De passage à Malaga, j’ai visité les musées environnants. Après un passage par le musée Picasso – rappelons le, Picasso était malagueño– c’est finalement le Centre Pompidou qui a retenu mon attention. Tout beau,tout neuf, le centre a ouvert ses portes en mars dernier. Vue de l’extérieur,il ressemble à un grand cube coloré de bleu, rouge et jaune ; une œuvre de Daniel Buren.


Picasso, période bleue © J.D

Vue de El Cubo de dessous © J.D

 

De passage à Malaga, j’ai visité les musées environnants. Après un passage par le musée Picasso – rappelons le, Picasso était malagueño– c’est finalement le Centre Pompidou qui a retenu mon attention. Tout beau,tout neuf, le centre a ouvert ses portes en mars dernier. Vue de l’extérieur, il ressemble à un grand cube coloré de bleu, rouge et jaune ; une œuvre de Daniel Buren.

A celui qui pense que le Centre Pompidou c’est un peu comme le Louvre, un classique que l’on connaît déjà, je dirais que l’antenne de Malaga a la particularité d’être un lieu de petite taille, ce qui permet de redécouvrir les œuvres, de s’y attarder et rend la visite bien plus agréable. Installé pour cinq ans, le centre provisoire présente une sélection de 90 œuvres, réparties sur 7000 m2 dans une dizaine de salles. Je ne m’attarderai pas sur l’exposition temporaire, des dessins de Miró – que j’aime pourtant beaucoup –disposés de manière assez classique, je vais plutôt vous parler de la collection permanente, qui m’a le plus touchée.

L’exposition permanente a pris le parti de traiter la figure du corps et met en avant l’art vidéo. Dès son entrée dans l’exposition, le visiteur est confronté à un enregistrement de caméra de surveillance, postée à l’entrée du musée. Ce dispositif crée un effet miroir, une mise en abyme de la visite.

 

Le corps en morceaux

Arrivée dans la pièce principale, une foule de statues en aluminium, corps à genoux qui semble se recueillir, m'accueille. Toutes se tournent dans la même direction. L’uniformité de ces corps fantômes, de cette masse et leur anonymat interrogent. En créant ces corps sans visages, Kader Attia réalise un travail sur l’aliénation et la quête identitaire. 

Ghost, Kader Attia, 2007© J.D

 

Non loin, une autre salle, recouverte de vêtements cette fois. L’espace circulaire est fermé, plaçant le visiteur au cœur. C’est Réserve, l’installation de Boltanski. La présence humaine et la disparition – la Shoah plus précisément - sont ici suggérées par les objets,fragments de la mémoire.

 

Les métamorphoses 

Plus bas, un rire sarcastique se fait entendre ; celui d’une marionnette à échelle humaine posée à même le sol. Une projection lui donne vie, le dispositif est visible par le spectateur. La tête de la poupée a une dimension monstrueuse, qui exacerbe l’émotion qu’elle véhicule. C’est une installation de Tony Oursler, dont d’autres œuvres sont présentées au fil du parcours. De nouveau la vidéo fait irruption dans la visite, avec l’œuvre de Pierrick Sorin. Trente deux visages filmés en gros plans nous font face. Tour à tour, ils répètent d’une voix mécanique « It’s really nice », titre éponyme de l’œuvre. Les personnages ont été réalisés par une superposition de différents visages, ce qui leur donne un aspect grotesque, presque monstrueux. 

It’s really nice,Patrick Sorrin, 1998 © J.D

 

L’autoportrait

Dans l’ensemble, les cartels sont parfois difficiles à lire, mal placés, il faut parfois un moment pour réussir à les trouver, comme si on avait voulu préserver l’architecture du lieu et laisser place à une libre interprétation des œuvres. Disposées en enfilade autour de la pièce principale, les salles abordent chacune un thème spécifique, lié au corps humain. Parmi elles, la salle des autoportraits mêle aussi bien celui de Frida Khalo que de Raoul Dufy. 

 

Le corps politique

La salle du corps politique est probablement celle qui m’a le plus marquée.Avec la captation Barbed Houla, l’artiste israélienne Sigalit Landau réalise une performance dans laquelle ellefait du hula hoop, nue, avec un cerceau formé par des barbelés. La vidéo a été tournée sur une plage de Tel Aviv. Il faut y voir une représentation symbolique du peuple palestinien opprimé. Le sang coule. Dans la même pièce, est présenté Le baiser de l’artiste d’ORLAN. Des photographies reviennent sur cette performance dans laquelle ORLAN, devenue un distributeur de baisers, questionne le rapport entre l’art et le commerce qui tend parfois vers la prostitution.

Un peu plus loin, nous sommes face à une collection de… moineaux ! Empaillés,triés et habillés, l’installation est très déroutante. Les Pensionnaires d’Annette Messager raconte le quotidien de ces animaux naturalisés, envisagés comme des enfants à éduquer ou punir. Je dois reconnaître que, encore aujourd’hui, je n’ai toujours pas réussi à saisir le sens de cette œuvre.

La visite presque terminée, nous retournons sur nos pas. Le Centre Pompidou de Malaga, par le choix des œuvres présentées nous propose une relecture de l’histoire de l’art du XX et XXIe, n’hésitant pas à aborder des sujets sensibles, qui font encore débat. Si Picasso et d’autres figures emblématiques de l’art contemporain y sont présentées, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que même Hello Kitty semblait avoir trouvé sa place au musée ! Après avoir visité le Centro de Arte Contemporaneo de Malaga, c’est la deuxième fois que je reconnaissais le petit chat nippon dans une des œuvres exposées.

Mention spéciale aux toilettes parlants (Tony Oursler est partout) !


Sculpture Hello Kitty, de Tom Sachs, 2001
© J.D

J.D

#CentrePompidou

#Malaga

#corps

 

Pour en savoir plus :

> Centre Pompidou Malaga : http://centrepompidou-malaga.eu

> Pour une visite virtuelle : https://www.youtube.com/watch?v=TkxLYS91v1k

> Le clip de David Bowie réalisé par Tony Oursler : https://www.youtube.com/watch?v=QWtsV50_-p4

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