« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre… »  Ghandi

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Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple

Quinze ans… en termes d’Histoire, cela peut paraîtreépisodique, mais en termes de culture, de développement et de mentalités, c’estconséquent. Pourtant, lorsque l’on prend en main Des musées d’Histoire pourl’avenir, fruit du colloque de 1998 qui s’est tenu à l’Historial de lagrande Guerre à Péronne deux ans auparavant, on retrouve les prémices deproblématiques actuelles encore soucieuses d’êtres respectées et comprises.Sous la Coordination de Marie-Hélène Joly et Thomas Compère-Morel, les éditionsNoêsis nous livrent un panel de questionnements autour du rôle et del’importance des musées d’Histoire. Il est intéressant de voir qu’après uncertain passage à vide des préoccupations autour de notre passé historique, ilrevient au devant de la scène aujourd’hui avec l’idée d’un musée ou plutôtd’une maison de l’Histoire de France impulsée par le président Sarkozy et quidevrait naître en 2015.

Des musées d’Histoire pour l’avenir réunitdes interventions sur différents sujets et autant de questionnements, regroupéssous plusieurs grands thèmes, en prenant pour exemple les musées consacrés auxgrandes guerres. Ainsi les spécialistes ouvrent les débats autour desproblématiques de marché de l’Histoire, de « publics » ou de« clientèles », de médiations et de nouvelles technologies au servicedes musées d’Histoire, des enjeux sociaux et territoriaux autour de ceux-ci.Autant de questions que se posent tous les musées encore aujourd’hui.

La particularité des musées d’Histoire, qui les aobligé à très tôt chercher la justification de leur présence et de leurintérêt, réside justement en leur référence, à laquelle on associe bien souventleur appartenance, au passé. C’est pourquoi, afin de se défaire de cette image,il leur a été nécessaire de poser des axes de recherches tournés vers l’actualitéet la préoccupation des publics. Réunis autour d’un colloque traitant de cesquestions, des spécialistes de l’Histoire, de son public, mais aussi de sonmarché et de ses enjeux, comme Marie-Hélène Joly, Jean Davallon, Serge Renimel,Jean-Claude Richez ou bien Alain Montferrand, exposent non seulement lasituation à la fin du XXème siècle, mais veulent également se tourner versl’avenir, et sur la question notamment des visiteurs et de l’accès à tous, donton voit émerger l’importance. Egalement au centre du colloque, le marketingautour de l’Histoire, moyen de toucher différents publics, comme le Puy du Foucité en exemple, mais qui peut également concurrencer voire éclipser les muséesd’Histoire. Enfin les « nouvelles » technologies de l’époque, avecl’exemple du Mémorial de Caen et de l’utilisation du multimédia, aujourd’hui deplus en plus généralisées et mises au service de la médiation, dont on convientdésormais qu’elle a une place principale dans le projet de tout musée.

Un livre donc qui semblerait plus utile pour comprendrel’intérêt et l’Histoire des musées d’Histoire plutôt que pour lesrévolutionner, mais dont on peut mesurer aujourd’hui l’efficacité et lapertinence, avec des préoccupations soulevées et que se posent tous les muséesactuellement. Certes les musées d’Histoire se devaient de se questionner surleur image, leur public, afin de ne pas sombrer dans l’oubli et le passé… Oucomment rendre un musée consacré aux relations entre Henry VIII et François Ieraussi attractif qu’une exposition sur Tim Burton [1].

Julie Minetto 


[1]Tim Burton, l’exposition, cinémathèque Française, de mars à août 2012