Le centre Pompidou à Metz a été le premier grand centre culturel national qui a abordé la décentralisation. Conçu en 2003, il a finalement ouvert en 2010. Le centre a pour mission d’être l’une des plus importantes plateformes pour la diffusion de l’art moderne, accueilli par la Lorraine et son envie de développer le secteur culturel, je dirais que c’est un pari gagné car je suis arrivée bien avant le moment de l’ouverture et il y avait déjà du monde qui attendait. On pourrait se demander, si le challenge de la décentralisation a bien été relevé ? Et bien, pour répondre, je vais vous dire que le projet a su conserver le concept d'espaces complètement modulables et susceptibles de s’adapter à des usages évolutifs et selon les besoins, qui ont si bien fonctionné à Paris. On retrouve aussi des éléments qui nous rappellent le "Centre modèle", notamment les gros tuyaux qui sont visibles un peu partout dans la structure. En tant qu’étrangère cette découverte est justement l’idée que je me faisais d’un centre Pompidou,ailleurs. Exemple qu’après ont suivi : le Louvre-Lens, qui a ouvert ses portes au mois de décembre 2012, et Versailles avec le partenariat qui s’est mis en place au Musée des Beaux Arts d’Arras. Ces deux derniers ont décidé d’injecter des ressources dans la naissante « Région des Musées » du Nord Pas-de-Calais. Mais,revenons à la Moselle,où on peut vite se rendre compte que le projet architectural de Shigeru Ban a été inspiré de l’architecture de la région, principalement des colombages et son bois si évident et chaleureux, et la touche de modernisme avec ces grandes fenêtres qui s’ouvrent et nous laissent découvrir de belles vues sur la ville, que les touristes trouvent plutôt « sympathique » pour faire une photo-souvenir.


Crédits : A.Vázquez

Au moment de ma visite, l'exposition de la deuxième salle portait sur les dessins muraux de Sol LeWitt entre 1968 et 2007, artiste qui porte bien le drapeau de l’art contemporain, et plus précisément de l’art conceptuel. Il a vraiment poussé ce dernier au point de ne valoriser que le concept : il a créé des œuvres (avec un répertoire simple,des lignes et des figures géométriques primaires) qu’il a minutieusement détaillées et réduites à une série d'instructions simples et concrètes, qui pourraient être reproduites par n’importe qui, n’importe où dans le monde. Ce qui m’a paru s’inscrire tout a fait dans l’esprit du Centre Pompidou, qui lassait le visiteur face à l’œuvre tout en restant disponible (via du personnel), si une médiation assistée était nécessaire.


Crédits : A.Vázquez

La troisième salle hébergeait une exposition en partenariat avec le Fond Régional d’Art Contemporain (FRAC) Lorraine, ensemble, ils ont trouvé la façon de rendre une exposition photographique en une expérience peu commune mais inoubliable ! En effet il s’agissait de rentrer dans une salle complètement plongée dans le noir, et de découvrir à l’aide d’une lampe torche les 200 œuvres présentées sur les murs.Voilà une nouvelle façon de découvrir la photographie, au fur et à mesure que l’on avance, on est pris par l’émotion de la découverte, on ne sait pas ce que nous allons trouver. Ceci dit, l’expérience de ma visite était extraordinaire !! Avec à peine 2 ans d’ouverture il est encore tôt pour évaluer la réussite du projet, mais je vous invite à suivre de près cet établissement.

A. Vázquez