Une artothèque c’est quoi ? Communément elle peut se définir comme « un organisme pratiquant le prêt d’œuvres d’art ou de reproductions » (définition Larousse). Celle que je vous propose de découvrir a bien d’autres fonctions.

© L’art de muser

Une artothèque c’est quoi ? Communément elle peut se définir comme « un organisme pratiquant le prêt d’œuvres d’art ou de reproductions » (définition Larousse). Celle que je vous propose de découvrir a bien d’autres fonctions.

Inaugurée en avril2015 à l’occasion de Mons 2015, l’artothèque définie ici comme « le muséedes musées » se place au cœur du réseau muséal de la ville. Y sont réuniesprès de 50 000 œuvres d’art issues des collections communales des différentsmusées de la ville. Des collections, en somme éclectiques, prenant place aucœur de l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines, bâtiment datant duXVIIIe, restauré à cette occasion. L’artothèque, réserve mutualisée pour lesdifférents musées de la ville, se donne quatre missions : conserver, restaurer,étudier et communiquer les collections. Ici est offert aux visiteurs lapossibilité de s’immerger dans les réserves, de découvrir la face cachée desmusées, et les différents métiers de l’ombre gravitant autour. Pensée comme un« Muséum Lab », l’artothèque abrite, en plus des réserves, un espacede numérisation et un atelier de restauration.

Pour des raisonsévidentes de conservation la visite de l’artothèque ne consiste pas à mener lespublics de réserves en réserves, l’expérience se vit autrement. Dés le halld’entrée, les visiteurs touchent du doigt les collections, comme placées sousverre les œuvres se dévoilent sans pour autant s’exposer. Il s’agit d’une« vraie » réserve, un lieu où l’optimisation de l’espace estprivilégiée et dans lequel les nouvelles technologies rendent visibles les collections.Grâce à la numérisation de nombreuses œuvres, l’artothèque s’est constituée uneréserve virtuelle, là est expérimentée une nouvelle façon de valoriser lestrésors habituellement cachés aux visiteurs.

© Amandine Gilles

Dispositiftactile présent à l’entrée permettant aux visiteurs d’explorer l’artothèqueétage par étage afin d’y découvrir les différents espaces qu’elle abrite et lesmissions qu’elle se donne.

Pour accéder à cetteréserve virtuelle il faut prendre la direction de la nef latérale pour ydécouvrir une salle où se côtoient différentes technologies. Parmi elles, unécran panoramique incurvé qui, grâce au procédé de la Kinect, permet auxvisiteurs d’interagir physiquement avec les œuvres. D’un simple mouvement debras, de main, le visiteur évolue entre les œuvres, en sélectionne certaines et,grâce à la numérisation HD, en découvre les moindres détails. En somme, levisiteur entre dans l’œuvre.

© L’art de muser

L’expérience nes’arrête pas là, au centre de la salle sont placés différents mobiliers surlesquels sont disposées des tables numériques. Trois modes d’exploration sontproposés, de la frise chronologique « Mons au fil des siècles », à la« Visite virtuelle de Mons », en passant par la « Visite de lachapelle », nous sommes amenés à découvrir la diversité des collectionsmontoises. Là aussi le visiteur peutsélectionner une œuvre, puis zoomer pour en découvrir le moindre détail. Pourcertaines œuvres l’expérience va plus loin, en les sélectionnant un plan de lasalle apparaît, ainsi qu’un schéma du mobilier, des zones précises s’illuminentalors. En effet, certaines œuvres numériques ont leurs pans réels dans lasalle, en explorant les différents tiroirs du mobilier les visiteurs découvrentdes œuvres de toutes sortes.

 © L’art de muser  

 © Amandine Gilles

© L’art de muser

Ce dispositif estaussi le moyen d’exposer de manière ludique les différentes étapes de larestauration d’un objet. Grâce aux différentes numérisations le visiteur peut ainsicontempler l’état d’un même objet à chaque étape de restauration. Ces technologiesimmersives et participatives permettent de plonger le visiteur dans l’universdes réserves, de lui donner accès aux œuvres, et de lui faire découvrirl’importance de certains métiers, qui lui étaient peut-être inconnus jusque là.L’intérêt est aussi scientifique, en effet, la qualité de la numérisation desdifférentes œuvres permet notamment la visualisation de détails alorsinvisibles à l’œil nu.

Pour les visiteurssouhaitant approfondir leurs connaissances, notamment sur une œuvre découverteplus tôt, un centre documentaire est mis à leur disposition au premier étage.Véritable outil au service des publics, on y retrouve une multitude d’ouvragesen lien avec les collections communales et le patrimoine montois.

© L’art de muser

L’artothèque de Monsest un lieu aux potentialités et à l’imagination sans limites. Pourl’inauguration les visiteurs étaient invités à se mettre dans la« peau » d’une pièce entrant dans les collections. Ainsi, à leurentrée dans l’artothèque, emballés telles de véritables œuvres d’art, lesvisiteurs étaient étudiés par le personnel afin d’évaluer leur état. Selon leurâge et bien d’autres critères, ils étaient ensuite répartis dans les différentsservices de l’artothèque, l’atelier de restauration pour « les plusabîmés », et les différents espaces de réserve pour ceux « en bonétat ». A travers cette immersion originale, les visiteurs découvraientles différents parcours qu’une œuvre d’art pouvait emprunter en entrant dansles collections, et prenaient connaissance des différents métiers liés à lagestion des collections. Actuellement, différents projets de médiation,toujours plus inventifs, sont en cours de réflexion promettant bien d’autres expériencesau cœur des réserves !

Amandine Gilles

#Mons2015

#artothèquePour en savoir plus : http://www.artotheque.mons.be/