encore avec Diane Reilly, auteure canadienne d’une thèse sur le Scriptorium de Saint-Vaast, garantit la qualité scientifique. À cet égard, la médiathèque, en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France et la DRAC Nord-Pas-de-Calais, réalise un catalogue franco-anglais de l’exposition afin d’aborder ce sujet de façon complète, d’en assurer la pérennité au-delà des frontières et d’assouvir la soif de connaissances des plus passionnés.

Evangéliaire de l'abbaye de Saint-Vaast, fin IXe s. (BM ms 1045)

Appel daiR°, exposition dart contemporain in situ

Dans le cadre du renouvellement du cœur de la ville d’Arras, le projet appel d'aiR° propose un parcours artistique articulant parking extérieur et souterrain de la Grand' Place.

De septembre 2012 à septembre 2013, la municipalité a prévu des travaux de réhabilitation du parking souterrain de la Grand' Place. À l'occasion de sa réouverture et de son inauguration, le projet appel d'aiR° investira les lieux lors du premier week-end d’octobre 2013. Le temps d’une journée, il convie les publics arrageois, passionnés d’art contemporain, enfants comme simples curieux à porter un nouveau regard sur ces espaces fréquentés au quotidien. Événement de démocratisation culturelle, la manifestation sera ouverte à tous et libre d'entrée. Proposé comme outil de dynamisme territorial, le projet a pour volonté d'augmenter la visibilité culturelle d'Arras, au sein d'une programmation d'art contemporain atypique. En lien avec la politique artistique de l'Université d'Artois, appel d'aiR° est porté par les étudiants du master professionnel expo-muséographie de l’Université d'Artois et leur association L’art de muser.

Ces dernières années, les événements artistiques internationaux Park(ing)Day et I Park Art ont investi des parkings publics devenus, pour une journée, lieux de manifestations artistiques afin de sensibiliser un large public à la place de la nature et de l’art dans les espaces urbains. C’est dans une logique commune à ces deux concepts revendicateurs que le projet appel daiR° vient s’inscrire. Cette réappropriation de l’espace public par la réalisation de créations in situ se concentrera sur une thématique choisie, celle de la respiration. Première et indispensable interaction entre le vivant et son milieu, la respiration correspond littéralement à l’ensemble des fonctions qui permettent l’absorption de l’oxygène et le rejet du gaz carbonique chez l’homme, l’animal et les espèces végétales. L'espace urbain semble «dévoyer» aujourd’hui cette fonction primordiale : la ville est emprise de toutes sortes de pollutions sensitives, qu'elles soient visuelles, sonores, auditives ou olfactives. Symbole de ce confinement de l'air et de la concentration des surfaces, le parking souterrain peut être synonyme d’asphyxie. Appel d'aiR° entend apporter un nouveau souffle à Arras et sensibiliser les visiteurs à d'autres formes de respiration dans la ville, les inviter à prendre une bouffée d'air frais et artistique. L'art contemporain amène dans la zone urbaine du parking, rarement considérée comme lieu de vie, une dimension joyeuse et esthétique.

Une zone délimitée du parking présentera les œuvres d’une vingtaine d’artistes émergents et étudiants en écoles d’art de la région Nord-Pas-de-Calais. Détournée de sa principale fonction, elle devient un espace d’expérimentations, de cohésion sociale, un lieu de rencontres et de découvertes artistiques. Enrichie d'une vaste programmation, cette journée mettra en lumière les arts plastiques, performatifs et technologiques. Grâce à des représentations continues, des performeurs feront le lien entre les parkings extérieur et intérieur. C'est dans cette dynamique que les visiteurs seront appelés à suivre cet « appel d'air » accompagnés par des médiateurs. Les deux niveaux offriront la possibilité de découvrir une exposition entre peintures, sculptures, installations, vidéos, compositions sonores… Par ailleurs, cet évènement souhaite interroger la place de l'humain dans son environnement urbain. A cet effet, un laboratoire de bio-art sera présent pour apporter une dimension expérimentale. Le bio-art, tendance avant-gardiste de l'art contemporain, manipule les processus de vie et s'approprie des techniques et des thèmes de réflexion scientifique. Mise en scène créative du vivant, il propose notamment des mutations génétiques qui appellent à la réflexion tout en conservant une dimension fondamentalement esthétique. Les ateliers mis en place renforceront l'approche interactive et éducative de l'événement appel d'aiR °.

