En ce jour ensoleillé du Jeudi 2 Février 2012, je me hâte avec curiosité vers le Palais des Beaux arts de Lille, plus communément appelé le PBA où du 4 novembre 2011 au 6 Février 2012, a eu lieu une exposition permettant de découvrir, parait-il, un des plus talentueux artistes français des XVIIIème et XIXème siècles à savoir Louis Léopold Boilly.


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En ce jour ensoleillé du Jeudi 2 Février 2012, je me hâte avec curiosité vers le Palais des Beaux arts de Lille, plus communément appelé le PBA où du 4 novembre 2011 au 6 Février 2012, a eu lieu une exposition permettant de découvrir, parait-il, un des plus talentueux artistes français des XVIIIème et XIXème siècles à savoir Louis Léopold Boilly.

Son nom vous est peut-être étranger, mais sûrement pas ses œuvres, notamment ses célèbres mini-portraits ainsi que ses caricatures. Cet artiste polyvalent, né le 5 Juillet 1761 à La Bassée et décédé le 4 Janvier 1845 à Paris, originaire de notre région du Nord-Pas de Calais, est ici mis à l'honneur à l'occasion de la célébration du 250ème anniversaire de sa naissance.

Sa carrière fut des plus brillantes et des plus enviées puisqu'il connut un succès triomphant et ce, dès son vivant, en France comme à l'étranger. C'est donc bille-en-tête que je m'engouffre dans ce magnifique Palais qu'est le musée des Beaux-arts de Lille, et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que l’exposition, annoncée comme un vibrant hommage à cet artiste, se déroule … au sous-sol du musée. Ma stupéfaction s’est accrue subitement pour mieux disparaître lorsque j’ai  vu cet espace, d’une luminosité exceptionnelle due à son plafond constitué d’une immense verrière, offrant ainsi un écrin étincelant à la collection exposée. Thierry Germe, architecte diplômé DPLG, a conçu un parcours scénographique des plus étonnants. En effet, le visiteur découvre une scénographie géométrique réfléchie, alternant niches et ouvertures, permettant tantôt d’abriter quelques bustes et autres sculptures qui s’offrent inopinément à la vue du visiteur, tantôt d’entrevoir la prochaine salle mais sans trop en dévoiler, laissant ainsi la surprise au visiteur.

C’est ainsi que, suivant un parcours formant une boucle, les sept salles se suivent mais ne se ressemblent pas, chacune ayant une thématique prédéfinie, citons notamment la salle exposant les caricatures, et correspondant à une chronologie précise tel le Directoire ou encore l’Empire, renforcée par une ambiance coloriste sobre propre à chaque salle, mélangeant simplement mais habilement les teintes des cimaises de manière à s’adapter aux divers moments de la carrière de Boilly.

Ce travail simple et complexe à la fois laisse au visiteur le plaisir immense de (re)découvrir la richesse et la variété des productions de cet artiste qui comprennent notamment des peintures, des sculptures, des pastels et autres merveilles graphiques, tels les mobiliers décorés de trompe-l’œil, qui se succède à sa vue.Au total, pas moins de 190 œuvres, dont des dessins, lithographies, miniatures et pièces de mobilier prêtées par de nombreux collectionneurs particuliers et par les plus grandes institutions internationales, britanniques ou américaines telles la National Gallery de Londres ou le Paul Getty Museum de Los Angeles, allemandes ou russes avec ou le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, ainsi que par les grands musées français notamment le musée du Louvre et le musée des Arts décoratifs de Paris, viennent compléter la collection possédée par le Palais des Beaux-arts de Lille.

Une succession d’œuvres, pour ne pas dire chefs-d’œuvre, qui pourraient se suffire à elles-mêmes mais l’on peut déplorer l’absence de technologie dans cette exposition, à l’heure des tables tactiles et du Web 3.0. Henry Harrisse a dit : « Une exposition publique de l’œuvre de Louis Boilly s’impose. C’est alors, et alors seulement, qu’on lui rendra pleine justice ».

C'est désormais chose faite, avec cette rétrospective, hommage vibrant et brillant puisqu’ayant accueilli 52000 visiteurs, qui a su rendre sa juste place à ce très grand peintre français originaire de notre région, que le public a pu apprécier et, pour beaucoup, découvrir.

Céline DESCHAMPS