Sciences et techniques

Enfants-Parents, souriez, vos gènes sont étudiés !

La Cité des Sciences et de l'Industrie, dans le XIXè arrondissementde Paris, propose depuis mai 2002, une exposition sur : « L'Hommeet les gènes ».Pour laconcevoir, le musée a fait appel au généticien Axel Kahn,spécialiste en biochimie et chercheur à l'Institut National de laSanté Et de la Recherche Médical(INSERM). Son objectif dans cetteexposition est de montrer les mécanismes de l'évolution et enparticulier celui de l'homme.

A la découverte du corps humain

Cette exposition permanente est divisée en quatre parties. Dans unpremier temps, le visiteur est invité à découvrir l'histoire del'évolution et de la vie. Il sera alors prêt à plonger dansl'exploration des gènes humains pour comprendre leur rôle. Ensuite,il pourra étudier le génome, c'est-à-dire l'ensemble deschromosomes chez une personne. Pour terminer ce voyage génétique,le visiteur rentrera au cœur du débat actuel sur la recherche.Voulez-vous participer à un futur débat citoyen ? Alors, venezdonner votre point de vue sur les tests génétiques !

Savez-vous lire les gènes?

A la fin de la deuxième partie de l'exposition, le visiteur estconvié à explorer et à décrypter le rôle des gènes grâce à unoutil de médiation : « le photomaton de l'expressiongénétique et culturelle ». A la fois ludique etpédagogique, les petits comme les grands se prêtent volontiers aujeu.

Crédits : L.P

Il ne s'agit pas d'un simple photomaton classique. Celui-ci estcontrôlé par un ordinateur tandis qu'une imprimante et plusieursécrans lui sont rattachés. Quand le visiteur met en marche lamachine à l'aide d'une souris, une voix lui explique le rôle desgènes : chaque individu est unique, personne n'a lemême patrimoine génétique, la même vie ou le mêmeenvironnement culturel. Le but de cette machine consiste àphotographier une partie du visage de l'utilisateur(ses yeux, satête, son nez...) afin que le défilé de la diversité débute.

Après ce tirage de portrait, la voix lui demande de sélectionnerson groupe sanguin(A, B ou O), pour lui expliquer qu'il y a deuxsortes de gènes transmis : des gènes visibles et invisibles,ce qui rend l'individu unique alors qu'il y a juste 0,1% dedifférence entre chaque individu. Subtile la nature ! Rien n'estdéfinitif dans nos gènes car ils peuvent être modifiés par notreculture, notre environnement, notre histoire personnelle ou encorenos passions.

Derrière le photomaton, plusieurs écrans montrent les différentesphotographies prises par les visiteurs mais seulement dans un ordreprécis. Chaque photographie est alignée en fonction du même groupesanguin des visiteurs.

Crédits : L.P

En résumé, l'utilisation de cet outil de médiation est assezsimple même pour les enfants. Les explications fournies sontexplicites. Le choix de cet outil est d'offrir à tous unecompréhension assez simple du rôle des gènes, une matière assezcomplexe. Le visiteur peut même repartir avec sa photographie et unrésumé qu'il peut imprimer à la fin de cette expériencegénétique.

Ludivine Perard

Plus d'infos :Cité des Sciences et de l'IndustrieL'exposition : L'Homme et les gènes

La conception participative de l'exposition Terra Data

En octobre 2015, M. Bruno Maquart, nouveau président de la Cité des sciences et de l’industrie nommé 3 mois auparavant, demande à l’équipe de muséographes en charge de la future exposition « TERRA DATA » d’intégrer le public à son processus de conception. L’équipe de concepteurs est alors en train définir le préprogramme muséographique ; elle planifie, pour 5 mois plus tard¹, un débat participatif organisé pour le grand public.

Cette consultation publique très en amont, en phase de définition des contenus de l’exposition, a-t-elle modifiée les intentions des concepteurs ? En quoi cette méthode innovante a-t-elle bouleversé les usages et la perception du media exposition par les citoyens ?

Pour cette expérience inédite, la Cité des sciences et de l’industrie a sollicité un cabinet de conseil en stratégie et en ingénierie de la concertation publique, le cabinet Res publica. Souvent utilisées dans des débats concernant des questions de vie locale, les méthodes consultatives visent habituellement à trouver un consensus entre deux parties ; les élus et les citoyens, par exemple. Dans le cas de notre exposition culturelle, la démarche consultative a eu pour objectif de mieux comprendre quels rapports les citoyens entretiennent avec le terme Big Data et quelles sont les attentes qu’ils peuvent formuler dans un contexte technologique et économique en mutation. Il s’est agi plutôt d’évaluer des niveaux de connaissances et d’identifier des questionnements récurrents afin d’adapter le futur contenu de l’exposition aux besoins du public.

Un groupe de participants © J-P. Attal / EPPDCSI

Dans ce but, le cabinet de conseil Res publica a collaboré étroitement avec l’équipe projet. Fort de son expérience, il a guidé l’équipe projet dans la formulation des questions qui devaient faire émerger un matériau répondant aux objectifs fixés (que nous détaillons ci-dessus). Du point de vue organisationnel, le cabinet de conseil a préconisé un plan de communication et d’invitation destiné à récolter des inscriptions de participants volontaires. En outre, il a fait bénéficié l’équipe-projet de son expérience en matière d’optimisation des ressources (temps, personnes) : répartition des groupes, timing de réflexion / échange / synthèse / restitution, mise en scène spatiale, etc.

Après la diffusion d’un appel à participation par voie d’affichage dans les lieux publics de la Cité des sciences, via les réseaux sociaux et par e-mailing auprès des fichiers d’abonnés de la Cité des sciences, cent-quarante-sept inscriptions ont été enregistrées².

Le jour J, samedi 26 mars 2016 (week-end de Pâques !), soixante-dix personnes se sont présentées et ont été regroupées par huit autour de tables rondes. Le débat, animé par Res Publica assisté de l’équipe projet, s’est déroulé en plusieurs séquences entre 14h30 et 17h30. Les modalités d’interrogation ont été de trois ordres : trois questions individuelles auxquelles il fallait répondre par écrit, en début de séance et que l’on remettait entre les mains de l’organisateur. Ensuite, une série de questions thématiques (une thématique différente à chaque table) à laquelle on répondait d’abord individuellement par écrit puis que l’on partageait avec ses compagnons de table. Ceci était le point de départ des échanges d’opinions, dans un ordre libre, avec pour seule contrainte de produire une synthèse des différentes réflexions de groupe, dans leur diversité autant que dans leur consensus. Chaque table désigne alors un représentant chargé de lire à voix haute la synthèse des réponses collectives de sa table. Enfin, les participants ont été invités à prendre la parole, s’ils le souhaitent, pour insister sur un élément, poser une question, formuler une recommandation.

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Le badge distribué à chaque participant © V. Marta

À l’issue de cette journée, quels ont été les apports du projet aux vues de son coût financier ?

Premièrement, cette concertation publique a mis en lumière un intérêt réel de la part du public pour les contenus liés au Big data. L’investissement intellectuel de tous les participants, l’enthousiasme des comportements ont montré que le public souhaitait faire partie du débat et se situer dans leur rapport aux données. Cela a encouragé l’équipe-projet à préparer une exposition manifestement très attendue.

Deuxièmement, les sujets discutés correspondaient à ceux qui sont alors prévus dans le pré-programme de l’exposition : données (personnelles et publiques) ; protection, partage, collecte, interconnexions, traitements, usages ; algorithmes : définitions et applications ; lois ; objets connectés et santé ; éducation et informatique ; formation. Cela a donc conforté les co-commissaires dans leurs parti-pris éditoriaux. Et ce, d’autant que le public présent était à parité homme-femme et toutes les tranches d’âges et de sensibilités se trouvaient représentées. Les avis étaient assez variés et ambivalents (progrès/vigilance), différentes tranches d’âges et professions étaient représentées. Ce panel constituait donc un échantillon fiable des publics fréquentant les expositions.

Marta Véronique, La conception participative de l'exposition Terra Data, img4

Des débats animés © V. Marta

Marta Véronique, La conception participative de l'exposition Terra Data, img5

L’âge des participants allait de 17 ans à 82 ans ! © V. Marta

Concernant les participants qui s’étaient déplacés spécialement pour cet atelier, ils ont largement apprécié la méthodologie employée par Res publica. Un grand nombre d’entre eux ont manifesté une grande joie de rencontrer d’autres personnes physiquement pour discuter de sujets de société. En outre, le fait que cela se déroule dans une institution comme la Cité de sciences semblait renforcer leur sentiment d’être « des citoyens importants », au cœur de la cité matérialisée par le lieu : une institution publique prestigieuse. À cet égard, l’inclusion du public au tout début de la création d’une exposition est perçue dans le même temps, comme un honneur et comme une désacralisation du musée, qui, une fois n’est pas coutume, se met à l’écoute de ses visiteurs.

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Le plan de salle ; des tables rondes de 8 personnes ne se connaissant pas © V. Marta

En conclusion, la réorientation du propos de l’exposition suite à cette journée n’a pas été radicale, comme l’ajout d’un nouveau thème, par exemple. Néanmoins, la richesse des questions et la variété des réponses qui y ont été apportés ont été un complément intéressant à la phase de recherches académiques menée par l’équipe de conception (documentation, encontre d’experts). Selon moi, il s’agit de s’imprégner d’un autre savoir, moins académique ; celui de la doxa. L’opinion publique, même si elle manque par définition de l’objectivité scientifique mise en valeur à la Cité des sciences, présente l’avantage de mesurer les sensibilités, les représentations, qu’elles soient justes ou irrationnelles, pour mieux y faire écho dans l’exposition. Bref, cette rencontre entre les citoyens et l’institution permet d’ajouter une dimension humaine à la future exposition. Ainsi, à l’issue de cette journée, il a été décidé de placer en fin de parcours de l’exposition, près de la sortie, un audiovisuel de 8 minutes livrant certains extraits de ces discussions citoyennes pour que chaque visiteur puisse y trouver un miroir de ses propres interrogations.

Véronique Marta

#Conceptionparticipative

#TerraData

#CSI


¹ L’après-midi de concertation du public s’est tenu, à la Cité des sciences et de l’industrie, le 26 mars 2016.

² L’inscription s’est faite via internet (site internet Universcience et renvoi sur le site J’enparle de Res publica).  

Pour en savoir plus :

Cabinet Res Publica

http://www.respublica-conseil.fr/#/

Exposition Terra data - Nos vies à l’ère du numérique

À visiter à la Cité des sciences et de l’industrie

Du 4 avril 2017 au 7 janvier 2018

http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/expos-temporaires/terra-data/

A la rencontre d'ingénieurs créatifs à la Casemate

Une bâtisse historiquement militaire a laissé place à l’ère du numérique, du fablab et de la convivialité. Je viens découvrir à la Casemate de Grenoble des installations pluridisciplinaires, sans idée préconçue ni connaissance des participants. Prêts pour une ascension à la fois technologique, artistique et scientifique ?

L’objectif de ma visite est avant tout  d’apprécier et de découvrir les tendances permettant de relier les disciplines croisant l’art, la science et la technologie, autrement dit « AST ». Ce sigle correspond aussi à l’option en Master 2 Sciences cognitives à Grenoble, diplôme co-dirigé par Claude Cadoz et Jérôme Villeneuve. Pendant deux jours, une dizaine d’étudiants ingénieurs présentent le fruit de leur travail réalisé entre 2016 et début 2017.

Récit-fiction basé sur l’exposition « Intersections » à la Casemate.

Je quitte la lumière diurne pour pénétrer dans une galerie voûtée. De jeunes gens se croisent, échangent autour de différents pôles qui semblent ludiques et attractifs. J’entends, que dis-je je ressens les ondes sonores de toutes parts autour de moi. Plus j’avance, moins je comprends.

Un homme s’avance vers moi : « vous voulez essayer ? ». Il me montre du matériel informatique, sonore et visuel disposé sur le côté. Comme je lève les yeux, attirée par un grand écran sur le mur juste derrière moi, il me dit : « Ce sont des glitchs sur l’écran ». Mais enfin, dans quel monde ai-je mis les pieds ? Je tente une réponse : « Euh… tu veux dire Pitch ? »

Création « Le Langage des glitchs » de Jose Luis Puerto © H. Prigent

Entre temps, un jeune homme s’est installé devant le clavier et s’amuse déjà à produire des sons : la photo sur le grand écran change légèrement d’aspect, modifications qui peuvent paraître imperceptibles. L’étudiant-concepteur Jose Luis Puerto m’explique en même temps que je visualise les évolutions de la photo : « En fait, il existe des glitchs audio ou vidéo. Vous pouvez les voir sur l’écran, ce sont des dysfonctionnements informatiques et chacun peut les créer volontairement. Ce que je présente ici pourrait se retrouver ailleurs, pour envisager d’autres manières de communiquer et aller vers de l’inattendu. »  A écouter cet étudiant-ingénieur, je me dis que son installation est certainement promise à des applications plus larges que ce que j’imaginais.

Est-ce que j’aime ou non cette proposition intitulée « Le langage des glitchs » ? Il s’agit surtout d’un ressenti, comme parfois face à une œuvre d’art dont je ne connaîtrais ni le contexte ni le courant artistique. Cette installation me paraît surprenante : la photo urbaine, les sons reliés de manière indéterminée au visuel, la médiation sur l’intention créative qui m’ouvre de nouvelles perspectives.

J’essaie quelques notes sur le clavier et je trouve une certaine satisfaction à interagir avec la photo dont certains pixels disparaissent, selon la touche sonore activée. Jusqu’à quel point cette proposition de communication pourrait être modifiée comme je le souhaiterais ? Ajouter une seconde personne et un second clavier ? Proposer une autre photo où l’apparition et la disparition des glitchs aurait une signification particulière ? Finalement « Le langage des glitchs » peut devenir source d’inspiration alors qu’au premier abord, il me paraissait si hermétique !

Je dois me ressaisir car le temps ici est compté. La salle de la Casemate fermera dans moins d’une heure et il me reste une dizaine d’œuvres à découvrir : j’en choisirai quelques-unes pour prendre le temps de les expérimenter. Je reprends ma déambulation guidée par les sons et les mouvements des visiteurs.

Je suis naturellement attirée par un petit groupe qui paraît danser et s’amuser devant des enceintes. Je ne peux m’approcher plus de l’installation sonore car tous restent à quelques mètres de distance, comme devant un spectacle invisible. Je m’arrête donc derrière un homme dont les bras se meuvent en l’air puis de chaque côté.  Est-ce qu’il s’agit de chercher comment donner vie à une œuvre musicale plus ou moins perceptible ? Quelle idée enthousiasmante que de dessiner les harmonies et les rythmes dans l’espace !

 

Création « Musique en mouvement » de Simon Fargeot © H. Prigent

C’est tellement génial que plusieurs visiteurs attendent déjà leur tour pour tester cette proposition de Simon Fargeot : « Musique en mouvement ». Je prends plusieurs minutes à observer et apprécier le tempo. Quelques photos me permettront d’immortaliser les gestes tantôt spontanés du visiteur tantôt guidés par le concepteur amusé. Je continue mon parcours : d’autres bruitages me lancent des appels, sous d’autres voûtes aux éclairages incertains.

Je m’aventure à quelques pas de là, sans bien identifier la suite. Soudain, je me retourne et je me trouve face à un regard perçant dans la pénombre. Ces yeux me fixent  et je ne peux les ignorer, tandis que l’image évolue sans cesse et de manière accélérée. « C’est du speed painting ! », m’indique le créateur Florent Calluaud. Face à cet écran disposé sur un chevalet, je découvre ainsi toutes les étapes de conception de son œuvre picturale intitulée « Danse avec les loups ».

 

Création « Danse avec les loups » de Florent Calluaud © H. Prigent

Ce dessin est réalisé à partir d’une tablette graphique et s’accompagne d’une musique ainsi que du récit de l’auteur : quels outils ont été utilisés, quelles étapes  ont été nécessaires, quelles questions se sont posées au fur et à mesure ? Pour le créateur, « ce qui est important est le lien entre la musique et le dessin qui  permettent de raconter une histoire, faire voyager dans un imaginaire et faire ressentir l’émotion qui s’en dégage. » Cette œuvre m’évoque la sérénité et un voyage à travers le temps… réel ou imaginaire ? Je ne sais plus !

Pour la prochaine destination, je me retrouve téléportée sur des rails et j’avance à une allure agréable, me permettant d’apprécier les éléments de paysage de part et d’autre. Je ne crois pas être une passagère, mais plutôt la conductrice d’un train que je ne vois pas. Cette sensation d’avancer au bon rythme va se confirmer par la proposition du créateur et étudiant Adrien Bardet : « Voulez-vous monter à bord ? » Il me désigne un appareil de type console de mixage sonore. Je saisis le casque qu’il me tend pour m’imprégner de l’univers sonore qu’il a créé.

Je m’attendais à pouvoir varier la vitesse de mon voyage ou à changer la direction sur les rails comme dans un jeu vidéo. Là encore, je suis surprise par la finesse de la proposition intitulée « Soundscape ». Il s’agit de faire varier différents paramètres sonores qui influent en même temps sur la colorimétrie, sur les contrastes, bref sur l’ambiance visuelle du paysage et du voyage ferroviaire. [ndlr : je vous prie de m’excuser pour le flou de ma photo ci-dessous !]

Création « Soundscape » d’Adrien Bardet © H. Prigent

Cette installation me semble aboutie, par la possibilité de vivre entièrement l’expérience en autonomie et par le niveau d’interaction proposé qui génère simplement du plaisir. Il est intéressant de pouvoir utiliser soi-même une palette des possibles visuels et sonores. Je consulte l’heure : il est temps de « descendre » du train pour aller vers une dernière rencontre avec la technologie…

En retirant mon casque, je me sens gênée par le brouhaha des installations autour car presque toutes émettent du son. Le lieu, tout en étant convivial, ne permet pas d’isoler les bruits les uns et des autres, sauf à proposer un casque individuel comme je viens d’en faire l’expérience.

Pour apprécier le quart d’heure restant, je reviens sur mes pas et m’avance vers un autre ingénieur-créateur. Assis, il est entouré de deux écrans : son ordinateur portable devant lui et un plus grand écran de démonstration sur sa gauche. Vais-je réussir à entendre et apprécier sa proposition sensorielle ? Je me concentre pour saisir au plus juste son œuvre.

Au premier abord, je ne suis pas certaine de distinguer l’outil de la création effective et je me renseigne sur le type d’expérience proposée. Antoine Goineau, concepteur de « Temps comme Tempo », me répond qu’il s’agit de générer une musique à partir de cette première photo à l’écran : chaque partie de l’image correspondra à une partie sonore différente. « L’utilisateur pourra par la suite relier le tempo de la musique créée à sa vitesse, à la perception du temps qu’il aurait en étant dans le cadre de la photo », précise-t-il.

Création « Temps comme tempo » d’Antoine Goineau © H. Prigent

Je comprends à peu près l’idée, qui me paraît ambitieuse et inédite. Mais ne pouvant justement pas créer mon propre tempo, cela reste abstrait. Comme pour la majorité de ces étudiants, son travail est en cours. Le créateur de « Temps comme Tempo » est le seul à me l’avoir précisé : à quel stade en sont les autres créations ? Cela est très difficile à déterminer lorsqu’on n’a pas l’habitude de ce type d’installation. Cette dimension « work in progress » me plaît beaucoup bien que cela  place les exposants dans une position inconfortable. J’apprendrai par la suite que chaque étudiant est également évalué, pendant cette exposition « Intersections », par les deux enseignants du Master.

Il est un peu difficile d’entendre l’ambiance de « Temps comme Tempo », d’autant plus que les participants s’agitent avant l’heure de fermeture de la Casemate. J’apprécie tout de même la démonstration, en la percevant comme poétique et originale. Devant  mon intérêt pour cette installation, il me détaille les logiciels utilisés et les langages informatiques. C’est une bonne idée d’aller au-delà de l’intention artistique pour les relier aux aspects plus techniques, bien que je ne sois pas sûre de retenir ces précisions pointues. A présent, chacun range à présent son installation car le lieu ferme d’ici cinq minutes. Je suis ravie d’avoir rencontré une partie de ce groupe d’étudiants ingénieux autant qu’audacieux.

Pour plus d’informations sur ce master : http://phelma.grenoble-inp.fr/masters/

La Casemate de Grenoble, CCSTI* ouvert sur les évolutions actuelles, propose régulièrement des activités pluridisciplinaires. Cette visite donne réellement envie d’explorer des créations technologiques et scientifiques.

Hélène Prigent

#promenadesonore

#labo

#experimental


*Missions du CCSTI (Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle) de la Casemate à Grenoble :

1. centre de production pluridisciplinaire qui travaille sur les thématiques scientifiques et industrielles fortement ancrées localement (numérique, micro et nanotechnologies, sciences du vivant, neurologie, énergie). Les sujets sont traités sous l’angle des rapports entre les sciences et la société : innovation et développement durable, bioéthique, nouvelles énergies etc…

2. animation au niveau régional, du réseau de culture scientifique et technique

3. centre de ressources (ex : banque d’expositions itinérantes) qui favorise l’émergence et le dynamisme de projets et de structures dans le domaine de la CSTI.

Histoire des fortifications de la Casemate

Au début du XIXe siècle, de grands travaux à caractère défensif sont entrepris pour protéger Grenoble par une enceinte dont les Casemates Saint-Laurent. Mais après les bombardements aériens de la première Guerre Mondiale, ces enceintes de protection sont devenues inutiles. Après l’échec d’une reconversion en projet commercial, l’agence de l’urbanisme de Grenoble investit le lieu, avant de laisser la place au CCSTI en 1979. Aujourd’hui, les locaux occupent l’étage pour le fablab, et le rez-de-chaussée pour l’accueil du jeune public et les bureaux. La Casemate partage le bâtiment fortifié avec la Maison Pour Tous Saint-Laurent et des annexes au Musée archéologique Saint-Laurent.

Avec les Petits Débrouillards, embarquement immédiat vers la science

Etudiants et étudiantes en première et deuxième année du Master Muséographie-Expographie, nous avons eu l'occasion cette année 2014 de rencontrer de grands professionnels de la culture scientifique qui nous ont exposé leur fonctionnement et leur démarche.

Né au Québec en 1984, l'association les Petits Débrouillards vise à vulgariser la culture scientifique et technique par le biais d'activités destinés aux enfants. Présente partout en France, son antenne nationale se situe en Île-de-France et plusieurs antennes sont en région.

Former le citoyen à la culture scientifique

Les intervenants nous ont expliquél'objectif de leur association : faire découvrir la science auxjeunes, tout en s'amusant. Il s'agit de donner le goût à la culturescientifique et de favoriser la curiosité des petits et des grands.Dans le dialogue qui s'établit alors, le respect de l'autre estfondamental pour permettre de nombreux échanges et débats entrel'enfant et l'animateur mais aussi entre les jeunes eux-mêmes.

Les différentes animations sontd'abord prévues pour des enfants de 7 à 12 ans mais elles visentfinalement tous les publics. Les membres des Petits Débrouillardsfont des activités régulières toute l'année avec les jeunes enallant dans les écoles et les centres de loisirs. Ils amènent lascience aux jeunes pour leur donner envie de se déplacer ensuitevers les institutions scientifiques.

Ils conçoivent trois types d'outilspédagogiques : des expositions itinérantes sous forme depanneaux, des mallettes pédagogiques avec des fiches parcours et desactivités à réaliser ainsi que des livrets pédagogiques et desfiches d'activités.

Une démarche innovante

Je vous propose une petite expériencequ'ils nous ont fait partager lors de cette journée enrichissante.

Prenez une feuille de papier que vous divisez en trois verticalement.La première feuille consiste à un pliage. Chiffonner la deuxièmefeuille de sorte à faire une boule de papier et laisser la dernièrefeuille intacte comme dans la vidéo explicative.

Monter sur une chaise, laissez tomberles feuilles une par une et observez.

On constate que la première feuilletourne dans le sens des aiguilles d'une montre. La boule tombe selonune ligne droite et la feuille non modifiée fait un simple zig-zag.Vous venez de mener une expérience sur la gravité.