La position centrale et historique de la Grand’Place d’Arras offre une avantageuse lisibilité au projet. La sélection de deux espaces, l’un aérien et l’autre souterrain, permet au spectateur une libre déambulation au sein d’une diversité d’ambiances artistiques et d’appropriations des lieux. Appel d'aiR° se veut au service des citoyens, offrant une promenade artistique, source d'une nouvelle effervescence dans la ville. 

le projet a son blog

Crédit appel d'aiR° - Lionel Pepin

Vivre en Camus

Depuis leur construction en 1956 dans la cité Maréchal Leclerc, les habitats Camus font partie des paysages d'Annay-sous-Lens. Aujourd'hui, ces logements prolongeant la route départementale n°17 vont disparaître. Pourtant, ils ont longtemps été à la pointe de l'industrie d'Après-Guerre. Leur procédé de fabrication moderne « en kit », élaboré par Raymond Camus répondait aux besoins de reconstruction rapide et économique après la Seconde Guerre mondiale dans une période où la région avait besoin de loger la main d'œuvre des industries minières. Après la Seconde Guerre mondiale, la région avait à l’image du reste de la France, d’importants besoins de logements, y compris pour la main d'œuvre des industries minières. Dans ce contexte, le procédé de fabrication moderne « en kit », élaboré par Raymond Camus constituait une solution innovante répondant aux exigences de rapidité et d’économie de l’époque. 

Cette « cité Camus » est devenue un symbole de la vie en communauté. Afin de rendre hommage aux Camus, habitats porteurs d'un riche patrimoine matériel et immatériel, Le Pays d'art et d'histoire de Lens-Liévin, en partenariat avec la mairie d'Annay-sous-Lens et avec la Mission Bassin Minier, organise une exposition que les étudiantes ont nommée « Vivre en Camus ». Cette dernière conjugue des éclairages historiques sur les techniques de construction élaborées par l’architecte Raymond Camus avec des témoignages d’habitants.

L'objectif de l'exposition est de renouer des liens avec cet héritage architectural aujourd'hui méconnu, en développant chez les citoyens locaux une conscience patrimoniale. Cette exposition accompagne un projet de réhabilitation d'un logement Camus témoin en gîte touristique qui profitera de l'impact touristique insufflé par l'arrivée du Louvre à Lens et de la perspective de l’inscription du Bassin minier (Nord-Pas de Calais) au Patrimoine mondial de l'UNESCO à partir de 2012. 

Sources : les étudiantes contribuant à ce projet

L’École d’Étaples : la touche étrangère

Ce projet permettra de pallier un problème majeur touchant les collections liées à l’Ecole d’Etaples (1880-1914) qui résulte de l’inaccessibilité de nombreuses œuvres appartenant à des musées étrangers (Australie, Etats-Unis, Angleterre, Pays Scandinaves). En effet, la plupart des protagonistes de cette colonie artistique étant de diverses nationalités, leurs œuvres se trouvent généralement dans les musées de leurs pays respectifs.  À cette fin, la tablette tactile « exposera » de manière interactive des visuels de tableaux. Elle sera un outil multimédia complémentaire à la visite de la collection permanente du futur musée  en favorisant le croisement des regards entre celle-ci et la « collection interactive ». Il s'agit de plus d'une solution économiquement plus avantageuse que les coûts inférés par des demandes de prêts aux institutions étrangères qui sont de plus en plus susceptibles de faire payer ce service.

La mise à disposition de plusieurs parcours thématiques permettra aux visiteurs de personnaliser leur visite ce qui conduira à une meilleure appropriation du contenu. L’interactivité sera d’autant plus grande que sera également proposée une immersion dans l’esprit de l’époque grâce à la reconstitution fictive d’une des expositions mises en place par la communauté artistique entre 1892 et 1914.

