Le 29 août 2018, la Cité du Vin franchit un cap : elle accueille son millionième visiteur !

Portée par la Fondation pour la culture et les civilisations des vins, cette institution bordelaise, inaugurée en juin 2016, offre une expérience autour du vin et s’intègre parfaitement dans le paysage de l’œnotourisme local et international.  Proposant une programmation culturelle riche et variée (exposition temporaire, atelier de dégustation, conférence, visite guidée thématique…), le parcours permanent reste le cœur de visite dans ce bâtiment à l’architecture singulière. Le billet d’entrée à 20 € donne accès à ce parcours ainsi qu’au belvédère. Une dégustation d’un vin au choix est également comprise dans le billet, lors de la visite au belvédère qui surplombe la ville de Bordeaux.

 

Le parcours de la Cité du vin de Bordeaux

D’une surface de 3 000 m², le parcours permanent se veut « immersif, sensoriel et attractif1 » et justifie son prix d’entrée par la technicité numérique des 120 productions audiovisuelles et plus de 10 heures de contenu. La Cité du vin est un exemple représentatif de ce qui se fait aujourd’hui en matière de nouvelles technologies et de dispositifs numériques.

 

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Le compagnon de voyage (c) Fanny Davidse

 

Un guide numérique est fourni, ainsi qu’un casque. Ressemblant à un smartphone, ce compagnon de voyage fait l’interface entre les dispositifs numériques et le visiteur. Son utilisation est simple : sur chaque dispositif, l’appareil doit être positionné devant un sigle identifiable tout au long du parcours. L’émission d’un bip sonore dans le casque confirme la connexion entre l’appareil et le dispositif et permet l’accès au contenu sur l’écran tactile : son de la vidéo, retranscription du texte, iconographie, information textuelle supplémentaire, consigne de fonctionnement du dispositif…

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 L'accessibilité au public jeune et au PMR (c) Fanny Davidse

 

L’interface de ce guide numérique facilite l’accessibilité à différents publics. Les contenus sont disponibles en 8 langues pour s’adapter aux visiteurs internationaux. Si le texte physiquement présent n’est traduit qu’en 3 langues, une traduction écrite en cinq autres langues est disponible sur le guide numérique. Le public en situation de handicap peut bénéficier d’un contenu en « langage facile à lire et à comprendre », d’une audiodescription ou bien d’un sous-titrage en fonction de ses besoins. Et pour les enfants à partir de 8 ans, l’appareil propose une sélection des modules dans l’espace permanent pour créer un parcours personnalisé et ajuste le niveau de langage à ce public jeune.

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Le flux important de visiteurs devant un dispositif (c) Fanny Davidse

 

La connexion entre l’appareil et le dispositif est un réflexe à adopter à chaque changement de dispositif pour pouvoir bénéficier de l’expérience la plus complète. Elle contraint donc le visiteur à chercher ce sigle avant même de comprendre devant quoi il se trouve, et créé un problème de gestion des flux de personnes. Il faut savoir se frayer un chemin entre les visiteurs pour accéder au sigle car leur positionnement dans l’espace n’est pas toujours accessible une fois que 2 ou 3 personnes se trouvent devant le dispositif. De plus, l’interaction entre les visiteurs est minime et cela se ressent dans le déplacement des gens à travers l’espace : pas de regard directionnel, une occupation de l’espace désorganisé, des stationnements aux mauvais endroits. Le compagnon de voyage aurait-il tendance à créer une bulle autour du visiteur ? Avec un flux important de visiteurs, cela peut engendrer des problèmes de circulation dans l’espace.

Quant à la répartition dans l’espace, le parcours est composé de 19 modules numérotés, qui sont répartis sur 6 séquences. Pour chaque module, un dispositif général est décliné en plusieurs exemplaires avec différents contenus. Que ces dispositifs soient sensoriels, interactifs, immersifs ou audiovisuels, le principe de connexion de l’appareil au dispositif s’applique. Toutefois, quelques dispositifs n’utilisent pas le compagnon de voyage : soit le sigle n’est pas présent car le dispositif est considéré comme autosuffisant, soit la connexion se fait sans fournir de contenu. Concernant ce dernier point, il arrive à plusieurs reprises que des dispositifs disposent du sigle mais une fois la connexion effectuée, quasiment rien ne se passe sur l’appareil. En effet, il arrive qu’une simple consigne sonore oriente le visiteur vers le dispositif (« veuillez suivre les consignes à l’écran »), ou que la bande sonore d’une vidéo provienne directement du dispositif et non pas de l’appareil par le biais du casque. Ce changement d’utilisation peut surprendre le visiteur et devenir déconcertant.

 

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La vue, l’odorat et l’ouïe sont stimulés sur ce dispositif (c) Fanny Davidse

Par ailleurs, la démultiplication du contenu présent dans l’espace, sur les dispositifs et sur l’appareil peut créer un effet d’accumulation. Cette surcharge intellectuelle risque de perdre le visiteur pendant sa visite, ne sachant plus quoi lire, regarder, écouter, sentir ou toucher. Une sélection plus précise du propos et des informations communiquées augmente l’intérêt que porte le visiteur à sa visite.

En conclusion, la Cité du vin profite de l’innovation technologique actuelle pour mettre en place un appareil sophistiqué, qui sait s’adapter à de nombreux publics. Toutefois, ce compagnon de voyage a des limites pour sa bonne prise en main par le visiteur.

 

Fanny Davidse

[1] Termes employés par la Cité du vin

 

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