De passage à Lausanne, je ne pouvais manquer le musée le plus connu et le plus visité de la ville. Après deux ans de travaux, le Musée Olympique a rouvert ses portes le 23 décembre 2013 avec trois niveaux consacrés à l'exposition permanente et un niveau pour les expositions temporaires.


Crédits photographiques : CIO

De passage à Lausanne, je ne pouvais manquer le musée le plus connu et le plus visité de la ville. Après deux ans de travaux, le Musée Olympique a rouvert ses portes le 23 décembre 2013 avec trois niveaux consacrés àl 'exposition permanente et un niveau pour les expositions temporaires. Situé dans un environnement exceptionnel, surplombant le lac Léman, le musée et son parc attire irrésistiblement le visiteur ; de plus le site internet du musée promet une expérience inédite dans un musée totalement  ancré dans le XXIe siècle.

Le MuséeOlympique de Lausanne n'est pas le seul musée consacré aux valeurs del'olympisme : il existe même un réseau d'une vingtaine d'établissements àtravers le monde. Cependant, celui-ci reste le plus important : en effet,Lausanne a été choisie par le Baron Pierre de Coubertin pour représenter lesvaleurs de l'olympisme et pour héberger le CIO (Comité InternationalOlympique).

Aprèsavoir gravi les marches d'un escalier monumental, je me retrouve dans le parcdu musée. Rien n'a été laissé au hasard dans l'aménagement de cet espace : lessculptures d'artistes célèbres (Igor Mitoraj, Niki de Saint-Phalle, EduardoChillida etc.) côtoient les équipements sportifs. Un mélange d'art et de sportsavamment orchestré qui attire différents types de publics. Avant d'entrer dansle musée, le ton est donné ; tout est calculé, coordonné au millimètre près, etfait pour attirer du public. Le tout est complété par l'entrée imposante etsolennelle encadrée par la flamme olympique ; j’ai plus l'impression depénétrer au sein d'un temple à la gloire des valeurs olympiques et de Pierre deCoubertin que dans un musée.

Le parc du Musée Olympique: Les footballeurs, Niki de Saint Phalle – Crédits photographiques : LT

L’expositionpermanente : 3 thématiques

Aprèsavoir payé un droit d'entrée plutôt salé (14 euros), je découvre le parcoursproposé : trois niveaux, trois thématiques : le monde olympique, les jeuxolympiques et l'esprit olympique.

Lepremier niveau propose un panorama sur l'incarnation de l'olympisme dans notresociété ; l'évolution des jeux, de la Grèce antique à Pierre de Coubertin puisde la création des comités nationaux olympiques à l'engagement des villes hôtesau niveau de l'architecture, des produits dérivés, et des cérémoniesd'ouverture. En entrant dans le premier parcours, je suis saisie par laprésence d'écrans dans toutes les pièces : les projections, les vidéosexplicatives et les bornes numériques sont omniprésentes. Puis je comprendsrapidement que le musée a peu de contenu matériel à exposer dans cette partiedu musée et qu'ils doivent donc compenser avec beaucoup de contenu multimédia.Malgré cela, ce premier niveau est très chargé : aucun pan de mur n'est laissévierge et l’information est partout.

Aprèsavoir apprécié une belle collection de toutes les affiches des Jeux Olympiquesqui montrent l'évolution du graphisme selon les pays, j'accède au deuxièmeniveau qui, selon les dires du musée, est le cœur de l'expérience olympique.Cette partie présente les grands champions olympiques, l'évolution des disciplineset des programmes des Jeux Olympiques d'hiver et d'été. Cette fois-ci, lesécrans de toutes tailles côtoient les tenues sportives des grands champions. Levisiteur peut également toucher différents types de revêtements de sol, desemelles et d’équipements selon les sports. Plusieurs bornes numériques sontégalement à disposition pour rechercher des vidéos d’archives : la base dedonnées contient plus de 1000 séquences pour permettre au visiteur de chercheret de visionner ses moments olympiques préférés. Après un rapide tour d’horizondes Jeux Paralympiques et des Jeux Olympiques de la Jeunesse, je me dirige versle dernier niveau ; l’esprit olympique.

Cedernier parcours propose une découverte des entraînements, des régimesalimentaires des sportifs olympiques et de la vie au village olympique. Lequotidien des athlètes est présenté à l’aide d’une vingtaine de bornesnumériques qui proposent des témoignages de champions sur leur vie sportive.Les repas des jeux olympiques sont présentés en vitrine sous forme dereproduction en plastique et exposés à la manière des sampuru japonais. Le parcours de l’esprit olympique se termine parun spectacle audiovisuel à 180° sur les valeurs du sport et par une très bellecollection de toutes les médailles des Jeux. Un espace est aussi consacré à desexercices d’équilibre, de concentration mentale ou encore de réactivité pour semettre dans la peau des sportifs, espace très ludique et pris d’assaut par lesfamilles. Par ailleurs, des jeux ponctuent tout le parcours de l’expositionpermanente ; des quizz sur des bornes numériques ou encore des boîtesnoires où l’on peut enfoncer sa main pour deviner quelle torche ou quellemédaille olympique se cachent. L’exposition permanente se termine par un réelpodium des Jeux de Sydney 2000 où chaque visiteur peut se faire prendre enphoto sur la plus haute marche : le musée a vraiment su répondre à la foisaux attentes des enfants et des adultes.

