Le graphiste autrichien Stefan Sagmeister est actuellement l’invité d’honneur à la Gaité Lyrique jusqu’au 9 mars 2014 et nous propose une exposition originale sur la quête du bonheur appelée « The Happy Show ». Le célèbre graphiste et non des moindres, a auparavant réalisé des travaux qui lui ont permis d’obtenir une réputation mondiale notamment par la réalisation de pochettes d’albums pour les Talking Heads mais aussi pour Lou Reed ou encore les Rolling Stones. Il a également réalisé des travaux pour le Guggenheim Museum de New-York et le MoMA inscrit quelques uns de ses travaux à ses collections.

Stefan Sagmeister investit la Gaité Lyrique et nous offre sa recherche du bonheur au travers d’anecdotes, de statistiques, de la science et de son propre esprit… Toute une palette d’outils afin de nous prouver que l’on peut être heureux à tout moment. « The Happy Show »part à la recherche du bonheur, la vision du bonheur de Sagmeister. Et nous voici  plongé dans le monde du graphiste autrichien, à la fois graphique, ludique et drolatique. A l’origine de ce projet, un film : « The Happy Film ». Dans celui-ci, Sagmeister nous dévoile peu à peu sa recherche du bonheur au fil des travaux réalisés à travers le monde, que l’on retrouve tout au long de l’exposition.


Crédits : MD

L’exposition nous propose un parcours sur la recherche du bonheur séquencé par thèmes mettant en parallèle les travaux de Stefan Sagmeister. Durant le parcours Sagmeisterinter vient par petits films vidéo ou par récits, manuscrits sur les cimaises et les murs des salles d’exposition en mettant en avant des anecdotes de sa vie personnelle et professionnelle. Ces anecdotes sont argumentées par des preuves sociologiques, anthropologiques ou scientifiques. « The HappyShow » aborde cette quête du bonheur en proposant de nombreux médiums tel que des vidéos, des installations, des fresques, des photographies.

Le bonheur est partout, même dans les chewings-gums ?

L’exposition interagît avec le spectateur en lui proposant de vérifier son indice bonheur par le jeu. Comment vérifier que le visiteur est heureux au moment de sa visite ? Stefan Sagmeister a créé un outil de mesure à base de chewing-gum afin de calculer sur une échelle de 1 à 10 le niveau de bonheur à ce moment en mâchant.

Crédits : MD 

Sagmeister nous invite dès le début de la visite à retirer une carte nous indiquant un petit jeu à réaliser à un moment donné durant l’exposition. Puis le visiteur est amené à déambuler dans l’exposition proposant un parcours linéaire. Rien n’est laissé pour compte, les murs, les rambardes, les rampes d’accès et même les toilettes sont investies d’histoires personnelles et de proverbes en tout genre.

Comment se provoque le bonheur ? Les détails de la vie peuvent-ils nous rendre plus heureux ? Des rencontres ? Ou simplement la conviction personnelle ? Voilà les questions que se pose Stefan Sagmeister et qu’ilnous pose à notre tour. Le parcours nous propose de descendre dans la salle principale d’exposition où nous arrivons devant un mur abreuvé de statistiques. Sagmeister s’est longtemps appuyé sur des études statistiques, psychologiques, anthropologiques autour du bonheur.Sans se nommer scientifique, il nous propose une fresque murale remplie de statistiques. Le bonheur est partout et une fois de plus le graphiste nous confronte à une recherche plus pragmatique par l’intermédiaire de constat en nous exposant la pyramide de Maslow, de confronter l’indice de bonheur des couples ou encore une statistique sur les activités heureuses ou le temps libre. Par la suite Sagmeister évoque le corps en quête du bonheur. Par l’épanouissement du corps en action, la recherche du bien-être.

Le corps en quête du bonheur

Le graphiste met à disposition un vélo permettant au visiteur d’obtenir une maxime (exemple : "Actually Doing The Thing") projetée en lettres néons lumineuses sur le mur en face du coureur. Le graphiste a soigneusement choisi ces dictons en fonction de l’hygiène de vie qu’il s’octroie. Une fois de plus sa vision personnelle y est retranscrite. Une fois descendu du vélo, le visiteur est à nouveau sollicité afin de mettre à contribution ses capacités créatives pour répondre à la question : Selon vous, quel animal ou créature représente le bonheur ? Une table, découpée par tranche de bonheur, court, moyen et long terme est mise à disposition ainsi que le matériel nécessaire au visiteur pour produire sa créature. Sagmeister met également en avant le fruit de sa créativité en exposant dans une avant dernière partie, une série photographique de ses productions réalisées lorsqu’il était à la recherche du bonheur, provoquée par les effets de la drogue ou sous une autre forme d’expérience plus ou moins déviante.


Crédits : MD 

Pour finir le parcours, Sagmeister nous propose une rétrospective autour de son film « The Happy Film » en offrant aux visiteurs trois espaces vidéo proposant trois parties différentes du film ainsi qu’un entretien avec le graphiste sur la réalisation de l’exposition et finalement sa vision du bonheur et les solutions qu’il a trouvé.

Le graphiste autrichien nous suggère sa propre vision du bonheur à travers différents médiums, qu’il maîtrise, pour ainsi nous transmettre son point de vue, qui reste tout à fait subjectif. Cette exposition est à vivre simplement sans attentes particulières. Quelle forme de bonheur cherche-t-on ? Qu’est-ce qu’on est venu chercher dans cette exposition ? « The Happy Show » ne nous donne pas de solution ni de clé de compréhension. Les points de vues que partage Sagmeister avec le visiteur restent très personnels mais laisse la possibilité à celui-ci trouver sa place et de réfléchir sur sa condition ou simplement profiter d’un moment simple et distrayant. Malgré l’abondance de statistiques ou modes de calculs, l’exposition reste légère,  agréable mais d’une gaieté moins lyrique que ce que l'on pourrait s'imaginer.

Cette exposition a débuté le 28 novembre et se termine le 9 mars 2014 à la Gaité Lyrique. Elle a été réalisée dans le cadre du film « Happy Film » de Stefan Sagmeister. Organisée par l’Institute of Contemporary Art, Université de Pennsylvanie. Commissariat assuré par Claudia Gould, directrice du Jewish Museum de New-York.

* Citation tirée de Stefan Sagmeister que l’on retrouve dès le début, dans la première partie de l’exposition.

Marie Despres La Gaîté lyrique 

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