Aujourd’hui, notre journaliste retrouve Monsieur Plans-Reliefs du Palais des Beaux-Arts de Lille, pour un questions-réponses un peu décalé. 

 

Coline C. : Bonjour Monsieur Plans-Reliefs.

Plans-Reliefs : Bonjour, Bonjour. 

CC : Monsieur, nous allons procéder à une série de questions réponses dont le but est d’être le plus naturel possible, vous êtes prêts ? 

PR : Tout à fait, c’est parti !

 

Monsieur Plans-Reliefs se tenant prêt face à nos questions

 

CC : Les livres marquants de la bibliothèque de vos parents…

 PR : Gargantua : cette manière de voir le monde de haut me faisait beaucoup rire. 

CC : Les lieux de votre enfance ?

PR : Laissez-moi réfléchir… Dunkerque je crois, oui, Dunkerque. Le marquis de Louvois était alors secrétaire d’Etat à la guerre et avait demandé à Vauban de réaliser un plan-relief de la ville, pour imaginer les fortifications des villes conquises ou en passe de l’être par la couronne française. Moi je me rappelle des dunes, et des premiers bouts de carton. 

CC : Dites-moi, avec qui aimeriez-vous entretenir une longue correspondance et pourquoi ?

PR : Les cartes IGN en relief, leur vision naturelle de la géographie m’émeut. Pour moi il s’agit plutôt d’aménagement du territoire, de logique de circulation et de stratégie militaire. Je pense que nous avons beaucoup de choses à nous apprendre. 

CC : Que faites-vous dans vos périodes de dépression ?

PR : J’imagine toutes les façons de me détruire : adopter un bataillon d’insectes xylophages, me mettre à fumer, déjouer le système de climatisation pour causer une fuite d’eau… 

CC : Et dans vos périodes d’excitation ? 

PR : Je pilote une drône et je regarde le monde devenir mon propre plan-relief.

CC : Votre remède contre la folie ? 

PR : Je lis tout ce qui me passe par la main ! J’ai un accord secret avec les gardiens du musée qui m’apportent un peu de leur bibliothèque personnelle, je glane deux trois titres dans les sacs des visiteurs et je demande au personnel de nettoyage de me les emprunter à la bibliothèque. Bien entendu, ma proximité avec la bibliothèque du PBA m’aide aussi beaucoup.

CC : Dans le cas où vous créez une maison d’édition, qui publiez-vous?

PR : Prévert pour rire, un type qui écrit « Quelle connerie la guerre », ce doit être un type chouette. 

CC : Vous tenez salon, qui invitez-vous ?

PR : J’ai un goût certain pour l’exploration donc Abd al-Rahman al-Sufi, pour l’amour de la cartographie,  la famille Cassini pour les relevés, Bill Ingals pour ses photographies de l’espace. Il y a là tout un univers à découvrir, c’est passionnant. 

 


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Monsieur Plans-Reliefs en grand moment de réflexion

 

CC : Le secret d’un couple qui fonctionne ? 

PR : Une heure de TGV entre les protagonistes. 

CC : La chose indispensable à votre liberté ? 

PR : Les horaires de fermeture du PBA. Ça fait du bien. 

CC : Le deuil dont vous ne vous remettrez jamais ?

PR : Les villes que j’ai perdues lors du bombardement du musée des armes et de la guerre à Berlin lors de la Seconde Guerre mondiale. J’ai passé effectivement une partie de ma vie en Allemagne. 

CC : C’est un peu intime mais, que trouve – t – on de particulier dans votre chambre ? 

PR : Des étoiles phosphorescentes au plafond et une tapisserie que je n’ai jamais eu le temps finir.

CC : A quoi reconnait-on un ami ? 

PR : Au regard qu’il porte sur vous. Et à ses pinceaux et ses micro-aspirations. Au temps qu’il ou elle met à vous remettre sur pieds. 

 

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Détails sur des ponts lors de la restauration des plans de Tournai par les « amies » de Monsieur Plans-Reliefs

 

CC : Qui occupe vos pensées nuit et jour ? 

PR : Une aiguière à casque bleue et blanche dans le département des objets d’art au rez-de-chaussée du musée. Elle veille sur moi, je veille sur elle. 

CC : Vous démarrez un journal intime, quelle est la première phrase ? 

PR : Cejourd’huy, vingt-quatriesme jour du mois d’avril 1668, j’ai commencé mon journal pour narrer comment moi, plan-relief sis en ceste bonne ville de Lille, voulus dire les mémoires de ma vie… 

CC : Monsieur Plans-Reliefs, merci beaucoup de votre sincérité et de votre spontanéité. 

PR : Mais je vous en prie. Si je peux vous être utile en quoi que ce soit, vous pourrez me retrouver au sous-sol du PBA de Lille aux horaires d’ouverture du musée. 


 

Coline Cabouret

 

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#stratégie

 

Pour plus de renseignements au sujet des collections de plans-reliefs en France:

http://www.pba-lille.fr/Collections/Chefs-d-OEuvre/Plans-Reliefs 

http://www.museedesplansreliefs.culture.fr/index.php/le-musee/presentation-de-la-collection/histoire

Un chaleureux remerciement à Florence Raymond pour sa patience et son attention à l’article, ainsi qu’à Alain Mercier, pour la traduction du journal intime dans la langue de Molière.