Comme vous venez de le découvrir, ladémarche des Petits Débrouillards consiste à favoriser lequestionnement par le biais de l'observation. Cette démarche se veutexpérimentale puisqu'elle se réfère au geste de la personne menantl'expérience. Pour l'association, la science ne doit pas sepréoccuper du Pourquoi immédiatement mais plutôt commencerpar aborder le Comment, concret et observable. Par exemple, sinous ne savons pas pourquoi la feuille de papier tombe, nous savonscomment elle tombe. Dans la médiation, l'importance est d'apprendreà poser des questions. Les réponses ne sont pas le cœur duproblème, elles viennent ensuite.

Les enjeux fondamentaux desPetitsDébrouillards

  • L'engagement et la participation des jeunes sont l'un des enjeux de l'association. Il s'agit de sensibiliser les jeunes aux préoccupations sociales et environnementales, à l'actualité scientifique, à travers la mise en place d'actions et de projets. Ces actions doivent permettre aux jeunes d'acquérir une base scientifique. Par exemple, chaque année, l'association met en place le Festival des Explorateurs où plus de 400 projets sont créés et animés par des jeunes. Ouvert au grand public, cet événement a pour but de valoriser la culture scientifique et technique du territoire.

  • Le développement durable est l'une des préoccupations majeures des Petits Débrouillards. Des outils pédagogiques et des expositions sont créés sur cette thématique pour sensibiliser les jeunes sur les problèmes actuels liés à la planète telles que la disparition des espèces animales et végétales ou la pollution de l'air, de l'eau et de la terre.

  • La solidarité entre les jeunes est une base importante pour avoir la notion d'échange et de partage dans la vie de tous les jours. Par exemple, des actions de médiation sont spécialement créées dans le cadre de cohésion sociale pour mettre l'insertion des jeunes dans la vie active. Ils apportent un soutien à l'enfant par la pratique des sciences.

  • L'association souhaite lier sciences et sociétés pour permettre aux jeunes de trouver leur place dans la société au sein des problèmes actuels pour qu'ils puissent comprendre les enjeux, et les inciter, pourquoi pas, à participer à des débats et à agir.

Un événement débarque chez vous

Développé et conçu par les PetitsDébrouillards, en partenariat avec C'est Pas Sorcier etFrance Télévisions, le Science Tourvient chez vous, de maià décembre 2014, en Franche-Compté, en Ile-de-France, dans leCentre, en Bourgogne, en Corse, en Midi-Pyrénées, dans leLanguedoc-Roussillon, dans le Nord-Pas-de-Calais, dans lePays-de-la-Loire et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Plusieurs camions équipés d'outils pédagogiques etd'expositions itinérantes viennent vous rendre visite. Avec des médiateurs scientifiques, lesjeunes peuvent mener des expériences scientifiques et découvrir lemonde des sciences et des techniques. Pourquoi ne pas aller à larencontre de ces camions ?

Ludivine Perard

©Les PetitsDébrouillards

   

Adresse de l'Antenne Nationale :

La Halle aux Cuirs

2 rue de la Clôture

75930 Paris Cedex 19

Tél : 01 40 05 75 57 Fax 0140 05 79 21

Pour en savoir plus :

Le site internet de l'association

Informations sur les étapes du "Science Tour" 

#science#jeunesse#expérience

Carnuta : à nous deux vieille branche!

Ah les expositions parisiennes toutes plus alléchantes les unes que les autres! Mais si on se mettait au vert? Direction la Sarthe et plus précisément Jupilles, commune d'un peu plus de 500 habitants où l'on découvre un centre d'interprétation de l'homme et de laforêt.

©http://www.caue-sarthe.com

Ah les expositions parisiennes toutes plus alléchantes les unes que les autres! Mais si on se mettait au vert? Direction la Sarthe et plus précisément Jupilles, commune d'un peu plus de 500 habitants où l'on découvre un centre d'interprétation de l'homme et de laforêt. Il prend la suite du musée du bois installé dans le foyer rural deJupilles fermé depuis 2006. Plus communément appelé Carnuta, le centred'interprétation s'implante en 2010 dans le bourg du village, non loin de laforêt domaniale de Bercé. 

Surpris par cette architecturesinueuse, véritable enveloppe végétale semblable à l'écorce d'un arbre, nousn'avons d'autre alternative que d'entrer! Une exposition temporaire intitulée"D'âme nature, exposition hommage à Michel Marc" prend place au rezde chaussée. J'entends une petite voix "mais qui est Michel Marc?" Unlocal mondialement reconnu pour sa pratique de la photographie naturaliste.Michel Marc révèle la diversité des habitants naturels de la forêt. A traversdes clichés, des reconstitutions de laboratoires photographiques ettémoignages, la petite équipe du centre d'interprétation a su rendre hommage àcet enchanteur de la richesse floristique et faunistique de la forêt de Bercé.Attiré par des ambiances sonores, pas question de nous reposer sur noslauriers, découvrons l'espace d'exposition permanente crée par l'agence Abaque !

Crédits : Rachel Létang

Face à une représentation symboliquede la forêt, nous assistons à un dialogue entre trois arbres. Si l'arbrisseauattend avec impatience le printemps pour grandir, le vieux chêne ronchondéplore que les cloportes commencent déjà à lui chatouiller l'écorce! Hormisl'amusement et la poésie qui se dégage de ce dialogue, ce dispositif permetd'annoncer toutes les thématiques à venir. Nous traversons la forêt endécouvrant conjointement différentes espèces d'arbres et de résidents. Ce n'estpas une simple présentation du patrimoine naturel de la forêt mais un discoursagrémenté de photographie et d'informations botaniques qui tend à nous fairecomprendre l’interdépendance des arbres et des animaux. 

Après le concret, place aufantastique! La forêt est envisagée comme un espace où la magie règne. Levisiteur est alors sollicité par des dispositifs sensoriels. Toucher, voir,sentir permettent de s'imprégner de l'univers de la forêt et ouvrent au conteet à la rêverie. Dommage qu'il faille se plier en quatre pour atteindre cestrappes. Nous regrettons que tous les éléments sensorielles de cet espace soittrop bas, comme si le ludique n'appartenait qu'au tout petit! Poursuivons notrevisite au sein d'un espace consacré à l'exploitation de la forêt. Dans notrevision naïve de la nature, l'homme n'intervient pas! Pourtant, il concourt aubon équilibre de la forêt. Les missions des agents de l'Office National desForêts sont présentées à travers des portraits photographiques et destémoignages. On suit également le parcours du bois depuis l'arbre jusqu'à lavente du bois scié. Un film vient retracer l'historique de l'exploitation de laforêt. On découvre enfin pourquoi le centre d'interprétations'appelle Carnuta ! La forêt de Bercé est l'un des vestiges de la forêtdes Carnutes, peuple Gaulois, qui a été morcelée pendant la conquête romaine.Photos d'archives, vues du ciel permettent de comprendre la singularité de laforêt de Bercé d'un point de vue naturel, économique et social. Plus technique,nous pénétrons enfin dans l'atelier du bois. Grâce à des vidéos que l'onregarde sur ordinateurs et que l'on écoute grâce aux douchettes, on découvreles différents métiers comme le sabotier, le tonnelier et autres savoir-faireliés au bois. Afin de déterminer quel outil est utilisé au sein des différentesétapes de fabrication, les outils sont à la portée du visiteur dans de grandstiroirs. Afin de renvoyer sur le territoire, Carnuta propose denombreuses animations, notamment en forêt de Bercé. Comme ils aiment le dire,"vous allez être scié". 

Rachel Létang

Carte blanche à l'impression 3D au Centre Pompidou

On trouve rarement une expositionde ce type dans un musée d’art moderne. Avec Imprimer le monde, le Centre Pompidou adopte une approche semblableà celle des centres d’interprétation. Ce n’est pas tant la proposition d’uneexposition thématique - rentrée depuis longtemps dans les habitudes du musée - quisurprend, mais la formalisation d’une réflexion sur un sujet qui dépasse lesquestions plastiques et politiques pour toucher également les domaines techniques,industriels et scientifiques.

L’exposition présente des objetspartiellement ou intégralement conçus et fabriqués grâce aux technologiesdésignées sous le nom générique d’impression 3D. Lorsque l’on pénètre dans leslieux, leur variété est saisissante.

Stranger Visions, Heather Dewey, 2012 ©ND

Gestation numérique, fabrication automatisée

Les concepteurs donnent dès lespremiers mètres la définition de l’impression 3D, également désignée sous leterme de « fabrication additive » et se proposent de retracer son« archéologie ». Une grande frise chronologique, ponctuée d’objetssous vitrine, replace cette invention dans une histoire beaucoup plus ancienne.Aux origines, deux inventions de la seconde moitié du XIXe siècle : laphotogravure et les cartes topographiques, qui donnent une vision du relief par« couches ».

Le point commun réunissant cesartefacts est la conception assistée par ordinateur, la modélisation 3D, quipermet ensuite de configurer une machine, « l’imprimante » pourfabriquer, par traçage, dans l’espace, sous forme d’aller-retour, les dépôts dematière, composant finalement le résultat solide. Derrière ce terme, enfiligrane, se retrouve donc l’image du robot et de l’intelligence artificielle,mis à contribution d’une production sérielle.

L’exposition réinterroge lestatut de l’objet artisanal et artistique. Elle montre le travail des designerset des artisans qui allient la maîtrise de compétences scientifiques (codage,création d’algorithme) ou d’ingénierie (mise au point des machines prenant encharge la fabrication) à leur démarche de plasticien.  La conséquence directe de ces pratiques estl’avènement d’œuvres ou d’objets artisanaux reproductibles, sans que leconcours de la main humaine ne soit nécessaire à l’étape de fabrication. L’objet,fondé sur le principe de la reproductibilité, acquiert alors une dimensionindustrielle.

Open source et démarche collaborative

Passé par l’étape de laprogrammation numérique, le concepteur accouche d’un mode d’emploi en mêmetemps que la machine réalise physiquement l’objet. Conséquence : laréplication de l’objet est possible à partir d’un fichier source. Héritière desidées de « démocratie technique », diffusés autour de la création defablabs, hackerspaces et markerspace, l’impression 3D s’inscrit dans unedynamique favorisant l’accès en open source des données, autrement dit, lareproduction de l’objet et sa modification par d’autres concepteurs. L’expositionquestionne également les usages pernicieux qui peuvent être faits de ce modèlede partage, et présente, par exemple, la première arme imprimée en 3D, dont lefichier numérique source fut diffusé et téléchargé près de 100 000 fois en 2013avant son interdiction par l’Etat américain.

Outre la libre circulation desfichiers destinés à l’impression, l’exposition montre à plusieurs reprises dessituations de créations collectives autour de projets de fabrication additive.Plusieurs objets présentés sont accompagnés d’une vidéo retraçant la genèse etles principales étapes de leur élaboration. Par exemple, on suit la collaborationde graphistes, de développeurs numériques et d’imprimeurs dans leur entreprisede conception et de fabrication d’une typographie produite en résine parimpression 3D, utilisées dans une fonte traditionnelle.

A23D,3D-printed letterpress Font, New North Press, A2-Type et Chalk Studios, 2014, © N.D.

Vulgarisation ardue

Si elle montre la fantastiquepalette des matériaux (résines extrêmement légères, céramique d’argile, titane…),des textures et des tailles des objets imprimés en 3D, on regrette cependantque l’exposition ne lève davantage le mystère derrière la fabrication techniquede ces objets.

GrowthTable Titanium, 2016, Mathias Bengtsson, © N.D.

Shapes ofSweden for Volvo, 2015, Lilian van Daal, © N.D.

Bien que les vidéos associées auxobjets présentent les étapes de leur élaboration, les techniques et lestechnologies restent d’une certaine manière abstraites, puisqu’elles n’ont pasété soumises à l’épreuve de l’expérimentation par le visiteur. C’est certainementla limite de cette exposition. La présence de dispositifs d’interprétation -multimédias, manipulations - en complément des audiovisuels, aurait étéappréciable pour tenter d’aborder concrètement les dimensions techniques del’impression 3D : les questions d’algorithme, la gestion et latransformation de la matière première dans la machine, les spécificitéstechniques des technologies dont les noms restent énigmatiques (stéréolithographie,dépôt de matière fondue, filtrage sélectif par laser, laminage par dépôt sélectif…). 

Par ailleurs, si elle soulève desquestions sociétales et éthiques en évoquant la démarche de certains artistes (parexemple, la reproduction de monuments détruits en Syrie comme« réparation » de l’histoire ou la recréation de visages à partir dematériaux génétiques collectés dans des lieux publics pour interroger la« surveillance génétique »), l’exposition n’approfondit pas lesenjeux scientifiques et évoque certains résultats sans les contextualiser oules mettre en perspective. Elle expose ainsi des prothèses médicales et évoquela création du premier vaisseau sanguin imprimé en 3D, sans questionner lareproduction d’éléments bio-artificiels comme substituts du vivant,laissant le visiteur perplexe sur la faisabilité du processus et les enjeux éthiquedes usages.

Work in progress

Cette exposition fait entrer lapratique de l’impression 3D, pour ceux qui la découvrent ou la redécouvrent,dans une histoire déjà en marche. Elle provoque en cela une impression devertige. Où étais-je pendant que designers, scientifiques, architectes,plasticiens, typographes, s’appropriaient un mode de conception et de fabricationtout droit sorti d’un roman de Philippe K. Dick ?

Dans L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau, le neurologue OliverSacks, dépeint le cas clinique d’un jeune homme, frappé de troubles de mémoireterribles, resté « bloqué » dans les années 1940 : lorsquele médecin lui montre une image de la terre vue depuis la lune, il ne peut ycroire et lui répond : « vous plaisantez docteur ! Il auraitfallu apporter un appareil photo là-haut ! ». La nouvelle expositiondu centre Pompidou donne le sentiment d’être dans la peau de ce patient : sil’on se pensait confronté à un avenir à peine imaginable, il faut accepter quecelui-ci est déjà en cours !

N.D.

#CentrePompidou

#nouvellestechnologies

#design

Imprimer le monde, Galerie 4 Centre Pompidou,

5 mars 2017-19 juin 2017

Le site de l’exposition https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cEo9Br4/rAo9oKd

Communiquer à la Cité des Enfants

La Cité des Enfants de Paris-La Villette est un espace conçu spécialement pour les enfants mais aussi pour leurs familles. Divisée en deux, une partie est dédiée aux 2-7 ans et une autre aux 5-12 ans. Cet article repose sur une des thématiques de la Cité des 5-12 ans, la communication, outil indispensable au développement de l’enfant.

Communiquer, c’est entrer en relation et échanger avec les autres ; une aptitude importante pour pouvoir vivre avec eux. La communication repose sous des mots, des gestes mais aussi des images grâce au téléphone, à internet, à la télévision et à la radio mais elle passe aussi par le langage et l’écriture. De plus, la maîtrise du langage est fondamentale pour structurer la pensée. 

Fan de manipulations et d’outils pédagogiques, je me suis prise au jeu et je vous communique mon expérience.

Vivre Ensemble jusqu’au bout dela planète

Dans cet îlot, l’enfant est invité àvoyager et à découvrir le monde et les différentes cultures de la planète grâceau langage et notamment à trois outils.

●     « Les« bonjour » du monde » : cet outil est un énormeglobe terrestre équipé d’un téléphone que l’enfant branche sur un pays pourentendre comment se dit “bonjour” dans chaque pays. Le but est de permettre àl’enfant d’entrer en contact avec les principales langues et de les situer surla planète mais aussi de connaître les autres cultures et de s’ouvrir à ladiversité. Il a la possibilité d’écouter7 000 langues différentes. Dans certains pays, il n’existe qu’une seulelangue alors que dans d’autres on en compte des dizaines. 

"Les "bonjour" du monde", © Ludivine Perard

●     « Écrisen chinois » et « Écris en arabe » :après avoir observé le tracé d’un mot, l’enfant s’entraîne à le reproduiretrait par trait avec le doigt en s’aidant d’un modèle sur un écran tactile.L’enfant écrit “maison” en chinois ou en arabe et en apprend plus sur cesdeux alphabets.

L’enfant entreainsi en contact avec deux sociétés différentes et y découvre la richesseculturelle. Ces outils permettent de provoquer un plaisir esthétique lié àl’écriture et de comprendre qu’apprendre une langue demande du temps. 

Jouer avec les mots

Dans une autre partie de cet îlot,l’enfant apprend à raisonner et à trier, classer, hiérarchiser des informationspour se poser les bonnes questions comme pour un quiz ou des devinettes.

●     « Lequiz des mots » : ce jeu est équipé d’un écran de télévisionet de quatre postes avec des boutons A, B, C. Il se joue soit tout seul ou soità plusieurs. L’objectif est de découvrir ce que signifient plusieursexpressions données par deux protagonistes, un chat et un cochon. La Franceregorge d’expressions « à dormir debout » mais que signifientelles ? A votre avis, que signifie avoir le coup de foudre ?

o      A :Recevoir la foudre sur la tête

o      B :Frapper du poing aussi fort que la foudre

o      C :Tomber fou amoureux au premier regard

Alors vous aveztrouvé ? Et oui, c’était la réponse C.

Ainsià la manière des quiz télévisés, l’enfant découvre le sens des expressions.

●     « Quisuis-je ? » : les enfants doivent se placer sur dessièges et sont invités à glisser leur tête dans un emplacement et à fairetourner la roulette placée au dessus de leur tête. Cette roulette indiquel’identité d’un animal sous forme de pictogrammes. Ils doivent découvrir le nomde cet animal en posant des questions aux autres joueurs. Ces-derniers sontobligés de ne répondre que par oui et que par non. Les enfants ont le choixentre 32 animaux tels que le coq, le cochon, l’abeille, le papillon, le chat,le serpent, le crocodile ou encore la chauve-souris. Ce jeu se joue de 2 à 4joueurs.Cettemanipulation permet d’une part de développer et d’éveiller l’imagination et lamémoire de l’enfant, et de d’autre part d’aider l’enfant à poser les bonnesquestions en s’exprimant avec un vocabulaire approprié pour trouver lasolution.

"Qui suis-je", © Ludivine Perard

Communiquer avec autrui

L’enfant apprend aussi à communiquerautrement qu’avec les nouvelles technologies – en chuchotant, en langue dessignes, en dialoguant – pour comprendre et se faire comprendre auprès desautres.

●      « Parle avec tes mains »: ils’agit ici de deux cabines séparées d’un mur. Jeu à deux joueurs, chaque enfants’assoit dans l’une des cabines équipée d’un écran de visio-conférence. Lesenfants n’ont ni la possibilité de communiquer ni celle de se voir ou des’entendre, ils sont obligés d’utiliser l’écran mis à disposition. Autour decet écran, des pictogrammes en langue des signes sont proposés, les enfantsdoivent se parler à l’aide de ces dessins. Grâce à cet outil, les enfants sesensibilisent au handicap auditif en découvrant la langue des signes. Ilscomprennent qu’il est possible de communiquer sans la voix. Ils expérimententune nouvelle forme de communication.

"Parle avec les mains", © Ludivine Perard

●     « Se coordonner » : les joueursdoivent ici faire monter à deux une boule le long d’un plan incliné percé detrous à éviter. Cette boule est posée sur une petite nacelle suspendue par deuxficelles de chaque côté. Chaque joueur doit tirer l’une des deux ficelles. Ilsdoivent communiquer pour se coordonner et arriver à monter ensemble la boule ausommet. Ce dispositif est doublé en recto/verso pour permettre à plusieursjoueurs d’y participer. Cet outil a pour but d’apprendre à l’enfant àcommuniquer avec l’autre pour se mettre d’accord sur la réussite d’une tâche.Il lui apprend également du vocabulaire dans le champ lexical de laspatialisation et met les joueurs dans une situation ludique où l’enfant gagneavec l’autre.

●     « Les tubes à paroles » : cedispositif est composé de cinq grands tubes colorés qui servent à communiquer àdistance, deux par deux. Le même tuyau sert à la fois à écouter et à parleravec son interlocuteur.     L’objectifest de trouver un rythme commun pour réussir à communiquer car pour entendre etcomprendre son interlocuteur, il faut alterner parole et écoute, et parlerchacun son tour tout en chuchotant.

"Les tubes à paroles", © Ludivine Perard

●     « Paroles et paraboles » : deuxgrandes paraboles se font face dans cet espace, une à chaque bout de la pièce.Dans ce jeu, il n’est pas nécessaire d’hurler pour se faire entendre, il suffità l’enfant de chuchoter pour que son interlocuteur l’entende. Un pavillon enforme de parabole permet de concentrer la voix pour la transmettre sur unelongue distance. L’enfant expérimente la transmission du son dans l’espace etainsi identifie mieux les rôles d’émetteur et de récepteur dans un message. Ily découvre même les propriétés d’une parabole et comprend comment celle-ciconcentre une onde sonore.

Un dernier message

Si vous voulez en savoir plus sur lacommunication, n’attendez pas et emmenez vos enfants à la Cité des Enfants !

 Ludivine Perard

Pour en savoirplus :

http://www.cite-sciences.fr/fr/au-programme/expos-permanentes/la-cite-des-enfants/cite-des-enfants-5-12-ans/

Adresse :

Cité des Sciences et de l’Industrie

30 Avenue Corentin Cariou75019 Paris01 40 05 70 00

#sciences#enfants#outils

Cure de jouvence pour le musée de l'Institut Pasteur

“Savoir s'étonner àpropos est le premier pas fait sur la route de la découverte.” Louis Pasteur

S’étonner ?C’est ce qui s’est passé lorsque je suis rentrée dans le nouveau musée del’Institut Pasteur de Lille, sujet portant très éloigné de mes goûts en matière de musée, j’ai été accrochée aupropos grâce à la scénographie et à la médiation numérique.

Dansles anciens appartements  du professeurAlbert Calmette nous entrons dans l’histoire de Lille et de la découverte desvaccins. A l’origine : une épidémie de diphtérie se répandant dans lequartier de St Sauveur en 1894, le maire de Lille débordée par le phénomèneentend parler du sérum antidiphtérique crée par Pasteur à Paris. Le mairedécide donc d’y aller pour demander de l’aide, résultat ? La création del’Institut Pasteur de Lille avec à sa tête le docteur Albert Calmette.

Pièceprincipale du musée © Site internet

Lanouvelle scénographie du musée a été réalisée par Les yeux d’Argos à la clé, une ambiance chaleureuse et notamment denouveaux dispositifs multimédia afin de mieux appréhender les maladies, lesvirus et leurs vaccins.

Lesdispositifs de médiation se présentent sous forme d’objets du XIXèmesiècle : tableaux, miroir à main…etc. Ils permettent par exemple sur lestableaux d’avoir accès à une petite vidéo animée présentant la vie duProfesseur Calmette en noir et blanc, animation créée à partir de photosd’époques. Cette méthode permet de vulgariser la compréhension de la créationdes différents remèdes ou vaccins de l’époque et de pouvoir s’adresser à unpublic d’enfants ou d’adolescents grâce à quelques touches d’humour.

Autressystèmes mis en place pour rendre le visiteur acteur de sa visite : lescombinés téléphoniques qui permettent d’écouter un petit discours sur lapasteurisation et comme un magicien à travers sa boule de cristal de regarderles images qui apparaissent au fond d’un ballon à fond plat en verre.

Dispositif audio © MP

Commela science se comprend en pratiquant, des tablettes interactives sous forme demiroirs ont été mises en place : les visiteurs déplacent leurtablettes  face aux photos accrochées surle mur et  jouent  à différents petits jeux autour des bactériespour permettre aux plus jeunes de comprendre où se trouvent les microbes etmettre en application les conseils de Pasteur.

Tablette numérique © MP

Les yeux d’Argos ont donc mis en place ici unescénographie à la fois participative et contemporaine en mélangeant des expôtsde l’époque comme les premières souches de tuberculose (vaccins BCG découvertpar Calmette et Guérin), le mobilier d’origine et des dispositifs multimédia.

Enfinune dernière pièce cachée par un rideau présente une scénographie beaucoup pluscontemporaine sur les outils et les recherches actuelles de l’institut Pasteursensibilisant le public notamment aux enjeux de la maladie d’Alzheimer.