Ce support numérique sera élaboré de manière à proposer une navigation libre et donc à satisfaire un large éventail de publics ce qui est une des préoccupations principales dans le souci de démocratisation culturelle : l’aspect interactif et ludique séduira les jeunes publics, le bilinguisme favorisera l’accès aux amateurs anglo-saxons de cette manière, le rayonnement international de cette école sera mieux appréhendé par l’ensemble des visiteurs et notamment par le public de proximité.

En attendant l’ouverture du musée, cette première tablette tactile à l’initiative du département du Pas-de-Calais pourra être placée dans les « expositions de préfiguration ». Son contenu pourra aussi être mis en ligne afin de sensibiliser un cercle plus large de visiteurs potentiels.

Ainsi, cet outil technologique non seulement complétera la visite de la collection permanente mais aura aussi pour but de proposer une expérience inédite dans les musées du Pas-de-Calais.

Sources : les étudiantes contribuant à ce projet

Épilepsie, mythes et préjugés

Une exposition sur nos propres représentations de lépilepsie, entre confrontations et interrogations

L’Épilepsie… Si vous prononcez ce mot au cours d'une conversation, tout le monde semble comprendre. Mais si vous allez un peu plus loin en demandant des précisions, on vous répondra bien souvent : « C’est une maladie… où les gens tombent et tremblent ». Tout le monde croit connaître cette maladie et les formes qu’elle peut prendre et pourtant… Malgré les avancées de la recherche et malgré la généralisation de ce terme à notre époque, comment se fait-il que cette maladie reste si méconnue? Pire même, elle continue de faire peur. Depuis l’antiquité, l'épilepsie n’a cessé d’effrayer les hommes, ils y voyaient des formes de possession diabolique, de folie, d’abandon de l’âme, de « mal » étrange... Ce qu’on ne comprend pas fait peur. On pourrait donc s’attendre à ce que, naturellement, avec les connaissances actuelles de la médecine, cette peur disparaisse, et pourtant…

L’épilepsie est l’une des rares maladies où les préjugés sont plus graves que les symptômes, disait l’épileptologue William Lennox. L'exposition "Epilepsies, mythes et préjugés", amène le visiteur à prendre conscience de ses propres représentations de la maladie à travers sa confrontation avec différents témoignages de l’Histoire et des Arts, de l’Antiquité à nos jours. Elle aborde un thème scientifique sous un regard culturel, sociologique et pluriel afin d'engendrer une réflexion sur nos préjugés.

L’exposition pluridisciplinaire « Épilepsies, mythes et préjugés » ouvrira ses portes en 2013 dans la région Nord-Pas-de-Calais, à la chapelle Saint Pry de la ville de Béthune. En effet, plus de 500 000 personnes sont diagnostiquées épileptiques en France, soit une personne sur 100, et la région, de par sa démographie, est l’une des plus concernées. Ce projet mené dans un cadre universitaire est réalisé en collaboration avec des patients, des professionnels du secteur médical et des associations, afin de sensibiliser le public et de participer à la progression de la compréhension générale et de l’acceptation de cette maladie. L'héritage des témoignages historiques et artistiques prend place aux côtés des questionnements scientifiques, artistiques et tout simplement humains qui ancrent l'épilepsie dans l'actualité. Cette exposition, destinée à un public non initié, cherche à contribuer à la démystification de l'épilepsie. À partir des représentations historiques, d’œuvres représentatives, de productions artistiques, et questionnement scientifiques, ainsi que des œuvres d’artistes contemporains et des témoignages de personnes épileptiques, l'exposition se construira comme un espace dynamique d'expression et de réflexion.

Gageons que cette exposition, destinée à tout public, contribue à la déconstruction de certaines représentations de l'épilepsie.

Sources : les étudiantes contribuant à ce projet

Qui a dit que les technologies n'avaient pas leurs places dans un musée ? Projecteur sur un prototype de médiation muséale !

Les preuves sont là, les visiteurs d'uneexposition prennent plus le temps de lire les textes du début de l'expositionqu'à la fin (cf : Noémie Drouguet et André Gob, Muséologie).