Ensortant de l’exposition permanente et avant de me diriger vers l’expositiontemporaire, je réfléchis à tout ce que je viens de voir, et à l’expérience d’un« musée du XXIe siècle » que l’on me proposait. Pendant ces deuxheures passées dans les trois parcours, je me suis beaucoup amusée, mais celane m’a pas donné matière à réfléchir ; avec tous les jeux et lesexpériences du parcours, je me suis parfois plus sentie dans un parcd’attractions que dans un musée. Cependant, le musée fourmille de bonnes idéesen matière de scénographie et d’outils numériques, malgré une trop forteomniprésence du multimédia de mon point de vue. De plus, la grandehétérogénéité des publics pose une difficulté au musée ; quel discoursadopter pour parler tant aux passionnés de sport qu’aux simples curieux ?L’établissement relève ce défi haut la main avec des contenus ni trop basiquesni trop techniques et assez intéressants pour capter l’attention de tous.

Enfin,ce qui m’a le plus dérangé dans l’exposition permanente, c’est l’aspectprosélyte du discours du musée ; les valeurs olympiques sont érigées en parolessaintes et aucun des drames qui se sont déroulés lors des Jeux Olympiques nesont évoqués ne serait-ce que pour rendre un hommage (décès de certainsathlètes, massacre de Munich au JO de 1972, attentat des JO d’Atlanta 1996).Pourtant ces événements font bel et bien partie de l’histoire des JeuxOlympiques.

L’exposition temporaire : Courir après le temps (du 05 juin2014 au 18 janvier 2015)

Affiche "Courir après le Temps" -  Crédits photographiques : CIO

Jedécide de terminer ma visite par l’exposition temporaire « Courir après letemps ». L’espace d’exposition est plus calme et moins bondé que leparcours permanent. L’exposition est organisée en neuf thématiques autour del’évolution de la notion du temps dans le sport à travers les âges, tant auniveau social, artistique et technologique. Le parcours de l’exposition m’asemblé très bien pensé : à la place de choisir un parcours chronologiquesur l’évolution de la notion de temps, les concepteurs ont préféré découper enneuf différents types de temps. Au fil des espaces, j’ai donc pu découvrirentre autres le temps cyclique, le temps linéaire mais également le temps del’athlète et le temps sportif.

Parrapport aux espaces de l’exposition permanente, le contenu multimédia ne prendpas le pas sur le discours de l’exposition et les explications sontrigoureusement scientifiques et compréhensibles malgré la difficultéd’expliquer la notion de temps. Des objets exposés illustrent très bien lespropos tenus : une copie conforme en 3D du Mécanisme d’Anticythère pourillustrer la notion de temps pendant les Jeux Antiques, de très belleschronophotographies de Marey pour découper le mouvement des athlètes, ou encoredifférentes machines qui ont chronométré les épreuves durant les JeuxOlympiques modernes. L’exposition est également ponctuée de photographiesévoquant la performance des sportifs, la notion de record mais également desphotofinish (photographie de lignes d’arrivée où il est impossible dedéterminer à l’œil nu quel athlète l’a franchie en premier). Le contenumultimédia est moins ludique avec des bornes numériques diffusant desinterviews d’artistes, de philosophes et de scientifiques sur la notion detemps, et avec des projections de très belles vidéos : « le temps del’attente » et « le temps du départ » entre autres.

L’expositionse termine sur une œuvre de l’artiste Michelangelo Pistoletto, L’Etrusque.Cette sculpture placée face à un miroir est censée représenter le tempslinéaire ; le passé, le présent et le futur.

Malgréun discours de propagande qui érige les valeurs olympiques sur un piédestal quim’a quelques fois un peu dérangée, je vous conseille de ne pas manquer ce muséesi vous êtes de passage à Lausanne ne serait-ce que pour la scénographiesoignée et la multiplicité des outils numériques. De plus, vous vous amusereztrès certainement dans l’exposition permanente et vous apprendrez beaucoup dansl’exposition temporaire qui est très bien conçue. Cependant, si l’aspectcommercial de ce musée et les Jeux Olympiques vous rebutent, profitez dumagnifique parc et dirigez-vous vers le Musée de l’Elysée (Musée de laPhotographie) qui est situé juste au-dessus du Musée Olympique !

LT.

#olympisme

#sport

#multimédia

Pouraller plus loin :

http://www.olympic.org/fr/musee : Siteinternet du Musée Olympique

http://www.olympic.org/fr/content/le-musee-olympique1/decouvrir/presse/dossiers-de-presse/dossier-de-presse-courir-apres-le-temps/ : Dossierde presse de l’exposition Courir après le Temps