Le Musée d’histoire naturelle de Lille propose une exposition temporaire de photographies totalement psychédéliques. Depuis le 20 février et jusqu’au 20 mai 2012, la salle qui suit celle consacrée aux mammifères est investie de photographies d’insectes et de plantes géantes signées Gilles Martin.

© Gilles Martin Sauterelle de Costa Rica, exposition Zoom au Musée d’histoire naturelle de Lille

Le Musée d’histoire naturelle de Lille propose une exposition temporaire de photographies totalement psychédéliques. Depuis le 20 février et jusqu’au 20 mai 2012, la salle qui suit celle consacrée aux mammifères est investie de photographies d’insectes et de plantes géantes signées Gilles Martin. Ce photographe naturaliste excelle dans son domaine en capturant les animaux de toutes espèces, des plus grandes aux infiniment petites. Le portique passé, c’est une explosion de couleurs, de textures et de formes qu’il est rare de croiser dans nos villes et même dans nos campagnes, qui nous envahissent. En se concentrant sur le contenu, ces formes semblent nous présenter les dernières découvertes zoologiques voir même ufologiques. Puis, en se penchant sur les loupes-lampes qui accompagnent chacune de ces photographies, on reconnait grâce à la précision de la taille réelle de ces espèces colorées et si singulières, que ce sont des insectes ! Il ne s’agit donc pas de nouvelles espèces mais bien d’un zoom, comme le titre de l’exposition l’indique, sur ces chères petites bêtes qui nous entourent et qui passent encore trop inaperçues du fait de leur taille minuscule. Le format des images, qui est de 120x180cm pour chacune des photographies, permet aux visiteurs de faire la connaissance d’un monde, de sa faune et de sa flore, encore bien souvent considérés comme répugnants et sans intérêt. Cette exposition de photographies révèle la beauté de ces petits êtres et nous rappelle leur réalité grâce à ces loupes-lampes en les replaçant dans leur état de vulnérabilité due à leur petitesse. 

© Gilles MartinLoupe-lampe Exposition Zoom

Cette exposition se veut esthétique par la précision des cadrages, la qualité de la résolution des images et la somptuosité des couleurs des photographies. La première image qui ouvre l’exposition est un insecte pour le peu extraordinaire, qui semble tout droit sorti d’une bande-dessinée de fiction avec ses grands yeux exorbités et ses dents de rongeur. Il semblerait que nous pénétrons dans une autre dimension, avec ses bizarreries ou ses différences d’avec notre planète. Cette exposition met à jour un monde qui côtoie le nôtre et que nous ignorons du fait de sa micro-existence. Les dimensions des photographies sont en cela tout à fait appropriées car l’immensité du support révèle un monde que l’on doit démultiplier pour en apprécier la beauté et parfois l’originalité, que ce soit des insectes, des amphibiens ou encore des arachnides.

© Gilles Martin Exposition Zoom

Cette exposition se veut également pédagogique, car au centre de cette salle se trouvent installés des microscopes et des loupes qui nous permettent d’observer des acariens par exemple. Une autre salle, celle-ci accessible uniquement en présence d’un animateur, est également consacrée à l’initiation d’observations aux microscopes ou encore à la loupe binoculaire. L’apprenti biologiste y trouvera son compte !

Les observations que l’on peut effectuer dans la salle d’exposition temporaire sont guidées par des cartels directifs qui posent des énigmes sur les êtres observés au microscope. S’il n’est pas possible d’effectuer un grossissement  par soi-même, on est au moins mis dans la posture du chercheur penché sur son microscope, les yeux perdus dans l’infiniment petit, pour ensuite constater grâce à ces cartels fixés à côté des outils d’observation, le résultat de celle-ci.

Cette imbrication de l’observatoire scientifique et de la vision de l’artiste est tout à fait pertinente. L’œil du scientifique décortique un monde magnifique qu’il peine à mettre en lumière, à ce que nous appellerons le « grand public ». L’artiste apporte une vision accompagnatrice de cette pratique du zoom en révélant en taille surdimensionnée les objets d’étude. S’il ne révèle pas la complexité de leur fonctionnement, Gilles Martin met en lumière l’infiniment petit dans le but de faire prendre conscience au public de l’existence de ce microsystème et de l’intérêt qu’il peut susciter pour les chercheurs mais aussi pour les néophytes au sortir de cette exposition ! La manipulation initie les plus jeunes, tout comme les plus grands, à la discipline de la zoologie. Ces manipulations placées au centre d’une série de photographies qui sortent de l’ordinaire, plonge les visiteurs dans un univers insoupçonné.

Pour aller encore plus loin dans l’initiation à l’observation du vivant, les concepteurs de l’exposition ont imaginé un concours qui permettra aux gagnants de remporter l’ouvrage Macrophotographie de Gilles Martin. Il s’agit de retrouver des détails de la collection permanente dans le musée.

Zoom dévoile le monde de la macrophotographie et en même temps de l’entomologie. Cette immersion dans l'infiniment petit surligné par des photographies géantes provoque surprise, étonnement,  contemplation, prise de conscience et connaissance. L’œuvre de Martin Gilles est extraordinaire par sa beauté envoutante et surprenante, et mérite véritablement le détour.

Katia Fournier