L'équipe Troadeus

© Quentin Chevrier

Comment faire alors lorsque les œuvres ne sont pas toutesfaciles d'accès sans médiation comme au musée gallo-romain de Lyon Fourvière ? Cette questionnous offre deux types de possibilités : un système de médiation avec unguide conférencier (option qui malheureusement reste coûteuse) ou la mise enplace de solutions interactives qui absorbent l'attention des visiteurs pard'autres moyens.

Museomix propose de joindre l'utile à l'agréable! Petitrappel pour ceux qui ne connaissent pas  : il s'agit d'un travailcollaboratif, un brain-storming culturel et scientifique pour créer desnouvelles médiations au sein des musées grâce aux innovations technologiques. C'estdans cette ébullition d'idées qu'est né le projet de l'équipe Troadeus qui« remixe » la célèbre Table Claudienne.

Elle tient son nom de l'Empereur Claude qui prononça undiscours en l'an -48 avant Jésus-Christ dans le but d'intégrer les notables dela Gaule dite Chevelue au sénat romain. Le texte a été retranscrit sur cetteimposante table en bronze en mémoire de la générosité de Claude. Cette œuvre,pièce magistrale est pourtant difficile d'accès. En effet, elle est écrite enlatin ce qui a priori peut sembler rébarbatif pour le visiteur non-latiniste. L'inscriptiongravée est lisible mais incompréhensible si le visiteur n'est pas latiniste etle cartel très long. Autrement dit, cette œuvre malgré son apport évident àl'histoire nécessite un type de médiation spécifique pour le public qui,jusqu'à présent, passait devant sans vraiment la comprendre.


Emile Zola appparissant sur la table claudienne
© Quentin Chevrier

L'équipe Troadeus, composée de sept membres, travaille surun projet commun afin de mettre en valeur cette table avec la mise en placed'un prototype de médiation muséale. Il s'agit d'intégrer le visiteur à uneexpérience immersive en lien avec le discours politique qui, d'une part est lesujet de la table et qui, d'autre part, peut s'affilier avec les discours politiquesd'aujourd'hui.

L'équipe prend le parti de jouer avec la déambulation duspectateur et de créer une interaction entre ce dernier et cette plaque debronze. 

Lorsque le visiteur marche dans le musée, il déambulepour voir les œuvres. La Table Claudienne est placée au bout d'une allée depuislaquelle on perçoit la table depuis une bonne dizaine de mètres. De loin, cetteplaque intrigue et suscite un questionnement. Il approche alors et le prototypeprend le relais pour attirer le visiteur plus près et provoquer un échange. Onentend une voix en latin récitant le texte de Claude et donnant aussi un aspectvivant à cette langue morte. Chaque pas en direction de la table déclenchedessus (grâce à une kinect située sous le discours en bronze) l'apparitiond'une projection d'une figure politique ou historique associée à l'une de cesphrases phares. Martin Luther King se dévoile avec une phrase de son discours« I have a dream » plus il disparaît trois pas plus loin pourlaisser poindre Emile Zola, faisant lui-même référence à son engagementpolitique. Des discours forts sur des thèmes d'intégration, d'altérité issus du19ème et 20ème siècle qui reflètent des problématiques similaires au discoursde Claude.


Explication du projet de la Table Claudienne
© QC

D'un point de vue technologique, le tout fonctionne assezsimplement, la kinect détecte les mouvements et les positions du visiteur. Elleles transmet ensuite à un programme MAX/MSP (ici réalisé par le développeur dugroupe) qui envoie l'ordre au vidéo-projecteur d'envoyer les différentesdiapositives en fonction d'où il se trouve. Il s'agit donc d'un prototype quiutilise une technologie combinée assez simple, mais qui demande toutefois debonnes connaissances en développement informatique. Bien sûr ce prototype neremplace pas la lecture du cartel ou même la présence d'un médiateur mais elleintrigue le visiteur et provoque son arrêt.

Le seul point faible de ce prototype réalisé en 3 jours par l'équipe Troadeusparticipant à Museomix, c'est que le temps ne leur a pas permis de réaliser unsystème capable de gérer un groupe de visiteurs. La kinect détectant tropd'informations à la fois venant de différents endroits. Il était difficile pourle prototype de fonctionner normalement à cause de l'afflux massif de personnesvenant découvrir toutes ces innovations, afflux qui ne correspond pas à lafréquence de visite normale. Cependant, il faut noter qu'avec un brin de tempssupplémentaire, le problème est facile à résoudre.