Lanouvelle version du musée de l’institut pasteur de Lille présente un regardneuf sur la vie, le combat du docteur Calmette et du docteur Pasteur. Lascience est vulgarisée, mise à la portée de tous, sujet apprécié desexpositions ; elle a le vent en poupe. Le regain d’intérêt pour LouisPasteur se manifeste et par la réouverture de ce musée et par une prochaineexposition au Palais de la découverte qui lui sera consacrée en 2018. Levez derideau le 12 décembre 2017 !

M. P.

#médiation#scénographie#interactive


Pour en savoir plus :

https://www.pasteur-lille.fr/musee/

Dans la peau d'un astronaute

Cet après-midi, nous nous sommes lancées à la conquête de l'espace. N'étant pas de grandes scientifiques, il nous a été conseillé de stimuler nos neurones à la Cité de l'Espace àToulouse.

Reproductionde la fusée Ariane 5 dans le parc de la Cité de l’Espace, © N. V.

Cet après-midi, nous noussommes lancées à la conquête de l'espace. N'étant pas de grandes scientifiques,il nous a été conseillé de stimuler nos neurones à la Cité de l'Espace àToulouse. Autant vous dire que nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre...Allions-nous assister à un remake de "C'est pas sorcier" ? Pasvraiment ! Le site internet de la Cité de l’Espace nous promet déjà un beauvoyage, chacune des informations invite le visiteur à vivre une expérienceinédite. « L’espace comme si vous y étiez », « découvrir la cité », « partir àla découverte de l’espace et des merveilles de l’Univers n’a jamais été aussifaciles », « vivez l’expérience », autant de promesses qui ont éveillé unegrande curiosité et l’envie de découvrir ce lieu si particulier.

Une invitation àl’émerveillement certainement, mais pas seulement. En ce lieu inattendu, levisiteur est maître de son expérience, il vit sa visite de la même façon qu’unastronaute s’investit dans une conquête spatiale. La muséographie du site y estpar ailleurs propice. Le propos de la Cité de l’Espace est d’envoyer levisiteur dans cet environnement qu’il ne connaît pas, bien qu’il en aitpeut-être souvent rêvé. Ainsi, le corps est mis en mouvement, le visiteurdevient acteur, ses gestes engendrent une réflexion autour de divers aspectsscientifiques. C’est grâce à des manips que ce lieu prend vie et qu’il immergele visiteur dans un environnement qui lui était jusqu’alors inconnu. Nous avonsrapidement compris que la place du visiteur était au cœur de la réflexion descréateurs de la Cité de l’Espace et que celui-ci se prend au jeu des manips etde la découverte dès lors qu’il veut tirer bénéfice de cette expérience.

Manip sous forme de rangements © N. V.

Replacer ce lieu dans soncontexte semble nécessaire pour comprendre les enjeux et les motivations quiont engendré sa création. Toulouse, berceau de l’aéronautique et de l’espace, àla pointe du secteur de la recherche, celui de l’innovation et de l’industrie aérospatiale; quel meilleur lieu pour y implanter la Cité de l’Espace ? Le projet a doncété lancé par la ville rose en 1997, avec l’objectif de construire un parc àthème scientifique orienté vers l’espace et la conquête spatiale. Et c’estcertainement cet engouement pour l’aventure, et surtout le partage de savoirsscientifiques qui a poussé l’équipe du musée à faire du lieu l’un des sitestouristiques incontournables de Toulouse. Nous avons d’ailleurs constaté cephénomène dès l’entrée du parc, avec une légère appréhension quant à la tournureque pourrait prendre notre visite.

Beaucoup d’éléments tiennentd’une inspiration venue de l’univers du parc d’attraction. A commencer par lenom, « la Cité de l’Espace » qui nous pousserait presque à nous imaginer dansle nouveau volet de la saga Star Wars. Une musique futuriste nous suit dansnotre visite. Le tarif est relativement élevé, 25 euros, soit le prix d’uneentrée dans certains parcs. Malgré ce tarif, le public est très familial. Ils’agit à l’évidence d’un public ciblé par les membres de la Cité de l’Espace,qui ont souhaité créer un espace enfant, ouvert en 2006. Peu nous importait,curieuses, nous avons décidé d’y aller coûte que coûte. Nous avons rapidementdéchanté face à certaines activités, qui, bien qu’étant attrayantes nous auraientfait perdre un long moment dans la queue de visiteurs. Là encore, la dimensiond’animation que prend la visite ferait penser à un parc d’attraction. Sanscompter la boutique du site qui nous invite à acheter une infinité de gadgetset parfois même des produits régionaux !

Produitsrégionaux dans la boutique du musée © N. V.

Arrêtons de « rouméguer »,comme diraient nos amis toulousains ! La Cité de l’Espace, c’est avant tout unprojet qui place l’expérience de visite et la découverte du monde spatiale aucœur de la réflexion. Le jeu est bel est bien au service d’un apprentissage etd’une immersion. Là encore, il ne dépend que du visiteur d’accéder à cettedimension bien plus enrichissante.

Parlons-en d’ailleurs. Nousavons été agréablement surprises par la qualité des manips, qui ne secontentent pas de nous faire faire des acrobaties parfois déroutantes, maisdévoilent en réalité un contenu et un discours enrichissants. Nous les avonsquasiment toutes faites, et nous avons retenu beaucoup d’anecdotes, des faits,et d’autres informations. De fait, le visiteur doit réellement jouer le jeupour entrer dans l’immersion totale ; c’est une forme de pacte tacite qui semet en place dès l’entrée du site. Les manips sont instinctives et bienexpliquées, utiles à condition bien sûr que le visiteur les expérimente. Nousapprenons et voyageons donc grâce à notre implication.

Maintenant que nous vousavons bien mis l'eau à la bouche, entrons plus précisément dans le vif dusujet. Comment faire du visiteur un explorateur ? Nous en avons faitl’expérience ! Rappelons toutd'abord que le musée ne dispose que de très peu d'objets de collections. Seulsquelques fragments (lunaires par exemple) sont présentés, avec les codestraditionnels de la mise en valeur des objets précieux (vitrines, loupes pourobserver les détails, cartels, etc.).

Toutefois, comme pour tousles musées scientifiques, laplupart des expositions sont constituées de contenus audiovisuels et de manips.Bon nombre d'entre elles appellent le visiteur à changer sa posture, àse mouvoir. En nous allongeant dans une pièce qui a perturbé nos sens, ou enregardant la télévision à l'envers, nous n'avons pas eu simplement l'impressionde nous comporter comme de grands enfants : nous avons expérimenté la désorientationque l'on peut ressentir dans l'espace, en apesanteur. Nos sens sont en émois,la tête tourne légèrement... L'immersion sensorielle est véritablement auservice d'un contenu scientifique.

Salle avec perspective renversée ettélévision à regarder la tête en bas, © N. V.

Et il en va de même pour lesdifférents jeux proposés. Seul ou en équipe (par deux essentiellement), desdispositifs ludiques proposent des défis à relever. Certains restent de l'ordrede l'amusement : dans la salle consacrée à la lune par exemple, nous devons piloter une jeep sur la lune àl'aide d'un joystick afin de rejoindre notre base. Il s’agit d’un dispositiftrès intuitif. Mise à part la possibilité d'explorer la topographie dela lune, aucun véritable contenu scientifique ne nous est donné. Ce type d'installations permettoutefois d'apporter une respiration entre plusieurs jeux ou manips quidemandent toute l'attention et la réflexion des visiteurs. Dans les différentesmissions sont proposées - retrouver le signal d’un satellite par exemple - lesdimensions tant interactives que ludiques, collaboratives et réflexives sontgrandement appréciables. Au fur et à mesure de la visite, nous nous sommesrendues compte que nous devenions exigeantes vis-à-vis de la qualité des manips: celles qui sont un peu moins originales finissent par ne plus attirer notre attention. On ne se“contente” plus de regarder une vidéo passivement. La Cité de l'Espace adonc placé la barre très haute !

Quoi de plus efficace pourrendre le visiteur acteur que de l'amener à se mettre en scène ? Nous avons pusauter sur la Lune ! En nous allongeant sur un dispositif sur roulettes et enpoussant sur nos jambes, la projection de notre image sur un décor lunairedonnait l'impression que nous faisions des bonds dans l'espace ! Nous noussommes glissées dans la peau d'une présentatrice météo ! L'une de nous a lu unprompteur en montrant lacarte de France, pendant que l'autre a tenu le rôle du caméraman. A notregrande surprise, notre « performance » a ensuite été projetée sur un écran àl'extérieur de la cabine de tournage. Le temps d'un instant, nous sommesdevenues astronaute, présentatrice ou caméraman, et nous avons beaucoupapprécié nous laisser prendre à ce jeu de rôle.

Saut sur la Lune et Diffusion del’enregistrement d’une présentation de la météo

réalisé dans un studio mis à dispositiondes visiteurs, © N. V.

En règle générale, lascénographie et le graphisme participent à l'immersion en faisant oublier auvisiteur le monde réel pour entrer dans un univers nouveau créé de toutespièces. Ici, la scénographie est assez neutre : le gris métallique, certainesportes rappelant l'univers de Star Wars, etc. Quelques éléments plus “créatifs”rythment toutefois l’espace : c’est le cas par exemple des nuages en tissu surlesquels étaient projetés des lumières de couleurs différentes, au sein del’espace “météo”. La charte graphique est très cohérente, et, étant donné lamultiplicité des éléments qui attirent l’œil du visiteur (vidéos, manips,etc.), le choix de cette scénographie est simple et efficace.

Nuages colorés dans la salle de lamétéo, © A. E.

Comme le sous-entend le nomde « parc à thème scientifique », toute une partie de la visite se poursuitdans un parc. Nous étions ravies de pouvoir ainsi profiter du soleil duSud-Ouest. Le cadre agréable du parc et le format de la promenade n'empêchenten rien le sérieux de la démarche. Du contenu scientifique est à notredisposition dans toute la partie extérieure. Par exemple, le « parcours desplanètes » nous apporte, par l'intermédiaire de bornes, des informations surles différentes planètes de notre système solaire. Mieux encore, l'espacemententre ces bornes correspond – à échelle humaine – à celui qu'il y a entre les différentesplanètes ! Nous avons également pu découvrir la station MIR. Des mannequinsastronautes sens dessus-dessous nous ont accompagnées au cours de cette visite! Immersion donc cette fois au sein d'un modèle d'essai de la célèbre stationspatiale russe.

Début du “Parcours des planètes” dans leparc de la Cité de l’espace, © N.V.

La volonté de la Cité de l'Espaceest donc bien de faire passer un bon moment aux familles, en mettant le jeu etl’animation au service de la pédagogie. Nous avons même pu devenir l'aiguilled'un cadran solaire, et connaître l'heure sans même avoir à sortir notretéléphone portable ! Ce qui est bien utile, car nous avons eu l'impression quele temps s'arrêtait : la visite est vraiment passée vite… Un voyage donc qui ajoué avec le temps… et surtout avec l’espace !

Anna E. et Noémie V.

#Citédelespace

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Espèces d'Ours !

« Espèces d’Ours » est l’exposition actuelle du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, ouverte jusqu’en juin2017. Elle est adaptée de l’exposition « Ours, mythes et réalités » réalisée par le Muséum de Toulouse en 2013 et 2014. De par son thème et sa muséographie elle est susceptible d’attirer un vaste public. Cette exposition plonge le visiteur dans le monde des ours et permet d’en apprendre plus sur eux et sur leurs relations avec les hommes à travers les différentes époques. Elle sensibilise également les publics sur le danger d’extinction de certaines de ces espèces.

La première information qu’obtient rapidement le visiteur c’est qu’il existe huit espèces différentes d’ours, ce qui décloisonnent les représentations populaires dès le début du parcours en nous présentant des spécimens bien moins connus que l’ours brun ou l’ours blanc. Une rotonde accueille ainsi le public avec les huit espèces d’ours existantes naturalisées devant des images de leurs habitats naturels.

Vue du plateau central © Océane Caby

Le parcoursde l’exposition est composé de cinq espaces portant chacun sur une thématiqueprécise. Le premier présente les ours, leurs habitats naturels et leurscaractéristiques physiques à l’aide de manipulations. Le visiteur poursuitensuite en découvrant les origines des ours modernes et leurs ancêtres. Letroisième espace, plus sociologique, évoque les rapports entre les hommeset les ours selon les époques. Vient ensuite la question de l’avenir des ours.Enfin l’exposition se termine sur un espace plus restreint que les précédentsoù le muséum dévoile à travers des photos, des œuvres et des spécimensnaturalisés, des célèbres ours des collections du musée datant du XIXème et du XXème siècle. A la sortie de cette exposition temporaire, des plans« Parc’Ours » sont mis à la disposition des publics, les invitantainsi à prolonger la visite à travers le Jardin des Plantes pour découvrird’autres représentations d’ours. 

La force de cette exposition est sonaspect ludique. A travers le parcours beaucoup de manipulations, d’audiovisuelset de numériques sont à la disposition des visiteurs. De nombreux enfants setrouvent parmi eux et leur curiosité est assouvie grâce à tous ces dispositifsqui permettent de vivre l’expérience de visite autrement. Cependant pour unpublic plus averti, la question du contenu scientifique se pose. En effet, auvu de visiteurs de plus en plus en demande d’expériences au travers desexpositions, les textes ne sont-ils pas trop simplifiés au profit desdispositifs multimédias ? Ce parti pris de rendre l’exposition la plusludique possible a sans doute pour but d’attirer un jeune public et un publicfamilial, et le pari est très certainement réussi, mais on peut alors sedemander si cette volonté de divertir ne prend pas l’ascendant sur la dimensioncognitive originelle d’une exposition.

Denombreuses vidéos jalonnent le parcours et offrent au visiteur un supportdifférent que celui des textes pour obtenir des connaissances. Le documentaire« Le dessous des cartes - Des ours et des hommes » permet de faireune parenthèse pour réfléchir aux problèmes que rencontrent les ours au contactde notre espèce. Cette vidéo est d’ailleurs présentée dans un espace spécifiquepour séparer les publics de l’exposition, le temps du visionnage.

Lesdispositifs interactifs illustrent le discours de l’exposition en mettant àcontribution le visiteur. Ainsi lorsque le phénomène d’hibernation est expliquédans la première partie du parcours, le visiteur a la possibilité de ressentirla chaleur produite par le corps de la marmotte et de l’ours avant et pendantl’hibernation. Il n’y a qu’à poser sa main sur les empreintes pour sentir lavariation de chaleur de ces animaux. 

Dans la partie consacrée aux relations entre les hommeset les ours, deux dispositifs retiennent l’attentions des publics. La premièreest un écran tactile représentant une zone de fouilles. Le visiteur est invité àfrotter l’écran avec son doigt pour trouver dans le sol fictif des ossementsd’ours. Une fois la fouille terminée, il est possible d’avoir plusd’informations sur ces « découvertes » avec ce même écran tactile. Laseconde manipulation est en interaction avec le mur d’art pariétal. Desreprésentations d’ours sont visibles sur certains panneaux mais pour d’autresil faut utiliser une lampe mise à disposition afin d’éclairer des zones où lestraits des gravures ont été usés par le temps. Grâce à l’éclairage de la lampel’image de l’ours réapparait. 

Exemple de manipulation sur le mur pariétal © Océane Caby

L’exposition« Espèce d’Ours ! »est finalement très complète. Le visiteur peut interagir à la fois avec desobjets, des multimédias, des manipulations, des textes ou encore des schémastout en observant des animaux naturalisés.

Lecaractère ludique se décline à travers des dispositifs de manipulations,l’utilisation de l’audiovisuel, la scénographie et le parcours de l’exposition,la hiérarchie claire des textes ou encore l’éclairage. Tous ces éléments fontde la visite une expérience dynamique qui interpelle les publics.

                                                                                                                                                                   Océane Caby

#Ours

#Muséumd'HistoireNaturelle

#Ludique

                                              

Pour en savoir plus :

http://www.mnhn.fr/fr/visitez/agenda/exposition/especes-ours

Exposition itinérante du Museum de Toulouse :

http://www.museum.toulouse.fr/ours-expo-itinerante

Fortuny, un Espagnol à Venise ?

Du 4 octobre 2017 au 7 janvier 2018, se tient l'exposition Fortuny, un espagnol à Venise au Musée de la mode de la ville de Paris dans le palais Galliera.

© Brenda Seck

Du 4 octobre 2017 au 7 janvier 2018, se tient l'exposition Fortuny, un espagnol à Venise au Musée de la mode de la ville de Paris dans le palais Galliera. Elle clôt un cycle sur l'Espagne dont font aussi partie les expositions Balenciaga, l'oeuvre au noir et Costumes espagnols, entre ombre et lumière.

Mariano Fortuny (1871-1949) est qualifié de « magicien », et pour cause, il est à la fois photographe, peintre, graveur, collectionneur, scénographe pour le théâtre et inventeur de techniques utiles à son travail de couturier. Sur ce dernier point, une part de mystère flotte car on ne sait toujours pas reproduire les plissés de la robe Delphos, par exemple, à qui Fortuny SRL rend hommage dans la robe rose (voir photo).

Le titre de l'exposition, Fortuny, un espagnol à Venise et le cycle sur l'Espagne lancé par le musée laissent-ils à penser que je vais apprendre comment vivait Fortuny en Espagne ? Est-ce qu'on va me donner à voir son voyage, son déplacement jusqu'à Venise, en passant par Paris et son contact avec la ville et ses habitants ? Je me doute que cette exposition est plus ambitieuse : le site internet du Musée la présente plutôt comme une rétrospective.

Fortuny à Venise

Dans la première pièce, une présentation générale de Mariano Fortuny nous montre son lien de sang avec la peinture, ses travaux en scénographie et en gravure qui expliquent son attrait pour la lumière. Sont également exposés ici, sa collection de peintures et de tissus anciens, venus de Byzance notamment, ainsi que son lieu de vie par le biais de photographies. L'une d'elle en particulier représente l'intérieur du Palais Orfei-Pesaro, à Venise où l'artiste s'établit. Des tissus lourds à gros motifs sont aux murs, sur lesquelles sont disposés des tableaux, des objets de collections et des meubles viennent parfaire ce décor pompeux, d'influence orientale.

Je perçois comment la scénographie reprend cette atmosphère : des photographies et même des tenues, disposées à la verticale à la manière de tableaux, sont accrochés sur des murs bleus imitant ça et là des tissus orientaux. La scénographie permet ici de contextualiser, de donner l'esprit d'un lieu et de la personne qui a vécu à l'intérieur. Dans la partie suivante, dédiée à l'influence de la Grèce, les robes semblent d'ailleurs être dans des armoires vitrées. Enfin, un somptueux canapé au bout de la pièce attend le visiteur qui peut vivre une immersion chez Fortuny, en écoutant un peu de musique classique diffusée dans les casques. Cette contextualisation bienvenue n’était guère annoncée par la sobriété de l'affiche qui, mettait en valeur le côté atemporel des robes de Fortuny.

 

© Brenda Seck

Des tenues sacralisées

La tendance, ces dernières années, est d'exposer les tenues sans vitre. Cette technique, risquée pour la conservation de la plupart des pièces, a cependant l'avantage d'être plus proche du public. Ici, ce n'est pas le parti-pris choisi bien que les principes d'exposition des vêtements soit très divers (mannequiné, plié, sur cintre, à plat à l'horizontale ou à la verticale comme on l'a vu plus haut) et on a cherché, au contraire, pour les pièces majeures de Fortuny, à les sacraliser. Elles sont alors sur un haut piédestal. Cela présente l'avantage que n'ont pas toutes les expositions présentant des costumes, d'avoir des cartels à hauteur des yeux ce qui évite de se baisser.

Ce point de vue en contre-plongée permet également de mieux comprendre l'importance de la lumière dans le travail de Fortuny. Les différentes matières, influences byzantines, plis et impressions à base de poudres métalliques sur velours sont ainsi mis en valeur mais que de reflets dans les vitres ! Le site de Galliera parle « d'atmosphère miroitante » et, après avoir essayé de prendre des photos dans tous les angles de vue, je comprends tout à fait l'idée.

© Brenda Seck

Une rétrospective ?

Le génie technique de Fortuny est donc bien mis en valeur, le côté atemporel des robes aussi avec des photos et des vidéos montrant la célèbre robe Delphos crée en 1909 et portée jusque dans les années 1960, sans compter les hommages faits par les grands couturiers de nos jours. Le voyage est évoqué par les influences de Fortuny (Grèce classique, Renaissance, Orient) et sa renommée, notamment auprès de grandes clientes parisiennes comme la comtesse Greffülhe.

« (…) on dit qu'un artiste de Venise, Fortuny, a retrouvé le secret de (la fabrication des étoffes merveilleuses de Venise) et qu'avant quelques années les femmes pourront se promener, et surtout rester chez elles dans des brocarts aussi magnifiques que ceux que Venise ornait, pour ses patriciennes, avec des dessins d'Orient. »

Propos de Elstir, dans À l'ombre des jeunes filles en fleur, Marcel Proust

L'Espagne n'est pas du tout mise à l'honneur, à part dans le titre de l'exposition. Les origines de Fortuny sont un prétexte pour le faire entrer dans la programmation du palais. Soit, mais pourquoi l'avoir mis dans le titre ? L'exposition montre les occupations et les travaux de Fortuny, ainsi que là où il vivait, mais sa personnalité n'est, finalement, pas vraiment mise en avant et l’exposition n’évite pas quelques digressions sur la tendance générale à l'antique du début du XXème siècle et tout une pièce consacrée à Babani, un couturier avec qui l'atelier de Fortuny a collaboré, comme il l'a fait pour Paul Poiret.

Malgré ces quelques points, j'ai passé un bon moment dans l'exposition. Les costumes sublimés et l'atmosphère très esthétique m'ont permis d'être immergée dans le monde de Fortuny. Les principaux enjeux de son atelier ont été assimilés avec plaisir.

Louison Roussel

#ExpoFortuny

#palaisgalliera


Pour en savoir plus :

http://www.palaisgalliera.paris.fr/fr/expositions/fortuny-un-espagnol-venise

L'extraordinaire voyage au Musée de la Chasse et la Nature

Je vais vous conter un voyage merveilleux. L’inattendue, la déroutante, l’improbable épopée d’une visite au Musée de la Chasse et de la Nature. Caché au détour d’une rue pavée lutécienne, un hôtel particulier du XVIIe siècle abrite l’univers incroyable du Musée de la Chasse et de la Nature.

Si un jour, muni de votre boussole, vous parvenez à pénétrer dans le musée par sa lourde porte,laissez-moi vous prévenir… Le Musée de la Chasse et de la Naturene ressemble pas à ce que vous imaginez.Ce que vous y trouverez ne ressemble à aucun autre lieu.

Vue d’ambiance, Musée de la Chasse et de la Nature 

© A.H.

Après avoir gravi les vastes marches de l’hôtel, c’est par la Salle du sanglier que je pénètre dans le musée. Visiblement maître des lieux, l’animal, de son air peu commode, nous reçoit. Parquet d’origine, tapisseries moyenâgeuses aux scènes de chasses,boiseries d’antan, lourds rideaux de velours et mobilier daté, je découvre uneà une les mystérieuses salles du musée.

Tantôt vastes, puis sombres et étriqués, les différents espaces donnent à découvrir autant d’univers qu’il y a de pièces. Dehors, il fait nuit. Le calme environnant laisse place à des sursauts provoqués par la rencontre impromptue avec un loup qui s’était caché derrière une vitrine, ou par un tête-à-tête indésiré avec une chimère diabolique.

Fumées de licorne, 

Sophie Lecomte, 2006 

© Sophie Lecomte

Un léger cliquetis aquatique m’amène à me diriger vers une ouverture reculée. Après un bref instant d’hésitation – pour ne pas dire d’appréhension –, j’ose m’aventurer dans ce sombre recoin. Oh ! Me voici dans le Cabinet de la Licorne. « QUOI ?! Les licornes existent vraiment ? » Comme il est amusant de constater que le musée est parvenu à insuffler en moi ne serait-ce qu’une demi-seconde le doute quant à l’existence des licornes. Une douce lumière nimbe un corps chimérique figé en apesanteur dans une vitrine. Puis le cabinet m’amène à découvrir une multitude de reliques et d’objets associés à l’animal fantastique. Déposés dans de ravissantes vitrines, de fragiles œufs de licorne et des archives de journaux viennent attester l’existence de l’animal.

