L'Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne est né de la fusion d’un centre d'art contemporain et du Fond Régional d’Art Contemporain Rhône-Alpes. Parallèlement à la diffusion permanente de sa collection sur le territoire, l’Institut d’art contemporain présente in situ sa collection tous les deux ans. Le thème choisi pour cette biennale 2014 est « Collection à l’étude, Expériences de l’œuvre », un projet porté par le Laboratoire espace cerveau et le Centre de Recherche et d’Etudes Anthropologiques (CREA) de l’Université Lyon II.

Ann Veronica Janssen, Brouillard coloré Blue Red and Yellow, 2000 ©Blaise Adilon

Intriguée par l’idée d’«Expérience de l’œuvre », je me rends dans l’espace d’exposition de l’IAC transformé en une sorte de laboratoire expérimental dans lequel le visiteur est invité à découvrir un total de 63 œuvres à caractère plus ou moins immersif. L’idée principale est d’instaurer un corps à corps entre l’œuvre et le public afin d’interroger sa réception et sa restitution à travers la perception et les sensations du visiteur. Le « protocole » de l’expérience invite chacun à se munir d’un petit carnet et d’un crayon disponibles à l’entrée de l’exposition. Rien n’est explicité, pas de mention « servez-vous », mais la façon dont ils sont placés laisse penser qu’ils sont, comme le serait le livret d’exposition, l’outil nécessaire à la visite du lieu. Au dos de ce « carnet d’expérience » est soulignée l’idée de participation de chaque visiteur. Dès lors je comprends que mon rôle ne sera pas uniquement passif mais que mon retour d’expérience est le véritable enjeu de l’exposition.

Dans les différents espaces d’exposition, renommés espaces d’expérience, il n’est pas toujours facile « d’éprouver » les œuvres, aucun texte, aucun médiateur n’est là pour me guider. Le visiteur fait véritablement face à l’œuvre. L’expérience ne porte pas sur une capacité à décrypter le sens de l’œuvre mais elle privilégie l’écoute intérieure afin d’attirer l’attention sur ses propres sensations. Les modalités de l’expérience esthétique sont en quelque sorte libérées mais l’introspection n’en demeure pas moins difficile.

Basserode, Sans titre (table de lettres), 1998 ©Blaise Adilon

 

Je me retrouve alors à marcher sur du Pierre-Olivier Arnaud tout en contemplant l’œuvre de Gerhard Richter, à fumer le brouillard aveuglant d’Ann Veronica Janssens ou encore à jouer les écolières sur l’immense table alphabétisée de Basserode. Je m’étonne d’un bruit, d’une installation, je m’imprègne d’une atmosphère… Que le visiteur comprenne ou non, qu’il puisse aimer ou non, peu importe, l’essentiel est de ressentir.

C’est d’ailleurs ce que rappelle une petite équipe d’étudiants de l’Université de Lyon II qui, caméra à l’épaule, propose au visiteur de raconter à l’issue de l’exposition l’expérience vécue. Le Laboratoire espace cerveau est également à  disposition du public dans le jardin de l’IAC pour poster toutes sortes de photos, vidéos ou tweets sur internet. L’ensemble des données et des informations récoltées à l’issue de cette expo-expérience permettront ensuite d’aboutir, le 11 janvier 2015, à l’analyse des effets produits sur chacun avec pour problématique principale la question suivante : comment reconsidérer l’art comme un vecteur privilégié de la relation à soi ?


Entrée de l'Institut d'Art Contemporain

 

Une véritable expérience des sens d’essence personnelle, qui aurait pu s’accommoder d’une visite en deux temps, un « aller » en autonomie, puis un « retour » accompagné d’un médiateur, afin d’aboutir, à mon sens, à une complète expérience de l’œuvre dans l’étude de sa collection.

Pauline du Chaylard

#experienceIAC

« Collection à l’étude, Expérience de l’œuvre », du19 septembre 2014 au 11 janvier 2015

Institut d'Art Contemporain

11 rue duDocteur Dolard

69100, Villeurbanne

France

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