Ce dispositif devait initialement rester une semaine dans le Musée gallo-romainde Lyon-Fourvière, sera finalement resté près de trois semaines, victime de sonsuccès.

Un grand merci à Franck Weber, artiste sonore et membrede l'équipe Troadeus, qui a fait face à mon ignorance en matière dedéveloppement de programme et qui a pris le temps de répondre à mes questions.

Camille Françoise

Témoignages du bord de mer







Visite du Musée de la Marine





Crédits : Capucine
CARDOT


Le musée des Peintres de la Côte d'Opale : un lieu de
mémoire






Dans le cadre de notre projet tuteuré entre l'Université d'Artois
et le Conseil Général du Pas-de-Calais, nous menons une recherche
sur la mémoire des marins d'Étaples. En 2016, le département
inaugurera un nouveau musée à Étaples, celui des Peintres de la
Côte d'Opale. Ce musée, qui présentera essentiellement des
tableaux, intégrera également dans son parcours une mise en
contexte de cette colonie artistique, en partie établie à Étaples
du début du XIX° siècle jusqu'à la Première Guerre Mondiale. Ces
peintres ont abondamment représenté la vie maritime de la ville,
les bateaux, les pêcheurs, etc. Pour créer un parallèle entre les
sujets évoqués dans les tableaux et la mémoire que les Étaplois
en gardent aujourd'hui, nous avons récolté des témoignages de
marins et de leurs femmes.

















Hâtifs préparatifs







Durant plusieurs semaines, nous avons enchaîné coups de fil sur
coups de fil afin de prendre rendez-vous avec les habitants
d’Étaples. Les allers-retours entre les pages jaunes et l’agenda
furent fréquents. Nous avons même passé une journée sur le
terrain en décembre pour préparer les quatre journées d’entrevues
qui eurent lieu fin janvier. Nous nous sommes également occupées de
l'hébergement sur place, du matériel à emporter pour ne pas en
perdre une miette : appareils photos et dictaphones.











Le master débarque à Étaples







Après toute cette mise en place de la semaine, nous voilà parties
sur les routes sinueuses en direction d’Étaples. Nous ne sommes
pas seules, toute la promotion des premières années nous
accompagne. Dix-sept filles débarquent donc à Étaples – cité
de pécheurs
comme nous l’indique un panneau à l’entrée de
la ville. Durant toute la semaine, elles nous ont été un support et
une aide pour la réalisation des entretiens et leur retranscription.
Au total, nous avons interrogé une
vingtaine de personnes d’Étaples
avec leur aide. Nous avons aussi organisé des visites tout au long
de la semaine, après une petite balade sur le port de plaisance nous
sommes allées visiter le Musée de la Marine pour voir une mise en
contexte et acquérir le vocabulaire du marin : le chalut,
le cabrouet, les bateaux à clin sans oublier la
coutume du partage ! La visite du dernier atelier de
construction de bateaux en bois d’Étaples est venue comme une
belle conclusion à cette semaine d’immersion.













Toute l'équipe se réunit autour d'un verre

pour fêter la fin de cette semaine





Crédits : Capucine CARDOT














Des rencontres pleines d’humanité







Ces rencontres ont été très riches. Certaines personnes se sont
confiées à nous et nous ont fait partager une partie de leur vie.
Parfois même elles nous ont laissé en prêt pour quelques jours les
albums de famille et des photos prises à bord des bateaux. Souvent,
nous avons partagé des moments forts, des souvenirs d'une vie de
marin, pas facile... Nous garderons ces bribes de vie au-delà du
cadre de notre projet. 




La suite avec impatience







Après la retranscription des entretiens, une importante étape
d'analyse nous attend. Celle-ci nous permettra d'émettre des
propositions d'intégration des témoignages dans le parcours du
futur musée. À suivre donc !



















Dans le dernier chantier naval repose le Charles de Foucault





Crédits : Léa PECCOT


Un grand merci...