Un autre animal anime notre imaginaire collectif depuis des siècles. Le loup. Ses yeux brillent dans la pénombre de la pièce. Cet autre cabinet propose aux curieux de découvrir l’animal sous tous les angles. Un meuble à tiroirs, vitrines et panneaux amovibles regorge de curiosités qui nécessitent de tirer, ouvrir, soulever pour être découvertes. A l’intérieur des panneaux coulissants, des dessins contemporains aux représentations de loup. Derrière un battant amovible, deux petits souliers de céramique glaçurée rouge mettent au jour la férocité du prédateur du Chaperon Rouge. Dans un premier tiroir, la louve romaine : monnaie utilisée au IVe siècle. Dans le second,la fable de La Fontaine : Le loup et la cigogne. Dans le troisième, du caca de loup. Au moment d’ouvrir le plus grand tiroir, des limaces d’appréhension parcourent mon estomac. « Que vais-je découvrir dans celui-ci ? »,me dis-je. Une énorme masse sombre et informe me fait refermer le tiroir aussitôt. Sa fermeture brutale provoque le tremblement du « collier de chien pour la chasse au loup » exposé dans la vitrine juste au-dessus.  

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »  

©A.H.

Dans les autres salles, disséminées ça-et-là parmi les marcassins naturalisés et les tableaux de chasse à courre, se dressent de fabuleuses créatures sans queue ni tête. Des plumes aux reflets profonds et chatoyants sont assemblées en des formes organiques. Vivantes ? Endormies ? Que cachent ces corps oniriques et ondulants ?  

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » demande une visiteuse à l’agent de surveillance en pointant du doigt l’une d’entre-elles,disposée entre deux canards col-vert. Ça, ce sont les sculptures chimériques de Kate MccQwire. Emprisonnées dans leur écrin de verre, elles semblent endormies.Découverts à la Galerie Particulière il y a quelques années, ces êtres imaginaires me font totalement succomber. Leur exposition au sein du Musée de la Chasse et de la Nature leur confère une dimension dramatique autant que poétique dans un lieu qui ne cesse d’interroger notre rapport à l’animal, à la mort et au lien puissant qui unit l’homme à la Nature.


Kate MccGwire au Musée de la Chasse et de la Nature, © A.H.

Un nombre insoupçonné d’autres merveilles est dissimulé dans le Muséequi marie avec excellence diverses typologies d’objet sans ne jamais ni les classer, ni les hiérarchiser ; mais c’est à vous désormais d’aller les découvrir. Ouvrez l’œil !

Bon voyage.

Anne Hauguel

Musée de laChasse et de la Nature

62, rue des Archives 75003 Paris

L’exposition Kate MccGwire au Musée de la Chasse et de la Nature est désormais terminée, mais le musée a l’habitude de faire intervenir des artistes contemporains pour dialoguer avec les collections. Les expositions temporaires y sont nombreuses et fréquentes. Chaque intervention artistique donne lieu à un don au musée, constituant progressivement un fonds d’arts contemporain. L’offre du Musée de la Chasse et de la Nature est variée (conférences,concerts, projections, nocturnes les mercredis jusqu’à 21h,…)

En ce moment, retrouvez y l’artiste Julien Salaud qui expose jusqu’au 15 juinau musée.

Pour ensavoir plus : http://www.chassenature.org/

-KateMccGwire

http://www.katemccgwire.com/

-Sophie LeComte

http://www.lecomtesophie.org/index.html

-Julien Salaud

http://blog.julien-salaud.info/

#Expositions#MuséedelaChasseetdelaNature#ArtContemporain

L'infiniment petit désormais à portée de mains

Vous aviez un doute sur la vivacité des fourmis, leurorganisation, leur taille, leur nombre, leur mode de vie, leur reproduction,leur alimentation … ? L’exposition Mille Milliards de Fourmis duPalais de la découverte saura vous répondre. Elle a été inaugurée le 15 octobre2013 et fermera ses portes le 24 août 2014.

Quin’a jamais mis d’anti-fourmi au bord d’une fenêtre ou jouer les aventuriersexplorateurs en faisant un chemin de confiture à la fraise à la belle saison ?Nous sommes toujours subjugués par le monde du petit, de l’inconnu. Plus qu’unesimple exposition sur les fourmis, le Palais de la découverte rend accessiblece monde si petit et pourtant si grand, si familier et pourtant si méconnu.


Fourmis découpant une orange pour aller nourrir

les larves de la fourmilièreObservées à travers une loupe.

Crédits :  Léa PECCOT

Des fourmis vivantes sont présentées tout au long del’exposition. Des fourmilières entières sont recrées. Pourtant les concepteurssont allés plus loin. L’exposition se veut accessible à tous les publics. Lestextes sont courts, les termes simples et bien expliqués. Les caractères sontgrossis, les films sont traduits en Langue des Signes Françaises, les modulessont adaptés à la hauteur d’un fauteuil roulant. Accessibilité, donc.

Le public déficient visuel est sans doute le plus difficile àconquérir quand il s’agit d’observation. De nombreux schémas et maquettestactiles rendent palpable le monde des fourmis au public déficient visuel. Pource qui est des textes, le choix opéré est celui du braille. Il peut êtrediscuté et discutable. En effet, la proportion de personnes atteintes de cécitélisant le braille est plus que fine, elle avoisine à peine 1,3 % [1] et lespersonnes atteintes de cécité au cours de leur vie ont plus de difficultés àapprendre ce procédé de lecture. C’est donc une faible part de la populationqui est concernée et pourtant c’est un choix très judicieux, bien que coûteux. Onpeut certes se poser la question de savoir pourquoi privilégier autant unpublic si peu nombreux. Si peu de personnes lisent le braille, on observetoutefois dans l’exposition que nombreux sont les visiteurs, voyants, qui leremarquent et le touchent. Les voyants perçoivent très bien que le site où ilsse trouvent est réfléchi et adapté. Là, est toute la question del’accessibilité au public déficient visuel. Ce public peut être accompagné depersonnes voyantes pour une visite partagée.


Reproduction tactile de lieux dans la fourmilière :

le nidet le dépotoir.

Crédits :  Léa PECCOT

L’accent est donc mis sur le braille et plus largementsur le tactile. C’est encore une fois une réflexion en amont qui a conduit à cerésultat. Cette incorporation du tactile dans l’exposition est nécessaire pourle public déficient visuel et utile pour tous les autres. Des maquettes detoutes tailles et genres sont présentes dans cette exposition. Il en va de lareproduction d’une larve agrandie plusieurs dizaines de fois à la représentationdes organisations d’orientation qu’utilisent les fourmis. Ce ne sont donc pasuniquement des éléments morphologiques qui sont traduits en tactile mais aussides concepts à intégrer. C’est, il me semble ce qui fait toute la richesse etl’ingéniosité de cette exposition.


Texte en français, anglais, italien et braille.

Crédits :  Léa PECCOT

Cette exposition avant tout accessible au publicdéficient visuel, auditif ou encore à mobilité réduite est d’autant plus richepour les autres publics qu’ils soient jeunes, familiaux ou âgés. Tout le mondey trouve son compte et ressort agréablement surpris par les capacités de cesfourmis. Car si l’accessibilité formelle est surtout mise en avant, le contenuaussi a été travaillé. Les textes sont très abordables. Bien que leur taille soit réduite, les informations sont claires et simples et lestermes sont définis. Il y a donc eu un grand travail de recherche pour arriverà ce résultat.

A l’aune des restrictions budgétaires et d’obligationslégislatives en matière d’accessibilité, on constate que le Palais de ladécouverte avec ses milliers de milliards de fourmis réussit ce que l’onconsidère aujourd’hui comme un exploit mais, qui, bientôt, sera la norme.

Léa Peccot

Exposition temporaire au Palais de la découverte : 15/10/13 au 24/08/14

 Le montage de l'exposition

Présentation de l'exposition par la commissaire, Nathalie Puzenat

Article presse : RFI, Christophe Carmarans

#fourmis

#accessibilité

#PalaisdelaDécouverte

#exposition


[1] « 1 %environ des déficients visuels (22 000 personnes) ont appris le braille, dontmoins de la moitié (9 000 personnes) le pratiquent pour la lecture et moins dela moitié également (9 000 personnes) pour l'écriture. »

La bière exposée

La bière. Ce liquide aux teintes chaleureuses, au parfum enivrant, à la douce âpreté, aux reflets flous et aux calories infinies. A dire vrai, outre d’irréductibles frileux, elle semble mettre tout le monde d’accord.

© E. L.

« Il n’y a pas que la bière dans la vie, mais elle améliore tout le reste … »

Stephen Morris

La bière. Ce liquide aux teintes chaleureuses, au parfum enivrant, à la douce âpreté, aux reflets flous et aux calories infinies. A dire vrai, outre d’irréductibles frileux, elle semble mettre tout le monde d’accord. Cette boisson ancestrale qu’on dit créée par Dieu comme témoignage de son amour pour l’Homme a fait ses preuves depuis bien longtemps. Comment, à son évocation, ne pas se rappeler une soirée trop arrosée, une rencontre fortuite dans un bar, un artefact ponctuant les retrouvailles amicales voire, pour les plus chanceux, un rafraichissement apprécié à la cantine … ? Ne laissant personne indifférent, son omniprésence traduit son appréciation commune. Dès lors, comment pourrait-elle échapper aux musées ? Si certains l’exposent, l’exercice n’en est pas plus évident du simple fait qu’elle semble familière et proche. 

© E. L.

Des angles d’approches fréquents

« Les soûlards, au cabaret, ils causent, s'écoutent, 

décapsulent des bières et des pensées. »

Gaël Faye, dans Petit Pays

En effet, le thème même sollicite les souvenirs d’expériences propres, ramène à des moments inédits, partagés ou solitaires, rappelle des réflexions animées ou divagantes. Cela, notamment, en fait naturellement un support privilégié pour l’ethnographie, l’anthropologie ou le traitement du patrimoine immatériel à travers sa consommation. Si dans l’événementiel autour de la bière se succèdent, aussi banalement qu’efficacement, maintes brasseries et dégustations, le musée a lui aussi du mal à s’extirper d’angles d’approches déjà exploités. Mais la bière et son utilisation, englobant mille et une problématiques et autant de secteurs –ivresse, religion, genre, écologie, économie, cosmétique, …-, se voient généralement réduites au prisme de son histoire et fabrication. A travers lui, une distance s’installe entre le public et ce breuvage qui semble finalement plein de mystère. Ce n’est pas pour refroidir les amateurs qui se montrent alors avides de connaissances et souhaitent les compléter ou parfaire leurs expériences prochaines. Aussi, ce regard sur son évolution et sa mise en œuvre peut être adjoint de découvertes savoureuses en début ou fin de visite, le public étant amené à apprécier l’infime partie d’un panel de bières que l’on sait bien plus nombreuses.

Visitons donc trois musées de la bière.

© E. L.

Un musée européen de la Bière, le Musée de Stenay

« La plus grande invention de l'histoire de l'humanité est sans aucun doute la bière.

Oh, je vous accorde que la roue est elle aussi une belle invention,

mais elle n'accompagne pas aussi bien une pizza. »

Dave Barry

Il est intéressant de constater que le Musée européen de la Bière qu’est le musée de Stenay, créé en 1986, propose lui aussi une approche historique, qu’il s’agisse de présenter la fabrication de la bière ou sa communication publicitaire, permettant cependant d’aborder les thématiques de la convivialité, de la femme, des approches sociologiques …, et ce au prix de 5€ par personne. Si cet angle d’attaque est aujourd’hui très répandu, il s’agit peut-être du musée le plus légitime à l’aborder. Cela découle en partie du fait que l’initiative de sa création vient d’un regroupement d’archéologues stenaysien au nom explicite : le « Groupement Archéologique ». Sont alors présentés, au rez-de-chaussée, le bâtiment et son investigation en tant que musée de la bière. A l’étage, l’exposition débute par un rapide et sensoriel parcours sur ses ingrédients et leur place dans le processus de fabrication. Pour le reste sont présentés ses différentes techniques et matériaux ainsi que leur évolution au cours du temps. Le tout aboutit, en fin de visite, à une exposition temporaire voire une dégustation à la Taverne associée au musée. D’importants et pertinents dispositifs de médiation sont mis en place, témoignage d’une véritable démarche non-négligeable. Le musée s’adresse de manière privilégiée aux scolaires de tous âges en leur proposant des ateliers ludiques sur les constituants tels que les épices, ou encore des ateliers autour de la prévention. Il est à noter que la visite guidée, optionnelle, est un véritable avantage et permet de mieux appréhender les discours du circuit muséal tout en les agrémentant d’informations supplémentaires.

© E. L.

Bière qui mousse amasse foule

« La fermentation et la civilisation sont inséparables. »

John Ciardi

Evidemment, de son côté la Belgique peut se targuer d’avoir à son compte de multiples Biermuseums. Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion d’entendre un belge s’exclamer fièrement « Ah ça, en matière de bière et de chocolat, on a un bel assortiment ! ». Bière et chocolat, un duo à la mode dans les dégustations. Il devient nécessaire de mettre en exergue cette spécificité aux multiples expressions. Malgré tout, l’engouement naturel pour ce breuvage peut-il amener à survoler avec une certaine facilité ? Le Belgian Beer Musuem de Bruxelles peut laisser perplexe. Idéalement situé au bord de la Grande Place, dans un quartier éminemment touristique, il propose un espace très réduit au-delà d’une belle devanture. Celui-ci se divise principalement en deux parties. La première sert d’espace de dégustation dans lequel règne en maître l’association de brasseurs. La seconde est un espace d’exposition où sont succinctement abordées les questions de fabrication (par le biais de suspensions murales explicatives) et d’histoire et distinctions de bières (par le biais d’une projection filmographique au support écrit en trois langues, dans des tailles de caractère et couleurs différentes pour chaque mot, rendant la lecture périlleuse). L’entrée comprend la dégustation finale de la bière du musée à table, dont les propriétaires ont d’ailleurs du mal à parler, si ce n’est préciser qu’elle est blonde. L’exposition devient-elle prétexte, sachant que « bière qui mousse amasse foule » ? Qu’en est-il du but non-lucratif des musées ? Si certains se contentent de cette présentation au coût de 5€ (même prix d’entrée que celui du musée de la bière de Stenay …) en profitant pleinement de leur séjour bruxellois, la majorité du public se sent lésée et en garde un goût amer venant accentuer celui du rafraîchissement.

© E. L.

Une vision plus polymorphe

« La philosophie et la bière c'est la même chose. 

Consommées, elles modifient toutes les perceptions que nous avons du monde. »

Dominique-Joël Beaupré

Certains musées, comme le Biermuseum de Bruges, s’écartent cependant de ces chemins tous tracés. Profitant lui aussi d’une position géographique avantageuse en plus d’un thème évocateur, il ne néglige cependant pas son contenu. Il est tout-de-même à noter que le lieu, exploitant plusieurs étages, dispose également d’un bar au-dessous des étages d’exposition. Aussi, s’il est possible de visiter le musée avec (15€ l’entrée comprenant 3 « tastings » de 15cl) ou sans forfait dégustation (9€), il n’est cependant pas nécessaire de faire la visite pour accéder à l’espace comptoir. Toujours est-il qu’ici, les séquences de l’exposition permanente sont variées et permettent une vision plus riche. Evidemment, la fabrication et les matériaux sont abordés, mais également la place de la femme, le rapport à la nourriture, les distinctions de productions, ainsi que bien d’autres approches. Le parcours est moins limité au niveau des catégories (bien que l’exhaustivité soit inconcevable) en plus d’être particulièrement ludique. Une tablette à réalité augmentée et son casque sont mis à disposition du visiteur pour l’accompagner dans sa visite. Celui-ci doit fixer des expôts pour que des éléments explicatifs s’affichent sur son écran. Globalement, il peut choisir d’approcher un sujet par le biais de l’image, du son, ou du texte, pouvant même combiner ces trois médias. Vingt petits quizz sont également présents dans le parcours, parfois évidents, parfois plus dissimulés, invitant le public à un véritable jeu basé sur des questions de connaissances incongrues sur le thème de la bière. La densité d’informations, pour une exposition aux intentions d’envergure, a néanmoins tendance à épuiser le visiteur qui peut finir par délaisser son support multimédia et perdre le reste des contenus. 

© E. L.

« Il n'y a pas de mauvaise bière. Certaines ont simplement meilleur goût que d'autres. » Billy Carter

Les expositions permanentes ne sont pas les seules à s’attarder sur ce sujet. Si elles ont tendances à l’approcher bien souvent de la même manière, les expositions temporaires, elles, peuvent prendre de la distance vis-à-vis de ces carcans. Les lectures nouvelles et innovantes y trouvent peut-être plus facilement leurs places. L’exposition temporaire « Bistrot ! De Baudelaire à Picasso », de la Cité du Vin à Bordeaux, présente des œuvres artistiques plutôt que des expôts ethnographiques pour traiter les boissons à travers leurs dimensions sociales, sociétales, anthropologiques, … A quand une exposition sur la bière qui assume ces croisements ? Le renouvellement initié de regard n’en est encore qu’à ses débuts, et il est à espérer d’autres investigations à l’avenir. Comme celles que va proposer une programmation autour de de la bière réalisée en partenariat entre le Master MEM et le musée de la Chartreuse de Douai par exemple … 

Emeline Larroudé

#Bière

#Patrimoineimmatériel

#Belgique

#MuséedelaChartreuse

La mécanisme d’Anticythère a son médiateur particulier

Un outil spécial pour un objet spécial

L'outil de médiation © M. T.

Le mécanisme d’Anticythère, ça ne vous dit rien ? Votre esprit se remplit d’un grand point d’interrogation ? Si je vous précise qu’il s’agit d’un mécanisme de calculs scientifiques tout droit venu de l’an 87 avant Jésus-Christ, vous commencez à prendre peur ? Et si je vous propose de vous l’expliquer, en tenant compte des aspects historiques, scientifiques, astronomiques et mécaniques, ça vous tente ? Non, et c’est normal. Il est toujours un peu effrayant de tomber nez à nez avec une machine inconnue au nom compliqué dont l’aspect à tendance à vous faire croire que vous ne pourrez jamais la comprendre. Et pourtant, il existe l’outil de médiation parfait pour nous aider à percer les secrets de la machine d’Anticythère, ou du moins essayer.

 

Cet objet se situait, au deuxième étage du Musée des Arts et Métiers de Paris. À la sortie de l’ascenseur, nous arrivions face à un espace dont l’ambiance mystérieuse nous attire instantanément. Cet espace apparait comme une mini exposition avec sa propre scénographie. En effet, ce petit objet possède à lui seul, un titre, un chapeau introductif, des vidéos, un écran tactile avec des informations scientifiques (en différentes langues), un outil assez particulier dont le principe va vous être dévoilé dans la suite de l'article, et un panneau final avec la liste des crédits, les partenaires, etc. Il est rare qu’un unique objet possède tous les éléments d’une grande exposition pour lui seul. Même la Joconde ne bénéficie pas d’un tel étalage. En soi, toute cette scénographie est plutôt intrigante. Mais nous sommes tout de suite attirés par cet appareil, scindé en trois parties : une vitrine avec une caméra mobile qui tourne autour du fameux mécanisme d’Anticythère, un écran de contrôle, et un écran qui retransmet en direct les mouvements de cette caméra.

Le principe de l’outil

    Le tableau de bord pour activer les mouvements de la caméra et l’écran qui retranscrit en direct les images. © M. T.

La vitrine est encastrée, l’objet n’est visible que par une seule face, et son support est assez conséquent. En effet il est maintenu dans un bloc rectangulaire qui n’aide pas à le rendre visible. Cela est certainement dû à des problèmes de conservation et de fragilité. Mais pour rendre cet objet plus accessible, en terme de lisibilité, un système de caméra mobile a été installée, elle circule sur deux plans : elle tourne autour de l’objet sur un axe horizontal, mais aussi sur un axe vertical.

Les images de la caméra sont retranscrites en direct sur un écran à côté de la vitrine. Une table de contrôle est à disposition du visiteur en dessous de la vitrine : elle permet de faire pivoter la caméra. Six positions sont préenregistrées, ce sont les plus intéressantes au niveau de l’observation de l’objet. Mais le visiteur peut aussi faire pivoter librement la caméra en utilisant la sphère sur l’écran tactile. Il peut aussi activer un zoom, pour observer les nombreux détails de l’objet, mais celui-ci étant numérique, la qualité n’est pas excellente.

Un petit élément vient tout de même perturber la lecture de l’objet, il s’agit d’engrenages qui viennent se dessiner sur la face visible de la vitrine. L’objet étant déjà petit et le mécanisme de la caméra assez gros, on ne comprend pas pourquoi des roues crantées viennent s’installer dans le champ de vision. Cet élément uniquement décoratif n’apporte rien et trouble la compréhension de l’objet pendant un instant.

Un outil de médiation stratégique

En soi, cet outil ne diffuse pas d’informations, il permet juste de constater les prouesses techniques et l’esthétique de l’objet. Mais surtout, il éveille la curiosité. En effet, une fois que l’on s’est bien amusé avec, on se demande quand même à qui est destiné cet objet et quel est son rôle : il éveille la curiosité. Il permet une autre forme de médiation avec les autres supports de l’espace. On peut donc apprendre avec plaisir que ce minuscule objet est le plus ancien mécanisme à cran que l’on ait trouvé et que c’est un mécanisme de calcul qui se base sur l’année solaire et l’année lunaire égyptienne. Il traduit un phénomène cyclique en prenant le mouvement des astres comme fondement. Le mécanisme d’Anticythère est « la synthèse des connaissances astronomiques et du savoir-faire mécanique de son époque ». Ainsi nous pouvons aussi apprendre ses 16 fonctions. On peut se demander pourquoi l’écran et la vitrine ne sont pas côte à côte, ce qui oblige à ne regarder que l’un ou l’autre, mais cela a aussi un autre intérêt : ceux qui ne sont pas attirés par le fait de manipuler le tableau de contrôle peuvent quand même suivre l’action et découvrir l’objet en restant à une certaine distance.

Cet outil de médiation est donc intéressant car il  valorise l’esthétisme et la technique, par le biais de la technologie, pour susciter chez le visiteur une curiosité favorisant l’envie de découvrir cet objet. L’espace dans lequel il est présenté résulte d’un partenariat entre la Fondation nationale de la recherche scientifique hellénique, le Musée national archéologique d’Athènes, le projet de recherches sur le Mécanisme d’Anticythère et la manufacture horlogère Hublot de Genève. Il a également été placé sous la tutelle de la délégation permanente de la Grèce auprès de l’Unesco.

Mélanie TOURNAIRE

Des infos sur l'expo et sur l'intrigante machine ici

La Nuit met nos sens en éveil !

L’exposition La Nuit qui setient jusqu’au 03 novembre 2014 au Muséum National d’Histoire Naturelle à Parisvous a déjà été présentée sur ceblog en août 2014 (Cliquez ici !). Ce précédent article  a été l’une de mes motivations pour aller voircette exposition : traverser des forêts peuplées d’animaux avant derencontrer les monstres qui hantaient les nuits de mon enfance, beauprogramme ! Mais La Nuit estplus qu’une déambulation au sein d’un parcours muséographique. Tous nos sens semettent en éveil grâce aux dispositifs de médiation qui nous sont proposés.

L’exposition se trouve en rez-de-chaussée et plus nous descendons lesmarches, plus nous avançons dans la pénombre de la nuit noire. Ce choix scénographiqueapparait évidemment de circonstance, mais il est plus qu’un simple écho autitre de l’exposition. L’obscurité nous happe et met directement nos sens enalerte : nos yeux sont forcés de s’habituer à cet éclairage particulier,nous acceptons de nous plonger dans l’obscurité.

Dès la première partie de l’exposition notre toucher est sollicité :c’est une météorite qui s’offre à nos doigts. Difficile de voir à quoi elleressemble précisément mais nous découvrons vite deux ressentis différents. Unepartie est lisse, l’autre plus granuleuse. Ces expériences tactiles nous serontproposées à plusieurs reprises au sein du parcours muséographique, notammentlorsque nous traverserons la nature sauvage. Le toucher nous permet ainsi desavoir quel animal nous avons en face de nous ou, au contraire, celui que noussuivons à la trace.

