Le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l'Illustration, situé à Strasbourg, regroupe un fonds important d'environ 11 000 dessins, archives, jouets et revues donnés à sa ville natale par le dessinateur et illustrateur français Tomi Ungerer.


© Musées de la Ville de Strasbourg

Le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l'Illustration, situé à Strasbourg, regroupe un fonds important d'environ 11 000 dessins, archives, jouets et revues donnés à sa ville natale par le dessinateur et illustrateur français Tomi Ungerer. C'est l'un des seuls musées consacrés entièrement à l’œuvre d'un artiste encore vivant à l'heure actuelle.L’ensemble de la collection est présenté dans un parcours thématique d’environ 300 œuvres originales comportant des dessins de livres pour enfants, des dessins satiriques et publicitaires ainsi que des œuvres érotiques. Son travail est également mis en parallèle avec d'autres grands illustrateurs du XXe et XXIe siècle, notamment grâce aux expositions temporaires renouvelées fréquemment.

C'est dans le parcours permanent que s'inscrit le carnet « explorateurs du musée Tomi Ungerer » outil de médiation et d'aide à la visite. Clairement destiné au jeune public, ce livret est rempli d'images de l’artiste ainsi que de propositions pour rendre l'enfant actif dans le musée et mettre à profit son imagination.

© Musées de la Ville de Strasbourg

Commençons donc par étudier la forme donnée à cet outil de médiation. Le choix du support papier se réfère immédiatement aux carnets de croquis et livres illustrés présents ce qui en fait un choix évident. Les couleurs vives sont une référence à la quadrichromie employée dans l'imprimerie, Elles ont cependant été utilisées avec beaucoup trop de facilité. En efet, la conception globale est très classique, sans cachet, on ne retrouve pas du tout l'esprit de l'artste. Par chance, cela n'altère pas son utlisaton. L'alternance de visuels très diférents (photos, dessins) permet de garder l'attention de l'enfant et renouveler son imaginaire notamment grâce à des actvités dont les instructons restent très claires grâce à un discours familier facilitant la compréhension de chacun. Prenez pour exemple les extraits ci-contre, les couleurs sont vives, le message est clair, mais le tout manque clairement de liant.

A contrario, les activités proposées sont plutôt pertinentes, et vont permettre à l'enfant de mieux appréhender le musée, mais surtout l’œuvre de Tomi Ungerer. L'entrée dans son œuvre petit à petit, selon les titres suivants : qui es-tu ?, le trait, les supports et les outils, expression et émotions, mise en scène et cadrage, le texte et l'image, l'absurde et le collage, le bricolage et la récup', engagement et la cocote de Tomi. Comme attendu, le carnet laisse la part belle au dessin. En s'inspirant des œuvres présentées, cherchées, choisies par l'enfant dans le musée, l'enfant se réapproprie les principes de l’artiste pour créer ses propres personnages et histoires. On peut, par exemple, reproduire son style graphique à la ligne claire, en hachures ou en niveaux de gris en se basant sur un des éléments exposés dans le musée. La page suivante on assemblera ces différents objets en un seul pour tomber dans le domaine de l'absurde, notion souvent abordée par l’artiste. Le livret provoque des allers-retours constants entre les éléments exposés et les activités, l’exploration du lieu est mise à profit dans chaque parte. Ainsi, son utilisation pourrait se diviser en trois temps. Un temps d’observation où l'enfant devient un enquêteur au sein du musée afin de répondre aux questions posées, mais aussi s'inspirer pour la parte deux où il devient à son tour illustrateur en s'inspirant de tout le travail effectué par l’artiste et présenté dans le musée. Le troisième temps, qui correspond à la dernière partie du carnet propose une médiation hors du musée, directement au domicile de l'enfant. On crée sa propre sculpture avec les objets que l'on trouve à la maison et en bonus la dernière page se transforme en cocote, laquelle permet selon les citations découvertes de revisiter telle ou telle activité proposée précédemment dans le cahier.

Il vient donc en accompagnement de la visite. Distribué au jeune public à l'accueil du musée, il permet une visite autonome de l'enfant si celui-ci sait lire convenablement. Pour les autres, l’activité se fait en famille, les parents servant alors d'intermédiaires pour expliquer les activités à mener, l'aider dans ses recherches tout au long du parcours.

Alors faut-il vraiment mettre ce carnet d'explorateur entre toutes les mains des enfants qui entrent dans le musée ? La volonté du musée est de rendre l'enfant actif tout au long du parcours afin d'augmenter son intérêt et sa compréhension des pièces présentées semble être plus efficace qu'une visite traditionnelle avec un guide qui envoi des informations à des enfants passifs. En effet, on apprend bien quelques éléments clés sur l’œuvre de Tomi Ungerer et les techniques qu'il utilise, mais l'efficacité de l’outil aurait pu être amplifiée si la réalisation avait été menée avec plus de rigueur. Peut-être aurait-il été judicieux de s'inspirer du style graphique de l’artiste, afin de donner à ce carnet une plus grande personnalité.

En clair, un fond intéressant et pile dans la cible, mais une mise en forme qui réduit un peu l'impact de la médiation. Ce livret a vraiment sa place dans le musée, il faut juste espérer dans le futur avoir une réalisation plus rigoureuse afin de rendre l'objet incontournable pour la visite.

Anaïs Kraemer