Pour finir, nous tenons à remercier chaleureusement toutes les
personnes qui nous ont accordé un peu de leur temps pour nous
rencontrer. À ce titre, nous souhaitons remercier particulièrement
Georges BOUCHART, Président des Amis du Musée de la Marine, Jérôme
RAMET, du chantier de construction navale traditionnelle, ainsi que
Marie-France TETU, pour leur aide et leur disponibilité, avant et
pendant notre semaine à Étaples.


















Léa PECCOT







Diane WESTPHAL





















#projet
tuteuré






#étaples






#marins







#témoignages




















Une semaine au Québec

Lors de notre projet d'étude, qui étaitd'organiser Museomix au Louvre-Lens en novembre 2013 - nous avons été amenéesà diverses rencontres. Tout d'abord en participant à l'édition 2012 au musée gallo-romainde Lyon Fourvière, et grâce à l'accord France-Canada, à nous rendre au Québecpour une évaluation commune de l'événement Museomix 2013.


Québec
Crédits : Margaux Geib L.

Le 14 février dernier, l'équipe a ainsidécollé vers de nouvelles contrées nord-américaines pour une semaine au Québec!

Après 7 heures de vol et une arrivéesous 35cm de neige, nous voici dans la magnifique ville de Montréal. La semaines'est vite organisée selon les différentes présentations du projet prévues etselon les rencontres sur sites, dans divers musées.

Samedi, après un brunch dans le fameuxquartier de St Viateur, suivi de la visite au musée d'histoire McCord pour unpetit groupe et du site de la Biosphère pour l’autre. Nous nous sommesretrouvés au musée de Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoirede Montréal, pour une rencontre avec le muséographe de l'exposition permanenteet du projet d'agrandissement du musée, Raymond Montpetit. 

Le dimanche nous avons visité le muséedes Beaux-arts de Montréal, et notamment son exposition « La BD s'expose au musée »,qui invite des bédéistes à choisir une œuvre(ou plus) du musée afin de réaliser une planche pour l'exposition. Puis départen bus pour la mythique ville de Québec.


Exposition "La BD s'expose au musée"
Crédits : Margaux Geib L.

Lundi et mardi, rendez-vous au musée dela Civilisation pour échanger avec l'équipe de Museomix Québec et pour mener àbien notre mission d’évaluation. Nous avons ainsi réalisé un bilan desdeux  événements, pour mettre en avantles points forts et les points faibles mais aussi soumettre des améliorationsou changements pour les prochaines éditions. Nous avons profité de cetterencontre pour visiter le musée et de ses très belles expositions (« C'est notre histoire», « Jeux vidéos », « Haïti in extremis ») ; mais aussi aller à la découverte de laville et même faire un tour de patinoire …


Musée de la civilisation, réunion Museomix et visite du musée (Exposition "Haïti, in extremis")
Crédits : Margaux Geib L.

Mercredi, retour à Montréal pour uneprésentation de Museomix à l'UQAM (Université du Québec à Montréal), devant lesétudiants en muséologie de Jennifer Carter, susceptibles de s'intégrer àl'organisation de l'édition 2014. L'occasion de leur présenter un autre projetinitié par des étudiants « FestiOmuse» : une rencontre entre étudiants de formations similaires afin de réfléchirensemble sur les problématiques liées aux musées.


Présentation Museomix à l'UQAM
Crédits : Margaux Geib L.

Jeudi, notre voyage arrive déjà à sonterme. Une visite du musée commémoratif de l’Holocauste puis le temps d’apprécierla vue sur la ville depuis le Mont Royal, et nous voici de retour à l'aéroport.


Montréal
Crédits : Margaux Geib L.

Cette semaine intense nousa permis d'avoir un aperçu de la vie québécoise (nous avons logé chez l’habitant)ainsi que de sa richesse culturelle. La rencontre avec l'équipe de MuseomixQuébec fût, pour nous, l'occasion de clôturer cette belle expérience deMuseomix 2013. A l’heure où nous signons cet article, l’association MuseomixNord vient d’être créée.

A suivre …

Agathe Gadenne, Camille Françoise, Elisa Bellancourt, Margaux Geib Lapinte

Museomix

Musée des beaux arts de Montréal 

Musée de la civilisation de Québec

FestiOmuse