Nos autres sens sont sollicités à des moments précis de l’exposition dansdes maisonnettes nous proposant plusieurs expériences. Nous sommes ainsitotalement immergés dans la nuit : ce que l’on voit, les sons que l’on entend,les odeurs qui nous parviennent. Le goût n’est pas évoqué ? Qu’à cela netienne, d’autres expériences si coutumières aux animaux nous attendent pournous dérouter.


Dispositif de vision thermique - © Albc

L’intérêt de ces dispositifs est aussi qu’ils nous permettent de nousglisser un instant dans la peau d’un animal. Si pour nous un paysage estquasiment noir, en regardant à travers trois lunettes nous voyons que lesperceptions du chat, du rat ou de la chouette sont toutes différentes. De même,la partie sur le sixième sens nous permet d’essayer de nous repérer comme leserpent le fait grâce à la vision thermique. Vous ne verrez plus les amis quivous accompagnent à cette exposition de la même façon ! 

Et bien entendu nous pouvons mettre à l’épreuve nos propre sens :vous n’entendrez peut-être jamais plus un papillon d’une façon aussiaudible ! Vous saurez désormais de quelles fleurs proviennent les odeursqui nous montent au nez quand on se promène dans la nuit.


Dispositif utilisant l'odorat - © Albc

Tous les sens en éveil, nous explorons avec plaisir et curiosité ce monded’obscurité, prêts à nous émerveiller, à être étonnés par cet univers parfoiseffrayant. L’esprit alerte et disponible nous appréhendons la nuit d’un pointde vue scientifique et ludique. Chacun se laisse porter par cette exposition oùl’on apprend sans s’en rendre compte.

Comme l’écrit un visiteur dans le livre d’or : « Une expo qui ne nuit pas ! »

Aénora Le Belleguic-Chassagne

Pour en savoir plus :

 - Lien vers le site internet de l'exposition

- Découvrez l'exposition au Forum départemental des Sciences de Villeneuve D'Ascq à partir d'avril 2015

#sciences

#expériences#sens

Le DD, ça vous parle ?

Enerlya, la maison des EnergiesRenouvelables est un centre d’interprétation dont l’objectif est lasensibilisation au Développement Durable. Quésako? Le développement durable consisteen plusieurs objectifs : l’équité sociale, l’efficacité économique et laqualité environnementale. À nous, citoyens, d’améliorer nos gestes du quotidienpour assurer un futur sain et durable profitable à l’environnement et parconséquent à l’humanité. 

© Enerlya, 2014

Un parcours scénographiépropose de découvrir les diverses énergies renouvelables : le soleil,l’eau, le vent, la chaleur de la terre et la biomasse sèche. Avant la visite,un film ludique sur les énergies renouvelables et celles du futur est diffusédans la salle de cinéma. Les visiteurs découvrent ainsi le territoire vu duciel, les énergies et survolent même le parc éolien de la Haute Lys. Créé en2004, il représentait à cette époque le plus grand parc éolien de France enproduction électrique. En effet, sa production représentait 15% de laproduction d’électricité éolienne nationale ! La scénographie dispose debornes interactives permettant d’explorer les avantages des énergiesrenouvelables et de questionner nos savoirs à leur sujet. Des maquettes révèlentle fonctionnement de l’éolien, du photovoltaïque et de l’hydroélectricité. Uneautre partie concerne les matériaux bio-sourcés dans le cadre de rénovation etde construction de bâtiments. Tout au long du parcours, les visiteursperçoivent les clés d’un environnement sain et durable.

La maison des EnergiesRenouvelables est construite avec des matériaux durables. Il s’agit d’unbâtiment HQE (Haute Qualité Environnementale). Apprenez qu’elle se situe sur unancien site de stockage d’engrais chimiques ! Pari relevé en ce quiconcerne la décontamination d’un site hautement pollué. Sa structure est faited’épicéas finlandais en lamellés collés. Cette technique de coupe consiste enla découpe du bois dans la longueur du tronc permettant ainsi une réduction desvariations du bois et par conséquent favorise la stabilité du bâtiment. Lesmurs sont de verre pour laisser le soleil y pénétrer et réchauffer l’atmosphère.Des panneaux solaires photovoltaïques sont installés sur son toit et produisentde l’électricité qui est redistribuée sur le réseau national. Le visiteur peutprendre connaissance de la production d’électricité par mois grâce à cespanneaux au sein de la scénographie où des compteurs sont installés. Relevonségalement l’originalité de cette structure construite à cheval sur le fleuve del’Aa qui traverse l’atrium où se tient lors des festivals des expositions decréations originales issues ou non de matériaux de récupération.

© Enerlya, 2014

Des activitéspédagogiques et ludiques sont proposées au sein d’Enerlya afin d’instaurer lesgestes éco citoyens dans notre vie de tous les jours. Que ce soit laconstruction de carrousels solaires dans le but de démontrer l’efficacité durayonnement du soleil sur les cellules photovoltaïques, ou encore les jeux deplateau familiarisant les joueurs au tri sélectif de nos déchets, lesvisiteurs, petits et grands, gardent de leurs expériences une prise deconscience de leur environnement et des actions à mener pour le sauvegarder.

Enerlya, lamaison des Energies Renouvelables se situe à Fauquembergues, à 20 km ausud-ouest de Saint-Omer. L’équipe vous proposera également de parcourir leschemins du vent ou d’emprunter le sentier des faucons. Un bon grand bol d’airau cœur de la campagne audomaroise, il n’y a rien de tel pour apprécier lanature environnante! 

Katia Fournier

En savoir plus : 

http://www.enerlya.fr/

#Energies

#Développement Durable#Centre d’interprétation

Le robot voit-il ?

Après le monde du hip-hop et les friches industrielles, la Maison Folie de Wazemmes profitait d'un « Fantastic » élan pour nous faire découvrir l'univers de la science-fiction. Sobrement intitulée Science et Fiction, cette exposition, réalisée par la Cité des Sciences et de l'Industrie, en partenariat avec Ankama et Science Fiction Archives, nous proposait jusque mi-janvier un voyage initiatique aux portes de l'irréel.

Retour vers le futur !

© Imaginelf

L'exposition abordait le genre de manière très large, dans le but de faire dialoguer sciences et fiction. Pour les non-initiés à ces mondes remplis de robots, vaisseaux spatiaux et monstres en tous genres, pas de panique ! Si les fans y trouvaient leur compte, les novices n'étaient pas oubliés. Ainsi, en abordant des thèmes précis, le propos général n'était jamais noyé sous un trop-plein d'informations. Du rêve d'alunissage aux sociétés robotisées, le tout illustré par les incontournables du genre que sont les films Stargate, Star Wars ou encore Dune. L'exposition ne surprenait pas dans son discours et même si la partie sur la robotisation de nos sociétés et la multiplication des puces RFID (Radio Frequency Identification) se permettait d'être critique, ce n'est pas là qu'il fallait chercher la force de cette exposition. Mais alors où ?

C'est dans la scénographie que résidait le potentiel de Science et Fiction. Cela paraît évident pour un genre qui a toujours été soigneux de son esthétique (les costumes exposés en témoignent). La scénographie donc, était très travaillée et les jeux de lumière participaient astucieusement à l'immersion du visiteur. Obscurité des lieux, jeux d'ombres, éclairage particulier pour les cartels ; la lumière était un point fort de l'exposition. S'il fallait associer un sens à cette exposition c'est bien la vue qui était mise à l'honneur. Qu'en est-il alors des publics mal ou non-voyants ? C'est à cette question que répondait tout un ensemble d'outils de médiation adaptés à ce public.

© Gentlegeek

En effet, l'éventail des outils utilisés était large. Chose la plus commune peut être, la transcription des cartels en braille. Une grande partie des panneaux introductifs étaient traduits. Dispositif plus rare, le braille était toujours accompagné de motifs en relief qui figuraient les thèmes abordés : combinaison spatiale, fusée, planète, robot, etc. En plus de permettre une meilleure compréhension de l'exposition et d'appuyer les écrits en braille, ce dispositif rendait le lieu accessible à des personnes non voyantes qui ne liraient pas le braille. Ces motifs jouaient, bien sûr, sur les formes des objets et en particulier leurs contours mais aussi sur leur texture. En proposant différents « grains » en relief la représentation spatiale de l'objet était plus aisée. Cela permettait d'appréhender plus facilement les objets mais aussi leur échelle. Dès lors, ce dispositif d'écriture en trois dimensions, couplé aux ambiances sonores du lieu nous plongeait tout entier dans un univers futuriste. Notons que de nombreux visiteurs, qu'ils soient malvoyants ou non, se laissaient aller à cette expérience tactile.

Autre outil de cet ensemble : l'audio-description. L'exposition comportait de nombreuses vidéos. Et même si elle étaient toutes accompagnées d'une voix off, le côté technique de certaines pouvait être incompréhensible sans l'image. L'audiodescription jouait donc un rôle important dans le décryptage de ces vidéos. Elle permettait, par exemple, de mieux apprécier le contexte de chaque vidéo et son environnement. Plus que cela, ce dispositif faisait appel à des images, des représentations qui permettaient à l'individu de ne pas se limiter à une visite sonore des lieux.

Thibault Leonardis Maison Folie Wazemmes

Le rôle du parent au musée, Bébés animaux - du 14-03-13 au 11-06-14

Coproduite par l'Institut des Sciences Naturelles de Belgiqueet le Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse, Bébés animaux adapte lesconnaissances scientifiques sur le sujet aux 3-8 ans, et développe un éventailde dispositifs à visée pédagogique. Le postulat de l'exposition (énoncé sur lefascicule donné à l'entrée du museum) est le suivant : "[...] pour biencomprendre ces histoires [celles des naissances animales et de leur diversité],il faut les vivre!" Les outils pédagogiques se doivent donc d'éveillerl'enfant par une pluralité d'actions à entreprendre : imiter, jouer, toucher,regarder, interagir. L'écart entre la conception, le sens des outilsmuséographiques et leur utilisation par les enfants fait l'intérêt de cetteexposition. Dans cet intervalle perfectible émerge la question centrale du rôledu parent.

REGARDER / Séquencé en six parties visibles spatialementgrâce à un code couleur au sol et à des titres conséquents, le parcours del'exposition se déploie autour d'un axe médian constitué de vitrines. Cet outilmuséographique incontournable du musée des sciences naturelles est ici adapté àl'âge du public ciblé par ses dimensions et ses codes de lecture. Les vitrinessont composées d'une sculpture d'après nature du petit animal ; un cartelnotifie le nom et l'apparence (sous forme de silhouette) de l'animal adulte ;une planche de quatre dessins spécifie les conditions et les étapes de lanaissance, enfin, un court texte explicatif décliné en quatre langues(fr-nl-en-de) offre aux parents la matière nécessaire pour approfondir lesconnaissances de leur enfant. Ces vitrines permettent d'accéder rapidement à unnombre conséquents d'informations : la diversité des conditions et des étapesdes naissances animales, d'appréhender l'aspect physique de celui-ci petit etadulte et d'apprendre les toutes premières étapes de son développement. Lesvitrines sont pourtant désertées au profit d'autres modules plus ludiques.


Vitrines, la naissance, Bébés animaux, Muséum des Sciences naturelles, BruxellesCrédits : O.L

IMITER / Dans la première partie(Naissance), l'enfant peut imiter le papa crapaud portant les œufs sur son dos.Pour se faire, il a à sa disposition une ceinture à scratch munie d'un petitplateau en mousse sur lequel il pose des balles. Ainsi harnaché de sa"progéniture" l'enfant peut suivre un parcours et reproduire dans un cerclefigurant un sol de gravas le comportement du crapaud. L'idée plait aux parents,qui, s'ils ne vont pas jusqu'à se mettre accroupi et imiter le crapaud, tententde motiver leurs enfants plus intéressés à jouer avec les balles en mousse.

       INTERAGIR/ Les interfaces tactiles sont conçues par le Muséum des Sciences Naturelles deBruxelles. Elles sont utilisées à trois étapes différentes du parcours avec àchaque fois un objectif et un message précis. L'interface proposée dans laseconde partie du parcours (Menaces et protection) témoigne de la difficulté des'adresser à un public de jeunes enfants et de l'importance de l'accompagnementdes parents. Un écran tactile propose aux enfants de petites animations pourqu'ils prennent conscience des dangers et de la fragilité du monde animal.Après avoir choisi une langue, apparaît une série de silhouettes animalesdessinées. En sélectionnant l'animal de son choix, l'enfant se voit proposertrois visages : un souriant, un triste et un s'esclaffant. Dans la premièresituation le petit animal survit de manière réaliste à un danger qu'il peutrencontrer couramment dans la nature (grâce à la protection de ses parents...).Dans la seconde situation, le petit animal meurt suite à une menace (prédateurs,dangers liés à l'environnement...). Dans la troisième situation, l'animalsurvit à l'aide d'un objet. On passe ici d'un scénario réaliste à un scénariodont le ressort est le gag. Le mélange des genres sert-il le propos del'interface ? Il semble avoir pour but d'établir une frontière nécessaire entrel'imaginaire et le réel. Ces trois situations font sens les unes par rapportaux autres. Or, selon mes observations, l'enfant ne clique pas de lui même surle visage triste qui, pourtant, est central dans la démonstration qu'opèresubtilement l'interface tactile. L'outil pédagogique est à première vue adaptéau public des 3-8 ans mais nécessite la présence d'un adulte soumettant àl'enfant l'idée de cliquer sur ce visage triste.

Module photographique, Apprentissage,Bébés animaux, Muséum des Sciencesnaturelles, BruxellesCrédits :  O.L

L'efficacitéde la transmission des savoirs savamment distillés dans Bébés animauxserait augmentée considérablement si un livret d'accompagnement, par exemple,pouvait être distribué aux parents à l'entrée. Leur rôle semble hélassous-estimé dans cette intelligente et inventive exposition. Je garde unsouvenir ému d'un module permettant de nous prendre en photo en train d'imiterla posture ou la mimique d'un animal, j'étais tombée sur la chouette. Ici,l'interface permet une identification par le mime réunissant petit(s) etgrand(s).

Ophélie Laloy

Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique

Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse

Lien pour l'exposition 

Mallette pédagogique, brève de stage

En première année du Master Expographie Muséographie, j’ai effectué mon stage à Accustica à Reims en tant que chargée de mission pour la création d’une mallette pédagogique sur l’agriculture. Il a fallu concevoir le contenu, penser les objectifs des outils, prévoir leurs formes et leur faisabilité mais aussi acheter le matériel en lien avec la malle ainsi que des livres et des jeux pouvant l’accompagner. Il s’agit de donner les clés à l’emprunteur de la malle pour qu’il comprenne l’agriculture.

Accustica, un CCSTI, une association

Créée en2005, l'association Accustica est un Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CCSTI). Elle vise à promouvoir la culture scientifique en Champagne-Ardenne.Elle fut aussi nommée Pôle Territorial de Référence (PTR) en 2012 par le préfetde Région et le Président du Conseil régional. Par cette nomination, l'associationdoit animer le réseau régional des CSTI dans le respect de la diversité locale,proposer des formes de mutualisation et d’actions collectives et inscrire lapolitique d'action culturelle régionale dans un projet global national pilotépar Universcience.Les missions d'Accustica

- Rendre accessible au plus grand nombre les Sciences et les Techniques : enfants des écoles primaires, collégiens, lycéens, étudiants du supérieur et grand public.

- Favoriser la création et la diffusion d'outils de médiation et d'expositions itinérantes pour les professionnels et les amateurs de science.

- Mettre en place de nombreuses actions avec l'ensemble de ses partenaires, comme par exemple la Fête de la Science, organiser des conférences scientifiques et des visites d'industries ainsi qu'organiser des rencontres entre scientifiques et grand public (cafés des sciences, spectacles, portes ouvertes, Exposciences, Classes en Fac).

- Mettre en œuvre une politique globale de culture scientifique et technique en région Champagne-Ardenne en créant un réseau qui regroupe tous les acteurs locaux de la Culture Scientifique, Technique et Industrielle (industriels, laboratoires de recherche publics et privés, collectivités territoriales, milieux éducatifs, monde culturel et associatif,...), pour permettre une meilleure diffusion de cette culture scientifique, technique et industrielle sur l'ensemble du territoire régional.Ma mission de chargée de médiation

J’avaispour mission de créer une Malle Doc sur le thème de l’agriculture, intitulée :« Agriculture, ne nous plantonspas ! ». Elle est composée de cinq outils pédagogiques. L’un desoutils représentatifs de cette mallette, le « Quisuis-je » est un jeu qui consiste à deviner le nom d'une plante par lebiais d'une courte biographie, d'une vingtaine de lignes, énoncée par l'animateur.Celle-ci commence toujours par des indices difficiles, puis de plus en plusfaciles, de telle sorte que s'il est en général difficile de donner la réponseau début, tout le monde est susceptible de trouver la réponse à la fin del'énoncé. Le candidat gagne de 4 points à 1 point selon la rapidité de saréponse. Les habitués de Question pour un champion connaissent le principe…

Je vouspropose de tester une énigme :

Qui suis-je ?

A. Originaire d’Amérique du Nord, jefais partie de la famille des astéracées. Je mesure en moyenne 1 à 2 mètres dehaut mais je peux atteindre jusqu’à 4 mètres de hauteur. Apparu il y a 8 000ans, les Amérindiens m’utilisaient pour se nourrir et se soigner. On m’appelaitsouvent hélianthe. Plante héliotrope et oléagineuse, mes lignées sont soitmâles, soit femelles.

B. Mon cycle végétatif dure entre 120et 160 jours. On me sème quand le sol atteint 8°C minimum. Durant magermination, les feuilles sont tournées vers le soleil pour permettre unecroissance rapide. Je suis composé d’un capitule formé de petites fleurs dontles pétales sont serrés les uns contre les autres. Ma pollinisation est faitepar zoogamie, essentiellement par les abeilles.

C. Je suis l’une des trois huilesalimentaires la plus consommée en Europe. En France, ma culture s’estdéveloppée à partir des années 1970. En Champagne Ardenne, je couvre environ 22000 hectares. Je peux être utilisée aussi comme agrocarburant dans les voituresdiesel. On m'utilise aussi en infusion pour calmer les troubles inflammatoires.

D. Mes graines sont utilisées pournourrir les oiseaux de volières, notamment les perroquets et les oiseaux dejardins ou encore les granivores tels que les mésanges. On me consomme en huileou en margarine pour faire cuire et assaisonner les aliments mais on peut aussime manger sous forme de pipes, qui est le nom donné à mes graines salées. Onm’appelle aussi grand-soleil, soleil des jardins ou encore graine à perroquetcar dès que je fleuris, ma fleur se tourne vers le soleil tout au long de lajournée.

La conception d’un outilpédagogique n’est pas facile : le contenant comme le contenu, à la foisludique et pédagogique, donneront-ils envie d'utiliser l'outil et de comprendrele message que fait passer cette activité ? Tel est le défi.

Avez-voustrouvé ?

Si non,j’espère que vous avez appris des informations sur cette plante.

Si oui,bravo vous devez être un as de l’agriculture, j’espère que vous avez appréciéles explications pour la conception d’outils pédagogiques simples.

Voici laréponse : 

L'une des fiches du jeu "Qui suis-je ?" - © Ludivine Perard

LudivinePerard

#science# brève de stage # mallette pédagogique

Pouraller plus loin : 

http://www.accustica.org/

Mmmmmmmmh !

Qui a dit que les écuries dégageaient une odeur pestilentielle ? En tout cas, ce ne sont pas les participants de « L’atelier des parfums » qui vous le diront.

Trois temps, deux dynamiques


Crédits : Virginie Potdevin

L’atelier est rythmé par trois temps ce qui permet de varier les activités et de garder l’attention des petits comme des grands.En entrant, des tables rondes présentent des mouillettes contenues dans des flacons. Chaque personne est donc invitée à reconnaître les odeurs de diverses huiles essentielles grâce à l’odorat. Cependant, la vue n’est pas en reste car les feuilles séchées au centre des tables sont de précieux indices, pouvant mener sur le chemin de la réponse que l’on obtient en soulevant un cartel. Ce temps, qui permet à la fois de déambuler dans l’espace et de se concentrer sur ses propres connaissances, laisse ensuite place à une dynamique de groupe. Situé au sein du parc de l’abbaye royale de Chaalis, l’atelier des parfums se déroule dans une ancienne écurie offrant ainsi aux participants un cadre agréable en lien avec la nature. En effet, l’atelier propose de découvrir les plantes par le biais de l’odorat.

Assis devant leur orgue à parfum, tous les participants sentent et tentent de reconnaître l’odeur des mouillettes que l’animatrice fait passer une à une. Une fois la fragrance reconnue, chaque mouillette est entreposée dans une des éprouvettes de l’orgue. Durant cette étape vivante, composée uniquement d’échanges, l’animatrice donne quelques renseignements sur les plantes ou encore sur la manière de procéder afin d’identifier au mieux une odeur, permettant ainsi une fluidité du discours. De même, elle divulgue des recommandations et des informations sur le déroulement de l’atelier au fur et à mesure de l’avancée de ce dernier. C’est donc tout en douceur, au fil des mouillettes, que l’animatrice va amener les participants à adopter une analyse de plus en plus fine.

Enfin, après une explication concise des trois notes (note de tête, de cœur et de fond), les participants doivent choisir les fragrances qui composeront leurs eaux parfumées. A l’image de cet atelier, très didactique, ce choix est facilité par la présence de couleurs sur les éprouvettes représentant chacune une note. 

Entre fous rires et pédagogie

Crédits : Virginie Potdevin

L’atelier des parfums accueille aussi bien les enfants que les adultes car le temps de l’atelier et le discours sont adaptés en fonction du public. D’ailleurs, le sujet abordé pourrait laisser à penser qu’il est nécessaire de posséder des bases solides en la matière pour pouvoir participer à cette animation. Cependant, les novices apprécient énormément cet atelier car les explications sont claires et non techniques et le vocabulaire est adapté au langage courant. Il est donc aisé de comprendre les procédés de fabrication d’une eau parfumée, le métier de « nez », ou encore la méthode d’analyse d’une fragrance. Par ailleurs, les personnes confirmées ou ayant envie d’approfondir leurs connaissances sur l’histoire des parfums et l’extraction de ses matières, peuvent s’approcher des panneaux explicatifs présents dans l’écurie. 

L’atelier des parfums reste avant tout un moment de détente où les souvenirs se mêlent volontiers aux éclats de rire. En effet, il est toujours amusant de constater les diverses associations qui s’établissent entre une odeur et une idée. Ainsi, tout au long de l’atelier il est fréquent d’entendre « ça pue » ou encore « j’adore cette odeur, cela me rappelle ma grand-mère ». D’ailleurs, certaines remarques déclenchent facilement une euphorie générale, comme par exemple une dame qui en sentant l’eucalyptus s’est exclamée : « Ca sent le suppositoire ! ». Il est donc facile d’affirmer, avec ce genre de constat, que l’atelier met en éveil le sens que l’on développe le moins ainsi que la mémoire olfactive. 

L’originalité de cet atelier est qu’il offre la possibilité de mettre en exergue une créativité immatérielle, une évasion, déclenchée par l’odorat. De plus, il valorise le travail de chacun puisque tous les participants repartent avec sa propre eau parfumée.

Outre le fait d’apporter des connaissances diverses et variées autour du thème des huiles essentielles, L’atelier des parfums sensibilise les participants à la nature et permet de prendre conscience que nous ne prêtons pas assez attention à sa richesse olfactive. 

Un atelier qui rayonne 

Crédits : Virginie Potdevin

L’atelier est loin d’être un microcosme, une entité à part, dans le domaine de l’abbaye de Chaalis. Devant l’entrée de l’atelier, un jardin aromatique, crée en partenariat avec Yves Rocher, complète l’animation proposée en autorisant les gens à toucher des végétaux. Par ailleurs, l’animatrice fait intelligemment le lien entre les odeurs reconnus dans l’atelier et les plantes présentent sur le domaine de Chaalis. Par ailleurs, cet atelier peut être aisément associé avec une visite de la roseraie située à quelques pas des écuries. Enfin, il est intéressant de noter que le site internet de l’abbaye de Chaalis propose de poursuivre voire de préparer sa visite, pour ceux qui le souhaitent, en mettant à disposition des documents pédagogiques, des questionnaires, un lexique ou encore une vidéo concernant la chromatographie.

