A l’heure où la Suède est considérée comme un modèle d’égalité hommes-femmes, l'une des dernières expositions du Nationalmuseum de Stockholm avant sa fermeture en mars 2013 pour 5 ans de rénovation nous a démontré à travers Pride and Prejudice qu'il fut un temps où les femmes n'avaient pas accès au savoir, à l'éducation au même titre que les hommes.


Crédits : Anaïs Kraemer

A l’heure où la Suède est considérée comme un modèle d’égalité hommes-femmes, l'une des dernières expositions du Nationalmuseum de Stockholm avant sa fermeture en mars 2013 pour 5 ans de rénovation nous a démontré à travers Pride and Prejudice qu'il fut un temps où les femmes n'avaient pas accès au savoir, à l'éducation au même titre que les hommes. A cette époque, l'Académie des Beaux-Arts était constituée uniquement d'hommes. L'exposition explorait la condition des femmes artistes en France et en Suède entre 1750 et 1860. Le portrait de plusieurs d'entre elles, dont certaines ont été les premières à pénétrer ce monde très masculin, démontrait que oui, même sans autorisation, les femmes aussi savaient manier un pinceau et qu'aujourd'hui, certaines d'entre elle ont même leur place au musée.

Crédits : Anaïs Kraemer

Au premier étage, les femmes prennaient le pouvoir, chaque artiste disposait de sa cimaise et de son chevalet, dressant son parcours à l'origine avec des œuvres associées. En plus d'une courte biographie classique, le panneau était complété par de petites anecdotes personnelles qui permettaient d'installer une plus grande proximité avec le public. Le visiteur parcourait les différents espaces sans aucun sens de visite défini, le discours étant réduit à ces différents portraits. L'absence à première vue d'autres éléments de médiation rendait le propos quelque peu confus au visiteur qui n'était pas attentif. En effet, bien qu'un accès principal avec un texte introductif ait été mis en place, la présentation de plusieurs expositions en simultané, permettait un accès par les salles mitoyennes. De plus, l'absence d'une scénographie en nette rupture avec les autres salles du musée ne permettait pas une réelle délimitation de l'exposition dans l'espace. Il n'y avait guère que les gardiens pour nous signaler la transition de l'espace temporaire à l'espace permanent.

Le choix des couleurs de fond ne présentait pas de continuité entre les salles. La cohésion était apportée par les espaces de repos. Vous l'aurez compris, c'est dans la scénographie que se situait le point faible de l'exposition ; bien que très convenable, il fallait être un visiteur aguerri pour comprendre les contours et la finalité. La proposition était restée très simpliste et ne servait pas suffisamment le propos. Un bon point néanmoins concernait les assises. Dans le prolongement des cimaises autoportantes se dressaient des colonnes autour desquels étaient disposés des coussins, identiques dans chaque salle, lesquels jouaient le rôle de liant entre les espaces. La présence en nombre de ces coussins donnait un aspect cosy au lieu et facilitait la contemplation de l'ensemble des expôts de par leur emplacement stratégique, qui permettait un angle de vue très complet sur les différents espaces d'exposition.

Au sortir de l'exposition, les sentiments étaient mitigés. Tout d'abord le choix du sujet semblait pertinent en regard du rapport particulier de la Suède avec le féminisme. De même pour les portraits qui permettaient de connaître l'artiste mais également la femme. Ensuite, les choix scénographiques permettaient au visiteur de prendre ses aises dans la déambulation et la contemplation des œuvres picturales. Cependant, ces mêmes choix de mises en exposition ne permettaient pas de voir se dessiner un réel parcours de visite. Le discours promis à l'entrée n'était pas entièrement tenu. Certes on nous présentait des artistes souvent peu présentes dans les institutions, mais l'aspect franco-suédois n'était pas exploité, et de plus, aucun lien n'était tissé entre les différents portraits et œuvres présentées. Une dernière rencontre avec des femmes remarquables du XVIIIe et XIXe siècle avant la fermeture du musée pour rénovation complète.

Anais Kraemer