C’était il y a 4 ans (en 2014), lorsque des community managers de musées français décident de lancer cette vitrine interactive autour des institutions culturelles. Le principe est simple : 7 jours, 7 thèmes, 7 mots-dièse ; le tout régi par une thématique globale. Lancé dans un premier temps sur Twitter, aujourd'hui l’évènement est suivi dans 75 pays ; avec une participation de plus de 3000 institutions.

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© museum-week.org

C’était il y a 4 ans (en 2014), lorsque des community managers de musées français décident de lancer cette vitrine interactive autour des institutions culturelles. Le principe est simple : 7 jours, 7 thèmes, 7 mots-dièse ; le tout régi par une thématique globale. Lancé dans un premier temps sur Twitter, aujourd'hui l’évènement est suivi dans 75 pays ; avec une participation de plus de 3000 institutions. La volonté première était de lier Culture, Art, Éducation et Science, domaines qui permettent le développement de la société et de tisser des liens entre les hommes et les femmes par-delà les frontières. Au total, les mots-dièse de la #MuseumWeek comptabilisent cette année 65 582 posts et 656 980 partages et plus de 20 000 commentaires.

L’évènement est maintenant gérée par l’association Culture for Causes Network qui compte au sein de la direction deux membres de l’Unesco. Ainsi les thèmes choisis chaque année défendent une cause internationale. En 2017, la volonté était de déconstruire les stéréotypes de genre en favorisant les contenus qui mettaient en avant le rôle des femmes dans la culture. Cette année la thématique choisie a été celle de « la vie en société ». La volonté est d’insuffler un souffle de tolérance et des valeurs citoyennes, par le biais d’un contenu culturel, artistique, technique et scientifique, à l’environnement numérique qui présente parfois tout le contraire. Pour ce faire les musées et institutions culturelles doivent s’inscrire préalablement sur le site internet de l’évènement et indiquer les noms de leurs comptes de réseaux sociaux pour l’organisme les suive et les « récompense » selon la pertinence de la publication.

Alors que Twitter était le premier réseau social de prédilection lors du lancement de l’évènement, aujourd’hui d’autres réseaux sociaux ont su prendre leur place en son sein. En effet, au moment de l’inscription on retrouve les plus célèbres réseaux tels que Facebook, Instagram, Snapchat ou Pinterest, mais également le réseau Weibo (système chinois hybride entre Facebook et Twitter) ou encore le site web de réseautage russe Odnoklassniki qui ont servi de nouveaux relais.

Les institutions ont compris que participer à cette action culturelle permet de dynamiser leurs réseaux sociaux. Par exemple, le musée du Louvre comptait en 2015, 292 500 abonnés contre 835 000 en 2016. Il en va de même pour le Centre Pompidou, 262 000 en 2015, contre 731 000 en 2016.

Les publics familiers ou non des institutions peuvent ainsi découvrir ou redécouvrir une institution culturelle, tant dans son histoire, ses coulisses, ses actions ou le personnel qui y travaille. Chaque année de nouveaux mots-dièse sont testés, certains conservés (#heritageMW sur le patrimoine des lieux) alors que d’autres ne sont pas reconduits (#poseMW qui encourageait les selfies).

Les institutions sont invitées à explorer les thématiques au travers de publications, de vidéos ou encore de photographies, certaines ont même utilisé la retransmission en directe sur les réseaux. Chacune est libre de publier selon son interprétation du mot-dièse et de l’adapter à sa structure culturelle.

L’organisme de la Museum Week n’hésite pas à mettre en valeur les publications les plus originales qui sont en lien avec la thématique générale ; et encore plus avec celui du #womenMW qui est devenu le leitmotiv de l’évènement. Cette année, les 7 mots-dièse étaient pour les jours de la semaine correspondant, #womenMW, #cityMW, #heritageMW, #professionsMW, #kidsMW, #natureMW et #differenceMW.

Les thèmes Museum Week

Les thèmes de l’année 2018 ©museum-week.org

Le lundi mettait donc à l’honneur les femmes, qui sont moins reconnues dans leur métier. La volonté était de mettre en avant les femmes célèbres de « l’Histoire, de l’Art, la Culture ou la Science mais également toutes ces anonymes qui par leurs actions structurent les sociétés humaines ». Alors que le Château de Versailles a mis en valeur une figure du passé, l’impératrice Eugénie, le Guggenheim de Bilbao, lui, a salué le travail de l’artiste contemporaine Louise Bourgeois.

MuseumWeek post Instagram
Post du Château de Versailles pour le #womenMW ©Instagram

Le mardi la New-York historical Society mettait en avant l’architecte Cass Gilbert, connu pour être un des pionniers des gratte-ciels notamment avec le building Woolworth à Manhattan, qui resta le plus haut du monde pendant 20 ans. Dans ce post #cityMW, les institutions avaient l’occasion de mettre en valeur leur ville qui est traversée, parfois sans être regardée. 

Sous le #heritageMW, le patrimoine, sous toute ses formes, était à l’honneur. Ainsi le Partition museum en Inde n’a pas hésité à partager l’histoire du bâtiment du musée, anciennement commissariat de police et prison.

Le jeudi les professions (#professionsMW) au sein des établissements culturels étaient placés sous le feu des projecteurs. A cette occasion, les établissements culturels étaient invités à présenter les métiers, parfois situés dans les coulisses, qui permettent de faire vivre les lieux culturels. Le Muséum-Aquarium de Nancy, quant à lui, a mis en avant son équipe technique et ses soigneurs animaliers qui sont plus que nécessaires dans ce type de structure.

MuseumWeek tweet
Tweet du Muséum-Aquarium de Nancy, #professionsMW ©Twitter

Alors que le samedi était tourné vers la nature (#natureMW), où le Parc archéologique de Pompéi a pu montrer que des espaces étaient dédiés à la végétation dans les villas urbaines ; le dimanche lui était consacré à la différence (#differenceMW). L’organisme de la Museum Week interrogeait alors sur le « rapport à l’autre » qui « conditionne notre rapport au monde et à la vie en société ». Le Musée des Beaux-Arts de Quimper a mis l’accent sur l’accessibilité pour tous, devenu une priorité pour chacun, en mettant en avant leur plan tactile.

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Repost du #differenceMW du musée des Beaux-Arts de Quimper par la Museum Week ©Instagram

Sur le site internet de l’organisme de la Museum Week on peut retrouver un classement des établissements culturels selon plusieurs critères : les institutions les plus influentes, (#1 Musée du Louvre), celles dont les publications ont été le plus partagées (#1 Château de Versailles), celles qui ont le plus publié (#1 Mémorial d’Auschwitz) et celles dont les post ont été le plus commentés (#1 Château de Versailles). On note que les institutions françaises restent en tête dans les classements de l’évènement, dont La France a eu l’initiative.

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Top des meilleurs influenceurs de l’évènement ©museum-week.org

De manière générale, la Museum Week reste un évènement culturel virtuel incontournable pour les musées du monde entier. Au-delà de la publicité générée pour les institutions, les réseaux sociaux permettent de partager et de faire connaitre des cultures et un patrimoine à ces « visiteurs virtuels ».

Maëlle Sinou

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