Lieu emprunt de plantes, d’odeurs et de nature enchanteresses, le domaine de l’abbaye royale de Chaalis vous propose de participer à L’atelier des parfums toute l’année pour les groupes (sauf le vendredi et le samedi) et le dimanche à 15h pour les visiteurs. 

Alizée Buisson

Abbaye Royale de Chaalis

60300 Fontaine-Chaalis

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N'ayez plus peur de la nuit !

Aventurez-vous au cœur de la Nuitau Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, jusqu'au 3 novembre 2014, pour y découvrir tous les secrets obscurs et magiques de ce moment particulier et de ce qui le menace.

©MNHN

Aventurez-vous au cœur de la Nuitau Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, jusqu'au 3 novembre 2014, pour y découvrir tous les secrets obscurs et magiques de ce moment particulier et de ce qui le menace. Cette exposition mobilise plusieurs savoirs scientifiques de manière ludique : l'astronomie, la biologie, l'éthologie (étude ducomportement des animaux), la physiologie (étude du rôle et dufonctionnement des organismes vivants), l’anthropologie (étude des relations entre l'homme et les animaux) et la neurologie. Elle associe sciences et imaginaire à travers les thèmes des divinités et des peurs nocturnes. C'est surtout l'occasion pour le musée de mettre en valeur ses collections : ainsi, c'est plus de 350 animaux naturalisés qui sont présentés, dont une cinquantaine ont été spécialement réalisés dans les ateliers de taxidermie du Muséum. Mais il s’agit aussi de sensibiliser le grand public aux problèmes liés à la pollution lumineuse…

Unenuit à la belle étoile

Vue de l'exposition ©Ludivine Perard

Depuis des siècles, le passage du jour à la nuit fascine l'Homme. De nombreux mythes évoquant ce spectacle nocturne sont présents dansl'exposition. Pour les Navajos, par exemple, les milliers d'étoilesdans le ciel étaient des galets que les animaux, à la demande du Grand Esprit, avaient placés dans le ciel lors de la création dumonde. Le visiteur commence son voyage au clair de lune pourdécouvrir au fil de la visite tous les mystères du ciel : la course du soleil, les secrets de la lune et ceux des étoiles. Le visiteur endosse ainsi l'habit de l'astronome de retour chez lui, grâce auxdifférentes bases qu'il peut acquérir en astronomie dans cettepremière partie de l'exposition. Seule la pollution lumineuse qui efface les étoiles est encore susceptible de lui faire perdre sonchemin dans le cosmos.

Unenuit dans la nature

Les animaux nocturnes ©MNHN

L'expositionse prolonge par une balade dans une forêt peuplée d'animauxnocturnes. De nombreux dispositifs, jeux et vidéos nous donnent des renseignements sur leur mode de vie. Un grand nombre de familles ysont représentées tels que les poissons de nuit, les primates nocturnes, les chauves-souris mais aussi les fleurs, avec des nombreuses plantes qui s'ouvrent le soir et se referment au petitmatin. Des petits cabanons mettent en éveil tous les sens duvisiteur - vue, ouïe, odorat et sixième sens - des dispositifs multimédias, sonores et olfactifs font vivre au visiteur la vie nocturne des animaux. Le visiteur reçoit des informations sur la vue des animaux dans le noir et a la possibilité d'être nyctalope comme certains d'entre-eux. Puis, il écoute leurs chants, instrument essentiel pour percevoir leur environnement et découvrir la manièredont ils communiquent entre eux. Le visiteur sent ensuite l'odeur des fleurs et prend conscience des mille parfums que sentent les animaux nocturnes. Faute de voir, sentir est efficace dans le noir. Enfin,les animaux ont aussi un sixième sens pour les aider la nuit !Certains oiseaux utilisent un sens de l'orientation aussi précisqu'une boussole, les chauves-souris lancent un sonar, ce qui leur permet de détecter les obstacles, de capturer leurs proies, des'orienter ou de communiquer dans l'obscurité.

Belleet douce nuit

Vue de l'exposition©Ludivine Perard

Entre chien et loup, certains animaux sortent de leur habitat et partent enchasse tandis que d'autres plongent dans un sommeil profond. Les animaux vivant en groupe ont l'habitude de se rassembler le soir pour dormir ensemble et ainsi se protéger. D'autres à l'inverse, préfèrent dormir en équilibre comme les girafes, en volant comme les martinets, en nageant comme les cygnes ou dormir avec undemi-cerveau en veille pour être prêt à s'enfuir à la moindre alerte. Le visiteur y apprend les différentes phases du sommeil dansle règne animal. Par exemple, le sommeil des oiseaux et des mammifères comprennent deux phases : le sommeil lent car l'activité du cerveau est lente, et le sommeil paradoxal où le cerveau est actif et rêve. Chez l'homme, un cycle dure environ 90 minutes pour 125 minutes chez l'éléphant alors que chez la souris 5 minutes seulement sont nécessaires pour achever ce cycle. Cette partie de l'exposition traite aussi du sommeil de l'homme et lui donne des conseils pour passer une bonne nuit. En effet, dormir est essentiel pour notre organisme, notre corps a besoin de se reposer, de se régénérer et d'éliminer toutes les toxines. A ce moment de l'exposition, les troubles qui perturbent le sommeil comme des cauchemars mettant en scène de personnages fantastiques sont présentés...

Dansla pénombre de la nuit

Une exposition peuplée de créatures imaginaires ©Ludivine Perard

Qui n'a jamais eu peur du croquemitaine dans son placard ou des vampires, chauves-souris, loups-garous et autres créatures effrayantes qui se cachent derrière chaque ombre ? De nombreux mythes se transmettent au fil des siècles, décrivant les monstres qui hantent nos songes et qui font peur aux plus petits. Ces peurs provoquent un sentiment d'insécurité et nourrissent l'imaginaire de l'Homme. L’exposition fait appel à l'humour pour dédramatiser ces peurs et montrer que ces montres sont inoffensifs. Un manuel de vampirologie et un grimoire sur les loups-garous accueillent les visiteurs et leur dévoilent l'origine et de nombreuses histoires sur ces deux mythes. Les visiteurs créent ensuite des ombres amusantes et jouent au loup-garou avec deux dispositifs de projections et de jeux d'ombres.

Menacessur la nuit

Cetteexposition met surtout en avant un phénomène qui la menace : lesdiverses pollutions lumineuses. Il en est même le fil conducteurafin d'alerter les visiteurs sur cette forme de pollution qui touche20% du globe terrestre.

La pollution lumineuse ©Todd Carlson

Par peur des ténèbres, l’humain a voulu faire disparaître l'obscurité en inventant le réverbère au XVIIIèmesiècle et en installant des lampadaires un peu partout dans les villes et le long des routes, au péril du ciel. Cette quantité d'éclairage urbain a des conséquences atmosphériques. D'une part, une grande partie des étoiles ont disparu de la surface céleste. Si cet éclairage continue de gagner en intensité, nous ne verrons plusde ciel étoilé d'ici quelques années. D'autre part, ce phénomène affecte l'horloge biologique des animaux, mais aussi des plantes, régulés par le cycle diurne / nocturne, ainsi que les comportements migratoires et les relations proies-prédateurs. De nombreuses espèces nocturnes sont alors perturbées, piégées ou repoussées par la puissance et la permanence des éclairages nocturnes. Les cassont nombreux : chouettes éblouies, oiseaux en perdition ou qui meurent en percutant des bâtiments, insectes attirés par la lumièreet mourant d'épuisement... Ou alors ces lumières réduisent lesterritoires des animaux en les faisant fuir.

Heureusement, des solutions existent comme réduire le temps d'éclairage, dirigerles lampadaires vers le sol et diminuer la puissance de la lumière. Un ciel plus sombre préserve à la fois le spectacle nocturne, la biodiversité et l'argent des citoyens.

Pour en savoir plus :- Informations pratiques pour visiter l'expositionPour prolonger la visite : des jeux, des animations, des conférences....

Ludivine Perard

#sciences

#imaginaire

#nuit

On refait la visite !








© A. Erard et O. Caby








Samedi
4 Mars. Jour de pluie. Nous avons choisi de visiter le Musée d’Histoire
Naturelle de Lille. Lieu étrange baigné dans une atmosphère emprunte de
nostalgie, sa visite il fait naître chez nous bien des discussions.





Océane [replie son parapluie et s’exclame]
: Quel endroit sombre !





Anna[cherchant l’accueil du regard] :
Alors, où se trouve l’accueil ?





Océane : Viens voir ! Cette vitrine est
utilisée comme boutique ! Il y a deux livres et quelques cartes postales.





Anna : Ah oui … il n’y a pas grand-chose
! Bon, quel est le sens de visite ?





Océane : Il n’y a pas vraiment de sens de
visite, on peut suivre l’ordre chronologique ? Je veux commencer par voir les
dinosaures.





Anna : Ils sont imposants, tu crois
qu’ils sont à l’échelle des dinosaures de l’époque ? C’est assez bien fait…





Océane : C’est dommage qu’ils soient mal
éclairés.





Anna: Oui, mais ils sont représentés dans
leur environnement, à l’époque carbonifère, ils ne se sont pas contentés de les
poser juste là.





Océane : C’est vrai, il y a même une
maquette montrant l’état des sols de cette période mais elle n’est pas très
claire.





Anna [se dirigeant vers l’escalier] :
Regarde ! Des fossiles, ils sont bien cachés, et ce n’est pas très lumineux.
Cet espace n’est pas attrayant, nous sommes les seuls visiteurs à cet
endroit-là.





Océane
Il y a quand même un jeu à côté des arbres carbonifères, il permet aux
enfants de reconnaître des empreintes d’animaux et des fossiles de plantes. Tu vois
le principe du jeu : Les faisceaux lumineux éclairent les animaux du décor, et
l’enfant doit les associer avec les fossiles. C’est une sorte de QCM en trois
dimensions.





Anna [montant les escaliers] : C’est
incroyable, j’ai l’impression d’avoir fait un saut dans le temps, on se
croirait dans un cabinet de curiosité du 18ème siècle !





Océane : Oui, avec cette accumulation
d’objets on croirait vraiment avoir changé d’époque ! 




Anna : Encore des
fossiles ! Les équipes du musée ont choisi de nous donner les explications de
deux façons :  des cartels ou bien des
panneaux au mur. 









© A. Erard et O. Caby





Océane : Oui, il y a des cartels qui sont
récents et d’autres, ces petits-là [montrant des écriteaux jaunis autour d’une
vitrine] sont clairement d’un autre âge.





Anna : Comme les fossiles !!





Océane : Le langage utilisé est complexe et
je ne suis pas certaine que ces cartels apportent réellement des éléments de
compréhension au visiteur.





Anna : D’autant plus que certains cartels
sont déchirés, décollés, et d’autres ne sont associés à aucun contenu. Regarde
ce cartel par exemple, il indique un jeu qui consiste à ouvrir des tiroirs pour
découvrir des informations mais il n’est même pas possible de les ouvrir.  Ce jeu nécessite vraiment une mise à jour…
comme beaucoup d’autres éléments. Autrement, les informations sont intéressantes
pour tous ceux qui veulent acquérir plus de connaissances scientifiques.





Océane : Le regard est attiré au premier
abord vers le contenu des vitrines plus que vers les cartels explicatifs.
Souvent, le visiteur ne les lit que lorsqu’il veut véritablement en apprendre
plus sur les éléments exposés parce qu’ils l’intriguent.





Anna [continuant la visite] : Des
aquariums ! Étonnant de tomber sur des poissons vivants juste après être passés
devant des fossiles.





Océane : Ils illustrent le passage de la
vie dans la mer à la vie sur terre. Les poissons sont les premières espèces à
avoir évolué mais il existe encore des poissons préhistoriques dans les
océans. 





Anna : Je suppose que nous ne devrions
pas être surprises de voir ces crânes conservés en vitrines, puisque nous nous
trouvons à un mètre d’un squelette de baleine suspendu au-dessus de nos têtes …





Océane : Regarde : une des vitrines
présente des crânes humains, c’est une reproduction de ce qui se faisait au
XIXe siècle, à l’époque des théories raciales. Sur le cartel il est écrit :
“Cette vitrine, ancienne (XIXème s), est conservée au titre de témoignage de
théories idiotes, racistes et dangereuses qui ont pu avoir cours par le passé.”
C’est très intéressant de montrer ça au visiteur !











© A. Erard et O. Caby







Anna : J’ai l’impression d’être dans le
cabinet du professeur Rogue dans Harry Potter !





Océane : Justement, regarde ces bocaux
là-bas !





Anna : Tiens-toi prête, j’espère que tu
ne crains pas les bestioles conservées dans des bocaux !





Océane : Tout dépend du type d’animaux
conservés dans le formol !





Anna [imitant un guide de visite] : Après
les poissons en aquarium, vous trouverez sur votre droite de jolis exemplaires
de poissons morts conservés dans du formol pour le bien des études
scientifiques ! Mais ce n’est pas tout, étendez votre regard, et voyez donc ces
spécimens de reptiles allant du lézard au serpent, de quoi faire de
merveilleuses potions magiques !





Océane : Quelle plongée dans l’ambiance
d’un cabinet d’étude ! Toutes les prochaines vitrines exposent des animaux
empaillés en surnombre ! Redescendons voir ce qui reste à visiter au
rez-de-chaussée. 





Anna : Je perçois vaguement des
insectariums, va voir, je crois qu’il y a des mygales ! Regarde celui-ci ! A
ton avis, combien y-a-t-il de blattes ? 
Elles sont toutes les unes sur les autres.





Océane : Au moins ça fait le bonheur des
enfants ! Regarde, ils sont tous fascinés par ces insectes !





Anna : Ce qui est sûr c’est que de voir
des serpents ça ne fait pas mon bonheur…





Océane
: Pourquoi le musée a-t-il fait le choix de montrer des animaux vivants à côté
de leurs collections d’animaux empaillés ?





Anna : Pour montrer l’évolution de certains animaux ? Rendre le musée attractif
? S’adresser à un public large ?





Océane : Ce qui est intéressant c’est la
vitrine dans laquelle la taxidermie est expliquée. Elle permet au visiteur de
comprendre en quoi cela consistait et pourquoi était-elle si couramment
utilisée au cours des siècles derniers.





Anna : Les reconstitutions d’habitats
sont assez étonnantes. Voir ces animaux empaillés sous vitrine et surtout dans
des positions improbables, ne rend pas vraiment compte de la réalité. Regarde
ce lièvre, ils l’ont mis dans une posture qui laisse penser qu’à cette allure
il risque de se cogner violemment contre la vitre.










© A. Erard et O. Caby






Océane : Au contraire, ces illustrations
sont assez réalistes, mais ces scènes en arrêt sur image ont beau être
probables elles paraissent étranges ainsi suspendues. Je pense que ces
reconstitutions sont surtout adressées à un public plus jeune afin de montrer différents
espaces naturels et les animaux qui les habitent.





Anna : Passons à la salle suivante !





Océane : … étrange, cette salle ne comprend
que des vitrines remplies d’oiseaux empaillés !





Anna: Quel est l’intérêt de montrer
autant d’espèces et où sont les cartels ? Il y a tellement d’oiseaux et
d’informations visuelles que l’on passe très vite devant ces vitrines. Cela
serait plus intéressant si certaines espèces avaient été mises en avant.
Particulièrement des spécimens rares. Cela attirerait davantage notre regard et
changerait le rythme de la visite.





Océane [passant à la dernière salle] :
Cette dernière salle est vraiment plus épurée que les précédentes. Les animaux
ne sont plus sous vitrines ce qui crée une réelle proximité avec le visiteur.
Les explications des cartels sont d’ailleurs plus claires.





Anna : Je ne comprends pas pourquoi ils
ont mis un dauphin à côté de toutes ces espèces, c’est le seul animal aquatique
de cette pièce et il est placé sur un socle au même titre que les autres.





Océane : C’est peut-être parce que tout le
monde aime les dauphins ! Mais il n’y a pas véritablement de lien avec le reste
des animaux représentés, bien qu’il soit positionné à côté d’une otarie.





Anna : La dernière vitrine crée un bel
effet. Bien que les animaux ne fassent pas tous partie du même environnement,
l’agencement et le décor rendent la reconstitution intéressante. L’espace est
en hauteur, tous les animaux ne sont pas placés sur un même niveau. Nous sommes
loin de l’impression d’empilement de la pièce ornithologique malgré le grand
nombre d’espèces représentées.





Océane [se dirigeant vers la sortie] : En
reprenant les codes d’exposition des siècles passés, le musée peut parfois être
oppressant. Cela dit il nous permet de nous rendre compte de ce qu’était les
premiers musées d’histoires naturelles ou cabinets de curiosité. Après ce type
de visite il est facile de voir l’évolution muséale qui s’est appliquée dans
ces structures mais sans doute ce musée va-t-il être modernisé ?





Anna : Effectivement il doit l’être,
quitte à restreindre le nombre d’objets ou d’espèces présentées … Actualiser
les cartels et les informations écrites permettrait de proposer une expérience
de visite plus attractive. Les vitrines renfermant les animaux empaillés sont
elles aussi à reconsidérer.





Océane : Cette visite étant réellement
intéressante, j’ai l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps !





Anna : Et puis c’est sympa de visiter un
musée dont la boutique ne propose pas de peluches banales. Il est assez
représentatif des anciens musées d’histoire naturelle avec ses vitrines
d’époque.





Océane Caby & Anna Erard



#mhnlille

#histoirenaturelle



On y court, on y trotte, on y vole … !

Lequartier du Marais, dans les 3e et 4e arrondissements de Paris, ne serésume pas seulement en une succession de boutiques « bobos ».De nombreux musées de diverses natures s’y sont implantés :musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Cognaq Jay, Picasso, ouencore Carnavalet. Tous ont ce point commun d’être abrités dansde sublimes hôtels particuliers.

© D.R

Ausein de cette forêt de bâtiments plus élégants les uns que lesautres se cache le musée de la Chasse et de la Nature. Installédepuis la fin des années 60 dans l’hôtel Génégaud – classéMonument historique – mais également, plus récemment, dans uneaile de l’hôtel Mongelas, ce lieu abrite de véritables trésors.

Présentantune des plus grandes collections européennes d’instruments dechasse, de trophées et d’animaux naturalisés, le musée ravirales amateurs et les passionnés de ce domaine.

Maispas que. Un nombre considérable d’œuvres d’art anciennes etcontemporaines y sont exposées : sculptures, peintures - Rubens,Chardin pour ne citer qu’eux -, céramiques, pièces de mobilier,installations - Jan Fabre, Othoniel entre autres – rendenthommage aussi bien au monde du chasseur qu'à celui de Dame Nature.Depuis le remaniement du parcours muséographique et d’importantstravaux de rénovation dans les années 2000, nous pouvons affirmerhaut et fort que ce lieu ne parle pas uniquement aux amoureux de lacynégétique.Bienau contraire, si nous devions le décrire en quelques mots :ludique – pour les grands comme les petits -, chaleureux – lesagents de surveillance et d’accueil vous emportent dans leurengouement pour le musée – et fascinant.

Acheval entre maison de collectionneur et cabinet naturaliste, lemusée de la Chasse et de la Nature offre à ses visiteurs quelquessurprises. Mais pour cela, il vous faudra ouvrir l’œil et lesnombreux tiroirs des meubles dédiés à un animal. En effet, c’estavant tout un musée consacré au répertoire animalier de la chasse où vous pourrez rencontrer le loup du Petit Chaperon Rouge ;Victor, l’impressionnant ours blanc ; Diane, la déesse de lachasse et de la lune ; ou encore le sanglier albinos del’artiste Nicolas Darrot. Le visiteur navigue alors entre conte etréalité.

Deplus, un ensemble d’expositions temporaires sont organisées toutau long de l’année. Claude d’Anthenaise, directeur du musée,invite les artistes actuels à jouer de l’architecture et desœuvres qui définissent ce lieu autour de la notion de nature –sensiblement de la même manière que pour l’exposition "Bêtes off" à la Conciergerie qui a eu lieu en novembre 2011.

On ycourt, on y trotte, on y vole… !

MarieTresvaux du Fraval

Muséede la Chasse et de la NatureHôtel de Mongelas - 62, rue desArchives - 75003 Paris

Photos hautes en couleur! Regard d’un géant sur un monde microscopique.

Le Musée d’histoire naturelle de Lille propose une exposition temporaire de photographies totalement psychédéliques. Depuis le 20 février et jusqu’au 20 mai 2012, la salle qui suit celle consacrée aux mammifères est investie de photographies d’insectes et de plantes géantes signées Gilles Martin.

© Gilles Martin Sauterelle de Costa Rica, exposition Zoom au Musée d’histoire naturelle de Lille

Le Musée d’histoire naturelle de Lille propose une exposition temporaire de photographies totalement psychédéliques. Depuis le 20 février et jusqu’au 20 mai 2012, la salle qui suit celle consacrée aux mammifères est investie de photographies d’insectes et de plantes géantes signées Gilles Martin. Ce photographe naturaliste excelle dans son domaine en capturant les animaux de toutes espèces, des plus grandes aux infiniment petites. Le portique passé, c’est une explosion de couleurs, de textures et de formes qu’il est rare de croiser dans nos villes et même dans nos campagnes, qui nous envahissent. En se concentrant sur le contenu, ces formes semblent nous présenter les dernières découvertes zoologiques voir même ufologiques. Puis, en se penchant sur les loupes-lampes qui accompagnent chacune de ces photographies, on reconnait grâce à la précision de la taille réelle de ces espèces colorées et si singulières, que ce sont des insectes ! Il ne s’agit donc pas de nouvelles espèces mais bien d’un zoom, comme le titre de l’exposition l’indique, sur ces chères petites bêtes qui nous entourent et qui passent encore trop inaperçues du fait de leur taille minuscule. Le format des images, qui est de 120x180cm pour chacune des photographies, permet aux visiteurs de faire la connaissance d’un monde, de sa faune et de sa flore, encore bien souvent considérés comme répugnants et sans intérêt. Cette exposition de photographies révèle la beauté de ces petits êtres et nous rappelle leur réalité grâce à ces loupes-lampes en les replaçant dans leur état de vulnérabilité due à leur petitesse. 

© Gilles MartinLoupe-lampe Exposition Zoom

Cette exposition se veut esthétique par la précision des cadrages, la qualité de la résolution des images et la somptuosité des couleurs des photographies. La première image qui ouvre l’exposition est un insecte pour le peu extraordinaire, qui semble tout droit sorti d’une bande-dessinée de fiction avec ses grands yeux exorbités et ses dents de rongeur. Il semblerait que nous pénétrons dans une autre dimension, avec ses bizarreries ou ses différences d’avec notre planète. Cette exposition met à jour un monde qui côtoie le nôtre et que nous ignorons du fait de sa micro-existence. Les dimensions des photographies sont en cela tout à fait appropriées car l’immensité du support révèle un monde que l’on doit démultiplier pour en apprécier la beauté et parfois l’originalité, que ce soit des insectes, des amphibiens ou encore des arachnides.

© Gilles Martin Exposition Zoom

Cette exposition se veut également pédagogique, car au centre de cette salle se trouvent installés des microscopes et des loupes qui nous permettent d’observer des acariens par exemple. Une autre salle, celle-ci accessible uniquement en présence d’un animateur, est également consacrée à l’initiation d’observations aux microscopes ou encore à la loupe binoculaire. L’apprenti biologiste y trouvera son compte !

Les observations que l’on peut effectuer dans la salle d’exposition temporaire sont guidées par des cartels directifs qui posent des énigmes sur les êtres observés au microscope. S’il n’est pas possible d’effectuer un grossissement  par soi-même, on est au moins mis dans la posture du chercheur penché sur son microscope, les yeux perdus dans l’infiniment petit, pour ensuite constater grâce à ces cartels fixés à côté des outils d’observation, le résultat de celle-ci.

