Je suis en apprentissage au Museon Arlaten, ce n’est pas un musée comme les autres, c’est un musée en construction.

 

arlésienne

 

Une arlésienne en tenue de chantier © Museon Arlaten

 

Bien sûr, il a plus de 100 ans, ses fondations sont solides. Il serait plus exact de parler de reconstruction. Les murs, les objets, l’esprit du lieu sont les mêmes, mais le discours, la méthode et la scénographie sont bouleversés ! À la vision parfois trop subjective et datée de Mistral et des autres prédécesseurs, se substitue un propos contemporain et scientifique. De la scénographie vieillissante naît une mise en scène rafraichissante. Afin d’arriver à ce changement, le Museon1 est nourri du travail des différentes équipes. Elles modifient sa gestion, son administration, sa présentation, son activité, etc. Elles l’alimentent, le font grandir comme elles le font avec moi. Être apprenti c’est aussi être en construction, ou en reconstruction. Les fondations bâties durant nos études sont solides, mais ce terrain particulier questionne, et façonne. Les projets se pensent et se font sur le long terme, c’est un travail différent de celui demandé lors des stages, des projets d’études ou des workshops. La position occupée, le statut de salarié est lui aussi autre. Cela pousse donc à réfléchir diversement sur le métier, à en percevoir plus encore ses réalités, à découvrir ses limites et comment les dépasser. Présente constamment au sein d’une structure, j’ai par exemple davantage perçu l’emprise du politique et de l’administratif.

 

L’activité dans un musée fermé est parfois plus dense que dans un musée ouvert ! Il y a toujours les collections à gérer, mais aussi tout l’administratif, les marchés, etc. Bien que rattachée à l’unité recherche et muséographie, j’ai la chance de pouvoir observer de près cette agitation et de participer au travail des différents services. J’ai appris à utiliser Micromusée en conservation, mais aussi en documentation, pour pouvoir l’exploiter en muséographie. Je sais comment s’est passé le chantier des collections, autant que décrire les activités de la médiation. J’acquiers de nouvelles compétences auprès de mes collègues comme le musée acquiert sa substance grâce à eux.

rénovation museon

 

Planche du projet de rénovation du museon © Tetrarc

 

Il s’agit aussi d’une co-construction, j’aide cette structure à devenir un musée de demain et elle m’aide à devenir une muséographe de demain.

Chaque recherche faite sur les collections enrichit son fonds et mes connaissances. Chaque réunion à laquelle j’assiste développe ma compréhension du monde muséal, ainsi que ma perception du musée. Chaque texte écrit donne du contexte au musée et m’aide à améliorer mes capacités rédactionnelles.  

C’est surtout cela l’apprentissage, un échange entre la structure et l’apprenti pour en sortir tous les deux plus grands. Parce que l’un apporte des connaissances à l’autre qui les met en pratique pour lui.

 

artiste

 

Le chantier, vue d'artiste ©Muséon Arlaten

 

L’apprentissage est un instant de construction, où l’on développe de nouvelles compétences et élargit ses connaissances toutes les semaines, où l’on est guidé, où l’on peut se tromper, être requestionné, mais aussi apporté les fondations sur lesquelles nous nous étions déjà appuyées.

En 2019, diplômée, je serai prête à rejoindre un poste et le Museon ouvrira ses portes, une grande partie du chantier sera fait pour nous, même si l’on reste toujours en construction.

 

Océane De Souza

 

#co-construction
#brève d'apprentissage
#Museon Arlaten

 

Le musée : http://www.museonarlaten.fr/

Un article du Museon sur cet apprentissage : https://www.facebook.com/notes/museon-arlaten/-accueillir-une-apprentie-au-mus%C3%A9e-une-tr%C3%A8s-belle-id%C3%A9e-/1977571738947037/

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