Jeudi 1er octobre 2015 – 20 h 00. Je suis assise dans un des magnifiques fauteuils en velours rouge de l’Opéra de Lille, en train d’écouter Madamela Directrice Caroline SONRIER exposer la programmation artistique de la saison2015/2016. Les statues représentants les personnifications de la Danse, la Musique, la Tragédie et la Comédie me dominent depuis le plafond doré.

Attendez un moment avant de bâiller.

Le parterre et le premier balcon de l’opéra sont pleins, mais aucun des spectateurs n’a plus de 28 ans. Autour de moi, les langues des étudiants Erasmus se mélangent : anglais, espagnol, italien... Dans une demi-heure,nous aurons tous abandonné nos manteaux pour nous lancer dans une session de danse, avant de nous restaurer avec une petite bière assis sur le tapis rouge du grand escalier.

C’est ce qui se passe à la Soirée Découverte de l’Opéra de Lille : une invitation aux jeunes pour passer une soirée « dans la maison », avec l’espoir, bien entendu, qu’ils auront envie de revenir.

L’accueil chaleureux de Caroline SONRIER met l’accent sur le mot clé d’ouverture (à double sens : vers les artistes et vers le public), un aspect porté par l’architecture même du théâtre, qui dispose d’un foyer s’étendant sur l’intégralité de sa façade principale, vers l’extérieur. C’est la volonté qui guide le théâtre depuis sa rénovation, quand l’impulsion de Lille 2004 lui a rendu sa grandeur.


Photographie : L.Zambonelli

Ma présence à cette soirée démontre que cette politique de médiationculturelle est efficace. Je suis rentrée à l’opéra un peu par hasard lors des Journéesdu Patrimoine. Comme moi, beaucoup d’autres jeunes et d’étudiants sont entréspar curiosité, pressés de voir et découvrir un lieu un peu sacré comme celui-ci.L’équipe présente nous a alors parlé de la Soirée Découverte et nous a invités ày participer : la simple évocation d’un drink a fait le reste.

Au programme de cette soirée apparait un paragraphe sibyllin qui annonceque la chorégraphe et son équipe nous feront « partager » un momentde danse. Mais surprise ! Si la plupart de nous s’attendait simplement àprofiter d'un morceau de ballet, une fois tous rassemblés dans le Foyer, nous n’assistonspas à une démonstration, mais nous participons. Alors qu’on est en traind’essayer d’apprendre quelques pas tirés de Xerse, (premier Opéra qui ouvre lasaison 2015), je ne peux pas m’empêcher de faire une similitude trèsirrespectueuse et de nous imaginer élèves de Zumba dans une gym d’exception.

Mais enfin, n’était-ce pas l’objectif de la soirée : nous mettre àl’aise dans les espaces monumentaux de l’Opéra ?

Photographie : L.Zambonelli

Les initiatives d’appropriation des établissements culturels de la partd’un public (notamment jeune) se multiplient donc non seulement dans le mondemuséal, où le flash mob et la nuit des musées font désormais partie des outilsclassiques de médiation, mais aussi ailleurs. Peut-être alors pourrait-on saisircette dernière forme d’inclusion des visiteurs proposée par l’Opéra et imaginerune session de Danse dans le merveilleux hall du Palais des Beaux-arts de Lille,en lien bien sûr avec une programmation ? Joie de Vivre, Joie de danser !

Une petite anecdote en guise de conclusion : il y a trois ans, pendantla première version de la Soirée Découverte, une jeune fille de 23 ans, séduitepar la politique novatrice de cet établissement culturel, s’entretient longuementavec les artistes et l’équipe de l’Opéra. Elle s’appelle Marion GAUTIER. Elleest aujourd’hui Présidente de l’Opéra de Lille, ou de « la fabrique àémotions » comme elle l’aime à l’appeler.

Si ce n’est pas le conte de Cendrillon de la médiation culturelle !

Lara ZAMBONELLI.

#MEDIATION

#OPERA

#LILLE