Cette imbrication de l’observatoire scientifique et de la vision de l’artiste est tout à fait pertinente. L’œil du scientifique décortique un monde magnifique qu’il peine à mettre en lumière, à ce que nous appellerons le « grand public ». L’artiste apporte une vision accompagnatrice de cette pratique du zoom en révélant en taille surdimensionnée les objets d’étude. S’il ne révèle pas la complexité de leur fonctionnement, Gilles Martin met en lumière l’infiniment petit dans le but de faire prendre conscience au public de l’existence de ce microsystème et de l’intérêt qu’il peut susciter pour les chercheurs mais aussi pour les néophytes au sortir de cette exposition ! La manipulation initie les plus jeunes, tout comme les plus grands, à la discipline de la zoologie. Ces manipulations placées au centre d’une série de photographies qui sortent de l’ordinaire, plonge les visiteurs dans un univers insoupçonné.

Pour aller encore plus loin dans l’initiation à l’observation du vivant, les concepteurs de l’exposition ont imaginé un concours qui permettra aux gagnants de remporter l’ouvrage Macrophotographie de Gilles Martin. Il s’agit de retrouver des détails de la collection permanente dans le musée.

Zoomdévoile le monde de la macrophotographie et en même temps de l’entomologie. Cette immersion dans l'infiniment petit surligné par des photographies géantes provoque surprise, étonnement,  contemplation, prise de conscience et connaissance. L’œuvre de Martin Gilles est extraordinaire par sa beauté envoutante et surprenante, et mérite véritablement le détour.

Katia Fournier

PLUS de Mémoire(s) !

Savez-vous qu’avoir une mémoire de poisson rouge est en réalité loin d’êtreoffensant ? C’est ce que l’exposition Mémoire(s) tend à démontrer.


©C. Cardot

Savez-vous qu’avoir une mémoire de poisson rouge est en réalité loin d’êtreoffensant ? C’est ce que l’exposition Mémoire(s) tend à démontrer. En effet, la mémoire du cyprin doré ne se limite pas à la durée d’un tour de bocal, bien au contraire, il la conserve pendant plusieurs années !

Pour aborder une thématique si dense, l’exposition explore plusieurs types demémoires, au sein desquelles le visiteur peut découvrir de multiples expérimentations et jeux testant sa propre capacité à mémoriser les multiples facettesde sa mémoire.

La mémoire est un domaine scientifique complexe et en permanente évolution, et c’est à cette thématique passionnante que le Palais de l’Univers et des Sciences a voulu dédier ses 300m2 d’exposition temporaire. Réalisée  par une association de création artistique professionnelle, Art’M,  elle a bénéficié de l’attention de multiples chercheurs travaillant dans différents domaines de la mémoire, rattachés aux grands organismes scientifiques nationaux (Universités, INSERM, CNRS, CEA).  

 L’exposition débute avec la « ronde des mémoires », qui reprend les différentes typologies de la mémoire humaine : mémoire procédurale, perceptive, de travail, épisodique, et sémantique.  Voussouvenez-vous du nom des trois laboratoires de recherche citésprécédemment ? Et bien, la mémoire à court terme, c’est exactementça ! Ce qui se nomme « l’empan mnésique » limite la mémorisationdes informations récentes à sept items. 

Ex :lumière – cimaise – parcours – discours - expôt – régie – réserves – muséographe – médiation – œuvre –conservation – art – visiteur – public – multimédia – accessibilité

Observezles mots pendant 20 secondes, fermez les yeux. Combien en avez-vous mémorisés ?

·       Avez-vous encoreoublié le code confidentiel de votre carte bancaire ? Rassurez-vous, c’estnormal ! Chaque jour, l’automatisme de notre cerveau se déleste desinformations inutiles, « parasites » ou purement encombrantes. Dûs àdes états de stress ou de fatigue, ces oublis sont communs à l’êtrehumain.  Pour contrer ces manques, lefameux moyen « mnémotechnique » est là pour vous aider. 

Ex :« Mais où est donc Ornicar ? »

Voussouvenez-vous  à quoi fait référencecette interrogation ?


© P. Wittmann

·        Vous ne le saviez peut-être pas, mais au cœur de votre cerveau se cache une forêt de neurones (joli,n’est-ce-pas ?). De la même manière qu’on entretient ses muscles, le cerveau a aussi besoin d’un peu d’exercice, et n’aime pas la routine. Afin de densifier cet organe si précieux, sachez qu’il existe de nombreux entrainements à appliquer au quotidien : 

     - Se brossez les dents avec la main gauche si vous êtes droitier, ou inversement

       -  S’habillez les yeux fermés

       - Choisir un parcours différent pour vos trajets quotidiens

          La mémoire n’est pas un attribut spécifique à l’humain, elle se retrouve dans tout le vivant. Cen’est pas parce que l’Homme est doté de réflexion qu’il dispose d’une mémoireplus développée que l’animal, et parfois c’est même le contraire. La« mémoire d’éléphant » le prouve bien : au même titre que les dauphins et les singes, ce mammifère qui parcourt de grandes étendues afin de se nourrir doit développer sa mémoire visuelle. Aussi, il reconnaitra votrevisage si vous le recroisez dix ans plus tard dans la savane...

Pouvez-vousvous remémorer  approximativement ce quevous faisiez il y a dix ans ?

·        Avecquel outil informatique lisez-vous actuellement cet article ? Et bien,sachez que loin d’être volatiles, les informations numériques se cachent derrière de multiples serveurs et disques durs. Ces outils ont aujourd’huitendance à prolonger, et parfois même à se substituer à notre mémoire sémantique, celle qui enregistre les connaissances encyclopédiques. Au risque de diminuer notre gymnastique cérébrale. Voyons plutôt :


© C. Cardot

Pouvez-vous citer (sans utiliser d’outils technologiques):

        -       Le numérode téléphone de vos parents ?

       -       Ladate d’anniversaire de votre grand-mère ?

       -       Ladate du sacre de Napoléon 1er

RÉSULTATS

3 oubliset + : vous faites quoi dimanche prochain ?

2 oublis :pas terrible, il falloir y remédier !

1 oubli :votre bonne mémoire ne vous dispense pas de venir voir l’exposition !

Aucun trou de mémoire : bravo, mais vous devriez quand même aller y faire un tour…

L’exposition est visible au Palais de l’Univers et des Sciences de Cappelle-la-Grande(Dunkerque), jusque décembre 2014. 

En direct du PLUS, Capucine Cardot & Pauline Wittmann#PLUS

#Mémoire

#Art’M

Pour aller PLUS loin :

 le site du PLUS 

Le communiqué de presse de l'exposition

Quenelles, grattons, bugnes et autres spécialités des bouchons à l’honneur !

À l’heure où le repas gastronomique des Français est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité et où la ville de Lyon serait candidate pour accueillir la future cité de la gastronomie française, le Musée Gadagne présente pendant plus de cinq mois une exposition consacrée à la gastronomie lyonnaise.


© Musée Gadagne

À l’heure où le repas gastronomique des Français est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité et où la ville de Lyon serait candidate pour accueillir la future cité de la gastronomie française, le Musée Gadagne présente pendant plus de cinq mois une exposition consacrée à la gastronomie lyonnaise.

Intitulée  Gourmandises ! – Histoire de la gastronomie à Lyon, l’exposition se divise en trois sections : Lyon capitale de la gastronomie : construction d’une légende, les années glorieuses et modernité et nouvelles tendances de la gastronomie lyonnaise. Un parcours chronologique qui permet une approche historique simple et méthodique pour les Lyonnais comme pour les « étrangers » qui ne sont pas spécialistes. Au fil de l’exposition, le visiteur découvre témoignages littéraires, photographies, recettes, affiches, vidéos présentant ou prenant parti pour la cuisine rhônaise. Mis à l’honneur, le patrimoine culinaire de Lyon est célébré, honoré voire glorifié. La guide de l’exposition insiste particulièrement sur les comparaisons faites entre Lyon et les autres villes, terminant ses phrases par un trait chauvinisme non masqué. Certes, si une telle exposition est présentée au Musée d’histoire de Lyon, le Musée Gadagne, un point de vue « patriote » était inévitable… Pourtant peu ancré dans les dispositifs écrits de la muséographie, il a tout de même troublé ma visite par cette guide insistante et son groupe qui semblait me poursuivre dans les salles.

Mention spéciale pour la scénographie : l’espace d’exposition pas très grand est bien mis en valeur. Deux petites salles nous emmènent dans une cuisine, peinte en vert pomme, qui regorge de meubles (de cuisine bien sûr !) où tiroirs et autres placards deviennent des dispositifs de médiation. Le spectateur, piqué dans sa curiosité, se retrouve comme un enfant dans un terrain de jeu… ouvrant les buffets pour découvrir leurs trésors. La présence de ces outils est une très bonne initiative : les expôts étant principalement des documents écrits et visuellement peu attractifs (lettres, journaux, conseils culinaires, anciennes recettes…), le public n’y jette qu’un bref coup d’œil. Devoir ouvrir un casier et découvrir ce qui s’y cache, capte beaucoup plus l’attention du visiteur, adulte ou enfant.

Nous laissons, ensuite, derrière nous cette cuisine familiale pour nous retrouver dans une ambiance de restaurant… un peu chamboulée ! Ici, les tables se retrouvent sur les murs et les « dessous de bar » servent de cuisine !  En effet, en entrant le visiteur aperçoit sur le mur de droite, les nappes traditionnelles quadrillées de rouge et blanc typiques des « bouchons » (restaurant populaire lyonnais) ; et sur sa gauche, les nappes blanches qui rappellent un autre standing. Le bar du centre sert à la fois de lieu de repos, en nous transportant dans un environnement connu (les discussions s’engagent sans effort, on se retrouve au bistrot du coin…), et de dispositif de médiation pour les enfants qui préparent des plats faits de laine et tissu pour nous les présenter sous la cloche transparente du bar. De nombreux jeux permettent également de découvrir le « parler culinaire lyonnais », les odeurs typiques des mets ou encore leur composition.

D’autres initiatives sont à noter… Durant le temps de l’exposition, les Lyonnais (mais aussi les touristes qui s’initient au plaisir de la gastronomie lyonnaise) sont invités à envoyer témoignages, photos et/ou vidéos qui sont présentés à l’entrée. À la fin, les visiteurs trouveront une nouvelle cuisine scénographiée, plus petite et plus spartiate (celle d’un petit appartement lyonnais ?) où des livres sont proposés à la lecture.

Je regretterai, pour ma part, l’absence de dégustation à la fin de la visite… Entendre parler de cuisine pendant une heure donne envie de se mettre quelque chose sous la dent ! Cependant, c’est que je ne suis pas tombée au bon moment car en regardant le catalogue et le programme de l’exposition, on découvre les différentes propositions. Des rencontres gustatives aux « déjeuners-barvardage » en passant par les conférences ou les balades culinaires dans Lyon, le goût est bien présent dans cette manifestation autant que la vue ou l’odorat. Et pour les gens qui, comme moi, ne peuvent juste voir l’exposition, en sortant de musée le Vieux Lyon s’offre à nous avec toutes ses spécialités gastronomiques.

Cécile MASSOT

Gourmandises ! – Histoire de la gastronomie à Lyon,

Musée Gadagne, le musée d’histoire de Lyon,

du 18 novembre 2011 au 29 avril 2012.

Qui suis-je ? La question de l'identité d'un musée sous l'angle de sa dénomination : le cas de la Maison du Textile (Fresnoy-le-Grand)

Dansun contexte où l'on cherche à faire de l'espace muséal un lieudésacralisé et facilement abordable par tous, le terme de « musée »peut être considéré comme étant trop lourd de signification.Certaines institutions muséales choisissent alors de le bannir, auprofit de termes moins effrayants, tels que « espace »,« cité », ou encore « maison ». C'est le caspar exemple de la Maison du Textile, baptiséeainsi dès son origine. Maiscette volonté d'éviterl'emploi du mot « musée »ne nuit-elle pas à la lisibilité identitaire del'institution ?

La Maison duTextile : musée vivant de la tradition textile en Vermandois

Créée à l'initiative de l'association « Tisserand de Légende »,la Maison du Textile a ouvert en 2003 alors que l'atelier étaittoujours en fonctionnement. Dans la perspective d'un éco-musée, ils'agissait avant tout de montrer au public le travail des artisanssur les mécaniques à bras Jacquard. Deux ans plus tard,l'entreprise textile ferme et le musée lui survit : l'histoiredes établissements « La Filandière » nous est retracéepar la présentation de 28 ateliers à tisser Jacquard – tousfonctionnels –, de la reconstitution d'une maison de tisserand etd'un jardin de plantes tinctoriales.

De par sa présentation sur le site internet de l'Office de tourisme duVermandois, ou bien la signalétique qui indique son emplacement, lavocation muséale du lieu est tout à fait avérée. D'où unecertaine surprise en y pénétrant.

©N.V.

« Oui ?Vous venez pour quoi ? »

Une fois le seuil de la porte franchi, la personne de l'accueil interrogele « visiteur » sur la raison de sa venue : ce lieuabriterait-il une autre activité que celle du musée ? L'entréese fait effectivement par un espace boutique relativement bien fourni(linge de table, vaisselle, accessoires brodés, tapisseries, jeuxpour les enfants, quelques produits régionaux...). La distinctionest donc très mince entre le client de la boutique et le visiteur dumusée. Certaines personnes viennent uniquement faire des achats,sans même connaître l'existence de la partie muséale. Si laprésence d'un espace marchand est susceptible d'attirer du public,et par extension de faire connaître le musée (la responsable del'accueil les encourage vivement à venir le visiter), la motivationpremière du visiteur pose la questionde l'identité du musée, et de sa lisibilité auprès du public.

©M.S.

Il existe donc très nettement un clivage entre la façon dontl'institution elle-même se présente (comme un musée), et la visionqu'en ont certains de ses « clients » (boutique). Cettedernière est peu mise en avant sur le site internet de la Maison duTextile. Elle apparaît uniquement dans la rubrique « service »,en tant que « boutique souvenirs en accès libre ». Enrevanche, sa vocation marchande constitue l'un des points d'appui dela communication du musée : outre la présence de nombreuxateliers créatifs relayés sur les réseaux sociaux, la Maison duTextile accueille également des animations commerciales. Si est vraique ce genre d'événement est susceptible de faire vivre en quelquesorte le lieu et de lui amener un public potentiel, celui-ci n'estpas forcément intéressé par l'activité textile en elle-même.

© Maisondu Textile

Nul doute que cette dichotomie entre les deux vocations du lieu entraîneun flou identitaire pour l'institution muséale. Et l'utilisation duterme « maison » renforce encore cette imprécision.

D'où l'importance de la terminologie dans la construction de l'identitéd'un musée

Même si le terme « musée » est présent dans le sous-titre(« musée de la tradition textile en Vermandois »), lemot « Maison » lui pré-existe dans sa dénomination. Ceterme est parfois utilisé par certains musées, dont le cas le plusfréquent est celui des maisons d'artistes, telles que la MaisonVictor Hugo Paris – Guernesey, ou la Maison de Balzac (Paris). Ils'agit alors de muséaliser l'ancienne demeure d'une personnalitéconnue. Quoi qu'il en soit, il arrive que des éco-muséeschoisissent également cette terminologie, comme par exemple laMaison du blé et du pain de Verdun-le-Doubs, ou bien la Maison del'outil et de la pensée ouvrière de Troyes. Toutefois, lathématique de ces deux musées rend relativement lisible leurvocation... ce qui n'est pas le cas pour la Maison du Textile. Le mot« textile » peut effectivement avoir une connotation plusesthétique : son nom ressemble étrangement à celui d'uneenseigne de magasin de décoration (Maison du Monde), ou à celuid'un lieu de création (comme les Maisons de Mode de Lille et deRoubaix, qui ont pour objectif d'encourager la création textile parexemple). Aucune dimension créatrice à proprement parler pour cequi est de la la Maison du Textile : une partie objets de laboutique provient plutôt des métiers à mécanique Jacquard deRoubaix.

Le terme de « musée » peut donc être capital dans laconstruction de l'identité d'un lieu culturel. Le contourner pard'autres dénominations ne fait que rendre plus floue sa vocationmuséale. Ne vaudrait-il pasmieux que les professionnels du secteur continuent leur travail dedémocratisation culturelle, et permettent d'avoir une image moinsintimidante et plus sympathique du musée ? Toutefois,il est vrai que le caractère plus large du mot « maison »permet de désigner les différentes composantes d'un lieu hybride,qui propose un ensemble de prestations variées... aurisque donc de perdre lalisibilité de l'institution...

Oude la redéfinir ? L'idée de musée renvoie effectivement àune volonté de conserver le patrimoine. Est-ce à dire qu'enmuséalisant un métier, celui-ci est désormais considéré commeappartenantdéfinitivement au monde du passé ? Certains choix de dénominationsont effectivement portés par des convictions : éluder leterme de musée, est-ce lutter contre l'obsolescence de l'activitétextile ?

Noémie V.

#identité #maison du textile

Science et Fiction: aller-retour dans un monde imaginé

C'est Fantastic !L'exposition Science et Fiction pointe la richesse du dialogue entre scienceset science-fiction. La métropole lilloise a offert pendant tout l'automne 2012jusqu'au début de l'hiver un panel d’œuvres et d'études autour du fantastique.

L'exposition Science etFiction s'est déroulée du 06/09/2012 au 13/01/2013 à la Maison Folie deWazemmes de Lille, elle s'inscrivait dans le cadre de Fantastic. Créé par Lille3000, pour une plus grande diffusion culturelle, Fantastic s'est déployé àtravers la ville par le biais de métamorphoses, d'expositions, d'arts vivants,de littérature et de cinéma sur le thème du fantastique. Plus de trenteexpositions couvraient le sujet à travers la métropole lilloise, des maîtres dela peinture flamande du XVIème siècle aux textiles du futur enpassant par une face inexplorée de Chagall.

Où ?

Affiche de la Ville de LilleCrédits : E.B.

La maison folie de Wazemmesnous a proposé, quant à elle, une incursion dans la richesse du dialogue entrescience et fiction. Ce lieu mixte implanté, à l'occasion de Lille 2004 CapitaleEuropéenne de la Culture, dans un quartier célèbre pour son esprit populaire etsa vitalité culturelle a pour vocation de promouvoir les cultures populaires etde provoquer les rencontres. Il est au cœur d’échanges et de croisementsmultiples entre les disciplines, les artistes de tous horizons, et surtout lespublics. C’est à la fois un lieu de diffusion où sont programmés des spectaclesvivants, des expositions, des ateliers créatifs, des performances, desfestivals mais aussi un lieu de création, de fabrique car la Maison Folie deWazemmes accueille de nombreuses équipes artistiques en résidence,particulièrement les artistes de la région.

Quoi ?

Science et Fiction est uneexposition de la Cité des sciences et de l'Industrie créée en association avecScienceFictionArchives.com qui propose une immersion dans toute la diversité dela Science-Fiction. L'exposition présentait les échanges entre science etfiction, des débuts de ce genre littéraire aux inventions les plus modernes dela science contemporaine. L'exposition souligne comment l’une et l’autre sesont mutuellement nourries grâce à l'une des plus grandes collections d'Europed'objets originaux, ayant servi aux tournages de films cultes de la sciencefiction : maquettes de vaisseaux spatiaux, robots, masques d'extra-terrestres,costumes, combinaisons spatiales, extraits de films, livres, BD... Science etFiction était divisée en trois niveaux eux-mêmes divisés en espaces :Explorer l'espace, Explorer d’autres sociétés et Explorer un univers transmédiaafin de mieux orienter le visiteur sur le chemin de la Science-fiction.

Comment ? 

Le partis-pris de Science etFiction était que la science-fiction non seulement découle des avancements dela science mais aussi que ce genre littéraire alimente les ambitions desscientifiques et donc participe aux progrès de la science. Comme preuves de cesfaits, l'exposition mettait en scène dans des vitrines les œuvres littérairesmajeures de la science-fiction, notamment des romans de Jules Verne ou Cyranode Bergerac imaginant voler en ballon jusqu'à la lune ou encore Tintin marchantsur cet astre, montrant que l'imaginaire autour du progrès scientifique n'estpas nouveau. C'était une exposition centrée sur son discours et ses thèmes maisaussi visant à sacraliser certains objets, comme les costumes originaux defilms cultes mis en lumière et protégés comme des trésors.

PourQui ?


Galerie des robotsCrédits : E.B.

Le visiteur dans Science etFiction était invité à participer, à toucher, à se questionner et mettre tousses sens en éveil. D'abord des bornes en Braille accompagnaient chaquethème de visite pour ne laisser aucun public de côté, ainsi quel'audiodescription présente dans un des films animés dans la partie Les robots,amis ou ennemis ? Également dans le deuxième niveau dans l'espace desSociétés dans la tourmente le visiteur était invité à toucher ce que pourraitêtre un alien. Dans un aspect ludique de nombreuses tables interactivesjalonnaient le parcours afin de faire participer et aider à l'imprégnation desconnaissances scientifiques. Un jeu à quatre joueurs est proposé au deuxièmeniveau posant des questions sur ce que le visiteur a pu découvrir auparavantdans l'exposition, un autre à deux joueurs, au premier niveau, entraîne lesvisiteurs à faire décoller une fusée et à la faire atterrir sur la lune... L’ouïeest aussi mobilisée par le biais de bruitage dans les espaces Explorer d’autressociétés, embarquant le visiteur dans un monde futuriste, de plus de nombreuxfilms audio sont proposés aux visiteurs. Enfin la vue est bien sûr sollicitéepar les nombreuses couleurs utilisées par l'univers de la science-fiction etses représentations, dessins ou photos accrochés aux murs, ou par les objetsexposés dans les vitrines.

Alors ?

Au final le message deconnexion étroite entre science et science-fiction transmis par le premierniveau est clair et compréhensible grâce aux panneaux, cartels et films àdisposition. Le second niveau de Science et Fiction est axé vers les crainteset limites de la science voulant recréer la fiction, et nous amène à voir plusloin, à créer notre propre imaginaire. Enfin, le dernier niveau présentant letravail de création de personnages et mondes de science-fiction depuis lesdessins aux moulages plastiques perturbe le message global de l'exposition. Levisiteur se trouve dans un espace à moitié show-room mettant en lumière letravail des graphistes des univers Dofus et Wakfus. Ce qui laisse le visiteur,profitant de toutes les salles du parcours, perplexe quant au message transmispar ce dernier espace.

Élisa Bellancourt

Silence… BIG BANG !

Ambiance feutrée rouge. Alignement de sièges cosys. Ecrans plats. Présentation des « acteurs ». Générique…Non nous ne sommes ni au cinéma, ni au théâtre, mais bien dans l’un des dispositifs muséographiques du PLUS.


© droits réservés

Ambiance feutrée rouge. Alignement de sièges cosys. Ecrans plats. Présentation des « acteurs ». Générique…Non nous ne sommes ni au cinéma, ni au théâtre, mais bien dans l’un des dispositifs muséographiques du PLUS. Le Palais de l’Univers et des Sciences de Cappelle-la-Grande pousse lexicalement le rapprochement en intitulant cette installation multimédia « le théâtre du Big Bang ». Appellation quelque peu spectaculaire, mais qui, finalement, concorde parfaitement avec l’ambiance de l’exposition permanente et sa promesse de voyage au cœur de l’Univers !

L’expérience interactive, la réplique phare

Le synopsis du guide de visite nous prévient : « une quarantaine d’expériences interactives » nous attendent tout au long du parcours. Ainsi, les écrans et les manettes se dupliquent. Tout le monde peut regarder et manipuler, en d’autres termes participer. La nouvelle technologie s’invite donc dans cet équipement culturel, sans malheureusement réussir à vaincre son ennemi : la panne a en effet la fâcheuse manie de se dupliquer elle-aussi !

Dans le « théâtre du Big Bang », tout fonctionne. Hubert Reeves, Marc Lachièze Rey et François Bouchet, astrophysiciens et cosmologues de renom, sont nos interlocuteurs privilégiés. Ils nous expliquent le Big Bang, en effaçant petit à petit la part de mystère que revêtent des termes comme la température de Planck, le quark ou encore le fonds diffus cosmologique.

