« Espèces d’Ours » est l’exposition actuelle du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, ouverte jusqu’en juin2017. Elle est adaptée de l’exposition « Ours, mythes et réalités » réalisée par le Muséum de Toulouse en 2013 et 2014. De par son thème et sa muséographie elle est susceptible d’attirer un vaste public. Cette exposition plonge le visiteur dans le monde des ours et permet d’en apprendre plus sur eux et sur leurs relations avec les hommes à travers les différentes époques. Elle sensibilise également les publics sur le danger d’extinction de certaines de ces espèces.

La première information qu’obtient rapidement le visiteur c’est qu’il existe huit espèces différentes d’ours, ce qui décloisonnent les représentations populaires dès le début du parcours en nous présentant des spécimens bien moins connus que l’ours brun ou l’ours blanc. Une rotonde accueille ainsi le public avec les huit espèces d’ours existantes naturalisées devant des images de leurs habitats naturels.

Vue du plateau central © Océane Caby

Le parcoursde l’exposition est composé de cinq espaces portant chacun sur une thématiqueprécise. Le premier présente les ours, leurs habitats naturels et leurscaractéristiques physiques à l’aide de manipulations. Le visiteur poursuitensuite en découvrant les origines des ours modernes et leurs ancêtres. Letroisième espace, plus sociologique, évoque les rapports entre les hommeset les ours selon les époques. Vient ensuite la question de l’avenir des ours.Enfin l’exposition se termine sur un espace plus restreint que les précédentsoù le muséum dévoile à travers des photos, des œuvres et des spécimensnaturalisés, des célèbres ours des collections du musée datant du XIXème et du XXème siècle. A la sortie de cette exposition temporaire, des plans« Parc’Ours » sont mis à la disposition des publics, les invitantainsi à prolonger la visite à travers le Jardin des Plantes pour découvrird’autres représentations d’ours. 

La force de cette exposition est sonaspect ludique. A travers le parcours beaucoup de manipulations, d’audiovisuelset de numériques sont à la disposition des visiteurs. De nombreux enfants setrouvent parmi eux et leur curiosité est assouvie grâce à tous ces dispositifsqui permettent de vivre l’expérience de visite autrement. Cependant pour unpublic plus averti, la question du contenu scientifique se pose. En effet, auvu de visiteurs de plus en plus en demande d’expériences au travers desexpositions, les textes ne sont-ils pas trop simplifiés au profit desdispositifs multimédias ? Ce parti pris de rendre l’exposition la plusludique possible a sans doute pour but d’attirer un jeune public et un publicfamilial, et le pari est très certainement réussi, mais on peut alors sedemander si cette volonté de divertir ne prend pas l’ascendant sur la dimensioncognitive originelle d’une exposition.

Denombreuses vidéos jalonnent le parcours et offrent au visiteur un supportdifférent que celui des textes pour obtenir des connaissances. Le documentaire« Le dessous des cartes - Des ours et des hommes » permet de faireune parenthèse pour réfléchir aux problèmes que rencontrent les ours au contactde notre espèce. Cette vidéo est d’ailleurs présentée dans un espace spécifiquepour séparer les publics de l’exposition, le temps du visionnage.

Lesdispositifs interactifs illustrent le discours de l’exposition en mettant àcontribution le visiteur. Ainsi lorsque le phénomène d’hibernation est expliquédans la première partie du parcours, le visiteur a la possibilité de ressentirla chaleur produite par le corps de la marmotte et de l’ours avant et pendantl’hibernation. Il n’y a qu’à poser sa main sur les empreintes pour sentir lavariation de chaleur de ces animaux. 

Dans la partie consacrée aux relations entre les hommeset les ours, deux dispositifs retiennent l’attentions des publics. La premièreest un écran tactile représentant une zone de fouilles. Le visiteur est invité àfrotter l’écran avec son doigt pour trouver dans le sol fictif des ossementsd’ours. Une fois la fouille terminée, il est possible d’avoir plusd’informations sur ces « découvertes » avec ce même écran tactile. Laseconde manipulation est en interaction avec le mur d’art pariétal. Desreprésentations d’ours sont visibles sur certains panneaux mais pour d’autresil faut utiliser une lampe mise à disposition afin d’éclairer des zones où lestraits des gravures ont été usés par le temps. Grâce à l’éclairage de la lampel’image de l’ours réapparait. 

Exemple de manipulation sur le mur pariétal © Océane Caby

L’exposition« Espèce d’Ours ! »est finalement très complète. Le visiteur peut interagir à la fois avec desobjets, des multimédias, des manipulations, des textes ou encore des schémastout en observant des animaux naturalisés.

Lecaractère ludique se décline à travers des dispositifs de manipulations,l’utilisation de l’audiovisuel, la scénographie et le parcours de l’exposition,la hiérarchie claire des textes ou encore l’éclairage. Tous ces éléments fontde la visite une expérience dynamique qui interpelle les publics.

                                                                                                                                                                   Océane Caby

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Pour en savoir plus :

http://www.mnhn.fr/fr/visitez/agenda/exposition/especes-ours

Exposition itinérante du Museum de Toulouse :

http://www.museum.toulouse.fr/ours-expo-itinerante