Commentun musée peut-il mieux servir son public ?  Comme je passe beaucoupde temps dans les aéroports, l’autre jour, après une escale de quatre heures àChicago O’Hare, j’ai commencé à réfléchir sur les similarités entre les deuxtypes d’établissements. 

 

Les iPads à l'aéroport Toronto Pearson (YYZ). Crédit : JC

Il estclair que les musées et les aéroports n’ont pas le même but : lesaéroports, comme des gares de trains, sont des grosses salles d’attente pourfaciliter le transport des personnes et des biens. Les musées sont censés êtredes lieux de recherche et de sauvegarde, des endroits presquesacrés !  Mais restez avec moi ; prenez l’exemple de votre amiqui n’aime pas les musées.  Avant de s’interroger sur les raisons qui fontqu’il est votre ami, voyons pourquoi cette personne abhorre les musées.

Carenfin, tandis que les aéroports sont des lieux de transition, les musées sontles lieux de transmission.  Mais pour votre ami « muséophobe »,un aéroport est aussi un lieu public parfois :

1. Frustrant, pour comprendrele sens d’orientation, à la signalétique indispensable

2. Usé, délaboré

3. Ennuyeux

4. Claustrophobe

5. ou bien trop vide 

Cettedescription vous rappelle de quelque chose ?

Pourl’aéroport, comme pour le musée, vous vous munissez d’un billet d’entrée remplid’informations.  Dans le cas d’un voyageur fréquent (avec numéro defidélité), l’aéroport vous connaît mieux que vous le supposez.  Avec cenuméro de voyageur fréquent, la compagnie aérienne sait que, par exemple, lemois dernier vous avez passé dix jours au Canada, que vous faites souventl’aller-retour à Marseille en semaine qui indique un voyage d’affaires, et queparfois vous voyagez à deux, souvent vers les destinations ensoleillées. Cenuméro vous permet d’accéder aux endroits spécialisés—la Sky Lounge Air France,ou votre commande habituelle, un gin tonic vous attend.  Vous êtes saluépar votre nom dès votre entrée dans le bâtiment, avec un accueil chaleureux etpersonnalisé.  Quel plaisir vous trouvez lors de vos voyages.  Vousauriez même envie de simplement rester à l’aéroport !

Et sinous élargissons ce plaisir aux autres lieux qui accueillent lepublic ?  Nina Simon, auteur du livre The Participatory Museum,compare les musées avec un autre établissement inédit : les casinos. Tandis que le résultat n’est pas le même, nous pouvons apprendre pas mal dechoses sur la customisation de l’expérience muséale.  Avec la carted’adhèrent d’un casino (Simon emploi l’exemple de Harrah’s) qui est inséré danschaque machine et à chaque table de jeux, et pour retirer les jetons à lacaisse et retirer son argent gagné (sous réserve !).  La carte permetà l’établissement de savoir à quelle fréquence l’usager vient au casino,combien il dépense, et son « point de douleur » (après avoir perdu 87euros, il s’arrête). Quand l’usager vient au guichet pour collecter ses gains,l’insertion simple de sa carte permet à la caissière de voir le nom du client(Bonjour, M. Martin), sa fréquentation (tous les mardis de 17h à 19h), et seshabitudes pendant son séjour (il adore le poker).  La caissière peut voir,par exemple que comme M. Martin aime le poker, peut-être il sera éventuellementintéressé par une nouvelle table de poker qui peut apparaître prochainement, oule tournoi de poker qui aura lieu dans deux semaines.  Quel bonheur depouvoir répondre et s’adapter aux besoins de son public avec un telleexactitude et efficacité ?! 

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Cette carte vous tente? Crédit : JC

Lesmusées rêvent de faire pareil.

Cetteidée de customisation n’est pas hors la portée des musées ; au contraire,ce type d’adaptation aux publics est même préférable pour les musées et leslieux culturels.  Plusieurs établissements ont déjà un systèmed’abonnement mais qui n’exploitent pas les informations recueillies. Imaginons si à chaque glissement de la carte, l’agent d’accueil a la capacitéde saluer notre cher visiteur, de voir sa fidélité au musée, et de pouvoirrecommander un évènement ou une exposition qui rentre dans ses intérêts. Quelle satisfaction de venir au musée et se sentir chez soi grâce àl’expérience customisée !

Donc,pendant cette saison hivernale, pour que les musées ne deviennent pas desgrosses salles d’attente qu’on visite uniquement en cas d’intempéries,réfléchissons sur les opportunités que les musées peuvent nous offrir. Plus nous pouvons tisser de liens avec nos publics, plus ils auront envie derevenir nous voir.  Le gin tonic est facultatif !

 

Crédit  : JC

Jill CARLSON

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#participation

Lisez The Participatory Museum de Nina Simon enanglais, ici : http://www.participatorymuseum.org