Multiplicité de plans et d’écrans ou l’invention du travelling humain

Ici ce n’est pas la caméra qui effectue un travelling circulaire, mais bel et bien le visiteur. A l’aide d’un siège rotatif, il est amené à suivre le film projeté tour à tour sur trois écrans différents. Du spectateur passif, nous passons au spectateur actif voire même sélectif. En effet, le film ne se contente pas de passer d’un écran à l’autre. Quelquefois, les écrans se complètent : soit l’astrophysicien se présente sous différents profils selon les écrans, soit un schéma ou une photographie appuie ses propos sur un autre écran, soit les deux ! De plus, un fond sonore, fait de bruits sourds et généralement puissants, amènent le visiteur à s’immerger totalement dans cette présentation du temps zéro de notre Univers.

Bien sûr, il serait évident de rétorquer que toute la partie sonore ne pense pas aux visiteurs sourds. En réalité, le PLUS a développé de nombreux équipements pour les personnes souffrant de handicaps, notamment des maquettes tactiles pour les malvoyants. Ici, deux écrans, certes plus petits, viennent s’ajouter aux trois autres. L’un montre la vidéo présente sur les écrans principaux, l’autre la traduit en langue des signes française. Malheureusement, ces spectateurs perdent ce qui pour moi fait tout l’intérêt de ce dispositif, et marque sa différence avec une vidéo classique : le choix d’un spectateur actif !

Le hors-champ

Mais l’éveil ne s’arrête pas là. Les murs de cet espace de projection sont volontairement sectionnés par endroit afin d’ouvrir la perspective et de proposer une interaction entre le film et d’autres modules. Il se peut, en effet, que le visiteur-spectateur n’est pas entièrement compris l’information donnée par des spécialistes au langage et à la formulation quelque peu soutenus (c’est effectivement mon cas). Alors, pas de panique ! La scénographie l’incite à se diriger vers des modules expliquant et complétant la vidéo suivant différentes présentations plus ou moins attractives : un élémentaire tableau sur les particules élémentaires, une maquette du satellite Planck lancé en 2009 pour dévoiler les secrets du Big Bang, une BD rétro-éclairée sur la découverte du fonds diffus cosmologique, pour n’en citer que quelques-uns.

Ce dispositif conserve tout de même un paradoxe. La difficulté de comprendre une théorie aussi complexe que celle du Big Bang pourrait être augmentée par cette nécessité, toutes les deux minutes, de changer d’orientation, d’écran et d’interlocuteur. Mais dans un sens, cela rejoint l’idée du modèle cosmologique qu’est le Big Bang : c’est-à-dire un univers toujours en expansion, et donc non statique !

Alors, nos yeux, sortes d’électrons libres, se déplacent dans cet espace, pour finalement suivre une trajectoire aléatoire propre à chacun !

Marion Monteuuis

Six lycéens (em)portés dans les collections

Des idées ? Un smartphone ? L'envie de passer du temps dans un musée ? Ce concours national est peut-être fait pour vous... Musées(em)portables fédère de nombreux participants dans les Hauts-de-France chaque année. Une démarche activement soutenue par le Master Expographie-Muséographie à l'Université d'Artois.

Juliette Gouesnard et Camille Roussel-Bulteel, étudiantes de ce Master 2, ont accompagné plusieurs jeunes dans leur découverte d'un musée. Ces lycéens ont ainsi pu mener leur projet jusqu'à la réalisation de leur film et leur participation au concours. 

La série vidéo "Médiation au musée" témoigne de cette expérience :

  • Deux lycéens et leur professeur au musée d'histoire naturelle de Lille
  • Quatre lycéennes et un portable au musée de la Chartreuse de Douai

La prochaine édition de Musées (em)portables sera lancée le 1er juillet 2017 pour une remise des prix en janvier 2018 : infos et formulaire d'inscription.

En savoir plus :

Retrouvez l'intégralité des vidéos de la série "Médiations singulières" sur youtube

Juliette Gouesnard (réalisation vidéo)Camille Roussel-Bulteel (réalisation vidéo)

Hélène Prigent (article)

10 mai 2017

#concours

#smarphone

#création

Test: quel musée de sciences es-tu ?



1. Quel est ton scientifique préféré ?  





❀ Newton, parce que sans lui je pourrais pas twitter toute la
journée !


☾ Copernic, la tête dans les étoiles !


⚯ Einstein, pour faire des explosions dans mon labo !


✩ Déso, j’en connais pas, j’ai fait L.





2. Si tu devais avoir un compagnon de
laboratoire ce serait :





⚯ Un poulpe, tellement drôle


☾ Une chouette, qui m’apporterait mon courrier


❀ Une pomme, simple mais redoutable


✩ Marty MacFly





3. Ta matière préférée c’est :





☾ Mathématiques, géométrie, astronomie


❀ Sciences et vie de la terre


⚯ Physique-chimie


✩ La corde à sauter dans la cour de récré





4. Ton icône absolu :





☾ Thomas Pesquet, et ses photos magiques


Rihanna, tu peux pas test’


Heisenberg, because “I am not in
danger Skyler, I am the Danger”


❀ Nicolas Hulot, de la fondation Hulot





5. L’ambiance de ton espace de travail c’est
plutôt :





❀ Une cabane au fond du jardin, rien de plus inspirant que Mère
nature


☾ Cabinet de curiosité de la Renaissance (Ah le charme à
l’italienne…)


⚯ Laboratoire de Marie Curie : explosif !


✩ Mon lit, tellement douillet !





6. Ta citation préférée :





❀ “Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise
humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.” Einstein


☾ “Le doute est père de la création”, Galilée


⚯ “2.21 Gigowatts ! 2.21 Gigowatts ! Mon dieu ! [...] Je devais
être complètement dans les nuages !” Dr. Emett Brown, Retour vers le futur


✩ “Mais enfin, c’est quoi un gigowatt ?” Marty MacFly, Retour
vers le Futur





7. Tu préfères :





☾ Dormir, tu adores rêver !


⚯ Cuisiner et mettre la main à la pâte


❀ Développer de la permaculture sur ton balcon


✩ Passer des heures sur Youtube, ils sont tellement mignons ces
chatons !





8. Tu ne peux garder qu’un seul de ces films,
lequel choisis-tu ?





⚯ Une merveilleuse histoire du temps, Eddie Redmane qui joue
Hawking ! Mon choix est vite fait !


Les figures de l’ombre, trois nanas noires badass qui
envoient le premier homme en orbite pendant la guerre froide.


Dans les pas de Paul-Emile Victor, quel homme...


“Toc, toc, toc, Penny ?!”, Big Bang
Theory, sans hésiter !





9. Si tu étais l’un des quatre éléments, tu
serais :





✩ L’air, si volatile…


❀ L’eau, à l’origine de tout.


⚯ Le feu, ton côté savant fou pyromane.


☾ La terre... et pourtant elle tourne.





10. Enfin, si tu devais te définir en un mot :





❀ Curieux.se


☾ Inébranlable


⚯ Dynamique


✩ Courageux.se... mais pas téméraire








©Palais
de la Découverte, Galileo, PASS, Exploradôme






Résultats :





Si tu as le plus de





Toi, tu es le Palais de la Découverte ! Tu es là
depuis 80 ans pour émerveiller petit.e.s et grand.e.s. Toutes les écoles et les
collèges de la région parisienne se déplacent pour venir te voir. Ton côté
vieillot fait certes une grande partie de ton charme mais tu prouves sans cesse
que tu es plus dynamique que jamais. Une nouvelle salle dédiée à l’informatique
et au numérique qui a ouvert en octobre 2016, la semaine des jeunes chercheurs,
Muséomix 2017 en préparation et ta nuit des Musées 2017 qui dure 24h ! On peut
dire que tu sais fêter un anniversaire toi !





Ton atout charme ? Tes médiateurs bien sûr ! Ils
animent des exposés impressionnants pour nous raconter le système solaire, la
vie de labo avec les rats, l’électricité statique, etc. Et puis, certain.e.s
sont quand même très attirant.e.s… Eh ! Qui a dit qu’on ne pouvait plus draguer
au musée ?!





Palais de la Découverte, Paris, France






Si tu as le plus de





Ciao Museo Galileo ! Prix ICOM 2010, on peut
dire que tu sais prendre soins de tes collections. Avec tes conditions de
conservation préventive optimales, chez toi l’objet est bichonné. De l’outil de
mesure à la mappemonde gigantesque en passant par les moulages anatomiques,
toutes les conditions sont requises pour mettre en valeur tes étonnantes
collections dans un esprit cabinet de curiosités à l’Italienne, bellissimo !
 





Attention tout de même à ne pas te reposer sur
tes acquis. Car ton visiteur, aussi averti soit-il, peut vite se sentir
submergé par l’ennui face à ce flot infini d’objets savants.





Petit conseil : pourquoi ne pas inclure plus
d’expériences dans les salles d’exposition ?


Quelques pistes à explorer avec ta lunette
astronomique : médiation innovantes, manips, numérique, expériences ludiques…
Rien n’est trop beau pour Galileo !





Musée Galilée, Florence, Italie






Si tu as le plus de





Tu es le PASS, un vrai aventurier. Entre tes
expositions, tes parcours, tes animations et ton jardin, tu sollicites autant
le corps que l’esprit !


Avec tes ateliers et tes activités pour tous les
publics, on peut dire que chez toi on ne s’ennuie pas. Mention spéciale pour
tes parcours en extérieur avec tes nombreux observatoires, rien de tel pour
comprendre l’environnement qui nous entoure !





Trait de caractère dominant : l’expérience est
pour toi un moyen d’explorer les découvertes d’hier, d’aujourd’hui et de
demain. Toujours positif, tu fais confiance en l’intelligence des hommes pour
trouver ensemble des solutions pour l’avenir.





Innovation, interpellation, découverte, plaisir,
sont là tes maîtres mots ! Toutes ces
aventures sont aussi exaltantes qu’épuisantes… Attention tout de même à ne pas
trop tirer sur les jours de récupération.





PASS,
Frameries, Belgique






Si tu as le plus de





Tu es allergique aux musées de sciences.
Désolées, on peut rien faire pour toi !





Non on rigole. Si tu as envie d’essayer mais que
tu es un peu frileux.se, un conseil : l’Exploradôme d’Ivry. A deux pas du
MAC/VAL ce musée où il est interdit de ne pas toucher permet de découvrir
moultes phénomènes scientifiques en t’amusant. Cinquante manipulations
réparties autour de cinq thématiques : énergie, climat et météo, le chemin des
illusions (d’optiques), structures et formes et mouvements. Toutes t’invitent à
te déplacer, essayer, manipuler, appuyer, toucher des choses pour découvrir et
comprendre tous ces phénomènes scientifiques qui te semblent bien obscures
aujourd’hui !





Qu’est-ce que tu attends ?!





Exploradôme, Vitry-sur-Seine, France








C’est pas tout ça, mais nous à force de
crapahuter dans le Pass’âge des Aventuriers, de découvrir l’électricité
statique, de nombreux objets anciens et de toucher à tout, on est épuisées, on
va prendre notre goûter !  






Marie & Margot









#test




#muséesdesciences






#aventures



Venice Time Machine

C’est lors du mon aventure Muséomix à Lausanne que j’ai découvert l’immense laboratoire de fabrication présent sur le campus de l’université EPFL. Oui, un FabLab à Muséomix !

 Scénographie lumière de l’exposition Venice Time Machine © EPFL,

C’est lors du mon aventure Muséomix à Lausanne que j’ai découvert l’immense laboratoire defabrication présent sur le campus de l’université EPFL. Oui, un FabLab à Muséomix ! Pourquoi est-ce que ce lieu a-t-il participé à un événement initialementdestiné aux musées ? L’ArtLab est un lieu d’innovation qui se confronteégalement aux problématiques muséographiques puisqu’il met en place un certainnombre d’expositions temporaires. Cetespace se définit comme un lieu entre art et sciences. L’exposition Venice TimeMachine, montée par les chercheurs et historiens de l’université, encollaboration avec le FabLab est une réelle machine à remonter le temps dansl’histoire de Venise. L’université détient un nombre incalculable denumérisations d’archives sur la ville de Venise et elle a souhaité lesprésenter au public.

En apparence, leconcept semble ne présenter aucun défaut. Cette simulation interactivereconstruit le passé de la ville par le biais de différentes techniques devisualisation telles que des cartes interactives en trois dimensions maiségalement des mises en scène muséographiques. Les moyens investis dans ce projetsont considérables. Au delà de l’aspect financier qui permet de se doter d’une masse de technologies nouvelles utilisées dans l’exposition, le travailen amont a été très important. Il se poursuit d’ailleurs aujourd’hui puisqueles chercheurs ne cessent de dépouiller ces archives pour en découvrir lecontenu. Ce programme ambitieux a d’ailleurs fait l’objet d’une numérisation deces archives, de mesure de conservation mais aussi d’organisation de cettegrande masse de données. Le projet, lancé en 2013, semble aujourd’hui abouti enterme de muséographie et de scénographie. En pénétrant dans la salled’exposition, la grande table centrale provoque un premier effet, on y découvrenotamment un ensemble de témoignages de chercheurs, c’est derniers se retrouventprojetés sur les écrans apposés aux murs. Leurs visages semblent flotter aumilieu d’une modélisation d’un réseau de la ville. Une atmosphère sombre maisponctuée de faisceaux lumineux plonge le visiteur dans un espace proche de lafiction.

Venice Time Machine © EPFL

L’effet visuel estdonc bien présent, mais l’ArtLab souhaite élargir son panel de visiteurs, quiest aujourd’hui trop cantonné au étudiants et chercheurs. C’est pour cetteraison qu’a été mis à profit l’événement Muséomix pour repenser l’exposition.Le fond d’archives n’est pas accessible à tous de par son caractère trèsscientifique. Cet aspect limite réellement la compréhension du visiteur. Ils’agit également de rendre compte de la masse de données que l’université a ensa possession et qu’elle n’a d’ailleurs pas fini d’explorer.

L’équipe demuseomixeurs formée de six personnes aux disciplines très différentes a dû imaginerun prototype répondant à ces enjeux. Mais comment rendre compte de la recherchescientifique tout en imaginant une interactivité qui faciliterait lacompréhension du visiteur.

Après trois jours dedur labeur le projet naissant a vu le jour et s’est d’ailleurs confronté àl’avis d’un groupe d’experts et de visiteurs. 

 Énigmes du dispositif « La vérité est ailleurs » © A. E.

Le dispositif« La vérité est ailleurs » donne à voir la complexité de la recherchehistorique, mais offre également la possibilité de composer des récitssinguliers, des tranches de vie de personnes réelles à partir des documentshistoriques. Il propose une découverte immersive et concrète dans l'histoire deVenise et de ses habitants à destination d'un public non averti.

Sous la forme d’unjeu, le visiteur se voit donner des consignes : “Retrouve Andrea qui adisparu, au travers d’un certain nombre d’énigmes et ce dans un temps limité;si tu relèves le défi, tu pourras repartir avec une copie de cette très bellebague”.

Le joueur incarnel'enquêteur, comme un chercheur qui fait des recherches historiques. Mais c'estun enquêteur ultra-connecté, qui s'appuie sur les données/datas produites parle projet, et qui sont une ressource dans laquelle puiser. Le jeu repose sur lagéolocalisation de données, modélisées sur un fond de cartes existant, datantde 1808. Au fur et à mesure que le public progresse dans la résolution desénigmes, la maquette se modifie par un jeu de lumières : d’une mise en lumièretotale au début, signifiant la présence d’Andrea quelque part dans Venise,puis la focale se resserre autour de lieux à l’activité d’Andrea. La spatialitéde la ville rejoint celle de ses usages : où sont les marchands et lieux decommerce ? Où exerce-t-on le pouvoir ? Comment la vie économique, socialeest-elle organisée ?

Le jeu vise à amenerle visiteur à se questionner : à quoi servent les données ? à chercher desindices, mais il faut les trier pour savoir où chercher… Quelles masses dedonnées sont nécessaires pour obtenir les résultats demandés par les cinqénigmes ? Comment les chercher ? Les croiser ? Seraient-elles partielles,lacunaires, trompeuses ?

Ce dispositif ludiqueassocie un jeu et une maquette interactive de la Sérénissime. Une applicationsur tablette propose une enquête et une exploration de la Cité des Doges audébut du XIXème siècle. Une série de six énigmes successives nous mène sur latrace de l’orfèvre insaisissable qu’est Andrea. Quelques objets connectés etfac-similés ponctuent le parcours, unissant data impalpables et tracesconcrètes du passé.

Un dispositifconclusif vient donner une idée du volume global des données du Venice timeproject et celles qui ont été mobilisées pour mener cette enquête. C’est uneinvitation à aller plus loin dans la recherche.

Ainsi, lesspécialistes mais également les visiteurs se prêtent au jeu malgré lesdysfonctionnements du prototype par moments. Ils partagent leur expérience enrevenant sur l’intrigue de l’énigme et ressortent avec la satisfaction d’avoirincarné le rôle d’un chercheur ou d’un historien le temps d’une visite. Enprime, ils repartent avec la bague de l’orfèvre imprimée en 3D, ainsi qu’unpasseport de l’enquêteur !

Ce dispositif a sudéjouer l’aspect scientifique du fond d’archives tout en créant un lien directentre le visiteur et ces données.

Anna Erard

#VeniceTimeMachine

#80kmdata

#EPFL

#ArtLaB

#museomixch2017


Pour en savoir plus :

http://www.museomix.org/editions/2017/lausanne

https://actu.epfl.ch/news/venice-time-machine-la-cite-des-doges-modelisee/

Voyage au coeur de la biodiversité marine

L'Aquarium tropical du Palais de la Porte Dorée, dans le XIIè arrondissement de Paris, vous invite à un voyage au cœur de la biodiversité marine de l'Îlede la Réunion du 8 novembre 2013 au 15 juin 2014. Cet aquarium a unpartenariat de longue date avec l'Île de la Réunion.

Précédemment, il aaccueilli l'exposition Biolave (un projet scientifique). Intitulée« Sous l'océan, la vie secrète d'un volcan »,cette dernière était consacrée à la découverte desnouvelles espèces marines vivant sur les pentes du volcan du Pitonde la Fournaise à l'Île de La Réunion.

En outre, depuis 2010,Sciences Réunion, le Centre de culture scientifique, technique etindustrielle de l'Île de la Réunion(C.C.S.T.I), souhaite mettre envaleur la biodiversité marine de cette île volcanique. Ce travailde vulgarisation a d'abord été mis en place à travers une premièreexposition « Regards sous la mer » présentée surplace. Lors d'une deuxième initiative, Sciences Réunion a souhaitéexposer « Biodiversité marine » à l'Aquariumtropical de Paris. D'envergure nationale, cette exposition a faitescale à Marseille, au Palais des Congrès du parc Chanot, dans lecadre du 40e Festival Mondial de l'Image Sous-marine, entre le 31octobre et le 3 novembre 2013, avant de rejoindre Paris. Cetteexposition temporaire, sur panneaux, retrace les différentes actionsréalisées par Sciences Réunion.

Exposer la« Biodiversité marine », pourquoi ?

L'exposition a étéréalisée sous la direction de Pascale Chabanet, chargée derecherche en écologie des récifs coralliens à l’Institut deRecherche pour le Développement à l'Île de la Réunion.

Divisée en cinq grandesparties, l'exposition interpelle le visiteur sur la fragilité denotre monde et plus particulièrement de l'Océan Indien. Tout aulong du parcours, ce C.C.S.T.I souhaite sensibiliser l'individu àla nécessité de protéger ces écosystèmes particuliers occupantune place stratégique dans la préservation de la biodiversitémarine globale. Suivons ce parcours dont nous mettons en évidence ledidactisme et l’engagement.

©Aquarium tropical

La biodiversitémenacée, un constat alarmant

La première partie del'exposition est une introduction qui permet de définir labiodiversité : elle représente la diversité des milieux de vie(zone sableuse, zone rocheuse), des espèces (petites, grandes, decouleur sombre ou éclatante) et des individus d'une même espèce. Aune échelle plus large, les êtres vivants, leur milieu et lesinteractions qui les unissent constituent un écosystème mais cetécosystème est en danger.

Aux définitions s'ajoutent des chiffres qui permettent d'illustrer la menace qui pèsesur la biodiversité. Ils renseignent le visiteur sur le nombred'espèces marines qui disparaissent chaque année : « 27000 espèces animales et végétales seraient, chaque année, amenéesà disparaître, soit 74 espèces par jour ou 3 espèces par heure »selon Edward O.Wilson(1993) et montrent l'état d'urgence de la situation. Avec ceschiffres choquants, l'exposition veut démontrer l'accélération dutaux d'extinction des espèces.

Les écosystèmesde l'Océan Indien, sources de vie


©Sciences Réunion

Pour appuyer son propos, la commissaire de cette exposition dresse un panorama des différentset divers écosystèmes de l'Océan Indien. Prenons pour exemple les mangroves. Ce sont des forêts dont les arbres baignent dans l'eau mais cet écosystème est menacé par les constructions humaines quicherchent à gagner de l'espace sur la mer et les côtes. Pourtant cemilieu marin est essentiel car il procure des ressources forestièreset halieutiques pour les populations vivant sur les côtes mais estaussi un point d'alimentation pour certaines espèces tel que lehéron. Le visiteur peut donc se rendre compte de l'importance deprotéger chaque écosystème du milieu marin.

La vie sous l'Océan

De nombreuses espèces entout genre peuplent le milieu marin. Certaines sont toutefoisinconnues du public tels que le corail choux-fleur, la vieilleananas, le crabe trapèze ou encore la danseuse espagnole. Unaquarium, dans l'exposition, permet au visiteur d'observerdifférentes espèces marines, plus ou moins connues.

Invisible à l'œil numais remplissant l'océan, les œufs et larves de poissons forment leplancton. Ce-dernier est indispensable au repas des plus gros animauxqui rôdent dans l'océan marin tels les baleines et les dauphins.Venez aussi découvrir le plancton végétal qui joue un rôleimportant dans notre quotidien puisqu'il produit près des deux tiersde l'oxygène atmosphérique et qu'il absorbe le C0² dissout dansles eaux océaniques. Sciences Réunion accompagne le visiteur dansla compréhension de cet enjeu crucial.

Les liens du vivant

L'exposition montreensuite les liens entre chaque espèce marine. Toutes les espècesvivantes ont leur place dans cet équilibre fragile des océans etdépendent les unes des autres. Le visiteur peut observer un schémadu réseau alimentaire qui montre toutes les espèces essentielles àce réseau avec l'Homme comme consommateur final. Les espèces sontirremplaçables car si l'un des maillons venait à manquer, lesespèces qui s'en nourrissent disparaîtraient et le réseau enserait perturbé.


©Sciences Réunion

Devenir unécocitoyen ?

Pour terminer cetteexcursion au cœur de la biodiversité, l'exposition met en avant lesnombreuses agressions de la biodiversité marine que fait subirl’homme. Les principales agressions sont liées aux activitéshumaines tels que la surpêche, le rejet de produits polluants et demillions de tonnes de déchets, ou dans le secteur tertiaire, letourisme de masse et les activités nautiques.

L'exposition donne ainsiau visiteur les clés pour comprendre les enjeux de protection de l'environnement et pour agir en lui proposant des méthodes toutessimples comme ne pas jeter des ordures sur la place pour éviter deles retrouver dans l'eau ou comme signer des pétitions contre lapêche illégale qui menace les espèces menacées (le requin ou lethon rouge).

Si vous aussi vous voulezprotéger la biodiversité marine et devenir un écocitoyen,n'hésitez pas à aller voir cette exposition pour avoir des pistesde réflexion et agir contre les menaces qui pèsent sur cetenvironnement envoutant et magnifique mais si fragile !

Ludivine Perard

Site de l'exposition

Pour les curieux,un ouvrage sur les différentes actions de Sciences Réunion a étéédité :

« Île de LaRéunion – Biodiversité marine », Éditions Orphie,2013, 112 pages.

#Biodiversité#OcéanIndien#Protection

©Aquarium tropical

Informationspratiques 

Ouverture du mardi auvendredi de 10h00 à 17h30 et le week-end de 10h00 à 19h00.

Le tarif est de 5 euroset de 3,50 euros pour le tarif réduit.

Adresse :

Établissement public duPalais de la Porte Dorée – Aquarium tropical

293 avenue Daumesnil

75012 Parisienne

Téléphone :01.53.59.58.60.